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Centpapiers

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    • J’aime bien les rapprochements d’idées qui peuvent sembler à première vue contradictoires. Par exemple, essayez de vous figurer un libéral du PLQ de centre-gauche avec une bonne teneur en nationalisme (attention : pas souverainisme). Tentez maintenant l’expérience avec un étudiant en sciences de la nature passionné de chimie qui s’intéresse en même temps de très près à la chose politique. Visualisez un jeune de 18 ans qui regarde les gens de son âge en se disant qu’il ne colle pas vraiment à sa génération. Imaginez enfin un Saguenéen de corps et de cœur, régionaliste, qui malgré le cliché n’aurait jamais touché à l’alcool de sa vie… Pas facile? Et pourtant, vous être en train de lire quelqu’un rassemblant toutes ces caractéristiques! Pour les besoins de la biographie succincte que vous cherchez tant bien que mal à lire ici, sachez que je suis membre du PLQ depuis décembre 2006, que j’ai travaillé à la campagne de 2007, que j’ai été représentant régional des jeunes libéraux pour l’année 2007-2008 et que je suis responsable des communications pour l’association libérale de Jonquière ainsi que président de notre commission politique jeunesse régionale. J’ai également siégé au Forum étudiant 2008 à l’Assemblée nationale, dans le parti de l’opposition officielle, et irai au Parlement Intergénérationnel cet automne comme parrain du quatrième chapitre de la Charte Intergénérationnelle.

    Maîtres chez nous – 21e siècle: qu’en est-il vraiment?

    12 avril 2009 | 4 commentaire(s) | vu 1 422 fois
    Photo : Flickr pfala

    Photo : Flickr pfala

    J’ai entendu parler vendredi sur RDI du lancement d’un nouveau mouvement, appelé Maîtres chez nous 21e siècle. Ce nom avait beaucoup pour m’accrocher, d’autant plus quand j’ai su que le tout parlait de développement éolien. Je me suis donc précipité (littéralement) vers le site du groupe.

    Outre leur logo accrocheur, le site en question ne présente pas beaucoup d’informations pour le moment. Les seules pages susceptibles d’indiquer plus précisément de quoi il s’agit sont une lettre d’une adolescente et la liste des gens soutenant le projet.

    À première vue, j’étais emballé. Pourrais-je me joindre à un tel mouvement, faisant la promotion d’un projet de société articulé autour de l’éolien et de l’indépendance énergétique? J’ai toutefois pu constater, à partir d’un autre site, que le “soutien politique de tous les horizons” présenté dans les médias n’était pas si complet qu’on voulait bien laisser le croire: le mouvement est soutenu par le PQ, l’ADQ, QS et le PVQ… Il m’a semblé qu’il manquait un gros morceau!

    Je me suis donc demandé quelles étaient, plus précisément, la nature et les motivations de Maîtres chez nous 21e siècle. La lettre d’une adolescente nous éclaire déjà un peu plus à ce sujet: elle parle abondamment contre le gouvernement Charest et critique l’ensemble de sa gestion énergétique (comprenons-nous bien: je suis loin d’être un fan des projets comme le Suroît ou le port méthanier de Rabaska. Cependant, le développement hydro-électrique ne me dérange pas beaucoup).

    Je me suis donc résigné à acheter le livre, faute de pouvoir en connaître davantage autrement. Pour 28$, il est actuellement quelque part dans le transport.

    Ce n’est que par la suite que j’ai pu lire dans un article du Devoir quelques passages tirés du lancement du mouvement. Voyez plutôt le titre, “Mouvement de fronde contre la stratégie libérale”. Je voulais citer ici quelques passages, mais allez lire l’article et vous aurez le portrait d’ensemble.

    Comment décrire mon sentiment final face à MCN21 (l’acronyme du mouvement)? C’est triste à dire, mais je crois que je n’aurai d’autre choix que de m’opposer à cette initiative qui fait pourtant la promotion de certaines notions que je défends moi-même, à moins que leur livre ne me convainque du contraire. En effet, il y a plusieurs irritants dans la manière dont le tout est amené.

    D’abord, de ce que j’en comprends, MCN21 prétend frauduleusement présenter un projet de société avec sa vision. Pourtant, à mon humble avis, un projet de société doit au premier chef intéresser la majeure partie de la population. En écartant violemment le PLQ et les quelques 33 à 43% des citoyens que ce parti représente, on laisse échapper une bonne partie de cette société que l’on prétend pourtant rallier autour d’un projet commun. En outre, les projets de société passent par un gouvernement, pas une collection de groupements d’opposition dont certains font partie du mouvement peut-être plus par opportunisme que par réelle conviction.

