Accueil / T Y P E S / Articles / L’UE peut-elle exiger la fermeture de Guantanamo ?

L’UE peut-elle exiger la fermeture de Guantanamo ?

La prison am?ricaine de Guantanamo est situ?e sur une base militaire navale ? Cuba. Cette prison fut cr??e ? la suite de l’invasion am?ricaine en Afghanistan pour y jeter des « terroristes » ou des combattants talibans.

? l’automne 2001, pr?s de 750 prisonniers originaires d’une vingtaine de pays diff?rents s’y retrouvaient. En 2004, plus de 200 prisonniers ont ?t? rel?ch?s, sans qu’aucune explication soit donn?e. Encore aujourd’hui, pas moins de 380 personnes sont toujours emprisonn?es et il y aurait environ 60 d?tenus mineurs.

En 2006, le Congr?s am?ricain a adopt? une loi privant aux d?tenus l’acc?s ? des tribunaux pour deux motifs : 1) contester la l?galit? de leur d?tention et 2) le traitement qui leur est inflig?, m?me en cas de tortures. Le d?ni d’un droit fondamental constitue tout un pr?c?dent ! Selon Amnesty International, Guantanamo est un « goulag moderne ! »

Voici quelques conditions de d?tentions des prisonniers :

Des cellules individuelles de 2 m?tres sur 2, et ce, ?clair? 24 heures sur 24 ;
Ils peuvent ?tre interrog?s ? n’importe quel moment de la journ?e ou de la nuit ;
Lorsqu’ils sont d?plac?s, les d?tenus ont les mains et les pieds menott?s et un sac de toile est plac? sur leur t?te pour les emp?cher de voir ;
Le dialogue entre prisonniers est inexistant ;
La torture psychologique et physique est parfois pratiqu?e.

« L’emprisonnement de centaines d’hommes ? Guantanamo sans inculpation est un d?sastre politique et juridique aux proportions historiques. […] Les ?tats-Unis ont cr?? le probl?me et il leur incombe aujourd’hui de le r?soudre. L’UE devrait toutefois apporter son concours en accueillant certains d?tenus. » Kenneth Roth, Human Rights Watch.

L’Union Europ?enne peut-elle presser les ?.-U. ? fermer cette prison et forcer la tenue de proc?s ?quitables ? D?j?, en juillet dernier, l’UE avait lanc? un appel collectif pour la fermeture de Guantanamo. Les ?tats-Unis continuent ? faire la sourde oreille. Oubliez le Canada, il participe ? cette guerre et il est frileux quant aux critiques ? formuler envers son voisin. Outre l’UE, qui peut exiger cette fermeture ? L’ONU, Sarkozy, le nouvel ami de Bush ou bien Poutine ?!?

Je ne d?fends pas des suppos?s terroristes ou talibans provenant de « l’axe du mal » et je ne suis pas antiam?ricain pour autant… Cependant, torturer et priver les d?tenus de leurs droits internationaux, et ce, par l’une des puissances mondiales (jusqu’? quand ?) sont catastrophiques pour la d?mocratie mondiale et les droits humains. Imaginez si certains pays seraient port?s ? suivre l’exemple am?ricain…

Autre sujet : « Le proc?s de l’ancien pr?sident lib?rien Charles Taylor pour crimes de guerre commis pendant les 11 ann?es de conflit arm? en Sierra Leone et qui d?bute le 4 juin, envoie le signal fort que personne n’est au-dessus des lois, a d?clar? Human Rights Watch aujourd’hui. »

Personne n’est au-dessus des lois… et ce, m?me sur une base navale am?ricaine.

Sources :
http://hrw.org/french/docs/2007/01/05/usdom15054.htm
Human Rights Watch

http://fr.wikipedia.org/wiki/Prison_de_Guantanamo
Wikipedia

Commentaires

commentaires

A propos de

avatar

Check Also

Le petit monde de Donald (9) : le faux chevalier blanc , l’homme de la montagne et un évêque !

Parmi les admirateurs de Donald, on compte des présentateurs TV qui se veulent bon teint, ...

3 Commentaire

  1. avatar

    Merci de publier mon texte 🙂 J’apprécie…

  2. avatar

    A l’auteur

    Relativement à la question d’Human Rights Watch, qui demande à l’Union européenne d’intervenir, le rapport a été publié en janvier 2007 ! Si Guantanamo est toujours d’actualité, le rapport de HRW se fait un peu vieux.

    En 2005, le Washington Post révèlait l’existence de prisons secrètes, et de transfert de prisonniers, avec la complicité d’une vingtaine de pays, dont plusieurs pays européens. L’affaire avait créé un scandale international. Six organisations des droits de l’homme, dont Amnesty International et Human Rights Watch ont ces jours-ci saisi la justice américaine pour connaître la vérité sur le sort de 39 personnes, arrêtées par la CIA dans le cadre de la guerre contre le terrorisme, et qui ont littéralement disparu depuis lors. Ces organismes ont notamment évoqué le sort de 2 enfants de 7 et 9 ans, les fils d’un homme considéré comme le cerveau des attentats du 11 septembre. D’après des témoins oculaires, les deux enfants ont été détenus pendant 4 mois dans une prison pour adultes, et interrogés sans relâche sur les agissements de leur père.

    Ce rapport de 21 pages, Off the Record : U.S. Responsibility for Enforced Disappearances in the ‘War on Terror’, comporte pour la première fois des données détaillées sur quatre personnes citées comme détenus « disparus ». La liste complète comporte des ressortissants de pays comme l’Égypte, l’Espagne, le Kenya, la Libye, le Maroc et le Pakistan. Ces personnes auraient été arrêtées dans des pays comme l’Irak, l’Iran, le Pakistan, la Somalie et le Soudan, et transférées dans des centres de détention secrets des États-Unis. Amnesty, le CCR et International Human Rights Clinic of New York University School of Law ont annoncé avoir déposé une plainte devant une cour fédérale américaine en vertu de la loi sur la liberté de l’information pour obtenir des renseignements sur les détenus disparus.

    En septembre dernier, George Bush admet que la CIA a interrogé des dizaines de suspects dans des centres de détention secrets, des prisons noires, et que 14 d’entre eux ont été envoyés à Guantanamo.

    Votre article, pour intéressant qu’il soit, aurait dû être actualisé. La déclaration de Meg Satterthwaite, directrice du Center for Human Rights and Global Justice à la faculté de droit de l’Université de New York, témoigne de l’importance de la démarche des organismes en cause : « Depuis la fin des guerres sales en Amérique latine, le monde a rejeté le recours aux ‘disparitions’ comme étant une violation fondamentale du droit international. Malgré cette condamnation universelle, nos recherches montrent que les États-Unis ont essayé de faire disparaître aussi bien les personnes sur cette liste que l’état de droit. Les États-Unis ne peuvent ignorer les droits humains en cachant des détenus dans des sites noirs ou fantômes. Les disparitions forcées sont illégales, quel qu’en soit le responsable. »

    Pierre R.
    Montréal

  3. avatar

    @Pierre R.
    Pour ma part un rapport de janvier 2007 est encore d’actualité si Guantanamo est toujours fonctionnel et qu’aucun pays semble vouloir mettre de la pression sur les USA à fermer ce lieu.

    Vous complétez mon billet avec la disparition de détenus. Un point en commun avec Guantanamo et votre ajout ; les USA bafouent de multiples façons les droits humains.

    Est-ce le fait que Guantanamo est plus surveillé qu’ils ont recours à cette tactique ?

    Merci des ajouts et du rapport en question. Un peu vieux juin 2007, quand même, le mois de juillet approche ! (rire !)