• Lorsqu’une BD met en lumière les côtés obscurs de l’industrie minière canadienne…

    27 décembre 2007 | 1 commentaire(s) | 339 affichage(s)

    Cet automne, les éditions Cumulus Press ont mené de front deux projets de livre particulièrement intéressants. Il s’agit de la BD journalistique « Extraction ! », ainsi que d’un livre compilant des affiches inédites sur les mouvements sociaux au Québec de 1966 à aujourd’hui. Mais c’est au sujet « d’Extraction ! » que je voudrais consacrer mon billet. Si vous voulez en savoir plus à propos du livre sur les mouvements sociaux, je vous invite à lire le dernier « post » du blogueur Ky Vy de Chez paroles.

    Ainsi, Cumulus Press lançait au début du mois de décembre une BD journalistique. « Extraction ! », c’est une série de reportages réalisés sur le terrain par des journalistes indépendants et qui ont été par la suite illustrés en bande dessinée par des bédéistes de renom. C’est comme si on suivait les journalistes dans leur collecte d’information ; comme si on était sur le terrain avec eux et qu’on découvrait graduellement les faits. Ce concept de BD journalisme permet, je pense, de vulgariser l’information, de la rendre peut-être plus attrayante, moins rigide.

    De plus, ce qui donne du caractère à cette BD, c’est le fait que chaque chapitre a été conçu par un bédéiste différent, chacun avec son propre style. C’est un concept audacieux, car on aurait pu se retrouver avec quelque chose de complètement dépareillé. Malgré le fait que les coups de crayons et les styles des dessins soient totalement différents, on y retrouve tout de même une unité artistique. C’est-à-dire que tout au long de la BD, il y a ce côté sombre, cette ambiance apocalyptique qui s’installe et qui nous rend rapidement captifs de cet univers minier méconnu du commun des mortels.

    « Extraction ! » est une BD qui dénonce l’irresponsabilité de l’industrie minière canadienne au Canada et aussi dans le monde. Le livre se divise en quatre chapitres, chacun étant dédié à l’exploitation d’un minerai en particulier. On traitera successivement de l’exploitation de l’or au Guatemala, de prospection d’uranium près de Mont-Laurier au Québec, de l’implantation d’une mine de bauxite en Inde, pour finir avec l’extraction des sables bitumineux en Alberta. Ce sont 4 histoires différentes, mais lorsqu’on referme le livre, on se rend compte qu’il s’agit d’une seule et même histoire. C’est celle du pillage des ressources minérales de la terre par des corporations toutes puissantes faisant la sourde oreille face aux pressions des communautés qui s’opposent à ces projets dévastateurs sur le plan humain et environnemental.

    Si je reparle de ce livre, c’est parce que dernièrement je l’ai lu avec beaucoup d’intérêt et que je voulais faire ressortir les informations traitées dans le chapitre sur l’uranium.

    Dans ce chapitre, on parle de la possibilité de voir apparaître d’ici quelques années une mine d’uranium dans les environs de Mont-Laurier. Très peu de gens sont au courant de ce dossier et pourtant ça se passe tout près de chez nous. Pour ma part, je ne savais tout simplement pas qu’on planifiait d’implanter une mine d’uranium à ciel ouvert près de Mont-Laurier, une ville qui se situe à environ trois heures au nord de Montréal.

    Dans ce reportage, on apprend entre autres que l’Association de Protection de l’Environnement des Hautes-Laurentides (APEHL) mène une campagne de sensibilisation afin d’informer et de conscientiser la population sur les dangers qu’occasionnerait l’exploitation d’une mine d’uranium à ciel ouvert dans les environs de Mont-Laurier. On comprend aussi que l’inquiétude de l’APEHL est bien fondée. Depuis peu, des compagnies de prospection d’uranium ont commencé à sillonner la région et ont acheté d’immenses parcelles de terre dans les environs : la prospection va bon train.

    Si rien n’est fait, il se peut que la population locale se réveille d’ici quelques années avec une mine d’uranium dans sa cour. Comme on l’explique peut-être un peu trop brièvement dans le livre, à partir du moment où le minerai d’uranium est à l’air libre, il y a inévitablement de la radioactivité qui s’échappe dans l’environnement. On parle, entre autres, de rejet atmosphérique tel que le radon, un gaz rare radioactif qui entraîne un risque de cancer du poumon. Il y a aussi tout le problème du stockage des déchets et des résidus radioactifs qui se pose.

    Bien sûr, ce chapitre sur l’uranium ne fait qu’effleurer le sujet, mais il met en lumière un projet minier qui a été très peu médiatisé et qui pourtant mériterait beaucoup plus d’attention.

    Et pour ceux et celles qui voudraient en savoir plus sur l’exploitation de l’uranium en général, il y a cet incontournable film intitulé Uranium réalisé par Magnus Isacsson et produit par l’ONF dans les années 90. Le film est d’ailleurs en ligne sur le site Visions autochtones de l’ONF.

    Cliquez ici pour visionner le film Uranium de Magnus Isacsson

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  • Un commentaire

    • François Marginean

    « on parle de la possibilité de voir apparaître d’ici quelques années une mine d’uranium dans les environs de Mont-Laurier »

    Incroyable, qui veut d’une super mine à ciel ouvert d’uranium proche de Montréal ???… Allo.. ? …Il ya quelqu’un ? … Personne…. ??!!! On va sûrement profiter de ça, des créations d’emplois, bla bla bla …

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