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Centpapiers

  • Lois 107 et 110 : la Courchesne ne démord pas

    25 mai 2009 | 3 commentaire(s) | vu 649 fois

    Publié sur La Commune.

    La ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, revient à la charge sur la question de la gouvernance des cégeps et des universités. En octobre 2008, elle avait déposé deux projets de loi – 107 et 110 – visant, selon le site du ministère, à « moderniser la gouvernance des établissements d’enseignement supérieur. »

    « Les principes de gouvernance mis de l’avant dans les projets de loi visent à assurer une plus grande indépendance des conseils d’administration. Pour les universités, un minimum de deux tiers des membres du conseil d’administration devraient être des membres indépendants. Par ailleurs, au moins le quart des membres proviendrait de la communauté universitaire. Pour les cégeps, le conseil compterait généralement 11 membres (sic) indépendants, 2 étudiants, 2 enseignants, un autre membre du personnel de l’établissement et le directeur général. »

    Indépendance de qui, de quoi? Par membres indépendants, on parle évidemment d’acteurs externes, provenant principalement du secteur économique. Pourquoi ces gens devraient-ils être majoritaires (et donc, exercer un contrôle certain) sur les instances décisionnelles de ces institutions qui ne devraient pas – qui ne peuvent pas – être gérées sur le même modèle qu’une entreprise. L’automne dernier, ces deux projets de loi ont été abandonnés en raison de l’opposition qu’ils ont soulevée dans le milieu étudiant. Mais ce n’était semble-t-il que partie remise.

    La ministre Courchesne repasse à l’attaque et compte bien obtenir cette « gouvernance modernisée » qui n’est, au final, qu’un rouage de la vision qu’elle et sa gang se font de l’éducation : une usine où l’on produit de la main d’oeuvre. Pas surprenant que les patrons veulent avoir leur mot à dire!

    Hier, en entrevue à Radio-Canada, la vice-première ministre Normandeau a confirmé que Courchesne allait rouvrir la plaie en déposant un nouveau projet de loi sur la gouvernance des institutions d’enseignement. N’étant pas complètement déconnectée de la réalité, elle prévoit toutefois de la résistance du milieu universitaire et espère avoir la collaboration du PQ parce qu’« on va foncer ». Pour preuve, le SÉtuE a mis la main sur une offre d’emploi du ministère de l’Éducation, du loisir et du sport qui recherche déjà une personne qui aurait pour mandat d’«implanter correctement les nouvelles mesures en matière de gouvernance découlant des projets de loi sur la gouvernance dans les universités et les établissements d’enseignement collégial.»

    Les personnes qui étudient et qui travaillent dans ces établissements ne sont-elles pas mieux placées pour gérer ce milieu de vie qui est le leur que des grosses têtes du milieu économique qui ne pensent qu’en terme d’investissement et de rentabilité?

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  • 3 commentaires

    • jnphilippe

    Non, les étudiants qui étudient ne sont pas nécessairement les mieux placés. En tant que professionnel en ressources humaines, j’aimerais bien que des gens provenant du milieu qui EMBAUCHENT les diplômés aient leur mot à dire sur ce que le milieu a réellement besoin.

    Après tout, le besoin vient bien des entreprises et autres organisations. Il faut avoir un regard extérieur dans un CA, pas seulement un regard de l’intérieur. D’ailleurs, vous y seriez très bien représentés de toute façon.

    Cette réflexion ne peut pas se faire en surface. Il faut considérer certains facteurs, comme le fait que nous vivons dans un système économique capitaliste. Réduire la gestion d’une école aux besoins du marché de l’emploi m’apparaît presqu’aussi ridicule que dangereux.

    Ces gens qui nous embauchent ont, rappelons-le, pour principal objectif de faire un profit. Leur donner le contrôle (car c’est bien de cela dont il s’agit!) des institutions d’enseignement postsecondaire mène à deux conséquences néfastes :

    - D’une part, c’est de permettre une transformation de l’école comme lieu d’apprentissage en marché où il est possible pour ces « acteurs externes » de trouver un profit;

    - D’autre part, c’est, comme je l’ai dit dans l’article, l’avènement simple et assumé d’une vision de l’éducation comme ni plus ni moins qu’un processus de formation de la main d’oeuvre. Suivant cette logique utilitariste, exit les cours de formation générale, l’éducation physique, le développement d’une réflexion critique sur soi et sur la société.

    Est-ce ce que nous voulons?

    • Christian

    La ministre Courchesne repasse à l’attaque et compte bien obtenir cette « gouvernance modernisée » qui n’est, au final, qu’un rouage de la vision qu’elle et sa gang se font de l’éducation : une usine où l’on produit de la main d’oeuvre. Pas surprenant que les patrons veulent avoir leur mot à dire!

