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L’OTAN doit se retirer de l’Afghanistan

La semaine derni?re, la rumeur d’une ?lection f?d?rale commen?ait ? ?tre de plus en plus forte et Stephen Harper d?montrait un vif int?r?t ? perdre un vote de confiance qui lui permettrait de se lancer en campagne ?lectorale. Les lib?raux n’ont pas eu le courage d’affronter les conservateurs sur la question de l’Afghanistan, pr?f?rant annoncer qu’ils voteront contre le budget, pr?vu pour le 26 f?vrier prochain.

La veille de la pr?sentation du budget, la Chambre des Communes sera appel?e ? voter sur une motion du Parti Conservateur concernant la poursuite de la pr?sence militaire canadienne en Afghanistan. Cette proposition, qui sera l?g?rement modifi?e pour r?pondre aux propositions des lib?raux, ne change en rien la vraie mission du Canada – alli? de l’OTAN – charg? de t?l?graphier les ordres du Pentagone vers ce pays lointain ; endroit strat?gique du globe o? les am?ricains doivent absolument faire sentir leur pr?sence aux russes, aux iraniens et, bien s?r, aux chinois. C’est un r?le essentiellement militaire et politique que l’?tat-major canadien, actuellement en parfaite symbiose avec l’ex?cutif du parlement, est appel? ? jouer dans ce pays envahi par les Etats-Unis. Comme le pr?cise l’analyse de Guy Charron :

« D’un c?t?, les soldats sont utilis?s comme chair ? canon pour obtenir le respect que l’on donne au « prix du sang » dans les instances dirigeantes mondiales, avec d’immenses co?ts pour la population civile afghane, y compris la subjugation ?conomique et politique de leur pays. De l’autre, le Canada d?ploie une ?quipe ayant des pouvoirs similaires ? ceux de ministres aupr?s du gouvernement Karza? pour influencer et modeler la r?gion en accord avec ses int?r?ts strat?giques fondamentaux. »

En moins de deux ans de pouvoir, il est peu probable que les conservateurs aient eu le temps de mettre au point une strat?gie g?opolitique d?taill?e. Les am?ricains sont s?rement dans le coup. Selon certains journalistes, les ?tats-Unis ne tiennent pas vraiment ? demeurer en Afghanistan. Un gouvernement fantoche ferait tr?s bien l’affaire. Les am?ricains veulent cependant paralyser les talibans et l’insurrection avant de plier bagages. L’OTAN est sollicit?e pour s’en charger. Les int?r?ts ?conomiques entrent en jeu, les possibilit?s d’affaires se pr?cisent. ?a allume les conservateurs et leurs amis des chambres de commarce de l’Alberta…

Cette guerre n’est pas l?gale. Les ?tats-Unis ont envahi l’Afghanistan pour prouver ? la plan?te qu’ils ?taient encore la plus grande puissance mondiale. Le Canada a d?cid? d’y participer car l’opposition n’?tait pas aussi grande qu’elle l’est aujourd’hui, un peu par solidarit? ? nos voisins du sud dont on ressentait le chagrin du moment. Aujourd’hui, la tr?s grande majorit? des sondages confirment que les citoyens canadiens sont contre la mission de guerre actuellement en cours mais qu’ils endossent la pr?sence militaire, ? condition que ce soit pour participer ? la reconstruction du pays et assurer une vie paisible pour les afghans.

Les deux aspirants au poste de premier ministre sont incapables de prouver aux canadiens qu’ils respectent l’opinion publique. Comment peut-on parler de d?mocratie si les politiciens ne sont pas en mesure de modifier la nature de leur pr?sence en Afghanistan afin de rejoindre les vraies traditions canadiennes en mati?re de politique ?trang?re ? Avec un peu de courage et de cr?ativit?, le Canada pourrait exiger le remplacement des troupes de l’OTAN par une d?l?gation de casques bleus de l’ONU, ce qui contribuerait certainement ? calmer la violence, caus?e principalement par la pr?sence am?ricaine en sol afghan. Le Canada pourrait alors ?tre en charge de cette mission et ainsi contribuer ? la vraie reconstruction de ce pays d?vast? par des ann?es de conflits militaires… Encore aujourd’hui, l’arm?e am?ricaine est celle qui a le plus important effectif avec 15,000 soldats. Comme le peuple afghan ne fait aucunement confiance aux am?ricains, il sera impossible d’apporter la stabilit? et la paix dans ce pays tant que nous serons per?us comme l’envahisseur.