    Ensuite, le mouvement semble avoir un préjugé hautement défavorable envers le développement énergétique via les grands projets. MCN21 a l’air d’avoir été très influencé par la Fondation Rivières, qui m’a toujours semblé être un groupement d’opposition systématique et obstiné à ce que le Québec fait encore de mieux, le développement hydro-électrique. Qu’on critique le Suroît, Gentilly-2 ou Rabaska, je peux comprendre et je suis d’accord. Qu’on soit contre le développement énergétique compris dans le Plan Nord ou qu’on s’oppose à des projets comme la Rupert, sous prétexte qu’il faut garder des rivières vierges, je décroche. C’est un argument qui fait d’abord et avant tout appel aux sentiments et qui laisse tomber la raison.

    Je l’ai déjà dit et je le répète, il est utopique de penser que le plus clair du développement éolien, au Québec, se fera par la bande par de petites entreprises, voire même de grandes multinationales. Dans le sud, c’est un modèle applicable, et dans ce cas je favorise de loin les projets communautaires, coopératifs et municipaux. Dans le nord, seul Hydro-Québec possède la puissance et les reins pour lancer le développement de l’énergie éolienne. Se battre contre les grands projets dans cette région, c’est envoyer le message que l’on n’acceptera jamais qu’une telle vision prenne forme. C’est être bien plus opposé à l’éolien qu’en faveur de celui-ci. Bref, si l’on veut réellement faire de l’indépendance énergétique un projet de société, il faut à mon sens demeurer totalement ouvert aux grands projets.

    Enfin, il y a le ton employé par le mouvement qui m’agace de beaucoup. Il propose certes une certaine alternative à la situation actuelle, mais son discours semble beaucoup plus articulé autour de ce que l’on peut retenir contre le gouvernement Charest que pour leur solution. Au lieu de tenter de démontrer que leur solution est supérieure, les gens de MCN21 semblent pour le moment entièrement voués à dénigrer celle des libéraux. On lance les accusations qui sonnent bien dans ce genre de mouvement, en brandissant la hantise de l’enrichissement des “privés” et des “multinationales” ou cette paranoïa collective que nous développons parfois à l’endroit des “grands projets”. Tout ceci n’est que démagogie et populisme.

    Je déteste les argumentaires présentés de cette façon. Il y a moyen d’être écologiste, progressiste et en faveur d’un développement alternatif sans tomber dans la chasse aux sorcières et les raccourcis intellectuels. Pourquoi ne sait-on jamais être constructifs dans ce genre d’approches? Un tel mouvement aurait tant à gagner à laisser tomber l’opposition systématique et à tenter de rallier des libéraux plus progressistes (comme moi…) à leur cause! On a pourtant décidé de les prendre à rebrousse-poil et de les stigmatiser. Quand je montre l’image “Non à la gogauche” dans mon profil d’auteur, c’est que je suis opposé à ce genre d’approche où les gens de la gauche ne trouvent rien d’autre, pour faire valoir leur position, que de lancer des accusations du type “néo-libéral capitaliste sauvage”.

    J’ose espérer que le livre rachètera l’idée que je me suis faite jusqu’à présent de MCN21. J’aurais tant voulu pouvoir mettre dans ces pages un billet d’appui à leur endroit… Mais pour le moment, on fait tout pour m’en empêcher.

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  • 4 commentaires

    Alexis,
    Je vous met en garde cordialement contre les légers amalgames que je constate dans votre article.

    James Charest est un médiocre chef et 1er ministre qu’il soit étiqueté libéral, conservateur-progressiste ou martien. il a gardé son fauteuil avec son équipe car en face c’est pire et que la relève au PLQ n’arrive pas à le pousser sur la touche avec certains de ses fidèles. C’est affligeant de voir qu’il a recueilli avant les élections québécoises +90% de vote favorable des militants.
    Maintenant il faudrait trouver un chef politique plus compétent et diplomate avant de lui indiquer la sortie. Le Québec mérite mieux et si j’étais satisfait du départ de la ministre des finances, son remplaçant ne me rassure pas et d’autant plus que sa tâche sera très difficile et délicate. Même un bon ne suffit pas, il faudrait un excellent ministre des finances.

    Sur le fond, je suis d’accord qu’il faudra mixer grand et petit projet de l’éolien mais aussi étudier les énergies renouvelables complémentaires qui peuvent palier aux variations de production d’énergie éolienne.

