Accueil / T Y P E S / Articles / Mais pourquoi les musulmans ne veulent pas qu?on repr?sente physiquement le saint proph?te?

Mais pourquoi les musulmans ne veulent pas qu?on repr?sente physiquement le saint proph?te?

PAUL LAURENDEAU ?Comprenons-nous bien, je suis ath?e mais je ne suis pas ignare. Le petit journalisme contemporain occidental est, lui, par contre, particuli?rement sot, nunuche et baveux et il ne rate jamais l?occasion de faire passer les musulmans pour des irrationnels, des boutefeux et des incoh?rents. ?a m?agace au plus haut point. ?a n?explique rien et ?a s?me la confusion intellectuelle, la pire de toutes. Le refus par les musulmans de voir le saint proph?te (j?utilise ici la d?signation fran?aise musulmane usuelle pour ce personnage historique ? simple question de d?f?rence ?l?mentaire) repr?sent? mat?riellement fonctionne selon une logique interne simple, parfaitement articul?e et qui pose des probl?mes sp?cifiques (y compris des probl?mes logiques menant ? une critique intellectuelle respectueuse). Voyons l?affaire dans sa limpide coh?rence. L?Islam organise son syst?me de repr?sentations d?abord et avant tout dans un cadre de croyances hautement cod?. C?est l? une chose tr?s sp?cifique qui n??chappe pas aux d?tails des contraintes historiques. On dira donc, plus pr?cis?ment, que le religion musulmane est un monoth?isme abrahamique et, comme tel, qu?elle est tr?s soucieuse de pr?cision sur son inscription dans une continuit? amelior?e des deux autres monoth?ismes abrahamiques majeurs que sont le juda?sme et le christianisme. Ceci est capital et encore bien mal compris des occidentaux.

UN RIGOUREUX MONOTH?ISME. L?Islam est la version la plus achev?e et la plus coh?rente des grands monoth?ismes ayant eu un impact de masse significatif. En cela, l?Islam formule des exigences qui frappent par leur simplicit?, leur clart? et, disons le mot, leur rigueur. Il y a un seul dieu, c?est Allah et il faut s?abandonner totalement ? la foi en lui. C?est un ?tre immat?riel, intemporel, spirituel, ?ternel assurant la coh?rence de l?univers mat?riel et social. Je vous assure que le plus modeste musulman vous dira que la foi en dieu est l?unique exigence de l?Islam et que tout le reste est facultatif, ancillaire, subsidiaire, ajustable et conjoncturel. Or, il faut absolument comprendre que le monoth?isme de la tradition abrahamique s?extirpe par bonds du polyth?isme ancien qu?il subvertit. Dans la Gen?se, dieu est souvent d?sign? au pluriel (Les ?lohims). Je ne vous parlerai pas des anges, des diables, des dieux des peuples ennemis (Moloch, Baal etc), des veaux d?or, des djinns et de toute une fourn?e d??tres interm?diaires qui brouillent le monoth?isme depuis ses origines. Le cas chr?tien pose des probl?mes encore plus ?pineux (sans calembour), sur cette question de la rigueur simple et d?pouill? du monoth?isme. Voici un culte qui s?embarque avec une trinit? incorporant un esprit saint (en anglais Holy Ghost ? je vous laisse m?diter et gamberger l?explication de ce concept moyen?geux particuli?rement fumeux), un fils de dieu divinis? (thaumaturge hocus-pocus ressuscit? apr?s supplice dont la magie, hautement sensuelle et terrestre, r?pugne particuli?rement ? la logique syst?matisante, abstraite et universalisante de la foi islamique) et une nu?e de saints plus ou moins surnaturels eux aussi. Tout ?a, pour les musulmans, c?est du fatras superstitieux et la notion de fils de dieu est une pure et simple injure intellectuelle. Dieu est un ?tre spirituel immortel, il ne peut pas engendrer un ?tre charnel mortel. Point final. On est pas dans les galipettes h?donistes et sautillantes de la mythologie gr?co-romaine ici. Pas de demi-dieu, au sens fort du terme. Pas de trinit? non plus: dieu est un. L?exigence de rigueur monoth?iste de l?Islam ne transigera pas l?-dessus. C?est une question de simple coh?rence ?l?mentaire dans la formulation des caract?ristiques d?finitoires de dieu. Ajoutons, pour la bonne bouche, que des penseurs modernes ont introduit des monoth?ismes encore plus syst?matiques que celui de l?Islam (Thomas Paine, Spinoza, Voltaire, les Francs-ma?ons ? ils rompent carr?ment le contact entre l?humain et le divin. Ils retirent les anges et la pri?re par exemple, interm?diaires indispensables en Islam pour que la transmission du Coran au saint proph?te ne soit pas trop intime avec dieu mais aussi pour que tout le monde puisse se raccorder au divin). Ces th?ologies hyper-abstraites de francs-tireurs, ce sont les d?ismes. Ils sont bien beaux et bien logiques, mais leur impact de masse est rest? beaucoup plus restreint (le passage direct ? l?ath?isme prenant vite le dessus sur la foi d?iste de Thomas Paine ou le dieu-nature de Spinoza). Restons lucides ici. Quand le dieu de Voltaire aura d?fini en profondeur la culture et la vision du monde d?un milliard et demi de personnes (ce qui est le cas de l?Islam), eh ben, on en reparlera? C?est quand m?me pas demain la veille.

