vendredi, février 12, 2016
Home » T Y P E S » Articles » L’incompr?hension

L’incompr?hension

Le diable se cache dans les d?tails

Pr? ado

Il est difficile de d?crire
l’atmosph?re d’une ?poque, d’exprimer clairement ce qui n’est que de l’ordre du
ressenti et de la sid?ration, aussi. De ma totale incompr?hension.
Je suis le dinosaure. Je vais m’?teindre. Et refermer la porte en sortant.

J’ai donc profit? d’un
aller-retour express au bled en chef pour recharger mon sobre destrier. En
fait, apr?s moult calculs, je me suis rendu compte que le carburant ?tant
toujours plus cher dans les bleds paum?s comme le mien, mais que d’aller
jusqu’au bled plus abordable revenait encore plus cher, m?me avec une caisse ne
consommant que 6 litres aux 100 kilom?tres. L’id?al, c’est de remplir le
r?servoir chaque fois que je me d?place dans une ville assez importante pour
que le 95 y soit vendu 10 cents de moins au litre que chez moi. M?me si ma
jauge annonce encore un r?servoir aux trois quarts plein. Ce qui ventile
d’ailleurs efficacement mon budget transport.

Bref, me voil? en vue de la
station-service r?put?e la moins ch?re du bled en chef, selon le dernier calcul
d’itin?raire de Carbeo, station qui
s’?tend devant moi comme une barre de p?age le lendemain de la rentr?e des
classes. Je n’ai que l’embarras du choix entre la douzaine de pistes dont une
seule autre est d?j? occup?e.

Tout ? l’heure, ? l’hypermarch?
qui est ? l’autre bout de la ville, c’?tait un peu la m?me chose lors du
passage en caisse ou m?me sur le parking?: il n’y avait tellement
personne, que j’aurais pu me garer directement devant le rayon qui
m’int?ressait. S’il faut, Golfech a p?t?, l?-haut, un peu plus au nord, et les
gens ont ?t? ?vacu?s. Les caissi?res sont tellement d?s?uvr?es que j’ai d?
demander ? celle que je visais si elle ?tait encore en service. Le temps de
poser mon truc, trois personnes ?taient derri?re moi, ? jouer des coudes pour
poser leurs achats sur le tapis roulant soudain trop petit. Derri?re la barre
de s?paration, mon voisin avec une t?te de Papy Brossard a juste pos? un
bouquet de roses rouges. Du coup, on s’est souri.

J’ai choisi une pompe du bon
c?t? de la voiture, celui du r?servoir, tant il m’est p?nible habituellement de
m’arc-bouter sur le tuyau en gros caoutchouc noir pour r?ussir ? lui faire
contourner mon pot de yaourt et ? bien vouloir incliner du bec dans le
r?servoir ? colibri, sans que l’enrouleur me bloque ? cinq centim?tres du but
ou, pire encore, ne ravale goul?ment l’appendice noir?tre dans ses entrailles,
me tra?nant lamentablement ? sa suite. Je n’aime pas?tellement me battre
contre les choses. Ni contre les gens, d’ailleurs.
Je prends le temps de noter le kilom?trage sur mon t?l?phone, mais je n’ai m?me
pas celui de sortir de ma voiture qu’un break dont je me contrefous
d’identifier le mod?le ou la marque vient se coller ? mon parechoc.

L?, je ne comprends juste
pas.
Plus de la moiti? des bornes de distribution sont encore totalement libres,
d?sertes, accueillantes, il suffit d’y aller pour commencer ? se servir, mais
non, cette femme doit avoir un chiffre f?tiche, une manie inavouable ou un gros
probl?me de vue, toujours est-il qu’elle s’est coll?e derri?re moi et qu’elle
commence imm?diatement ? attendre.

