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Ma d?pense est votre revenu, comme ma dette est votre exc?dent !

Les mesures d?aust?rit? et autres r?ductions des d?penses publiques sont d?embl?e vou?es ? l??chec en p?riodes o? l??conomie a d?sesp?r?ment besoin d?oxyg?ne. L?activit? ?conomique est donc condamn?e ? r?gresser, avec une aggravation suppl?mentaire des d?ficits publics, en l?absence de cr?dits consentis en quantit?s suffisantes par le syst?me financier aux acteurs ?conomiques, et dans un contexte o? la puissance publique r?duit ses d?penses ou alourdit sa fiscalit?. C?est ainsi que les 25 milliards d?euros d?imp?ts pr?lev?s en France sur 2012 auxquels s?ajouteront environ 40 milliards en 2013, tout comme le dernier plan d?aust?rit? espagnol (pour ne citer que ce pays) consistant en de nouveaux efforts de 65 milliards d?euros, se traduiront in?vitablement et logiquement en une contraction ?conomique, tout en s?av?rant en d?finitive totalement contre-productifs.

La France en particulier ? qui s?est engag?e ? ? trouver ? 100 milliards d?euros afin d??quilibrer son budget en 2017 ? devra rapidement choisir son camp. Elle qui est incontestablement ? mi-chemin entre le noyau dur et la p?riph?rie europ?ens, qui se pla?t ? afficher une fiscalit? ? nordique ?, risque de se retrouver ? tr?s court terme dans une posture intenable o? sa comp?titivit? s?effondrera davantage ? cause d?une monnaie sur?valu?e. En fait, ? force de vouloir pr?tendre ? tout prix faire partie du noyau dur europ?en (au m?me titre que l?Allemagne), la France sera fatalement ?cart?e ? et rejet?e ? vers la p?riph?rie.

La France ne d?croche-t-elle pas en effet le deuxi?me prix europ?en en termes de taxation du capital ? Ne s?efforce-t-elle pas de d?courager toute forme d?investissement du haut de son taux implicite de taxation (du capital) qui se situe (selon des statistiques de 2010) ? 37.2%, soit juste apr?s celui en vigueur au Danemark qui est de 39% ? En 2013, la taxation de la r?mun?ration du capital au sein de l?entreprise, l?accroissement de l?imp?t sur les b?n?fices, la majoration de l?imp?t sur les m?nages, la France devrait donc pour le coup se retrouver en t?te de ce classement. Sachant qu?elle est d?j? en seconde position europ?enne ? et donc mondiale ! ? pour ce qui est de la taxation du patrimoine, tout juste derri?re la Grande-Bretagne.

Prises dans un ?tau entre leurs engagements europ?ens et les exigences des march?s, nos nations europ?ennes nous installent donc dans un cercle terrifiant o? les pr?l?vements ? alourdis dans le but de tenter de respecter leurs engagements en termes de limitation des d?ficits ? freinent davantage l?activit? ?conomique. Non seulement il nous est demand? de subir le prix du ralentissement de l?activit?, mais notre incitation ? consommer et ? investir est d?finitivement ?branl?e par la r?duction de nos revenus. Alors que, du fait de la d?croissance que subira en 2012 la zone euro, ce sont au contraire des mesures d?termin?es de soutien public ? son activit? qu?il faudrait mettre en place dans un contexte g?n?ral o? les moteurs de l?investissement, de la consommation et du commerce mondial sont en panne.

L?aust?rit? impos?e aux nations fragilis?es et en contraction ?conomique se r?v?le donc nocive ? l?extr?me. Sachant que, par ailleurs, cette m?me aust?rit? devient totalement inutile d?s lors que le secteur financier se r?tablit et qu?il recommence donc ? assumer sa fonction de pr?teur. En cons?quence, les d?ficits publics et leurs ratios (ramen?s aux P.I.B.) sont un mal n?cessaire et incontournable jusqu?au r?tablissement du syst?me financier. En r?alit?, ces d?ficits publics constituent le seul moteur encore ? disposition de l?activit? ?conomique, la seule bou?e de sauvetage de la croissance. Ils seront naturellement amen?s ? reculer, voire ? ?tre compl?tement r?sorb?s, d?s que le secteur priv? prendra la rel?ve de l?action et des fonds publics.

Ne l?sinons donc pas sur les d?penses sociales en p?riode de crise car ce ne sont pas ces ?conomies qui r?duiront nos d?ficits, tandis qu?elles fragiliseront et appauvriront davantage le citoyen. Les coupes des d?penses publiques, les tassements des allocations ch?mage et des salaires minima comme la r?duction du train de vie de l??tat n?auront que fort peu d?incidence significative ? long terme sur nos comptes publics pendant qu?elles ach?veront de couler l??conomie sur le court terme. Avec bien entendu une accentuation de ces d?ficits du fait de l?effondrement suppl?mentaire des recettes fiscales de l??tat. Comprenons-le bien : ce ne sont pas les dettes qui nuisent ? la croissance. Cette relation de cause ? effet devrait plut?t ?tre invers?e : les d?ficits sont m?caniquement cr??s par le recul de la croissance, et heureusement, devrait-on dire, car l?on ne peut que se f?liciter que l??tat soit l? pour injecter ses liquidit?s qui ?viteront la paralysie ? notre ?conomie.

Il est vital de se rendre compte de cette causalit? invers?e et d?admettre que les crises ?conomiques ne sont pas induites par les d?ficits publics afin de ne plus adopter les mauvaises mesures qui ne feront qu?aggraver la situation. C?est pourquoi les r?ponses appropri?es dans le cadre d?une r?cession initialement caus?e par une fragilisation extr?me des banques et du circuit financier ? cens?s irriguer l??conomie ? consistent en davantage de d?penses publiques, combin?es ? des all?gements d?imp?ts afin de ressusciter l?activit?. La reprise, qui sera forc?ment au rendez-vous, ram?nera alors la croissance qui autorisera ? son tour la diminution, voire la disparition, des d?ficits publics. Ce sont donc, pour paraphraser Keynes, les p?riodes fastueuses qui sont le moment id?al pour pratiquer l?aust?rit? et non les p?riodes de crise ?conomique. La d?pense de l?un ?tant le revenu de l?autre, ce sont les recettes de l?ensemble des consommateurs, des intervenants et des entrepreneurs qui sont ainsi condamn?es ? s?effondrer s?ils r?duisent tous leurs d?penses en m?me temps dans le but de rembourser leurs dettes.

Ce faisant, la probl?matique de la dette ne fait qu?empirer car ? plus les d?biteurs paient et plus ils doivent ?, disait Fisher en d?crivant cette calamit? qu?est la ? d?flation par la dette ?.

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