UNE RELIGION ABRAHAMIQUE. C?est ici qu?on entre au c?ur de notre probl?me. Contrairement au d?isme justement, l?Islam n?est pas juste un monoth?isme comme ?a, en l?air. C?est un monoth?isme r?v?l?. C?est d?licat ?a, parce que qui dit r?v?lation dit point de contact entre dieu et les humains. L?Islam est en plus r?v?l? dans un cadre tr?s sp?cifique:?le cadre proph?tique abrahamique. Partant d?Abraham (Ibrahim) puis d?Isma?l (Isma??l), une succession de proph?tes, dont J?sus (?s?, ?tre humain et proph?te de l?Islam), gueulent, luttent et s?efforcent de faire avancer deux causes: la moralit? publique (sexuelle, comportementale, politique et militaire notamment) et la rigueur de la foi monoth?iste. Or une des exigences cardinales de la foi en un dieu unique, c?est le rejet de toutes autres divinit?s, idoles, totems, f?tiches, panth?ons, saints, lutins, h?ros fabuleux, ou ic?nes. Le Coran est tr?s clair l?-dessus. Citons pour exemple ce passage, attribu? au proph?te Joseph (Yusuf):

Ceux que vous adorez en dehors de lui
ne sont que des noms
que vous et vos p?res, vous leur attribuez.
Dieu ne leur a conc?d? aucun pouvoir.
Le jugement n?appartient qu?? Dieu.
Il a ordonn? que vous n?adoriez que lui:
telle est la Religion immuable;
mais la plupart des hommes ne savent rien!
(Le Coran, Sourate 12, Joseph. verset 40, traduction D. Masson)