    Avez-vous lu le rapport de PriceWaterhouseCoopers (PWC) sur la situation financière de l’UQAM, du 4 mars 2008 ?…

    Il semble que l’usine c’est plutôt, aujourd’hui, un trou noir qui engloutit 350 millions de nos impôts sans produire la moitié des bénéfices que cette somme astronomique devrait générer.

    Cette usine, financée en partie avec les dollars que le gouvernement prélève sur mon cheque de paie, c’est transformée en merdier. Lisez-le.

    « les personnes qui étudient et qui travaillent dans ces établissements ne sont-elles pas mieux placées pour gérer ce milieu de vie qui est le leur que des grosses têtes du milieu économique qui ne pensent qu’en terme d’investissement et de rentabilité? »

    Sans doute que dans votre perspective, «grosse tête» selon votre langage, vous ne pensez qu’en terme de dépenses et de déficits par millions. Dépenser l’argent des autres et accumuler des déficits, à votre goût et profit sans doute. Le BES de luxe à ma charge, quoi. C’est ça ?…

    Mais regardons un peu de quoi vous parlez, comme à l’UQAM, sans doute.

    Il y avait des «personnes» qui étudient et travaillent dans cet établissement, au ca de l’UQAM. Le modèle du ca communautaire de l’ancienne URSS. Les résultats ont été concluants.

    Parmi d’autres horreurs…

    - Un bar à bière subventionné sur le campus, « l’après cours », déficitaire.
    - Des cafétérias subventionnées pour riches, déficitaires.
    - Des enseignants payés de 70 à 95 milles qui ne travaillent que la moitié du temps et incongédiables en plus.
    - Un plan d’embauche de 150 enseignants, pour faire le travail qui n’est fait par les demi-enseignants actuels, payés à plein salaire.
    - Un déficit chronique annuel de 10 à 30 millions, ingérable.
    - Une catastrophe immobilière de 400 millions, refilée aux contribuables.

    Un ca composé de ces personnes, communautaires, a prouvé qu’ils étaient tous des incompétents, puisque sans expérience, en matière d’administration. Tout comme des étudiants.

    En comparaison, les membres volontaires mais expérimentés et compétents du ca de l’Accueil Bonneau ont fait dix fois mieux à gérer leur personnel et ressources financières limitées, sans déficit.

    Pour garder le modèle de ca communautaire, comme à l’UQAM, il faudrait modifier les lois afin que la ministre Courchesne puisse tenir les membres du ca personnellement responsables de leurs décisions, selon les résultats. Incluant les étudiants qui font partie d’un ca communautaire.

    Qui plus est, que l’université soit mise en faillite suivant des résultats déficitaires à répétition ou catastrophes immobilières. Au lieu de refiler les millions perdus aux contribuables, qui n’ont rien à voir avec les pertes et une administration d’incompétence crasse.

    Mais, ne soyez pas inquiet.
    Les 400 millions de perdus à l’UQAM et ses déficits annuels chroniques de 30 millions, grâce à son ca d’amateurs communautaires, seront éventuellement prélevés sur vos revenus. Si vous demeurez et travaillez au Québec.

    Il ne reste qu’au Ministère des finances à élaborer s’il le fera sur le brut ou le net de vos revenus, par l’augmentations des impôts, des taxes ou des frais de service, afférents.

    L’important c’est de faire payer les déficits et les catastrophes financières par tous les gens du milieu, par établissement. Et non par le public sans voix et sans vote au conseil.

    Vous aimez ça des recteurs d’université payés 260,000 $ et vice-recteur payés 285,000 $ comme à l’UdeM ?… Soit quelques 85,000 $ à 110,000 $ chacun de plus que le Premier ministre du Québec !…

    Vous aimez ça des enseignants universitaires payé de 90,000 $ à 120,000 $ pour 30 heurs de travail semaine ?… Soit quelques 20,000 $ à 50,000 $ de plus qu’un ingénieur du MTQ ou pilote de Q400 chez Air Canada !…

    Vous aimez ça des étudiants communistes, amateurs et incompétents d’un CA incapable d’équilibrer un budget déficitaire de 10 à 30 millions année après année, peu importe le niveau de ses revenus de subventions ?…

    Tout ça, dans un État dont le revenu personnel disponible du travailleur moyen n’est qu’un maigre 24,390 $ ?…

    Bien, si vous aimez ça cette conception de l’éducation universitaire publique, millionnaire, de BES…

    Ne faites pas payer tout ça à partir des salaires des filles qui travaillent aux tables des restos ou aux caisses du Provigo, du Jean Coutu ou du Dollarama. Ne soyez pas lâche ou parasitaire, faites-le aux dépends de votre «gang», à partir de vos poches, de vos revenus et non ceux des autres.

    Un peu de courage, s’il vous plait !…
    ch

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