vendredi, février 12, 2016
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Loi 101 ? ou un financement proportionnel ?

 

LOUIS PREFONTAINE

La possibilit? de?plus en plus s?rieuse?que le Parti Qu?b?cois puisse inclure dans son programme l?application de la Loi 101 au c?gep ne saurait ?tre pass?e sous silence. Si le PQ allait vraiment jusqu?au bout avec cette id?e, ce serait une grande victoire pour la nation qu?b?coise. Ceci dit, il y a une autre avenue qui m?riterait d??tre ?tudi?e: le financement en fonction du poids d?mographique des anglophones.

On ne saurait assez le r?p?ter: l?id?e d?appliquer la Loi 101 au c?gep est une bonne id?e, une excellente id?e. On r?ussit, ? l?aide d?une loi, ? assurer ce qui va de soi dans la quasi-totalit? des pays industrialis?s: l?enseignement public dans la langue commune. La Loi 101 permet cela, et ce n?est pas rien. Elle nous permet d?exister. Avant son application au primaire et au secondaire, en 1977, 85% des immigrants allaient ? l??cole anglaise; gr?ce ? elle, nous repoussons encore un peu notre disparition.

Malgr? tout, elle poss?de une faiblesse intrins?que: c?est une loi. Et, comme toute loi, elle implique des p?nalit?s ? ceux qui ne la respectent pas. En d?autres mots: elle est coercitive. M?me s?il va de soi que les lois sont utiles et permettent un meilleur vivre-ensemble, elles donnent parfois l?impression?d?emp?cher?les gens de vivre comme ils le d?sirent. En appliquant la Loi 101 au c?gep, plut?t que de parler de l?int?gration maximale des immigrants qu?elle permettrait d?accomplir, n?importe quel?anglomane de servicearrive ? marquer des points, si faibles soient ses arguments, en rappelant que la Loi emp?cherait les uns ou les autres de profiter d?un service auquel ils pr?tendent avoir droit. Bref, qu?importe si la loi est b?n?fique et souhaitable, elle demeure une loi et ? une ?re de l?individualisme triomphant et du ? j?existe donc je peux ?, n?importe quelle mesure qui ? emp?che ? est mal vue.

Pour un financement proportionnel au poids d?mographique

La solution n?est ni nouvelle ni bien compliqu?e. Plut?t que d?avoir un r?seau public anglophone bien financ? dont on prive d?acc?s les francophones et les immigrants, il suffit d??tablir un financement proportionnel au poids d?mographique de la population de langue maternelle anglaise.

D?j?, en 1970, le Parti Qu?b?cois le proposait dans son programme:

Le Qu?bec entend reconna?tre les droits scolaires de la minorit? anglophone. Le chiffre de cette population sera d?termin? par un recensement g?n?ral qui aura lieu tous les cinq ans. Ce chiffre permettra d??tablir la proportion du budget du minist?re de l??ducation qui doit ?tre consacr?e aux ?tablissements scolaires anglophones, de l??cole ?l?mentaire ? l?universit?, que ce soit pour leur cr?ation, leur maintien, leur d?veloppement ou leur budget annuel de fonctionnement.

En clair, en ce moment, les anglophones de langue maternelle forment 8,2% de la population, mais ils re?oivent pr?s de 19% des subventions pour leurs c?geps et 27% pour leurs universit?s. En finan?ant ces institutions en fonction du nombre d?inscrits, on ne fait que perp?tuer la domination s?culaire de la langue anglaise sur la fran?aise. La Loi 101 agit comme un pansement sur une plaie qu?on se refuse ? bien caut?riser.

Chaque ann?e o? nous continuons ? sur-financer les ?tablissements anglophones est une ann?e o? les allophones et les francophones de langue maternelle viennent gonfler le nombre d?anglophones de langue d?usage.

Si on d?sire vraiment r?gler le probl?me, une fois pour toutes, il faut se sortir de toutes les acrobaties juridiques et l?gislatives. Revenons ? la base. Les anglophones forment 8,2% de la population; qu?on finance leurs c?geps et leurs universit?s ? 8,2% du budget total. Et qu?on donne la balance aux institutions francophones.

Renverser la vapeur

Une telle politique, qui mettrait fin au sous-financement des institutions francophones tout en respectant le poids d?mographique de la minorit? historique anglophone, permettrait naturellement de franciser les ?tudes sup?rieures. Les institutions anglophones perdraient rapidement de leur superbe en ?tant oblig?es de faire face ? l?importance num?rique r?elle des anglophones au Qu?bec et les ?tablissements francophones disposeraient des moyens n?cessaires afin d?assurer un enseignement de la plus haute qualit?. C?est d?un renversement total de la situation dont on parle.

Ainsi, l??tudiant francophone d?sireux de poursuivre ses ?tudes coll?giales en anglais pourrait le faire, mais son choix impliquerait qu?il choisisse un r?seau anglophone plus modeste et qu?il tourne le dos ? un r?seau francophone mieux financ?.

On passe d?une logique de coercition avec une Loi 101 qui?emp?che?le choix ? une logique rationnelle qui?incite?naturellement le Qu?b?cois ? poursuivre ses ?tudes dans un r?seau qui est financ? ? la hauteur de son poids d?mographique.