Pas de concession. En toute coh?rence, donc, cette consigne stricte et cruciale s?applique aussi ? tous les proph?tes sans exception, incluant le ci-devant dernier proph?te, le saint proph?te de l?Islam. C?est tr?s d?licat parce que,?dans le cadre des religions abrahamiques, les proph?tes sont des personnages explicitement raccord?s au divin MAIS qu?on ne peut pas simplement rejeter (on bazarde tout simplement ?autoritairement? les djinns et les ic?ne ? les proph?tes, c?est bien plus d?licat ? encadrer). Le saint proph?te est donc juste un messager humain, mort ? soixante-cinq ans d?une courte maladie et incarnant, comme les premiers califes, la modestie humaine et limit?e d?un simple serviteur de dieu. Or, les musulmans ont eu le pif d?observer rapidement (notamment dans les territoires sur lesquels leur rayonnement fulgurant s?effectua, sous les quatre premiers califats) que l?idol?trie n??tait en rien une manifestation de religiosit? exclusivement polyth?iste. Les cultures ayant accept? le pacte avec dieu (pour reprendre la formulation coranique) en ?taient lourdement infest?es, non plus, alors, envers les idoles de jadis mais envers les saints d?aujourd?hui. Voyant dans cela (d?ailleurs ? raison, je les seconde ici pleinement, en tant que rationaliste) une r?gression tendancielle vers des formes de religiosit? plus sensuelles et sensorielles, moins abstraites ou g?n?rales, les musulmans ont vu, avec la fermet? requise, ? mettre, sur cette question, de l?ordre dans leur propre demeure. Ils ont vu ? ce que le grand amour, profond et tangible, qu?ils ressentent pour le saint proph?te ne bascule pas en d?votion. D?f?rence oblig?e envers l?absolue priorit? monoth?iste. L?iconol?trie (repr?sentation des saintet?s sur supports mat?riels et adoration subs?quente, souvent d?lirante, de ces supports ? partez-moi pas sur le christ en croix, les reliques m?di?vales, les ic?nes des vieux croyants russes ou les images de la vierge dans des taches d?huile ou du christ dans des croque-monsieurs) fut donc explicitement prohib?e dans la culture islamique. The rest is history?

UN PROBL?ME FONDAMENTAL DE COH?RENCE. Adoncque, cet interdit de repr?senter le saint proph?te mat?riellement, ce n?est pas ? cause de la peur de la d?rision ou des caricatures qu?il fut initialement formul?. C?est plut?t ? cause du contraire: l?amour d?bordant et intense des musulmans pour le saint proph?te. On refusait que le saint proph?te se fasse f?tichiser et adorer (comme J?sus ou encore Bouddha), alors qu?il n?est qu?un modeste porte-paquet de la r?v?lation divine. Le rejet des repr?sentations mat?rielles initiales du saint proph?te ?tait donc un rejet de l?iconol?trie compl?tement INTRA MUROS (contrainte de culte INTERNE ? la foi musulmane). Or une caricature est le pur contraire de l?iconol?trie. C?est de l?iconoclastie, venue de non-coreligionnaires, en plus (les derniers ? risquer de diviniser le proph?te, donc). En ruant dans le bacul, ici, ainsi, nos pauvres amis musulmans prouvent, avec leur ardeur usuelle (ils sont les bouillants h?ritiers du calife Omar, que voulez-vous, et pourquoi pas?), qu?ils ont quand m?me un petit peu perdu le sens des priorit?s fondamentales de leurs propres directives de cultes. Pas fort, la foi dans ?a? Ins?cure? Mais la plupart des hommes ne savent rien! disait Yusuf. Eh bondance, m?ditons tous ensemble son message? Seuls les musulmans sont tenus de ne pas transformer leur saint proph?te en statuette de chapelle ou en grigri tribal. Ce que les non-musulmans font dans leurs canards, leurs ordis, leurs cin?mas et leur propagande de merde, le culte islamique s?en tape souverainement? normalement. Sauf s?il d?rape dans la cruelle et violente perte de rep?res dont souffrent tant certaines diasporas mondiales? Restons logiques, restons coh?rents. Cultivons l?abstraction ad?quate et le sens appropri? des causalit?s. Gardons ainsi ? l?esprit la signification doctrinale effective de tout ceci: ce n?est pas la repr?sentation mat?rielle du saint proph?te que l?Islam a combattu. C?est la divinisation et l?adoration que ces mises en images risquaient de d?clencher, notamment chez les petits esprits du type de ceux qui contrariaient tant le proph?te Yusuf. Il y en a dans tous les camps?