Le sondage L?ger du 14 f?vrier annonce que tout est possible pour les lib?raux. Dion semble ?tre pr?t pour une campagne ?lectorale. Son avenir politique se jouera donc plus t?t que pr?vu. S’il n’obtient pas au moins un gouvernement minoritaire lib?ral, il aura connu une br?ve carri?re en tant que chef de son parti. Tout semble annoncer qu’il jouera la m?me carte que le parti conservateur en ce qui concerne l’Afghanistan. Il est donc essentiel que Jack Layton et Gilles Duceppe soul?vent s?rieusement ce d?bat afin d’?viter que le prochain gouvernement appuie aveugl?ment les am?ricains dans leurs visions imp?rialistes. Nous devrons ?tre assur?s que le Canada – et le Qu?bec – soient encore per?us comme des peuples pacifiques, qui d?sirent sinc?rement aider les citoyens de ce pays d?vast?.

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  1. avatar

    J’ai écrit le semaine dernière que je ne croyais pas à des élections ce printemps et je n’ai pas changé d’avis. On parie ? Pour l’Otan je veux bien, mais notre contrôle est nul. Priez seulement pour l’élections des Démocrates aux USA en novembre

    Pierre JC allard

  2. avatar

    J’ai écrit ce billet après l’annonce de Dion, qui semblait déterminé (si on peut dire ça du personnage) à battre le budget des conservateurs. Comme vous le mentionnez dans votre article, il semble qu’il s’est rallié au parti et probalement, selon Patrice Roy, à la section ontarienne du parti qui ne veut absolument pas aller en élection avec Dion ce printemps. Alors, non, je ne gagerai pas un sou !

    Pour ce qui est de l’élection des démocrates, je n’attend rien de ça, du moins pas en ce qui concerne la politique étrangère. Seuls Kucinich et Nader pourraient peut-être changer quelque chose, mais c’est impossible qu’un politicien soit plus fort que le Pentagone, la CIA, les lobbies de toutes sortes et l’industrie pétrolière et pouvoir changer drastiquement le jeu qui se déroule sur la planète actuellement.

    Clinton présidente et Obama vice-président (ou vice-versa), ensemble, ça serait toujours mieux que le status quo !

  3. avatar

    Je crois que les récents évènements qui se sont déroulés dans la région de Spin Boldak prouvent que la présence de l’OTAN n’aide aucunement la reconstruction du pays et la réconciliation des différentes factions.

    Je ne peux pas croire qu’un officier peut crier haut et fort que l’armée peut et doit aller où elle veut alors que les autorités régionales lui ont demandé de se tenir à l’écart. Ce n’est pas digne d’une mission humanitaire, c’est de l’agression pure et simple.

    Radio-Canada, le 18 février : « Selon le gouverneur de la province de Kandahar, Asadullah Khalid, l’attentat aurait pu être évité. Il dit avoir averti l’OTAN à six reprises de ne pas s’aventurer dans ces zones, car un kamikaze y circulait. Les Forces canadiennes ont vivement réagi, en disant que ce sont elles qui prennent les décisions sur les endroits où leurs soldats iront patrouiller. »

  4. avatar

    Considérant les espoirs qu’ils suscitent, Obama va changer les USA ou les USA vont exploser. Je crois que ceux qui l’ont poussé là n’avaient pas prévu. Il y a des précédents…

    PJCA

  5. avatar

    Un petit message au féminin, de France.

    NON, l’OTAN ne doit pas se retirer d’Afghanistan, bien au contraire, et cela tant que le travail ne sera pas terminé, et OUI, cela prendra du temps.

    Et je regrette souvent que mon propre pays ne soit pas plus engagé au Sud Afghan justement. J’espère que les vagues promesses du Président Français vont se concrétiser par l’envoi de réels soutiens aux Forces Canadiennes.

    Abandonner maintenant le peuple Afghan serait pire que tout.
    Les attentats d’une incroyable lâcheté perpétrés par les talibans ne sont que la traduction de leur désespoir et de leur désorganisation. Donc, continuer à les combattre, et SANS RELACHE.