    • tslskonsult

    Monsieur St-Gelais,

    Vous écrivez « Dans le nord, seul Hydro-Québec possède la puissance et les reins pour lancer le développement de l’énergie éolienne. Se battre contre les grands projets dans cette région, c’est envoyer le message que l’on n’acceptera jamais qu’une telle vision prenne forme. C’est être bien plus opposé à l’éolien qu’en faveur de celui-ci. Bref, si l’on veut réellement faire de l’indépendance énergétique un projet de société, il faut à mon sens demeurer totalement ouvert aux grands projets. »

    Vous avez tout faux. En Suède, les grands projets éoliens se font par des initiatives régionales.
    http://www.tslskonsult.com/2009/04/la-suede-pourrait-avoir-le-plus-grand.html

    Vous écrivez très bien. Continuez comme ça et vous pourrez remplacer André Pratte un jour. Si vous vous sentez rejetez pas MCN21, c’est peut-être que les politiques du PLC depuis 2003 sont à l’opposé du projet, peut-être, non?

    Cordialement,

    Sylvain Racine

    • vincent_mcn21

    Dans le concert des commentaires positifs qui ont accueilli le lancement de MCN21, quelques messages sur le site et ailleurs se sont interrogés sur l’absence des libéraux aux côtés des autres formations politiques soutenant le mouvement.

    Cette interrogation, venant de la part de proches du Parti libéral était d’ailleurs plutôt présentée comme une « exclusion » voulue ou souhaitée par les organisateurs de MCN21.

    Je tiens tout d’abord à les rassurer sur ce premier point. Il n’y a aucune exclusion de notre part des partisans, membres, députés ou ministres du Parti libéral. Comme tous les autres partis, les libéraux ont été invités à découvrir et partager nos intentions dans le cadre de MCN21. La ministre de l’Environnement, Mme Beauchamp, a été approchée explicitement pour lui parler de MCN21 bien avant son lancement. Et il est bien entendu pour nous que cette forte minorité politique se doit d’être incluse dans un projet de société ambitieux comme MCN21.

    Malheureusement, il est vrai aussi que le bilan que nous faisons des 15 dernières années en matière d’énergie au Québec implique notamment le Parti libéral par ses choix que nous critiquons : gaz du Suroît, gaz de Bécancour, gaz de Rabaska, gaz de Gros-Cacouna, nucléaire de Gentilly-2, saupoudrage éolien, support au gaz naturel, transport, privatisation du Mont-Orford, nominations au BAPE, manque de vision…

    Il est vrai aussi que l’audience lors du lancement du vendredi 10 avril offrait un large éventail du Québec d’aujourd’hui : les régions étaient bien représentées, les générations aussi, avec un grand nombre d’enfants et quelques piliers de longue date des questions environnementales et sociales, et presque tous les partis étaient présents et l’ont fait savoir.

    Mais nous savons d’expérience que le Parti libéral saura rejoindre le mouvement comme il a su le faire lorsqu’il a abandonné la folie de bâtir le Suroît, de privatiser Orford, lorsqu’il a pris des engagements en campagne électorale sur Kyoto, lorsqu’il s’est donné une image verte…

    « Nous sommes leurs chefs, nous devons donc les suivre », délaissant peu à peu les lobbys dinosaures, accompagnant les forces économiques qui comprennent déjà l’importance pour l’économie du virage que propose MCN21, sentant la concurrence électorale.

    Si vous êtes membre ou sympathisant du Parti libéral, n’hésitez pas à pousser en interne pour prendre ce virage au plus tôt et bienvenue enfin dans MCN21.

    http://mcn21.org/un-choix-de-societe/article/ou-sont-les-liberaux

    @Sylvain Racine (Tslskonsult): La Suède et le Québec peuvent être comparés à certains égards, mais pas en tout. La situation géographique des deux pays est par exemple fort différente. J’ignore où est situé l’essentiel du potentiel éolien de la Suède, mais j’ai le sentiment qu’il est plus près des centres urbains qu’au Québec, où la majeure partie se situe près des barrages actuellement opérés par Hydro-Québec.

    Je n’exclus absolument pas le développement coopératif, municipal ou social de l’éolien dans les régions plus densément peuplées (c’est même une approche qui me sourit énormément). Cependant, le Nord est une tout autre affaire et je doute qu’il existe beaucoup d’équivalents de cette situation dans le monde.

    @ Vincent_MCN21: Vous pourrez constater que j’ai répondu à cet article sur votre site aujourd’hui même. J’espère que nous aurons l’occasion de pousser cette discussion plus loin.

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