Inscrivez-vous pour participer au site : commentez, rédigez et communiquez !
http://www.centpapiers.com/ Le journal citoyen du Québec pour la francophonie
19 juin 2007 |
2 commentaire(s) |
vu 1 241 fois
Bien entendu, il serait faux de croire que l’abandon colonial de l’Inde par la Grande-Bretagne s’est fait sur un coup de tête des Britanniques, ou qu’il s’est fait en un jour. En effet, l’analyse de plusieurs faits historiques nous révèle que c’est une série d’évènements et de circonstances qui sont à l’origine de la libération du « joyau de la Couronne ». Ces causes et explications sont à la fois politiques, économiques ainsi que sociales, et elles agissent autant au niveau du territoire qui compose le sous-continent indien, qu’à l’échelle planétaire.
Les conjonctures européennes et mondiales
À partir de la Première Guerre mondiale, on assiste à un « reflux de l’influence européenne »[1] . En effet, les massacres commis dans le cadre de ce conflit entachent le prestige et la crédibilité des pays colonisateurs, malgré la victoire. À la demande de la Grande-Bretagne, l’Inde fournit plusieurs milliers de soldats pour contribuer à l’effort de guerre. Puis, dans le cadre du second conflit mondial, les Indiens concluent une entente pour une participation aux combats en échange d’une promesse d’indépendance. Au total, la colonie fournit 2,5 millions d’hommes aux troupes alliées et cette contribution aura un impact certain sur l’issu des affrontements. La fin des hostilités marque une recrudescence des questionnements concernant la légitimité de la Grande-Bretagne à diriger ses colonies. De plus, malgré le refus de Churchill, les Indiens continuent à clamer qu’on doit leur permettre, tel que promis, de former un pays libre. C’est sans compter le fait qu’en 1941, l’Inde prend conscience que sa demande est légitime lorsque paraît la Charte de l’Atlantique, qui stipule le « droit de tous les peuples à choisir la forme de gouvernement sous laquelle ils veulent vivre »[2].
Puis, un tout nouveau climat politique s’installe dès la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Les puissances colonisatrices européennes ont certes remporté la victoire, mais ils ont subi de trop grands dommages, autant sur le plan physique, économique et social, pour continuer à rayonner comme auparavant. Ainsi, le globe se scinde en deux pôles, dirigés d’une part par les États-Unis capitalistes et, d’autre part, par l’URSS communiste. Bien que ces deux nouveaux géants s’objectent l’un à l’autre, ils partagent leur opposition au colonialisme[3]. Quoiqu’il faille considérer ces idéaux, c’est surtout la philosophie soviétique qui influencera les penseurs de la souveraineté indienne, et ce, avant même que l’URSS devienne une grande puissance. En effet, « dans la propagande du début du siècle, le parallèle entre l’Inde et la Russie tsariste était très répandu »[4]. En outre, le mouvement de contestation non violente, introduit par Gandhi, est largement influencé par les idées et théories de Léon Nikolaïevitch Tolstoï, grand penseur et pacifiste radical soviétique du début du 20e siècle.
La politique britannique en Inde
D’entrée de jeu, les Indiens sont exclus des postes importantes de l’administration de la colonie. De cette façon, les élites instruites se trouvent injustement pénalisées et on assiste à la formation du Congrès national indien et à divers mouvements indépendantistes. De plus, on reproche aux autorités coloniales d’appliquer des principes non anglais pour assurer leur domination sur les peuples indiens. C’est en effet le cas lorsqu’en 1919, le parlement britannique adopte le Rowlatt Act, une série de lois qui restreignent les libertés individuelles[5].
Néanmoins, l’Inde doit à la Grande-Bretagne la mise en place de structures et d’institutions démocratiques. Par exemple, entre 1917 et 1919, on pourrait croire que l’Inde obtiendra son indépendance sous peu, mais les mesures du Rowlatt Act viennent briser les plus belles illusions.