Moi, ici, tout ce que je demande ? mes concitoyens et concitoyennes musulmans et musulmanes du monde c?est de rester coh?rent dans la logique interne de leur propre culte. Dieu est mis?ricordieux (y compris pour les connards, occidentaux ou autres) et son saint proph?te est un messager qui ne doit pas ?tre divinis?. Le reste, c?est de la bagarre de taverne d?int?r?t mineur. Dans ce cabotinage grossier et vulgaire de films cr?tins et de caricatures faciles (souvent, elles aussi, de fort mauvais go?t ? comme le disait un de nos plus ?minents caricaturistes qu?b?cois: ?a donne rien de plus de montrer Mahomet les fesses ? l?air), absolument personne ne divinise le saint proph?te et, par la force de leur b?tise ignare et ethnocentriste, les ennemis les plus virulents de l?Islam observent ici, plus que quiconque et sans m?me le savoir, cette exigence fondamentale de la foi islamique (ne pas diviniser le saint proph?te!). Alors, restons dignes, coh?rents et cessons une bonne foi de mordre ? tous ces hame?ons imb?ciles tendus par l?appareil hyper-perfectionn? du discr?dit m?diatique (et politique) occidental.

Commentaires

commentaires

A propos de

avatar

Check Also

Nous ne sommes pas dupes : la violence est d’abord économique et sociale…

Dans une tribune publiée par le journal Libération, 1400 représentants du monde de la culture, ...

16 Commentaire

  1. avatar

    Excellent article. Nécessaire, indiscutable et incontournable. Qui ne convaincra cependant, hélas, aucun de « ces hommes qui ne savent rien ». Ceux qui croient, croiront et ceux qui en profitent continueront à semer la haine.

    PJCA

  2. avatar

    Je voudrais ajouter un point de vue personnel sur la foi, les religions et les représentations de Dieu. L’article de M. Paul Laurendeau m’en donne l’occasion.

    Moi, je suis croyant. Ma foi a ceci de particulier qu’elle est en quelque sorte en rupture avec toute religiosité dont le culte est autre que celui de servir l’humanité dans ses aspirations de justice, de vérité, de solidarité, de compassion, de beauté. Dans ma foi, la volonté du Père c’est que nous nous aimions tous et toutes les uns les autres sans discrimination de couleurs, de races, de religions… Le Dieu en qui je crois ne se laisse découvrir qu’à travers les hommes et les femmes que nous côtoyons, tout particulièrement à travers les humbles de la terre.

    Le niveau de conscience auquel l’humanité est arrivée met à l’épreuve tout autant les croyants que les non-croyants. Cette conscience interpelle tous les dieux qui alimentent les religions du monde, mais aussi toutes les idéologies qui s’appuient sur diverses rationalités. Que font-ils et que font-elles pour répondre prioritairement aux grandes aspirations de justice, de vérité, de bonté, de compassion des hommes et des femmes d’aujourd’hui?? Jusqu’à quels points transforment-elles leurs adeptes en de véritables artisans au service d’une humanité nouvelle ?

    Dans ma foi, le visage de Dieu se laisse découvrir dans le visage des hommes, des femmes et des enfants, créés à son image et ressemblance. Plus l’humanité deviendra humaine, plus nous découvrirons ce visage de Dieu. Ce ne sont pas ceux qui disent Père, Père qui entreront dans le royaume des cieux, mais ceux qui font sa volonté : nous aimer les uns les autres dans la justice, la vérité, la compassion, la bonne foi et la solidarité. Là est le véritable culte.

    Sans prétention et avec tout mon respect

  3. avatar

    @ Oscar

    On est toujours dans le débat entre la « cause première » bien difficile à nier – (« Appeler Dieu « Dieu » ou lui donner un autre nom » » – et la « providence », à qui l’on prête une volonté propre, au risque de se retrouver dans la position littéralement indéfendable de ne pas être d’accord avec elle…

    PJCA

    • avatar

      Pierre, la providence, comprise comme celle qui s’occupe de notre avenir, de notre destin, n’est pas tout à fait celle en laquelle je crois. Un jour, alors que j’étais au Chili, au temps d’Allende, un membre d’une brigade communiste qui peignait des murailles pour les faire parler, me dit: vous les chrétiens vous êtes un peu comme cet homme qui doit déplacer une grosse pierre et qui se met à genoux pour implorer le ciel de lui donner la force pour la déplacer. Nous, dit-il, nous nous attelons à la tâche et, en ce faisant, nous arrive la force qu’il faut pour la déplacer.Cette anecdote qui remonte à plus de 40 ans m’est toujours restée à l’esprit.

