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Centpapiers

  • Lutte à finir au US Open

    22 août 2007 | 0 commentaire(s) | vu 655 fois

    Onze infimes petits points donnent à l’Espagnol la tête dans la course à l’heure actuelle. Il faut dire que le dauphin compte quinze tournois à son actif contre onze pour le numéro un mondial. Federer le vétéran, qui vient tout juste d’avoir 26 ans, est déjà en mode économie. Il veut prolonger sa carrière jusqu’à la mi-trentaine, comme l’a fait avant lui André Agassi. Avec sa garde rapprochée, sa copine et agente Mirka Vavrinec et son éducateur physique Pierre Paganini, il établit religieusement l’agenda de l’année. « Je veux jouer plusieurs générations comme Agassi. J’ai joué contre lui, je joue contre Nadal et j’aimerais jouer contre la génération suivante. »

    Après son cinquième et légendaire titre à Wimbledon, le Bâlois s’adjuge donc un mois de repos. Pendant ce temps, l’infatigable Nadal retourne jouer sur l’ocre de Stuttgart et remporte le tournoi, son sixième succès cette année (Indian Wells, Monte Carlo, Rome, Roland Garros, Barcelone). Cette absence du patron du circuit a eu tôt fait de sonner l’alarme chez les observateurs qui s’inquiétaient déjà de sa baisse de régime. « Roger concède-t-il le premier rang mondial ? », écrivait David McPherson sur son site Internet The World of Tennis.

    L’avance de Nadal n’a pourtant jamais semblé inquiéter le Suisse. Pas assez pour songer à déroger au sacro-saint agenda. Le principal intéressé admet ne pas suivre le cumul des points au classement ATP. « Je suis sous pression depuis quatre ans. Je ne regarde plus ça. Mes buts ont changé maintenant. Je me soucie davantage de gagner les tournois importants, les Grands chelems. J’ai besoin de gagner les gros maintenant ». D’ailleurs, pourquoi s’inquiéter à l’amorce de la saison sur les courts durs d’Amérique, semble se dire Federer. N’y règne-t-il pas en roi et maître depuis 2004 ?

    Si le Suisse accuse un déficit de points face à l’Espagnol c’est pourtant en raison de ses récentes contre-performances sur cette surface, à Indian Wells et Miami en début de saison. Deux revers inattendus contre l’Argentin Guillermo Canas, un spécialiste de terre battue.

    Malgré la sortie de Nadal à Montréal au début d’août, le Bâlois s’est buté en finale à un autre des jeunes loups en progression, le Serbe Novak Djokovic. Federer était visiblement frustré d’avoir vendangé trois balles de jeu au premier set et, surtout, de n’avoir su capitaliser en l’absence de son grand rival au classement. C’est une défaite amère contre celui qui crie à qui veut l’entendre qu’il veut être calife à la place du calife.

    Gonflé à bloc, Federer a ensuite pris la route de Cincinnati et « sous son aile » (et celles de son jet privé) le pauvre Nadal qui peinait à se trouver un vol pour le dernier tournoi Master avant l’Open. Le séjour en Ohio sera de courte durée pour ce dernier et pour Djokovic qui s’inclinent à leur match de premier tour. Après un début difficile, dont un match très accroché contre Lleyton Hewitt en demi-finale, Federer envoie l’Américain James Blake sur les roses en deux sets expéditifs de 6-1 et 6-4 et capture son cinquantième titre en carrière et le cinquième cette année (Australie, Dubaï, Hambourg, Wimbledon). Il déloge ainsi Pete Sampras au cinquième rang des joueurs ayant atteint ce plateau le plus rapidement. Avec ce quatorzième succès en tournois Master, le Suisse ne pointe plus qu’à trois de la marque établie par André Agassi.

    Avec une finale à Montréal et un succès à Cincinnati Federer remporte facilement la Master Series devant les Américains James Blake et Andy Roddick. Son deuxième succès à Cincinnati aura surtout permis de rassurer l’establishment du tennis sur son niveau de jeu. Si le succès lui sourit une quatrième fois d’affilée à Flushing Meadows, le Suisse pourrait engranger des gains de plus de 2,5 millions et sécuriser définitivement sa place au premier rang qu’il détient depuis maintenant plus de 180 semaines.

    Quant à Nadal, il enchaîne les tournois un après l’autre depuis le début de l’année. Après un début de saison fort impressionnant sur les courts américains (victoire à Indian Wells et finale à Miami), sa prestation des dernières semaines à Montréal et à Cincinnati, et ses récentes blessures laissent planer un doute sur ses chances de remporter le dernier grand rendez-vous de la saison. Si jamais il devait s’absenter tôt, l’Espagnol pourra toutefois compter sur Djokovic et Roddick pour enquiquiner le numéro un mondial. Quoi qu’il en soit, sous-estimer l’indomptable taureau de Manacor est bien la dernière chose à laquelle songera le Suisse. Après tout, pour paraphraser Talleyrand, on peut tout faire avec une raquette de tennis, sauf s’asseoir dessus !

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