En 1917, le secrétaire d’État pour l’Inde Lord Montagu lit devant la Chambre de communes une déclaration annonçant le développement futur de certaines formes d’autonomie. L’année suivante, le même Montagu et le vice-roi Chelmsford présentent ensemble un rapport qui constitue la base du Government of India Act, promulgué en 1919. Cette loi réforme les rapports entre les gouvernements des provinces et le gouvernement central, en augmentant l’autonomie des premiers.[6]
De plus, l’unification du territoire sous une seule domination représente la « condition essentielle du développement d’une conscience nationale indienne et sa consolidation dans la lutte pour l’indépendance »[7]. Finalement, en 1947, le parlement britannique vote l’Indian Independance Act et envoie Lord Mountbatten, « qui, à titre de vice-roi, prépare l’ascension de la colonie à l’indépendance »[8].
Le Congrès national indien
C’est en 1885 qu’est institué le Congrès national indien. Celui-ci « n’était pas à l’origine un véritable parti, mais un rassemblement de notables de toutes les régions de l’Inde [et] se tenait à chaque année dans une ville différente »[9]. Au cours de ses premières années d’existence, les requêtes du Congrès sont modérées. Par exemple, on réclame une meilleure intégration des Indiens à l’administration de la colonie[10]. Ainsi, le principal mandat de cette formation est de « lutter par des moyens constitutionnels pour introduire des institutions représentatives où les Indiens seraient admis »[11]. Puis, quelques années après la formation du Congrès national, ses principaux chefs affichent leur opposition au « drainage », par les Britanniques, des ressources naturelles et des diverses richesses du territoire indien. Toutefois, il faudra attendre les années 1920 avant que le Congrès se transforme en parti politique.
Sous l’impulsion de Gandhi, le Congrès a consolidé ses propres forces et s’est transformé en un véritable parti. Les idées et les pratiques de Gandhi, du satyagraha, au boycottage et au khadi, ont été amplement expérimentées et sont devenues populaires. La mobilisation de masse a touché le pays tout entier, des pentes de l’Himalaya aux régions dravidiennes du sud. Enfin, pour la première fois, les Anglais ont reçu un avertissement très clair concernant leur avenir en Inde.[12]
De cette manière, le Congrès national indien s’est radicalisé pour devenir un véritable parti oeuvrant pour la souveraineté du territoire indien. C’est finalement pendant la Seconde Guerre mondiale, dans l’optique d’une promesse d’indépendance, que le Congrès adopte la résolution Quit India, qui somme la Grande-Bretagne de quitter la région.
L’émergence de nouveaux mouvements
Vers la fin du 19e siècle, nous assistons la renaissance de diverses formes de l’hindouisme, accompagné par une réaction traditionaliste de rejet a l’égard du processus de modernisation[13]. Ce phénomène se propage grâce à la formation de mouvements politico-religieux et à l’unification de l’Inde, déjà présente depuis l’arrivée des Britanniques.
Conséquemment, au tournant du 20e siècle, le mouvement dirigé par Bal Gagandhal Tilak connaît beaucoup de succès. Pour contester l’occupation britannique, il utilise la renaissance hindouiste à des fins nationales. D’emblée, il s’oppose aux lois et aux méthodes anglaises qui vont à l’encontre des traditions et coutumes indiennes et ne réclame rien d’autre que l’autodétermination politique de son pays. Par sa vocation à la cause souverainiste, Tilak est considéré comme « le principal inspirateur et théoricien de l’extrémisme indien »[14].
Ensuite, en 1919, c’est l’émission des Rowlatt Acts qui permet au mouvement de contestation non violente du Mahatma Gandhi de se généraliser. En effet, cette nouvelle loi limite les libertés individuelles et permet, entre autres, aux autorités anglaises d’effectuer des « arrestations sur la base d’une simple suspicion et la détention dans procès jusqu’à deux ans de tout individu considéré comme potentiellement subversif »[15]. De cette façon, pendant la période de l’entre-deux-guerres, on assiste à l’apogée du mouvement indépendantiste guidé par Gandhi. En effet, « la haine raciale s’ajoutant au mécontentement général aboutit à un nationalisme dont seule la présence de Gandhi pouvait contenir la violente explosion »[16].
