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L’inertie paradigmatique

 

capable de voir

Quand j’?tais petit je voulais plus que tout au monde vivre ? l’air libre, sortir de cette prison lugubre qu’?tait l’?cole, et qui m’avait fait abandonn? tout d?sir de bien faire les choses.
Je ne m’?tait pas demand?, car je ne l’avais jamais vu ailleurs, si il n’y avait pas moyen de faire de ce lyc?e un lieu de vie, un lieu o? on s’entend et on s’?coute, o? on se rencontre et o? on b?ti des projets. Au lieu de cela, les classes ne se parlaient pas entre elles, le monde se limitait aux trente ?l?ves, qui ?taient comme les trente personnages des Simpsons, une repr?sentation classique de la soci?t? humaine, qui d’ailleurs est elle-m?me une repr?sentation classique des nombreux ?tats d’esprit dans lesquels on peut se trouver.

J’arrivais en classe ??les mains dans les poches?? est-il stipul? dans mon livret scolaire, ??sans sac, sans cahier, sans livre ni stylo??. J’empruntais une feuille et un stylo et je faisais des dessins, et ensuite je la jetais devant le prof en sortant.
La plupart du temps je dormais, la t?te pos?e sur les bras crois?s, au fond de la classe, meurtri d’avoir d? ?courter ma nuit de sommeil r?parateur.

Il y avait celles qu’on appelait les pisseuses du premier rang, ou les ??Claire Chazal?? qui retenaient ces s?quences de mots et ?taient f?licit?es pour ?a, qui levaient le bras et la main et le doigt et soutenaient le bras avec l’autre main, et qui devaient faire des efforts surhumains pour avoir la moyenne, alors que nous les r?volt?s du dernier rang, on obtenait des notes ?quivalentes ou sup?rieures sans jamais rien ?couter, sans faire aucun devoir ? la maison, simplement en recrachant des choses vaguement entendues, tout en se demandant m?me pas ce qu’elles voulaient dire.

D?j? on pouvait voir la diff?rence entre deux cat?gories, ceux qui ?taient soumis et ceux qui ne l’?taient pas. Il valait mieux souffrir pour avoir 10/20 qu’avoir 10/20 en utilisant 1% de ses capacit?s. Ce qui compte, ce qu’ils aiment, et ce que la soci?t? veut, c’est que les gens souffrent, qu’ils n’en puissent plus, qu’ils se donnent du mal, m?me si c’est pour patauger dans la boue, pourvu qu’ils souffrent… et pourvu que leur impression d’?tre de bons ?l?ves soit confi?e ? une autorit? ext?rieure ? eux-m?mes.

C’est comme ces ?missions am?ricaines o? le candidat donne la bonne r?ponse, tout le monde sait que c’est la bonne r?ponse puisque que les trois autres propositions sont d?lirantes, et pourtant eux, ainsi que les applaudisseurs, attendent pieusement que l’animateur le leur dise textuellement ??c’est une… (attente, suspense) bonne r?ponse?!?? et l? les gens sont soulag?s, ils sont contents, alors qu’ils le savaient, mais ils n’avaient pas le droit de laisser leur conscience y acc?der.

Il existe un ph?nom?ne que je n’ai jamais vu d?velopp? en psycho-philosophie (mot fra?chement invent?) qui est l’inertie paradigmatique (lui aussi).

Dans la vaste question qui consiste ? vouloir changer le monde, je veux dire ??en mieux??, enfin je veux dire ??en mieux pour les gens??, il s’av?re que si la notion syst?mique est mise en oeuvre avant que la dimension psychologique ne s’y soit r?solue, cela sera v?cu comme une pression externe, une dictature, et cela cr?era des tensions, des frictions, puis des freins voire m?me cela pourra trouver le moyen de faire capoter le plus honorable et moral des projets, ce que l’histoire fait voir.

J’ai longuement expos? ce qui devrait ?tre fait, normalement, si on d?sirait cordialement obtenir la fin de la famine, des guerres, des maladies, de la pollution, d’une fa?on aussi imm?diate que efficace. Il n’y a rien ? tergiverser l?-dessus, les solutions que j’ai propos?es sont les bonnes, et le monde dans lequel on pourrait d?j? ?tre en train de vivre, a ?t? visit? de fa?on touristique et ?bahie.