      Vous, Pierre, mieux que quiconque, vous en savez beaucoup sur le sujet. De quoi alimenter nos réflexions. Merci à Paul Laurendeau d’ouvrir indirectement cette fenêtre et de nous permettre d’échanger sur ces questions de croyances, de non croyances, de foi et d’engagement. (D)

  4. avatar

    Bonjour M. Laurendeau, excellent article encore une fois.

    • Pour ma part j’arbore dans le sens de M. Fortin, Moi, je suis croyant. Ma foi a ceci de particulier qu’elle est en quelque sorte en rupture avec toute religiosité dont le culte est autre que celui de servir l’humanité dans ses aspirations de justice, de vérité, de solidarité, de compassion, de beauté. Dans ma foi, la volonté du Père c’est que nous nous aimions tous et toutes les uns les autres sans discrimination de couleurs, de races, de religions… Le Dieu en qui je crois ne se laisse découvrir qu’à travers les hommes et les femmes que nous côtoyons, tout particulièrement à travers les humbles de la terre.

    La plupart des religions nous disent qu’il n’y a qu’un dieu, donnez lui le nom que vous désirez n’y change rien. Mon interprétation des différentes religions est la suivante : si elle n’était en fait que des modèles de vies pour chacun de nous. Chacun d’entre nous à sa pensée unique et la multitude de religion n’est que le reflet de l’humanité dans sa pluralité. Apprenez à vous connaître à travers ses différents enseignements, épanouissez vous en eux. En franchissant ces étapes, cela vous amèneras à vous respectez vous-même, et en vous respectant il sera plus facile de respecter les autres dans leur différences car vous les comprendrez mieux en vous comprenant et en acceptant votre différence.

    Mais la nature humaine étant ce quelle est, la religion est devenu tout comme la politique et l’économie qu’un simple outil de manipulation pour des tyrans. Exploitants les faiblesses humaines à leur propre fins. Et nous sommes très loin de ce sa devrait être soit, la volonté du Père c’est que nous nous aimions tous et toutes les uns les autres sans discrimination de couleurs, de races, de religions…

  5. avatar

    @ Oscar et Carl

    Quand on s’est investi dans une croyance, toujours apprise, il n’est pas facile d’en changer, mais il y a entre gens intelligents et de bonne foi un grand désir de se mettre d’accord, surtout si un accord préalable est nécessaire pour passer à l’étape suivante qui est souvent de FAIRE quelque chose.

    On s’aperçoit donc, au moment opportun, que l’attachement, toujours émotif, est au mot – le signifiant – qui est par définition statique, alors que le signifié est en incessante redéfinition.

    Pour concilier les exigences d’une pensée évolutive avec le désir d’identité qui voudrait que nous restions attachés à une vision du monde qu’on s’est bâtie cohérente, nous avons demandé aux philosophes de structurer et de justifier une grande élasticité du lien entre les mots et les concepts…

    Nous pouvons donc désormais, avec un peu bonne volonté, l’un croire et l’autre ne pas croire en Dieu, tout en étant parfaitement du même avis. Cela vaut pour n’importe quoi et Foucault, Barthes, Derrida etc. n’ont donc pas vécu en vain… Désormais,la vérité est multiple et c’est l’erreur qui est UNE, l’erreur étant de ne pas accepter cette multiplicité.