Ce rejet de la domination coloniale est également alimenté par l’émergence de nouveaux concepts, notamment celui de la nation et des droits de l’homme. C’est monté de la cause nationale conduit à l’adoption, par le Congrès, de la résolution Quit India en 1942[17].
L’européanisation des élites
Devant son infériorité numérique pour diriger l’Inde, la Grande-Bretagne décide de former une élite indienne pour obtenir une certaine aide et légitimer son pouvoir. Toutefois, ces Indiens instruits sont toujours exclus des postes importants de l’administration, ce qui crée une situation plutôt paradoxale. En effet, « il y avait de plus en plus de jeunes instruits auxquels ni les structures économiques, ni les institutions civiles n’offraient de débouchés adaptés »[18].
Ces élites, largement influencées par la philosophie des lumières et les concepts utilitaristes reprochent aux Britanniques d’appliquer en Inde des principes non anglais pour assurer leur domination sur la colonie. Bref, ce rejet de la domination coloniale européenne conduit cette élite européanisée à réclamer l’autonomie totale de l’Inde.
L’économie industrielle
Au début du 20e siècle, on voit apparaître de petites entreprises industrielles semi-modernes. Dans la majorité des cas, la production est dérivée de l’artisanat traditionnel. Par exemple, on retrouve des « forgerons qui ouvrent un atelier de mécanique, [des] artisans du cuir qui se lancent dans la chaussure, [des] petites entreprises de tricots, de chemises »[19].
Ensuite, c’est surtout dans le cadre de la Seconde Guerre mondiale qu’apparaissent les plus importantes industries du pays, qui sont surtout composées de manufactures de textile de coton, d’industries alimentaires, d’aciéries, et d’usines de produits chimiques. En fait, « si les Anglais ont tardivement favorisé l’industrialisation – entre autre au cours des deux guerres mondiales – le fait demeure qu’une base relativement large et différenciée existait en 1947 »[20].
Puis, la Grande-Bretagne crée un réseau de banques et de commerces qui vont de pair avec l’éclosion de métropoles modernes, comme Ahmedabad, Bombay, Calcutta et Madras. De plus, les Britanniques ouvrent l’Inde aux investissements étrangers. Ainsi, le développement industriel de l’Inde laisse croire aux élites indiennes formées en Europe qu’elles peuvent elles-mêmes diriger le pays et son économie.
L’économie agricole
Certes, la mise en place d’infrastructures , par les Britanniques, contribue à l’épanouissement de l’économie rurale. Ce phénomène est attribuable à l’installation de vastes systèmes de canaux d’irrigation au nord-ouest et au sud-est du pays, à l’encouragement de nouvelles cultures, tel que le thé et la jute, ainsi qu’à la construction de routes et de voies ferroviaires[21].
Subséquemment, les progrès au niveau de l’hygiène et de la prévention de la famine provoquent une augmentation démographique notable. Cette situation a pour conséquence que les variations entre l’exploitation des ressources et le marché du travail connaissent de trop grands écarts, notamment parce que les villes n’arrivent pas à absorber un nombre suffisant de ruraux. Ainsi, au 20e siècle, le prolétariat rural prend des proportions inquiétantes, tandis que nous assistons à une hausse du nombre des exploitations agricoles et à une baisse de la taille de ces exploitations. Par conséquent, en 1947, « le paysage rural est marqué par de profondes disparités, en fonction du milieu physique, d’un entrelacs de facteurs historiques, sociopolitiques, économiques et de castes agricoles plus ou moins dynamiques »[22].