On passe du ??tu ne peux pas faire cela ? ? ? fais ce qu?il te pla?t ?, mais dans un contexte o? l??tat cesse de sur-financer le r?seau anglophone.

La carotte plut?t que le b?ton.

Et la fin de la victimisation des ? p?vres ? anglophones tellement opprim?s par les m?chants nazis et leur LOI?

Malgr? tout, si le PQ allait de l?avant avec la Loi 101 au c?gep, ce serait un pas dans la bonne direction. Il s?agirait d?une victoire, mais qui ne doit pas nous faire oublier les autres luttes ? mener, notamment celle pour mettre fin ? une situation o? le gouvernement finance des ?tudes dans une langue qui nous menace ? deux ou trois fois la hauteur de la minorit? traditionnelle de cette langue.

Et, de la m?me mani?re, que nous, Qu?b?cois, disposons d?un r?seau scolaire moins bien financ? que ne le justifie notre poids d?mographique.

Les boeufs sont lents, mais la terre est patiente, disait Pierre Falardeau. Quarante ans apr?s que le PQ ait pour la premi?re fois propos? de mettre fin au sur-financement des ?coles anglaises, il serait peut-?tre temps de remplacer les boeufs par des tracteurs m?caniques et de labourer en grand cette terre qui attend toujours la premi?re r?colte.

Tant que nous accepterons de vivre chez nous comme des citoyens de seconde classe, les autres nous traiterons comme tel.

Publi? le??par??sur?(son site)

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gorille 3

SOS Gorilles des montagnes en Ouganda !

Les gorilles sont les êtres vivants les plus proches de l'homme, après le bonobo et le chimpanzé, puisque leur ADN est de 98 % à 99 % identique à celui des humains.
 
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La culture du thé ne doit pas mettre en cause la survie des gorilles

Véritable paradis naturel, la forêt de Kafuga abrite des centaines d’espèces d’oiseaux, de papillons, de petits rongeurs, de chimpanzés ainsi que deux cents espèces d’arbres, dont certaines endémiques. Cette zone boisée de 250 hectares, entourée de plantations de thé et de cultures vivrières, est aussi essentielle aux populations locales qui s’y approvisionnent en fruits, bois de chauffage et plantes médicinales.

 
Mais cette forêt semble vivre ses dernières heures. « Certains planteurs de thé ont déjà acheté des haches et des machettes » alerte Robert Tumwesigye Baganda, le directeur de l’organisation Probicou (Pro-biodiversity Conservationists in Uganda) pour étendre les surfaces cultivées. Les défrichements pourraient commencer en mars prochain avec la saison des pluies et faire ainsi de nouvelles terres agricoles.

 
La forêt de Kafuga pourrait donc disparaitre très bientôt et forcer les habitants à se procurer leurs moyens de subsistances à l’intérieur du Parc national voisin, la forêt Impénétrable de Bwindi, un des derniers refuges des gorilles des montagnes. Bien que ne faisant plus partie intégrante du Parc national, cette forêt joue encore aujourd’hui un rôle de tampon en tenant à distance les humains de l’habitat des gorilles.


 
Les militants de Probicou étaient sur le point de planter 30 000 arbres d’essences locales à l’intérieur et autour de la forêt de Kafuga afin d’assurer le futur de la forêt et des habitants juste avant que le projet de déboisement soit connu.

 
Les spécialistes estiment que les grands singes auront disparu d’ici 10 à 15 ans si rien n’est fait pour enrayer la destruction de leur habitat, d’autant plus que les braconniers continuent de chasser le gorille, pour sa viande, ses mains et son crâne qui rapportent énormément d’argent.

 
Quand on sait que le gorille est également victime de maladies telles que la pneumonie, la grippe ou d’autres maladies de l’homme qui lui sont mortelles, il reste peu de temps pour sauver les gorilles de montagne. C’est pourquoi il est urgent de demander au ministre de l’environnement ougandais et aux administrations locales de préserver la forêt de Kafuga...

  
Monsieur le Ministre,     

Madame, Monsieur,

 
L’Ouganda abrite un trésor inestimable : 400 gorilles des montagnes, parmi les derniers de la planète, qui vivent dans le Parc national de la Forêt Impénétrable de Bwindi. La surveillance et la protection de l’habitat des gorilles sont indispensables à leur survie. L’action menée par l’Ouganda est en ce sens exemplaire.

La forêt de Kafuga, dans le district de Kisoro, joue le rôle de tampon pour la Forêt Impénétrable de Bwindi. Sur place, les écologistes lui attribuent ainsi un rôle central dans la protection du Parc national.

Mais la forêt de Kafuga est menacée, et à très court terme. Des planteurs de thé veulent défricher la forêt pour y mettre en place leurs cultures.

Le thé est assurément un important produit d’exportation pour l’Ouganda. La survie des gorilles ne doit néanmoins pas être sacrifiée au nom du développement économique.

Nous vous exhortons à empêcher le déboisement de la forêt de Kafuga, afin de ne pas mettre en péril le trésor de votre pays, le gorille.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, Madame, Monsieur, l’expression de notre haute considération. 

 
Albert Ricchi

 


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One comment

  1. avatar

    Finalement, il faut les deux solutions.