    Pierre JC

  6. avatar

    @ DG

    La possibilité de susciter une telle réaction n’était pas totalement étrangère a mon choix de prendre le contre-pied de l’aphorisme classique « veritas semper una est » … 🙂 Je crois néanmoins avoir énoncé une grande vérité…

    Je suis heureux que vous soyez réapparu. Si vous êtes assidu et me faites une brève de temps en temps pour « les 7 », je vous promets quelques apories qui vous amuseront.

    PJCA

  7. avatar

    [Commentaire d’un critique anonyme – P.L.]

    Ce commentaire se rapporte à votre article intitulé : Mais pourquoi les musulmans ne veulent pas qu’on représente physiquement le saint prophète??

    Bonsoir Ysengrimus,

    A quoi sert ce nouveau texte sur la religion sinon au plaisir que vous pouvez avoir à vous relire et à vous montrer cultivé et raisonneur. En effet, il ne cherche pas à faire œuvre d’unification, il n’est pas tourné vers le bien.

    L’idolâtrie n’est pas ce que vous croyez, ce n’est pas un amour des saints et des prophètes. La plupart des idolâtres de nos jours le sont par leur amour de leur personne, de l’argent, du pouvoir et des plaisirs de ce monde. Vous êtes idolâtre de votre personne car vous vous regardez sans modestie – comme le montre votre façon de rédiger.

    Je constate que Dieu vous reste inaccessible. Ce qui est bien normal car Dieu est inaccessible à l’intelligence orgueilleuse, quelle qu’elle puisse être – y compris la vôtre donc. Il est d’ailleurs étonnant que votre intelligence n’arrive pas à comprendre ce principe de base, cette réflexion élémentaire.

    Cette lumière pourrait pourtant vous être donnée si vous la demandiez humblement dans la prière mais cela est contre vos principes.

    Ne pouvant atteindre l’essentiel, la vie, le bonheur, la compréhension et la lumière, … vous vous rabattez sur les rites et les religions que vous cherchez à opposer.

    Or, Dieu ne regarde que la droiture et la pureté des cœurs et vous le savez bien.

    Les rites pratiqués par chacun n’ont pas d’importance (même si je considère que son message le plus subtil est celui des évangiles et des messages révélés aux saints chrétiens postérieurs). Mais les messages ne sont pas essentiels car Dieu enseigne directement toute personne qui l’aime. Par conséquent les cœurs purs n’ont pas besoin de textes, il suffit de voir les petits enfants.

    Pourquoi ne parlez-vous pas du soufisme, soit la partie mystique ou spirituelle de l’Islam. Si vous avez lu des écrits du Soufisme vous avez certainement pu constater que ces personnes rapportaient la même expérience mystique que les saints chrétiens. Il est étonnant que vous n’abordiez pas ce constat d’unité et de vérité.

    Pourtant Dieu a bien précisé qu’il fallait l’adorer en esprit et en vérité (et non en restant au niveau de la lettre des textes). Or, vous vous restez définitivement bloqué au niveau de la lettre. Il est vrai que la lettre est le seul niveau que votre cartésianisme appréhende et cela constitue son horizon. Et dans ce si petit horizon vous tournez en rond – et cela vous fâche – comme en atteste votre vocabulaire.

    Et cela est bien normal.

    Espérons que vous ayez la force un jour de vous mettre à genoux et de lancer un cri du cœur à Dieu dans la prière et dans la sincérité en lui disant « aide-moi ». Il n’attend que cela.

    Votre ami en Christ

    • avatar

      Dear friend in Christ,

      http://www.centpapiers.com/la-societe-secrete-et-le-solitaire-par-carl-gustav-jung/108977

      « (ces identités collectives sont) tout autant des auberges pour des pauvres et des faibles, un havre protecteur pour ceux qui ont fait naufrage, le sein d’une famille pour des orphelins, un but glorieux et ardemment escompté pour ceux qui ont erré et qui sont déçus, et une terre promise pour les pèlerins harassés, et un troupeau et une clôture sûre pour brebis égarées et une mère qui signifie nourriture et croissance. »

