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Macron, en marche arrière

 

 

En l’espace de quelques mois, ils sont nombreux ceux qui quittent le navire, certains évoquant même la triste fin du Titanic.

 

Pour tenter de comprendre la fracture qui est en train de se produire, il faut se souvenir des heures de gloire du mouvement en marche, à l’époque ou le candidat tribun s’égosillait en criant d’une voix de fausset : « parce que c’est notre projet  »…lien

Sauf qu’en réalité, c’était surtout le sien, le sien se limitant à prendre le pouvoir, un pouvoir sans partage, en se débarrassant allègrement des contraintes du dialogue et de la concertation, ce qui finalement a plongé dans la désillusion ceux qui s’étaient engagés à ces côtés…

Ces comités, répartis sur toute la France, comptaient, d’après la direction du parti, aux environs de 400 000 membres, sauf que la méthode de comptage utilisée avait quelques lacunes, ne s’embarrassant pas des règles déontologiques, et mélangeant allègrement ceux qui cotisaient, et les autres. Lien

 

D’après le journal « Le Monde », les méthodes de comptage posaient déjà question au début du mouvement, les journalistes ayant découvert qu’il était possible de s’inscrire plusieurs fois par internet interposé.

 

 

Ce qui fait dire aux enquêteurs du journal qu’il vaudrait mieux estimer le nombre des militants LREM à 85 000… D’autant que même ce chiffre est sujet à caution, puisque lors des visites « porte à porte » réalisées par les militants, seul ¼ des questionnaires avaient été validés. lien

 

En effet, à l’été 2017, seuls 25 000 militants marcheurs avaient cliqué pour valider les statuts sur le site internet LREM, et depuis, les rangs des militants se vident chaque jour un peu plus. lien

6 mois après l’élection de leur candidat, ces comités s’étiolent mois après mois, et c’est par centaines qu’ils quittent le navire depuis novembre 2017lien

A cette époque, un groupe de 100 militants, se désignant sous le terme « les cent démocrates », avait en effet décidé de quitter le parti LREM pour dénoncer le déficit démocratique de leur mouvement. lien

Et depuis c’est la dégringolade, et le 1er de cordée se trouve de plus en plus seul.

 

La déception des militants est d’autant plus forte que la démocratie n’est en effet pas au rendez-vous dans le mouvement LREM, et une militante de la région parisienne de dénoncer : « on nous a vendu une démocratie participative, et on se retrouve dans un parti hyper vertical », ce que confirme Claude Seyse, ex PS, constatant : « le fonctionnement mis en place est centralisateur et fait peu de place au débat entre militants ».

On est bien loin de la promesse originelle du macronisme : celle de l’horizontalité et de l’implication de tous dans l’élaboration des décisionslien

Laetitia Avia, députée LREM, et directrice du bureau exécutif, décidée à freiner l’hémorragie, a mis les points sur les « i » : les militants sont utiles pour relayer les attentes de la population, mais ne sont pas près de prendre part aux décisionslien

Voilà qui a le mérite de la clarté.

Cette désertion militante a été suivie comme l’on sait par celle du ministre de l’environnement, puis par celle de la ministre des sports, Laura Flessel, laquelle serait due à une menace fiscale, et bientôt par celle de Gérard Collomb, qui, déplorant un manque d’humilité du gouvernement, a jeté un froid à l’Elysée. lien

Cette situation n’est pas sans rappeler un certain radeau…

 

Ajoutons que la déception s’était invitée aussi à l’assemblée nationale, laquelle a vu naître ses 1er frondeurs.

Le mouvement s’est amplifié, et Richard Ferrand, le boss, s’en est inquiété en mai dernier, tentant, pour la 2ème fois en quelques semaines, de prendre des mesures draconiennes afin de freiner la révolte naissante, recadrant sèchement ceux qui auraient l’audace de déposer des amendements sans l’autorisation du groupe. lien

C’est la loi « asile et immigration » qui a sonné le glas de l’union au sein du parti.

Naïma Moutchou, portée par le concept « la solidarité n’est pas un délit  », avait, en avril dernier, provoqué la naissance d’un groupe d’une dizaine de députés LREM, lequel avait déposé des amendements, tous rejetés, ceux qui a logiquement agacés les intéressés.