Vous avez remarqu? comme les
caissi?res des supermarch?s sont devenues terriblement rapides, ces derniers
temps?? Bip, bip, bip, elles passent les articles au scanner ? toute
berzingue, ?a couine encore pire que le c?ur d’un ?cureuil sous ecsta, le temps
de le dire, une semaine de votre vie de famille s’entasse de l’autre c?t? de la
caisse et vous n’avez m?me pas fini de d?charger le caddie. Vite, vite,
vite?! Les trucs volent et arrivent plus rapidement que vous ne parvenez ?
les saisir. Alors, ranger la camelote, vous n’y pensez pas?! Malgr? toutes
vos strat?gies dans l’agencement des marchandises sur le tapis roulant en
amont, il arrive toujours un moment de l’autre c?t? o? vous vous retrouvez ?
balancer la boite d’?ufs au fond du gros sac de conserves, ? cogner les
bouteilles entre elles en esp?rant que l’ap?ro ne va pas finir par goutter
lamentablement sur le parking. Et alors que vous pr?sentez tous les signes les
plus ?vidents de la d?b?cle logistique, les autres clients, d?j?, poussent
leurs propres monticules d?risoires ? l’assaut du v?tre tout en vous faisant
bien sentir que vous ne d?gagez pas assez vite le plancher, quand bien m?me ils
vont passer un quart d’heure ensuite ? donner des nouvelles du petit-neveu tout
en triant un annuaire de bons de r?duction.

?a n’arrive pas qu’? moi,
n’est-ce pas??
Et vous aussi, vous d?testez ?a?? Comme tout ce qui va avec?: les
?tiquettes qu’il faut d?crypter avec une encyclop?die des poisons et un tableur
Excel, la musique geignarde ou faussement hyst?rique qui donne envie de se
coller du Destop dans les esgourdes, les caddies en travers qui bloquent tout
un rayon dans l’indiff?rence goguenarde de leur locataire du moment, les
fausses promos o? le pack familial est vendu nettement plus cher que la dose
bourgeoise ? l’unit?. Ce genre de choses pas tr?s int?ressantes et assez
stressantes que s?cr?te forc?ment la soci?t? de consommation…

Je n’ai donc pas envie de me
presser. Je n’ai pas envie de tra?ner non plus, l’endroit manque singuli?rement
d’attraits. Je veux juste faire les choses calmement, ? leur rythme, sans
pression. Sans cette sensation trop r?currente d’?tre le foutu lapin d’Alice au
Pays des merveilles. Je me dis m?me que si j’agis pos?ment, la femme au break
va finir par comprendre qu’elle a d’autres possibilit?s. Ou alors, d?cider
qu’elle aussi, elle n’est pas sp?cialement press?e ? l’heure la plus creuse de
la journ?e.

Eh bien non?!

Elle doit trouver que je n’ai
pas le rythme qui lui convient, parce qu’elle envoie deux ou trois petits coups
d’acc?l?rateur bien ?loquents quant ? ce qu’elle doit penser ?tre sa tr?s
l?gitime impatience.

C’est l? que je suis tr?s fi?re
de moi.

J’ai carr?ment refoul? l’envie
d’exploser de col?re, de fondre sur sa porti?re, de l’extraire par la vitre et
de lui d?foncer la gueule sur le bitume huileux et malodorant en l’agonissant
d’injures?: mais putain, sale connasse, qu’est-ce que tu viens me faire
chier la rate alors que la station est d?serte??!?!
J’ai ?galement
r?sist? ? la pulsion d’acc?l?rer que quelque mani?re que ce soit le mouvement
ou m?me de ralentir, ou m?me de r?agir ? cette provocation d?lib?r?e. Je suis
rest?e concentr?e sur le moment, l’encha?nement des op?rations, ne pas oublier
d’aller chercher le ticket pour v?rifier les chiffres, les reporter dans
l’application pr?vue ? cet effet, remettre le compteur journalier ? z?ro et
m’en aller sans h?te vers la suite de mon ?trange et n?anmoins banale
destin?e.

Cela dit, je ne comprends
toujours pas le comportement de cette femme.

Commentaires

commentaires

About

avatar

Check Also

gorille 3

SOS Gorilles des montagnes en Ouganda !

Les gorilles sont les êtres vivants les plus proches de l'homme, après le bonobo et le chimpanzé, puisque leur ADN est de 98 % à 99 % identique à celui des humains.
 
Une des deux espèces de gorille vivant actuellement en Afrique, les gorilles des montagnes (Gorilla beringei) sont en voie d'extinction. Menacés par la guerre, le braconnage et la déforestation, ces grands singes ne peuvent survivre que dans des forêts strictement protégées...


