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LOI MACRON : un projet 100% r?actionnaire !

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Le futur projet de loi?pour relancer pr?tendument ? l?activit? ? s?inspire ouvertement du contenu ultralib?ral ?du rapport Attali command? par Nicolas Sarkozy en 2007, dont l?actuel ministre de l??conomie ?tait le r?dacteur. Il est aujourd?hui bien en peine de chiffrer les ? b?n?fices ? de son projet sur la croissance et l?emploi. La France ne souffre pas du ch?mage, de la pr?carit? ou encore des in?galit?s. Elle se meurt de ? trois maladies ? que sont ? la d?fiance, la complexit? et le corporatisme ?. Ainsi parle Emmanuel Macron, ministre de l??conomie d?un gouvernement dit de ? gauche ?,?en pr?sentant? les grandes lignes du futur projet de loi pour relancer ? l?activit? ?. L?un des chantiers-phares d?Arnaud Montebourg, celui de la r?forme des professions r?glement?es, au c?ur de son programme pour ? le redressement ?conomique de la France ? et ? rendre du pouvoir d?achat aux Fran?ais ?, pr?sent? le 10 juillet quand il ?tait encore au gouvernement, s?est ainsi mu? sous l?impulsion de son successeur en un catalogue de mesures pour ? lib?rer les ?nergies ?, ? lever les blocages au d?veloppement de l?activit? ? ? l?instar de ceux li?s au ? fonctionnement du march? du travail ? et ? favoriser l?initiative priv?e ?.

? la sortie du Conseil des ministres,?Emmanuel Macron a d?roul? un programme digne de la droite la plus ?cul?e : lib?ralisation du labeur de nuit et du dimanche au m?pris de la protection des travailleurs, attaque en r?gle du service public des transports, retour par la fen?tre de?la pratique tr?s d?cri?e des stock-options?pour les tr?s hautes r?mun?rations, vente des parts publiques dans le capital de grandes entreprises?

? d?faut d?id?es originales,?l?ex-banquier a de la suite dans les id?es?: nombre de ses analyses et des propositions qui en d?coulent sont en fait des copi?s-coll?s du rapport de la commission Attali pour ? la lib?ration (sic) de la croissance ?, command? par Nicolas Sarkozy en 2007, et r?dig? par un certain? Emmanuel Macron. Fort de 316 propositions, le document fustigeait exactement dans les m?mes mots que le ministre aujourd?hui ? le corporatisme et la d?fiance ? de la soci?t? fran?aise, et invitait ? rompre avec le ? mod?le (d??tat) h?rit? de l?apr?s-guerre ? au travers de r?formes qui ? devront ?tre poursuivies avec t?nacit?, pendant plusieurs mandats, quelles que soient les majorit?s ? politiques en place, c?est-?-dire?: quel que soit le r?sultat des ?lections?

Ainsi de la proposition 212?du rapport Attali d?? autoriser plus largement le travail le dimanche ?, reprise hier quasiment mot pour mot par le ministre de l??conomie. Non content d??tendre ? l?ouverture dominicale dans les commerces (?) dans les zones disposant d?une forte attractivit? ?conomique et touristique ? ? l?heure o? des patrons tentent de contourner la loi, le ministre propose d?aller plus loin, en autorisant ? les commerces non alimentaires ? ? ouvrir jusqu?? douze dimanches par an, soit un par mois (lire page suivante). L?argument d?velopp? est dans la droite ligne du ? travailler plus pour gagner plus ? de Nicolas Sarkozy en 2007?: ? Les jeunes qui veulent travailler plus, il faut qu?ils le puissent ?, a d?velopp? le ministre. ? Les jeunes ? flexibles et sans emploi contre les salari?s en poste soucieux de leurs droits?: on voit quelle rh?torique de la division Emmanuel Macron entend utiliser pour d?noncer de pr?tendus corporatismes n?fastes aux plus faibles, le ministre pointant du doigt sous ce terme ? syndicats ?, ? associations ? et m?me certains ? minist?res ?? Un discours que ne renierait pas le Medef?!