L’un des plus déterminés se nomme Jean-Michel Clément, qui ignorant les menaces de Richard Ferrand, fustige « la spirale tragique » d’un projet de loi qui fait de l’asile « un problème de police ». lien

Encore plus récemment, c’est une députée LREM qui a carrément claqué la porte.

Elle s’appelle Frédérique Dumas, et est vice-présidente de la commission des affaires culturelles. lien

Celle qui fut membre du comité politique et du groupe de travail sur le programme culturel lors de la campagne de son candidat a dressé un bilan au vitriol de la méthode « en marche », dénonçant en vrac l’affaire Benalla, l’élection de Ferrand à la présidence de l’Assemblée Nationale, alors qu’il traine des casseroles, (lien) la nomination d’Agnes Saalmalgré les polémiques (lien) celle de Philippe Besson, le chantre de Macron, lequel l’a nommé consul, et tous les manquements d’un président qui plaçait son règne sous le signe de l’exemplarité. lien

« On a le sentiment d’être sur le Titanic » a-t-elle déclaré sans ambages, et s’étonne du maintien de Françoise Nyssen à son poste de Ministre de la culture, en charge de la règlementation du patrimoine, alors qu’elle reconnait ne pas l’avoir respectée.

Elle constate amèrement « il n’y a aucun débat, aucune discussion, aucun échange ».

La députée, originaire de l’UDI, a finalement rejoint « la manufacture », le club de Xavier Bertrand. lien

En effet, il semble que les règles d’exemplarité prônées par Macron ne soient pas les mêmes pour tout le monde…

Alors que Bayrou avait été contraint de quitter son poste de ministre, suite à une enquête préliminaire sur des emplois fictifs présumés, Ferrand s’est vu offrir le perchoir de l’Assemblée Nationale, Romain Grau, menacé par une enquête préliminaire pour harcèlement moral sur les employés de son entreprise, a vu sa candidature confirmée par la commission nationale d’investiture de la REM.

Idem pour Véronique Avril, visée par une enquête préliminaire pour avoir loué un bien immobilier dans un bâtiment insalubre, à des prix abusifs, …et la liste pourrait se prolonger avec d’autres cas : celui de Florian Bachelier, de Benjamin Griveaux, d’Isabelle Voyer. lien

Au-delà des affaires qui plombent ce gouvernement, on pourrait aussi s’indigner du vol effectué par le 1er ministre, pour la coquette somme de 150 000 €, alors que le même demande en même temps aux français de faire des efforts… lien

S’indigner aussi des petites phrases décochées par le 1er de cordée, phrases méprisantes à l’égard des français, dont la dernière n’en finit pas de faire des vagues.

« Pour trouver du travail, il suffit de traverser la rue » a-t-il déclaré avec arrogance à un horticulteur, en l’invitant à faire la plonge dans un restaurant à Montparnasselien

Manque de pot pour Macron, l’horticulteur en question, un certain Jonathan s’est confié à BfmTV : « Macron, il est dans le monde des bisounours  », a-t-il déclaré, reprochant au président de « prendre tout le monde de haut  ». lien

Il ajoute : « j’ai touché à tout, j’ai fait la plonge en restauration, de la soudure en métallurgie, ramassé les poubelles… ».

C’est bien ce mépris des français qu’on devine dans toutes les déclarations présidentielles : « ces français qui ne sont rien », « fainéants », « gaulois réfractaires au changement  », « lepognon de dingue donné aux pauvres ».

Tout ça n’est pas sans rappeler les propos d’une reine qui proposait de la brioche à ceux qui réclamaient du pain, ce qui lui a couté plus tard sa tête.

Pas étonnant dès lors de la chute libre dans les sondages de celui qui est à la tête de l’état, et quand le 1er de cordée chute, les dégâts sont toujours importants, même si le principal intéressé a essayé de se débarrasser de l’image de président des riches qui lui colle à la peau, en lançant un « programme pour les pauvres  », programme qui ne trompe plus grand monde.

Pas étonnant non plus qu’il n’y ait plus que 19% des français à avoir une opinion favorable sur Macronlien

 

On peut aussi s’amuser du nom que le président a donné à son chien, Némo…ce capitaine qui visitait les grandes profondeurs abyssales…

Comme dit mon vieil ami africain : « si l’arbre savait le destin que la hache lui réserve, il ne lui fournirait jamais le manche ».

L’image illustrant l’article vient de blagues-et-dessins.com

Merci aux internautes pour leur aide précieuse

Olivier Cabanel

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