Mais il y a un tampon qui, dans le subconscient, emp?che l’acc?s au conscient de la d?termination n?cessaire ?, seulement, changer les r?gles du jeu, ce qui se situe dans le monde psychologique et ne n?cessite aucun effort dans le monde physique. En un tour de l’esprit, tous les maux du monde pourraient ?tre r?gl?s, pratiquement sans rien avoir ? faire.

Vivre dans l’angoisse et la frustration, ? insister de vouloir faire tourner une b?cane qui ne veut pas d?marrer, n’est pas souhaitable pour d?finir une vie. On pourra dire de ces h?ros qu’ils l’ont consacr?e ? la justice mais on pourra aussi dire d’eux qu’il leur fallait une sacr?e dose de folie.

D’habitude les humains choisissent la posture mentale la plus ?l?gante et la plus pacifique possible au sein du monde dans lequel ils sont immerg?s.
Dans une firme multinationale, les patrons ordonnent de d?verser les trucs toxiques dans les rivi?res, mais je pense au fond qu’ils le font ? contre-coeur, pas de fa?on criminelle. Ils le font parce que c’est la chose ? faire la plus rationnelle dans le cadre des r?gles du jeu auxquelles ils sont somm?s de se soumettre.
(Si la justice ?tait ind?pendante des circonstances et ne se fiait qu’aux faits, l’acte involontaire, l’acte fait par obligation et l’acte fait avec le d?sir de faire souffrir seraient plac?s au m?me rang de gravit?. ?a ne serait peut-?tre pas plus mal, dans le genre ???ducatif??.)

Il en va de m?me pour les financiers que Jean Zi?gler accuse avec justesse de ??crimes contre l’humanit?, cependant, il ne faut pas ?carter le principe de l’ent?l?chie dans laquelle ils sont immerg?s?: ils agissent le plus rationnellement possible, dans le cadre du capitalisme, qui consiste ? n’autoriser l’existant que si ?a rapporte de l’argent.

C’est de se demander ce qui autorise l’existant qui r?soudrait tous les probl?mes en moins de deux (secondes, ans, selon l’?chelle)

Mais ce qui compte le plus d?sormais est le chemin qui permet d’acc?der ? cette id?e. Il ne suffira pas de la r?p?ter en ?tant excit? par tous les maux qui cognent ? la porte de conscient pour se voir r?solus par ce nouveau paradigme, il faudra ?tre capables d’en avoir d’autres du m?me genre.
De toutes fa?ons l’humanit? y viendra, et vous autres aurez v?cu dans la mis?re pour rien?; donc autant s’int?resser aux chemins.

Quand on voit comment Georges Orwell a proph?tis? le monde d’aujourd’hui, o? le sens des mots est tortur? ? l’extr?me au point de leur faire dire le contraire de la raison pour laquelle ils sont n?s, ce qui a pour cons?quence de travestir tout le langage, et de freiner encore plus la communication des id?es nouvelles, on observe aussi qu’il n’a pas accus?, ou mis en relation, le capitalisme et la folie. Pour lui la folie ?tait venue progressivement et on s’y ?tait enferm?s, mais sans vraiment scruter les causes, c’est juste que ce th?me l’a chatouill? assez pour qu’il ne l’oublie pas et finisse par ?crire dessus. Et puis une vision globale est suffisante, un monde sans amour n’est pas un monde.

Les gens qui d?versent les polluants dans les rivi?res sont peut-?tre sans amour, et peut-?tre que c’est tout ce qui leur manque pour permettre au syst?me actuel de continuer de fonctionner, et surtout de progresser.

Changer le syst?me pour changer les gens est de l’ordre de la r??ducation. Si cela est fait ?a veut dire que les gens admettent qu’ils ont un probl?me et qu’ils d?sirent le corriger. Ensuite seulement les r?flexes stupides disparaissent et ensuite seulement le syst?me non injuste serait per?u pour ce qu’il est. Mais ainsi aussi, peut-?tre qu’apr?s les gens ne cesseraient de s’appliquer les uns aux autres ces formes de r?pression syst?miques, au point que la soci?t? finirait encore par se dissoudre.

