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Emmanuel Macron. French President Emmanuel Macron gestures as he speaks during a video conference meeting with African Union officials following the ACT-A initiative to coordinate a global and united response to the Covid-19 pandemic, at the Elysee Palace Paris, FRANCE-17/02/21//01JACQUESWITT_CHOIX058/2102171935/Credit:Jacques Witt/SIPA/2102171942

Macron au cœur de la volière

Quelle vie mène Emmanuel Macron depuis qu’il a été élu à la tête de l’État ? Réponse ci-dessous dans un texte où sont plus ou moins bien nichés 75 noms d’oiseaux. Á vous de les trouver si le jeu vous amuse (liste des oiseaux en bas de page)…

Nul n’est besoin de s’en remettre aux croassements des corbeaux, aux jacasseries des pies, aux médisances des jaseurs pour savoir à quoi s’en tenir : la ligne politique de Macron se résume à attendre qu’une hypothétique reprise de la croissance tombe à pic pour lui permettre de sortir du guêpier de la crise économique engendrée par la pandémie de Covid-19.

Le président est-il un aigle de la prospective politique ? Ou au contraire une buse de l’économie, un visionnaire barge, un chef d’état fou ? Les avis sont partagés, mais un constat s’impose : dans leur majorité, les Français ont l’impression d’être pris pour des pigeons que l’on plume, pour les dindons d’une mauvaise farce. Macron n’a pourtant rien d’une tête de linotte ni d’une cervelle de moineau. Tout le monde sait qu’il est loin d’être manchot, et qu’il n’a nul besoin de s’en remettre aux délires d’un marabout pour élaborer sa stratégie au vu des entrailles fumantes d’un poulet sacrifié. Mais indiscutablement sa politique effraie.

Sorti des fourches caudines de la justice étasunienne, un Strauss-Kahn eût-il mieux convaincu à l’Élysée si, entre deux tournées des grands-ducs, il n’avait été embarqué par son zizi, avec la complicité de Dodo la Saumure, dans des histoires graveleuses de poules et de grues avant l’apothéose de New York et sa conduite de butor avec une soubrette africaine qui l’a conduit devant les robins américains ? Nul ne le saura jamais.

Toujours est-il que Macron, dans la continuité de Sarkozy et de Hollande, déploie le tapis rouge aux vautours de cette finance dont le scootériste prétendait qu’elle était son ennemie. Les Français n’étant ni des bécasseaux ni des étourneaux, pas plus que les Françaises ne sont des bécasses ou des dindes, il ne faut pas chercher ailleurs les raisons du plongeon de notre chef de l’État dans les sondages de popularité. Et ce n’est pas en continuant, comme son prédécesseur, à jouer les faucons au Mali que Macron pourra redorer son image, et cela malgré quelques succès des combattants français ; une hirondelle sahélienne ne fait pas le printemps dans l’Hexagone.

Réduit par l’impopularité à l’état d’un roitelet démuni, Macron ne peut compter sur Castex, celui-ci n’ayant pas, loin s’en faut, la carrure d’un cardinal Mazarin pour contrer les chevaliers d’industrie et les faisans de la finance qui, forts de l’impuissance de l’exécutif, se pavanent en coulisse, ici comme des coqs suffisants, là comme des paons arrogants.

Macron, dépassé par les évènements, déjeune désormais en tête à tête avec son secrétaire en écoutant d’une oreille distraite de vieilles chansons de Bruant. Après avoir rapidement bu en apéritif un perroquet et chipoté devant un pâté d’alouette ou une terrine de perdrix, le président ingère sans appétit sa macreuse à la bordelaise, son canard à l’orange ou ses papillotes de colin à la provençale. Le repas terminé, il touille son café d’un air absent avec une spatule corrézienne en bois, cadeau d’un Hollande auquel il adresse de loin en loin un petit coucou non dénué de provocation.

La nuit, Macron fait souvent des cauchemars, malgré le confort de sa couette en plume d’eider. Tantôt il se voit reclus dans une humide habitation troglodyte, réduit à lire des classiques de Corneille, des vieux manuels sur le gavage des oies ou des études savantes sur la migration des huitriers. Tantôt il erre dans un univers monacal, entouré d’austères capucins et de revêches nonettes. Mais il arrive également que Macron rêve : il se contemple alors avec ravissement en épervier fondant sur un gisement de croissance ou en phénix triomphant tandis que résonne un joyeux chant de rossignol.

Hélas pour lui, dès le lendemain, la presse d’opposition et les médias du web, très sévères pour sa gouvernance, lui assènent virtuellement de nouveaux coups de martinet. Qu’à cela ne tienne, Macron ne râle pas ; il se contente de relever les points positifs, ayant fait sien le célèbre adage « faute de grive, on mange des merles ».

En attendant des jours meilleurs, le président continue de faire le job : demain, visite d’un quartier sensible de Sarcelles en compagnie de Darmanin ; après-demain en Bretagne, affichage écologique avec la visite d’une clinique de la LPO spécialisée dans les soins aux oiseaux blessés ou mazoutés : goélands, mouettes, guillemots, cormorans, macareux et autres fulmars ; la semaine suivante, visite d’état en Italie pour rencontrer Mario Draghi et assister en sa compagnie à une représentation distancielle – Covid oblige – du Lac des cygnes à la Scala de Milan.

Président de la République n’est décidément pas un boulot aussi chouette que le jeune Manu en rêvait quand il était bercé par le chant des mésanges, des fauvettes et des pinsons dans le jardin de la villa touquettoise de sa prof préférée, Brigitte Trogneux. Vivement la quille et le retour chez Rothschild !

Les 75 noms d’oiseau nichés dans le texte, dans l’ordre d’apparition : corbeau, pie, jaseur, pic, guêpier, aigle, buse, barge, fou, pigeon, dindon, linotte, moineau, manchot, marabout, poulet, effraie, grand-duc, zizi, poule, grue, butor, robin, vautour, bécasseau, étourneau, bécasse, dinde, plongeon, faucon, combattant, hirondelle, roitelet, cardinal, chevalier, faisan, coq, paon, secrétaire, bruant, perroquet, alouette, perdrix, macreuse, canard, colin, spatule, coucou, eider, troglodyte, corneille, oie, huîtrier, capucin, nonette, épervier, phénix, rossignol, martinet, râle, grive, merle, sarcelle, goéland, mouette, guillemot, cormoran, macareux, fulmar, cygne, milan, chouette, mésange, fauvette, pinson.

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A propos de Fergus

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Autodidacte retraité au terme d'une carrière qui m'a vu exercer des métiers très différents allant d'informaticien à responsable de formation, je vis à Dinan (Côtes d'Armor). Depuis toujours, je suis un observateur (et de temps à autre un modeste acteur) de la vie politique et sociale de mon pays. Je n'ai toutefois jamais appartenu à une quelconque chapelle politique ou syndicale, préférant le rôle d'électron libre. Ancien membre d'Amnesty International. Sur le plan sportif, j'ai encadré durant de longues années des jeunes footballeurs en région parisienne. Grand amateur de randonnée pédestre, et occasionnellement de ski (fond et alpin), j'ai également pratiqué le football durant... 32 ans au poste de gardien de but. J'aime la lecture et j'écoute chaque jour au moins une heure de musique, avec une prédilection pour le classique. Peintre amateur occasionnel, j'ai moi-même réalisé mon avatar.

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  1. avatar

    This article is great, thanks to the author for sharing.brouilleur

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