Accueil / T Y P E S / Articles / L’Union des ?crivaines et des ?crivains qu?b?cois abandonne son projet de portail Internet du livre qu?b?cois
Dans l'?dition de mars 2009 de son bulletin d'information aux membres, l'Union des ?crivaines et des ?crivains qu?b?cois (Uneq) annonce que son projet de portail internet du livre qu?b?cois ne verra pas le jour. Un portail est un ?site Web dont la page d'accueil propose, en plus d'un moteur de recherche, des hyperliens avec une foule d'informations et de services utiles et attrayants, qui est con?u pour guider les internautes et faciliter leur acc?s au r?seau? (Source : Office qu?b?cois de la langue fran?aise).

L’Union des ?crivaines et des ?crivains qu?b?cois abandonne son projet de portail Internet du livre qu?b?cois

Photo : Flickr Vince Kusters
Photo : Flickr Vince Kusters

Dans l’?dition de mars 2009 de son bulletin d’information aux membres, l’Union des ?crivaines et des ?crivains qu?b?cois (Uneq) annonce que son projet de portail internet du livre qu?b?cois ne verra pas le jour. Un portail est un ?site Web dont la page d’accueil propose, en plus d’un moteur de recherche, des hyperliens avec une foule d’informations et de services utiles et attrayants, qui est con?u pour guider les internautes et faciliter leur acc?s au r?seau? (Source : Office qu?b?cois de la langue fran?aise).

L’abandon par l’Uneq de son projet de portail du livre qu?b?cois est d?taill? dans un article qui fait ?tat des travaux du Comit? des nouveaux m?dias de l’Uneq, article sign? par Fran?ois Jobin et publi? sur le titre ?TIENSTATUQUEONSEMODERNISE.COM?.

La Fondation litt?raire Fleur de Lys s’?tait prononc?e d?s le d?part contre l’id?e que l’Union des ?crivaines et des ?crivains qu?b?cois soit le ma?tre d’oeuvre d’un tel projet de portail du livre qu?b?cois. Lire cet article :

De gr?ce ne laissez pas le portail Internet de la litt?rature qu?b?coise entre les mains de l’Union des ?crivaines et des ?crivains qu?b?cois (Uneq)

La Fondation litt?raire Fleur de Lys ?valuait que l’Union des ?crivaines et des ?crivains qu?b?cois ne poss?dait pas et ne savait pas reconna?tre l’expertise n?cessaire pour b?tir et g?rer un tel portail.

Nous avions alors expos? en preuve la refonte du site Internet de l’Uneq qui, au lieu d’enrichir l’Internet litt?raire qu?b?cois, venait l’appauvrir. Lire cet article :

L’Union des ?crivaines et des ?crivains qu?b?cois appauvrit l’Internet litt?raire qu?b?cois dans la refonte de son site Internet

Mais ce qu’il y a de plus particuli?rement int?ressant dans l’annonce de l’abandon du projet de portail du livre qu?b?cois, c’est le fait que l’Uneq vient d’exp?rimenter ce que la Fondation litt?raire Fleur de Lys a rencontr? sur son chemin lors de sa cr?ation en 2003. Nous souhaitions alors faire l’unanimit? au sein du milieu du livre qu?b?cois au sujet de la cr?ation d’une premi?re maison d’?dition en ligne sur Internet au Qu?bec.

Malheureusement, notre r?ve d’unanimit? a fondu comme neige au soleil suivant les r?actions des intervenants du milieu du livre qu?b?cois. Il va sans dire que nous avons ?t? tr?s d??us. Ainsi, nous ne sommes par surpris de lire que Robert Blake, le nouvel auteur mandat? par l’Uneq pour sonder le terrain au sujet de ce portail, a ?t? d??u lui aussi par les r?actions du milieu. ?Sa d?ception a ?t? de taille?, ?crit Fran?ois Jobin. Plus encore, ce dernier ?crit : ?Apparemment, le monde du livre n’est pas  »normal »?.

Monsieur Jobin poursuit, toujours en parlant du mandataire de l’Uneq aupr?s des intervenants du milieu : ? De toutes les rencontres qu’il a effectu?es, un point ressort comme une tache de graisse sur une cravate?: le projet, s?duisant de prime abord, perd de son attrait sit?t qu’il est question de gros sous. Aucun des groupes consult?s ne veut investir d’argent dans une entreprise de mise en march? qui regrouperait tout le monde et qui aurait une certaine envergure, m?me si les retomb?es risquent de permettre ? tous de r?aliser des ?conomies.?

On apprend dans cette derni?re citation que l’Uneq a pr?sent? son projet de portail du livre qu?b?cois comme ?une entreprise de mise en march??, bref une entreprise commerciale. Or, un portail ne doit pas ?tre per?u et encore moins pr?sent? comme un projet ?conomique, mais plut?t comme un projet d’information, de documentation, d’orientation, d’?changes,…

D’abord, il ne faut pas parler d’un portail du ?livre? mais de la ?litt?rature? qu?b?coise. Le terme ?livre? est associ? intimement ? ?l’industrie du livre?, ce qui nous ?loigne de l’objectif d’un portail : donner acc?s ? des informations sur un sujet donn?. Et le ?sujet donn??, ce n’est pas ?Comment et o? acheter un livre ??. Autrement dit, l’information recherch?e par les internautes fouillant un portail n’est pas de nature ?conomique. Un portail, c’est une occasion d’informer et de documenter le visiteur, non pas de lui vendre quelque chose.