L’inertie paradigmatique est observable dans ?norm?ment de domaines.
En fait (ceci aurait d? ?tre dit en conclusion mais bon) quel que soit le paradigme ou la ??chose?? qu’on vient de remarquer, on peut toujours l’appliquer ? tout et voir le monde ? travers son prisme.
Ainsi il a des gens qui adoptent des prismes bien pr?cis et essaient de faire voir aux autres le monde tel qu’il leur appara?t. Ils esp?rent qu’en faisant voir ce qu’ils voient, ils arriveront ? faire voir le prisme par lequel ils regardent le monde. Ceci mesdames est messieurs et le fondement de la communication, et sa port?e est universelle, car tout dans l’univers n’est que mise en relation, que ??information??.

Et ? chaque fois, peu sont ceux qui admettent le prisme qui essait d’?tre d?crit ? travers ce qu’il fait voir, comme ?tant une r?alit? absolue, ? moins que ?a entre tellement en r?sonance avec sa psychologie qu’il n’en d?mordra plus jamais ensuite, et se f?chera ? chaque fois qu’on essaiera de relativiser ses points de vue.

(Mais bon)

Il est assez difficile pour l’esprit d?muni de souplesse et de fluidit? d’adapter les paradigmes qu’il utilise ? la situation qu’il rencontre ou au th?me qu’il choisi de regarder. (les fans de poker comme moi savent de quoi je parle?!)
Souvent, un peu comme quand les gens associent ??burqa?? et ??violence??, et ??non burqa = non violence??, (en raison de leur logique dialectique, qui repose sur les mots et non les concepts) il font les m?mes associations d’id?es entre des th?mes et des paradigmes, tel th?me rel?ve de telle fa?on de voir, tel autre de telle autre fa?on de voir. Et l? encore si on leur parle de logique, de ce qui se passe quand on met en relation 1+1 d’un c?t? et 1+1 de l’autre, ils r?pondent ??mais ?a n’a rien ? voir?!??.

Cette r?ponse est le signe de ce qu’ils ignorent. La plupart des actes humains sont le signe de ce qu’ils ignorent et au fond, ce qu’ils d?sirent apprendre (c’est ? dire ce qui n’acc?de pas au conscient).

Si on veut proph?tiser comme G. Orwell l’a fait on peut ais?ment dire que dans le futur, des choses que nous ignorons aujourd’hui seront connues de tous demain, et aucun acte ne se fera sans que cela ne soit logique avec ces nouvelles connaissances.

On peut m?me entrevoir le petit filet de gens qui savent d?j? aujourd’hui ce que tout le monde saura demain, et observer comment ils sont ostracis?s, en raison de ce que le monde n’est pas pr?t.

L’inertie paradigmatique est observable partout, disais-je, avant de devoir introduire les notions qui permettent de le voir.
Celui qui d?cide de d?verser les toxiques dans la rivi?re, se fait force de le faire car c’est son devoir, mais une fois rentr? chez lui il ne l’oublie pas.
Son d?sir ?tant de vivre avec le moins de stress possible, il adopte le comportement en vue duquel ce qu’il a fait lui para?tra le moins douloureux. Et pour se faire, le paradigme qu’il a d? adopter une fois, il doit d?sormais l’adopter toujours. Et il continuera jusqu’? avoir fait le tour du monde avec son nouveau prisme, selon l’habitude des terriens, aucun millim?tre du monde ne pourra ?chapper ? son prisme avant qu’il n’ai l’id?e d’en essayer un autre.

On a vu ce responsable de mar?e noire refuser d’admettre qu’il est responsable de la pollution provoqu?e ? des milliers de kilom?tres de l?, en raison du fait qu’il a utilis? des ??dispersants?? chimiques. Pour lui le ??dispersant?? est un ???radiquant??, il permet de nettoyer le crime. Il ne s’imagine pas que le dispersant disperse, cela lui semble incongru, ou alors on lui a racont? des bobards, mais ?a aussi c’est incongru.