Les gorilles des montagnes vivent dans l’est de la République démocratique du Congo dans le parc des Virunga, au Rwanda dans le parc des Volcans et en Ouganda dans le parc national de Mgahinga et dans celui de la forêt impénétrable de Bwindi. 

Il ne reste aujourd’hui que 700 gorilles des montagnes. 400 d'entre eux environ vivent actuellement à l’intérieur du Parc national de Bwindi en Ouganda mais la destruction de la forêt voisine de Kafuga changerait la donne car cette zone forestière sert de tampon au Parc national et sa disparition pourrait menacer les gorilles…

La culture du thé ne doit pas mettre en cause la survie des gorilles

Véritable paradis naturel, la forêt de Kafuga abrite des centaines d’espèces d’oiseaux, de papillons, de petits rongeurs, de chimpanzés ainsi que deux cents espèces d’arbres, dont certaines endémiques. Cette zone boisée de 250 hectares, entourée de plantations de thé et de cultures vivrières, est aussi essentielle aux populations locales qui s’y approvisionnent en fruits, bois de chauffage et plantes médicinales.

 
Mais cette forêt semble vivre ses dernières heures. « Certains planteurs de thé ont déjà acheté des haches et des machettes » alerte Robert Tumwesigye Baganda, le directeur de l’organisation Probicou (Pro-biodiversity Conservationists in Uganda) pour étendre les surfaces cultivées. Les défrichements pourraient commencer en mars prochain avec la saison des pluies et faire ainsi de nouvelles terres agricoles.

 
La forêt de Kafuga pourrait donc disparaitre très bientôt et forcer les habitants à se procurer leurs moyens de subsistances à l’intérieur du Parc national voisin, la forêt Impénétrable de Bwindi, un des derniers refuges des gorilles des montagnes. Bien que ne faisant plus partie intégrante du Parc national, cette forêt joue encore aujourd’hui un rôle de tampon en tenant à distance les humains de l’habitat des gorilles.


 
Les militants de Probicou étaient sur le point de planter 30 000 arbres d’essences locales à l’intérieur et autour de la forêt de Kafuga afin d’assurer le futur de la forêt et des habitants juste avant que le projet de déboisement soit connu.

 
Les spécialistes estiment que les grands singes auront disparu d’ici 10 à 15 ans si rien n’est fait pour enrayer la destruction de leur habitat, d’autant plus que les braconniers continuent de chasser le gorille, pour sa viande, ses mains et son crâne qui rapportent énormément d’argent.

 
Quand on sait que le gorille est également victime de maladies telles que la pneumonie, la grippe ou d’autres maladies de l’homme qui lui sont mortelles, il reste peu de temps pour sauver les gorilles de montagne. C’est pourquoi il est urgent de demander au ministre de l’environnement ougandais et aux administrations locales de préserver la forêt de Kafuga...

  
Monsieur le Ministre,     

Madame, Monsieur,

 
L’Ouganda abrite un trésor inestimable : 400 gorilles des montagnes, parmi les derniers de la planète, qui vivent dans le Parc national de la Forêt Impénétrable de Bwindi. La surveillance et la protection de l’habitat des gorilles sont indispensables à leur survie. L’action menée par l’Ouganda est en ce sens exemplaire.

La forêt de Kafuga, dans le district de Kisoro, joue le rôle de tampon pour la Forêt Impénétrable de Bwindi. Sur place, les écologistes lui attribuent ainsi un rôle central dans la protection du Parc national.

Mais la forêt de Kafuga est menacée, et à très court terme. Des planteurs de thé veulent défricher la forêt pour y mettre en place leurs cultures.

Le thé est assurément un important produit d’exportation pour l’Ouganda. La survie des gorilles ne doit néanmoins pas être sacrifiée au nom du développement économique.

Nous vous exhortons à empêcher le déboisement de la forêt de Kafuga, afin de ne pas mettre en péril le trésor de votre pays, le gorille.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, Madame, Monsieur, l’expression de notre haute considération. 

 
Albert Ricchi

 


> Signer la pétition ICI



Lire toutes les infos du blog :  

> Les 25 derniers articles


> Tous les articles