Bref, après l’indépendance, les nouveaux dirigeants doivent apporter d’importantes corrections au déséquilibre en les hommes et l’économie. Ils doivent également trouver des moyens d’accélérer l’expansion de l’économie pour augmenter le niveau de vie général[23]. En livrant l’Inde aux Indiens, la Grande-Bretagne prenait-elle conscience de son échec au niveau économique ?
Les moyens de contestation pacifique
C’est surtout le contexte politique qui provoque la révolte chez les peuples indiens. D’abord, en 1905, le vice-roi décide d’imposer le partage du Bengale pour diminuer les risques de turbulences dans cette grande circonscription indienne. Avec à sa tête Tilak, le mouvement de protestation qui s’en suit est violent, mais on y retrouve également des mesures pacifiques, telles que le boycottage de la marchandise anglaise.
Puis, en 1919, les lois Rowlatt créent pour Gandhi la situation idéale pour lancer sa « campagne de non-collaboration non violente. Elle doit s’ouvrir par un hartal, c’est-à-dire une journée nationale de cessation de toute activité économique, une journée de jeûne et de prières »[24]. Dans la même veine, plusieurs activités de contestation sont organisées, notamment la marche du sel, les grèves de la faim et l’abstention au droit de vote. Malgré les fortes répressions, que nous aborderons plus loin, l’effet dissuasif de ces mesures, visant à démontrer que la minorité anglaise ne peut plus gouverner, est à considérer dans le choix de la Grande-Bretagne d’octroyer l’indépendance à l’Inde.
Les révoltes et les massacres
À priori, on identifie la révolte des Cipayes comme étant la première guerre d’indépendance menée en Inde sous le régime colonial de la Grande-Bretagne. Bien qu’elle ait été infructueuse, cette rébellion a été perpétrée par des soldats indiens, les Cipayes, travaillant pour les Britanniques. Rapidement, cet évènement prend des proportions inespérées et se transforme en soulèvement populaire contre la puissance de la Compagnie anglaise des Indes orientales[25].
Puis, à la suite de la partition du Bengale en 1905, on assiste à une explosion du terrorisme en territoire indien. Suivant le modèle soviétique, les principaux chefs extrémistes de l’époque considèrent que le terrorisme est la seule voie possible vers la liberté[26]. Ces actes violents sont également inspirés par les concepts de l’hindouisme et le l’anarchisme et ils cherchent principalement à paralyser les institutions gouvernementales[27]. Dans ce cadre, plusieurs hauts fonctionnaires, magistrats et miliaires anglais sont assassinés.
Toutefois, les répliques des autorités anglaises ne se font pas trop attendre. En effet, « la répression s’abattit très durement : interdiction des réunions, même pacifiques, lourdes peines à l’encontre de directeurs de journaux et de journalistes pour délit d’opinion, déportations massives, de jeunes surtout, au motif de sédition et de conspiration »[28].
D’ailleurs, le massacre d’Amritsar de 1919 témoigne de ce climat violent présent en Inde. On raconte que c’est une manifestation non violente, dans la ville d’Amritsar, qui tourne au vinaigre lorsque les contestataires commencent à s’agiter. Ce rassemblement public visait à dénoncer la situation de sous-emploi et les conséquences de la Grande Guerre sur l’économie de l’Inde[29]. Les Britanniques, n’ayant rien fait pour interdire la manifestation, ouvrent le feu sur la foule pendant une dizaine de minutes. Le bilan s’élève à 379 morts et près 1200 blessés[30]. Cet évènement témoigne de l’agonie de l’Empire britannique en Inde. Les répressions suivantes ne feront qu’alimenter les tensions des peuples indiens.