On a vu cet article sur la psychologie des guerriers isra?liens, qui agressent et torturent des enfants, laissent des familles mourir avant de laisser passer l’ambulance, bombardent des maisons habit?es, d?truisent des maisons au bulldozer laissant ? peine le temps aux familles de sortir en pyjama, se sentent agress?s et insult?s au plus profond d’eux m?mes par un jet de pierre et auquel ils r?pondent par des bombardements de F-16, et surtout, comment ils se sentent ? l’aise et heureux au sein d’une communaut? de fr?res avec qui ils partagent leur vie, leur tendresse, et leur humanit?.
Ils ?duquent leurs jeunes pour qu’ils acqui?rent les bases qui leur permettront ensuite de vivre heureux et en paix dans leur soci?t? criminog?ne.

De toutes mani?res l’humain cherche toujours ? se sentir ? l’aise et heureux, et cela est visible partout. Personne ne dit ? son sup?rieur hi?rarchique qu’il se trompe, que son id?e est mauvaise, qu’il a tort, ou que la soci?t? dans laquelle il travaille participe pleinement au malheur du monde, qu’il a un impact nuisible et qu’il se dresse comme un objecteur de conscience. Il se ferait virer. Il vaut mieux carr?ment ne pas ?tre capable de le voir, sinon on se rend malades et on attrape des cancers.

Moi-m?me quand j’?cris ces articles je prends la posture mondiale, j’englobe le monde dans mes mains, et ensuite quand je vais faire les courses j’ai tendance ? marcher dans la rue comme le gars qui engloble le monde de ses mains. Et ainsi pourvu de berlue, j’ach?te des produits Carrefour, du saumon ??p?ch? en mer?? coloris? orange parce que ? l’origine il est blanc (c’?tait no?l, je me le suis autoris?), et je paie avec ma carte bleue VISA.
Et je rentre et je mange la moiti? de ce que j’ai achet? pour la semaine.
Et ? part ?a il me semble n’avoir rien ? me reprocher.

Cela va m?me plus loin, cette histoire d’inertie. Le fait de consommer, travailler, prendre l’argent ? une autre personne pourvu qu’elle soit gagnante dans l’affaire, devoir se faire arnaquer pour le rendre, devoir mentir pour se faire embaucher, devoir se salir en serrant la main d’investisseurs sans scrupules, devoir se faire percer le cul ? accepter des conditions d?favorables d’un contrat, toutes ces petites choses de la vie ne peuvent pas ?tre ponctuelles, encadr?es, et rang?es dans un placard. Ce sont des proc?dures qu’on acquiert, et qu’ensuite on arr?te pas d’?tre tent?s de r?pliquer?; parce que c’est ce qui semble le plus juste.

Toute la fa?on de proc?der dans une soci?t? de consommation, invite au crime, le l?galise dans la mesure o? il est justifi?, et qu’on n’a pas le choix. On invente des dictons aussi meurtriers qu’absurdes pour justifier cela, comme ??la loi de la jungle??, ??l’homme est le seul pr?dateur de l’homme??, et ce cadre rend vrai les all?gations insens?es de Darwin comme ??s?lection naturelle?? ou m?me ??adaptation au milieu??. Pourtant en v?rit? l’adaptation au milieu pr?c?de le milieu, au lieu d’en ?tre cons?cutif, et ?a il faudra encore l’expliquer. Mais m?me une telle ?vidence reste impossible ? voir, aussi scientifique que se veut la d?marche de celui qui observe le monde.

Regardez le comportement obsc?ne, cannibale et psychotique des Etats-Unis. Vu d’ici c’est plus facile de le voir (eux consid?rent les pays europ?ens qui collaborent, comme des inf?rieurs qui marchent dans leur sillage). Pendant une d?cennie (celle o? j’?tais conscient) ils n’ont eu de cesse de d?crier le caract?re fabuleux de leur ennemi, le terroriste, qui est un fou qui tue sans raison, sans doute par jalousie, mais ?a on s’en fout, il le fait juste par folie.