Cette pr?cision apport?e, on comprendra ais?ment que la plupart des portails culturels, y compris ceux d?di?s ? la litt?rature, sont des initiatives gouvernementales. On recherche alors la neutralit?, l’abondance d’informations et tous les liens hypertextes vers les sites Internet du sujet trait?. Il ne faut pas oublier que l’Union des ?crivaines et des ?crivains qu?b?cois est avant tout un syndicat. Un portail ?du livre? initi? par l’Uneq ne deviendrait ni plus ni moins qu’un portail syndical se rapportant ? l’industrie du livre et ? ses diverses associations (?diteurs, libraires et autres).

Faudrait-il ?tre membre de l’Uneq ou ?tre publi? par un ??diteur reconnu? pour ?tre affich? sur le portail du livre qu?b?cois ? Qu’adviendrait-il des auteurs ?dit?s uniquement sur Internet ? Une chose est certaine, la Fondation litt?raire Fleur de Lys n’a pas ?t? contact?e par le responsable du projet de portail du livre qu?b?cois de l’Uneq. J’en d?duis que le portail du livre propos? par l’Uneq ?tait r?serv? d’abord et avant tout aux livres qu?b?cois publi?s par l’industrie du livre voire peut-?tre uniquement aux livres des auteurs membres de l’Uneq.

Car, en alternative, ? son projet de portail du livre, l’Uneq se tourne vers ses membres. Par exemple, ? l’Infocentre litt?raire qu?b?cois (L’?le) r?serv? aux membres titulaires s’ajoutera une ?p?ninsule? pour les membres associ?s de l’Uneq. Wow ! Toute une ouverture. L’alternative de l’Uneq ? son projet de portail du livre qu?b?cois, c’est donc son propre site Internet. Le conseil d’administration a demand? ? la direction g?n?rale l’embauche d’une personne ressource ?pour piloter le vaisseau de l’UNEQ dans Internet?.

Ce repli sur soi de l’Union des ?crivaines et des ?crivains qu?b?cois par suite de l’abandon d’un projet de portail du livre qu?b?cois d?montre bien les motivations r?elles du syndicat, d’autant plus que l’on pr?cise d?j? que la personne ressource ? engager ?devra faire preuve d’imagination et proposer des produits accrocheurs afin d’attirer la client?le?. Le caract?re gras des mots est utilis? afin de bien souligner l’approche commerciale de l’Uneq. On ne parle pas des ?lecteurs? mais de la ?client?le?, une v?ritable insulte.

On saura me rappeler que ?L’UNEQ travaille ? la promotion et ? la diffusion de la litt?rature qu?b?coise, au Qu?bec, au Canada et ? l’?tranger, de m?me qu’? la d?fense des droits socio-?conomiques des ?crivains? (Source) mais, en termes clairs nets et pr?cis, cela veut dire aider ses membres ? vendre des exemplaires de leurs livres et ? en tirer le meilleur parti financier possible. Certes, il n’y a rien de mal ? poursuivre un tel objectif, mais on ne peut pas l’appliquer ? un projet de portail du livre.

En alternative, l’Uneq aurait d? se tourner vers le gouvernement du Qu?bec, car il lui revient de financer un tel portail du livre qu?b?cois et, ? d?faut de moyens financiers, de consacrer une part plus importante du site Internet de notre minist?re de la culture et des communications ? la ?litt?rature d’ici?. Plus encore, l’Uneq aurait d? se tourner vers le milieu culturel d’ici pour initier un consensus afin de demander au gouvernement de la province de doter le Qu?bec d’un portail culturel. Le fait que le gouvernement du Canada a abandonn? son portail de la culture canadienne est un argument de poids pour r?veiller les ?lus qu?b?cois.

L’exemple du gouvernement fran?ais avec son portail Culture.fr ou celui des ?tats-Unis d’Am?rique avec sa section d?di?e aux livres sur son site Internet sont deux arguments de plus ? mettre ? profit pour un portail de la litt?rature qu?b?coise.

Curieusement, ce sont les USA qui parlent de ?L’expression des id?es et de l’identit??. Le gouvernement am?ricain en fait m?me le th?me de la section d?di?e aux arts.

On ne peut pas parler de l’h?g?monie culturelle am?ricaine ou de la protection de la diversit? culturelle dans le monde quand notre propre gouvernement r?duit l’expression de nos id?es et notre identit? sur son propre site Internet.

Et si l’Uneq avait ?t? r?ellement au fait de ce qui se passe au Qu?bec dans le domaine de l’Internet et du Web, elle aurait joint les rangs du collectif travaillant ? doter le Qu?bec d’un plan num?rique (voir). Elle aurait pu alors y inscrire et promouvoir son projet de portail du livre alors devenu un portail de la litt?rature qu?b?coise.

Mais et c’est bien connu, du moins de nos lecteurs, l’Union des ?crivaines et des ?crivains qu?b?cois se replie rapidement sur elle-m?me, une attitude g?n?ralis?e dans l’industrie qu?b?coise du livre. Et c’est cette attitude qui nous fait dire que le milieu litt?raire qu?b?cois est un milieu ferm?.

Ce qu’on ne savait pas, c’est que chaque joueur de l’industrie qu?b?coise du livre est ? ce point referm? sur lui-m?me qu’il y a peu de consensus possible entre eux, m?me pour informer la plan?te au sujet de la litt?rature d’ici.

Serge-Andr? Guay, pr?sident ?diteur

Fondation litt?raire Fleur de Lys

http://manuscritdepot.com/internet-litteraire/actualite.260.htm

Commentaires

commentaires

A propos de

avatar

Check Also

150 potentiels cocus…

Ça y est, les 150 français tirés au hasard ont enfin rendu leur copie et ...