Conclusion
En résumé, ce qu’il faut retenir de l’expérience indépendantiste indienne, c’est qu’elle ne s’est pas réalisée du jour au lendemain. Il ne faut pas non plus croire qu’elle était calculée. En réalité, c’est une série d’évènements d’ordres politiques, sociaux et économiques, ainsi que l’impulsion de certains mouvements et de leurs chefs charismatiques, qui sont à l’origine de la décolonisation de l’Inde. Bien entendu, en concluant une entente de participation à la guerre contre indépendance, l’Empire britannique se compromettait, mais les installations et infrastructures mises en place au cours des années précédentes permettaient de croire que la frontière ne serait pas trop difficile à franchir. Finalement, nous pouvons supposer qu’en libérant l’Inde, les Anglais savaient qu’ils se dissociaient également des querelles religieuses et territoriales entre hindous et musulmans, ce qui, lorsqu’on observe la situation actuelle, constitue un moindre mal dans toute cette histoire.
Sources
[1] Marc Simard. Histoire du XXe siècle, affrontements et changements. Montréal, Chenelière/McGraw-Hill, 2002, 2e éd, (1997). Page 229.
[2] Marc Simard. Histoire du XXe siècle [...] Page 230.
[3] Marc Simard. Histoire du XXe siècle [...] Page 230.
[4] Gianni Sofri. Gandhi et l’Inde, XXe siècle. Firenze, Casterman, 1996. Page 47.
[5] Gianni Sofri. Gandhi et l’Inde [...] Page 82.
[6] Gianni Sofri. Gandhi et l’Inde [...] Page 80.
[7] Gianni Sofri. Gandhi et l’Inde [...] Page 43.
[8] Marc Simard. Histoire du XXe siècle [...] Page 235.
[9] Gianni Sofri. Gandhi et l’Inde [...] Page 44.
[10] Marc Simard. Histoire du XXe siècle [...] Page 234.
[11] Gianni Sofri. Gandhi et l’Inde [...] Page 45.
[12] Gianni Sofri. Gandhi et l’Inde [...] Page 93.
[13] Gianni Sofri. Gandhi et l’Inde [...] Page 46.
[14] Gianni Sofri. Gandhi et l’Inde [...] Page 47.
[15] Gianni Sofri. Gandhi et l’Inde [...] Page 82.
[16] Encyclopaedia Universalis. Amritsar [en ligne] Page consultée le 12
avril 2007. Adresse URL : http://www.universalis-edu.com.ezproxy.usherbrooke.ca/corpus2.php ?napp=&nref=T228698
[17] Marc Simard. Histoire du XXe siècle [...] Page 231.
[18] Gianni Sofri. Gandhi et l’Inde [...] Page 46.
[19] Encyclopaedia Universalis. Page : Inde : l’économie contemporaine.
[20] Encyclopaedia Universalis. Page : Inde : l’économie contemporaine.
[21] Encyclopaedia Universalis. Page : Inde : l’économie contemporaine.
[22] Encyclopaedia Universalis. Page : Inde : l’économie contemporaine.
[23] Gianni Sofri. Gandhi et l’Inde [...] Page 49.
[24] Gianni Sofri. Gandhi et l’Inde [...] Page 83.
[25] Encyclopaedia Universalis. Indépendance de l’Inde et du Pakistan [en ligne] Page consultée le 9 avril 2007. Adresse URL : http://www.universalis-edu.com.ezproxy.usherbrooke.ca/corpus2.php ?napp=&nref=Z010021
[26] Gianni Sofri. Gandhi et l’Inde [...] Page 47-48.
[27] Gianni Sofri. Gandhi et l’Inde [...] Page 49.
Catherine-Aimée,
Je m’explique mal pourquoi votre article, au demeurant fort bien documenté et bien structuré, a démérité aux yeux de certains pointeurs. Dommage.
Pierre R.
14:13, le Jeudi 21 juin 2007Excellent article sur l’Inde ! Très complet et intéressant. J’espère en lire d’autres sur ce pays.
04:45, le Lundi 13 août 2007Vous devez être connecté pour publier un commentaire.
15
vu 9 814 foisTous droits réservés, Cent Papiers 2006-2011 | Roule sous Wordpress
Bad Behavior has blocked 3357 access attempts in the last 7 days.
Premium Wordpress Plugin