En face de quoi le gouvernement des ?tats-unis, lui, compl?tement ? l’oppos? de ce contraire immonde et r?voltant, est capable de donner des raisons ? tout ce qu’il fait. Ses actions sont calcul?es, millim?triques, elles sont le fruit de l’intelligence, et les explications ? rendre publiques, bien qu’on se doute que cela soit beaucoup plus compliqu? en r?alit?, sont tr?s simples et claires.

Ce comportement est ce qu’on peut attendre de mieux d’un gouvernement. Il est exemplaire, rassurant, il a tous les aspects de ce qui est rationnel, et tout le monde sait d’instinct que le ph?nom?ne de justice d?coule le plus naturellement du monde de ce qui est rationnel.

On peut essayer de leur dire d’?tre ??plus rationnels??, on peut red?finir le mot ??rationnel??, on peut essayer d’utiliser contre eux leur manie d’associer des id?es et des objets (cr?er des objet-id?es) et utiliser les techniques parfaitement conventionnelles de bourrage de cr?ne par r?p?titions successives et ?talonn?es pour correspondre ? tous les niveaux d’intelligence,

on peut appliquer au terme de ??rationnel?? des notions scientifiques qui seront donn?es ? faire jongler par un algorithme de la v?rit? (?a existera, ne vous inqui?tez pas),
il n’en reste pas moins qu’ils ne cesseront pas d’entendre ? travers ce terme, la ??rationalit?, le moyen d’exacerber les paradigmes existants, tenaces, et fondus ? eux-m?mes qui les motive d?j? aujourd’hui. Bref ils r?pondront ??ne vous fatiguez pas, on sait d?j? qui on est, et c’est s?r que dans le futur on pourra faire ??mieux??.

Et ils continueront ? d?truire le monde, ? vouloir le dominer, tuer l’ennemi, minimiser les dommages collat?raux, et ? devenir col?riques quand on mettra en doute leur sens moral ou ?thique.
Ils continueront toujours ? entendre ce qu’ils ont envie d’entendre bien qu’on essaie de leur dire le contraire. ?a ne voudra pas rentrer, et les d?fenses psychologiques sont toutes l?, en bataillons arm?s jusqu’aux dents, surentra?n?s, et de mieux en mieux entra?n?s, pr?t ? livrer combat contre tout ce qui pourrait essayer d’atteindre le prisme par lequel ils voient le monde, leur saint Graal.

Et un jour, tout bascule, parce qu’une id?e se r?pand comme une tra?n?e de poudre, et ? cause d’elle, plus rien n’est logique, ou plut?t autour d’elle, tout devient logique, et on sait d?sormais comment d?tacher et rattacher les liens frauduleux et les liens logiques.

Un jour on dit un truc du style?: ??oui mais le fou, il a toujours ses raisons??.
D?s lors, ??la folie est partout?? et ??la folie est nulle part??.
??La folie?? n’est pas un mot, un qualificatif, une insulte ou une id?e. Ce n’est pas observable, puisque l’observateur l’est s?rement lui aussi. Le fait m?me d’?tre capable de l’observer est cons?quente de celle qu’on d?tient.

Les paradigmes sont des choses de grande ?chelle, comme les grands navires il leur faut des dizaines de kilom?tres pour faire un virage. Leur inertie est telle qu’en leur sein, quand on y est immerg?s et qu’on vit dedans, la fa?on dont elle s’exprime est celle qui obtient le plus de succ?s, ? savoir la rationalit?, et sa motivation profonde est celle qui est la plus humaine, ? savoir le d?sir de vivre heureux en paix.
Les gens continuent de reproduire les sch?mas trac?s par les paradigmes, et le travail de leur conscience, compl?tement soumise aux circonstances, est d’?laborer les raisons de se plier au paradigme de l’?poque.

Simplement, si le fou qui agit pouss? par ses raisons peut ?tre l?g?rement frein? dans son ?lan si il prend conscience de la folie qui est la sienne, il ne peut ?tre arr?t? que par le fait de savoir que tout le monde est conscient de l’existence de cette folie. Ce n’est pas une preuve (evidence en am?ricain, langage stupide) qui peut suffire ? le stopper, c’est l’?vidence (mot fran?ais, langage de l’esprit) qui peut le faire.

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