      Amen

  8. avatar

    Salut tout le monde,
    Monsieur Laurendeau ! Vous avez bien compris le cœur même l’islam. Voilà ce n’est pas si difficile. Je rappelle que l’article s’intitule « Mais pourquoi les musulmans ne veulent pas qu’on représente physiquement le saint prophète? ». L’article est une vraie réponse au « Pourquoi ? » indépendamment de sa valeur de vérité. Peut-être, outre à quelques musulmans qui ont conscience de ce-là, c’est le premier non-musulman que j’ai vu comprendre bien ces concepts si simples. Après on peut ne pas être d’accord. Mais l’honnêteté de dire les choses comme elles sont, est très importante. Que souvent, les interprétations faites à ce sujet sont compliquées et mensongères.
    L’affaire des saints soufis, excusez-moi, c’est un autre discours. Mais j’aimerais bien donner quelques points. Est-ce que c’est l’invention de la caméra qui marque la fin des miracles? Les soufis, qui sont une minorité, sont souvent accusés de magie par les autres musulmans. Les miracles et la prophétie sont finis avec Mahomet. Quel que soit le contexte, l’islam à travers sont message nous invite à raisonner dans les deux sens. On peut partir de l’islam pour arriver à la raison et partir de la raison pour arriver à l’islam. L’unique point, à ce sujet, qui fait débattre tout le monde, c’est l’existence de Dieu. Les autres mythes sont automatiquement exclus par la raison et par la religion. La contradiction des soufis réside dans le fait de reconnaitre A UNE CREATURE DES POUVOIRS QUE SEUL LE CREATEUR POSSEDE. Implorer un saint, dire qu’il peut changer le destin ou connait le futur, est parfaitement contradictoire avec le fait que seul Dieu sait tout, peut décider pour notre futur sans miracles et digne d’être implorer.

  9. avatar

    L’auteur de ces lignes nous montre une fois de plus que la haine athée n’est tournée, en définitive, que contre le christianisme.

    Il suffira, pour s’en convaincre, de se rapporter aux descriptions du christianisme comme d’un truc moyenâgeux et fumeux par opposition à l’éloge de pseudo-cohérence du mahométisme et de son prétendu saint-prophète.

    Pour rétablir quelques points sur le monothéisme:
    N’oublions pas, d’abord, que dans l’Islam, dieu, c’est le chiffre un. Une idole, un concept mathématique qui n’a, en effet, rien à voir avec le Dieu vivant et Amour(1Jean 4. 8), donc, relation éternelle, ou trinité, du christianisme.

    Que le dieu de l’islam ne puisse pas être représenté de façon picturale n’est qu’une manière de dissimuler l’imposture, car allah n’est que la représentation (idéelle) que l’homme se fait de la divinité: un dieu-concept-mathématique capable de tenir tout entier dans une cervelle, par opposition au Dieu vivant dont le Mystère (le Dieu un et trine) dépasse toute possibilité de réduction à une (fausse) représentation, de l’ordre des idées ou des arts plastiques.

    Enfin, après avoir superficiellement évoqué les problèmes que posent la rencontre du divin et de l’humain (et comment résoudre ce problème en effet, après avoir renié l’Emmanuel?), vous voilà qui affirmez que les prophètes ne doivent pas être divinisés, ce qui dans le langage de l’islam, correspondrait sans doute à une association.
    Pas de bol, pourtant, car dans la shahada, c’est bien le nom de l’homme Mahomet qui est associé à celui de dieu, comme quoi le christianisme, qui ne connaît Dieu (le Père) que par Dieu (le Fils) reste quand même plus cohérent et moins suspect d’idolâtrie.

    Bien cordialement, un esprit critique.

  10. avatar

    « L’auteur de ces lignes nous montre une fois de plus que la haine athée n’est tournée, en définitive, que contre le christianisme. »

    L’auteur de ce commentaire nous montre, en définitive, qu’il n’a tout simplement pas lu mon texte…