Non content de?remettre en cause le Code du travail?en reprenant une revendication phare de l?organisation patronale, le projet s?en prend ? un autre pilier du mod?le social?: le service public des transports. Le ministre l?attaque sur deux fronts?: la mise en concurrence directe du rail avec la route, via le d?veloppement de ? l?offre de services de transport par autocar ?, d?abord. Et comme, pour cela, cette offre devra ?tre rendue ? compl?tement libre sur tout le territoire ?, c?est-?-dire ouverte ? n?importe quel op?rateur priv? d?sireux de s?installer sur le march?, celui-ci fera lui-m?me concurrence aux lignes publiques de bus aujourd?hui existantes pour pallier l?absence de trains. On voit ainsi le choix fait, ? rebours de toutes les d?clarations publiques de l?ex?cutif, de d?laisser le service public ferroviaire pour favoriser l?installation de compagnies de bus low-cost priv?es, y compris d?ailleurs la propre filiale de la SNCF, Id-bus, selon une logique compl?tement schizophr?ne de la direction de la compagnie. La volont? d?installer un transport collectif ? deux vitesses ne fait aucun doute dans la bouche du ministre?: il s?agit ? d?encourager l?activit? ?, et donc la ? mobilit? ? des jeunes, selon Emmanuel Macron.

En fait,?de d?velopper une offre routi?re priv?e ? co?t r?duit pour les plus modestes, dont les jeunes, l?acc?s au train ?tant r?serv? aux plus ais?s. Le ministre promet ? terme la cr?ation de 10?000 emplois. Mais avec quel risque sur la r?duction des dessertes ferroviaires, et donc au prix de combien de suppressions de postes dans le rail?? Emmanuel Macron n?en dit rien, mais d?j? les r?gions, autorit?s organisatrices des transports sur leur p?rim?tre, s?en inqui?tent?: ? Cette ?volution, qui se traduira par un report modal vers la route, sera lourde de cons?quences structurelles ?, pr?vient ?l?Association des r?gions de France (ARF), pour laquelle ? cela r?interroge fondamentalement le mod?le ?conomique du ferroviaire, d?j? fragile ?. Entre autres propositions, le ministre a ?galement insist? sur l?importance de ? mesures favorisant l?actionnariat salari? ?. En apparence, rien de grave, s?agissant d?une pratique d?sormais courante dans les entreprises. Sauf qu?Emmanuel Macron entend en faire un levier pour ? le recrutement de collaborateurs ? haut potentiel dans les start-up ? et les PME. Ou comment encourager le recours aux stock-options, ces actions distribu?es aux hauts cadres et dirigeants pour ? compl?ter ? leur salaire, moins de deux ans apr?s l?alourdissement de leur taxation dans la loi de finances pour 2013 qui visait ? limiter les abus?!

5 ? 10 milliards,?c?est, en euros, le montant pr?vu par la future loi Macron des ??cessions d?actifs publics?? dans les entreprises. Sur ce point, le virage lib?ral du gouvernement Hollande-Valls s?effectue ? 180 degr?s. D?autres mesures sont envisag?es comme, sous couvert de mettre fin ? des monopoles injustes dans les professions dites ? r?glement?es ?, l?ouverture du capital des pharmacies et des professions du droit comme les huissiers ou la vente de m?dicaments en ligne. Un ensemble dont le ministre a ?t? bien en peine de d?fendre la principale justification?: celle de l?emploi et de la croissance, Emmanuel Macron ne se risquant ? aucun chiffrage. ? M?me si c?est mille ou deux mille emplois, ?a vaut le coup de se battre ?, s?est-il content? d?expliquer ? la presse ? propos du travail le dimanche dans les zones touristiques. Un z?le qu?on aimerait reconna?tre au gouvernement dans le sauvetage des entreprises victimes d?app?tits financiers pr?dateurs. Mais cela n?entre pas dans le cadre des ? r?formes de structure ? exig?es par la Commission ?europ?enne?

Source

2ccr.unblog.fr (Octobre 2014)

 

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