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L’inanit? du principe du commerce

 

S’interroger sur le principe du commerce rel?gue les tentatives de trouver des solutions ? l’injuste r?partition des richesses au stade d’un gars qui se d?bat dans la boue, ou pour prendre une autre image, qui essaie de r?parer le bateau sur lequel il se trouve.

C’est pourtant un tel d?fi qui est ? relever puisque ??le syst?me?? qui r?git les activit?s humaines ne b?n?ficie que de tr?s peu de ports o? r?parer la bateau, o? prendre assez de recul sur ce qui nous englobe.

Personne n’?voque jamais cet aspect mais le principe du commerce ?rig? en seule et unique raison valable de faire des ?changes interdit imm?diatement l’espoir de survie de l’humanit?.

Le fait m?me d’?riger un truc en ??seul et unique?? ?voque ? lui seul une ?poque o? la complexit? ?tait l’ennemie des int?r?ts, alors qu’aujourd’hui c’est devenu l’inverse gr?ce ? l’informatique.
Cela signifie qu’aujourd’hui, la diversit? des techniques compl?mentaires est devenu un paradigme qui a remplac? l’antique foi (absurde) en un syst?me unique capable de produire ind?finiment un r?sultat unique.

D?s lors la question de savoir dans quel contexte le principe du commerce est intelligent ? utiliser permet d?j? de d?duire que cela ne peut ?tre qu’au sein d’un milieu o? les ?changes, la stabilit? et l’?quit? sont d?j? assur?s par ailleurs par des moyens puissants et rigoureux. Si tout le monde vit d?j? heureux, alors le principe du commerce peut venir compl?ter les mesures habituelles de r?tribution et de r?partition des richesses.

En terme g?n?ral il est ad?quat de parler de commerce si deux parties on un int?r?t mutuel ? proc?der ? une transaction, sur la base du principe de l’argent consid?r? comme un liquide qui doit s’?couler d’une poche ? l’autre, ce qui l? aussi est un principe qui peut s’av?rer inad?quat voire franchement immoral.

Mais en soi quand on ??vend?? et ??ach?te??, (on vend son argent en ?change d’un bien d?gradable, ce qui n’est d?j? pas ?quitable ? la base) on participe ? une com?die qui rend la transaction justifiable au niveau collectif et social, mais aucunement il ne peut s’agir de ??commerce?? puisque le consommateur ne cherche pas ? acqu?rir un objet qu’il d?sire, mais cherche simplement ? survivre?!
Ainsi dans de nombreux cas le terme de ??commerce?? dissimule en fait celui d’une forme ?labor?e et consentie de chantage.

Et c’est justement sur ce point que porte la R?volution en cours?: ce ? quoi on participe quand on joue au chaland est une machine ? produire de la mis?re et de la souffrance, et le drame c’est que les r?volution, la conscience aff?t?e ou n’importe quelle mani?re d’administrer les richesses avec intelligence (ce qui est l’essence des r?volutions) n’ont aucune chance de venir se greffer dans un circuit commercial, o? les interm?diaires grappillent autant qu’ils peuvent dans un cadre qui exige d’assurer le maximum de profit pour le minimum de co?ts.

C’est compl?tement d?bile.

Et c’est atterrant de voir les bonnes volont?s se faire imm?diatement pi?ger, avant m?me la premi?re virgule de leur nouvelle id?e, dans ce pi?ge idiot du commerce, ou en tout cas du fait que tout doive ?tre commercialis?.
C’est comme le motif de OccupyWallStreet, la crainte de ces jeunes est de passer leur vie ? se faire r?primander pour les mauvais payeurs qu’ils sont. Mais la faute en revient-elle uniquement ? l’absurdit? du syst?me, si on peut reprocher ? un mauvais payeur de ne pas respecter le contrat qu’il a sign?, et de devoir en p?tir devant la loi comme s’il ?tait un criminel alors qu’il n’a rien fait de ??mal????
(ayant eu ? faire ? des proprio pouss?s au meurtre pour cause de non-paiement de 1000 euros de loyers, je sais de quoi je parle?!)

En fait il ne s’agit pas de critiquer, ?tre pour ou contre le capitalisme, il s’agit d’?duquer les gens ? comprendre que s’ils voient le monde en se figurant faire partie d’un camp face ? un autre, cela les exclu de facto de l’autre partie du monde qu’ils ont virtuellement scind? en deux.
L’id?e c’est que seule une pens?e englobante, sans parti-prit et sans que ne s’y exerce des passions nerveuses, est ?-m?me de r?soudre le probl?me que l’humanit? se voit pos?, et se voit dans l’obligation de r?soudre, du fait de sa propre ?volution.
Et finalement, (dans la pratique) cela ne consiste qu’? ?tre capable de dire ??dans quelle mesure est-il, ou non, appropri? d’utiliser le principe du commerce, ou le principe de l’argent??

Le capitalisme a eu un effet positif sur l’?volution de l’humanit?, dans le contexte non remis en cause des r?gles qui assuraient la puissance de quelques uns au d?triment des autres, une fois que l’information ?tait devenue capable de circuler en temps-r?el, il y a d?j? une centaine d’ann?es, ?a a ?t? la r?volution industrielle, qui a permit l’?closion de l’informatique (et on l’en remercie?!).

Mais si il s’av?re qu’il a un effet n?gatif, il sera impossible de reproduire les conditions qui l’avaient rendu si prolifique, surtout parce que les gens y croyaient et que maintenant, l’objectivit? les contraint ? admettre qu’il ne faut plus y croire, que ??le r?ve am?ricain?? a perdu tout son charme, car qui voudrait d’une fortune vol?e ? ceux qui en ont besoin??

Aujourd’hui on a tr?s bien assimil? l’absurdit? qui consistait ? se pr?senter comme ??riche?? et l’absurdit? qui consistait ? v?n?rer ceux qui l’?taient.
En fait, toute la signification donn?e ? ces consid?rations sociales a ?t? conf?r?e apr?s-coup en observant les d?g?ts et les cons?quences n?fastes que cela a engendr?, et en particulier, le retard ?volutif que ?a continue encore de produire aujourd’hui.

Il s’agit donc d’?tre indiff?rent ? la mani?re dont on nomme les choses et ? se contenter de chercher ce qui est fonctionnel et utile.

C’est tr?s utile, au cours de l’exploration du syst?me dans lequel nous sommes immerg?s, de se rendre compte de choses comme celles-l??: tout est commerce, et donc tout est conflit inutile.

Cela permet de mettre en ?vidence une notion bien plus syst?mique et utilisable que celle du commerce, dont le sens varie en fonction des contextes o? il a lieu; la notion d’entropie.

On l’a vu, la capitalisme a eu un effet de plus en plus entropique, c’est ? dire qu’il est de moins en moins capable de produire d’ordre, d’organisation et de paix.
De la m?me mani?re que tout dans le cosmos, tout est soumis ? l’entropie, mais en g?n?ral ? une vitesse qu’il est largement possible de contrer. Ainsi, la poussi?re s’accumule, les choses s’usent, mais moins vite qu’on ne peut les r?parer, et en nous laissant le temps d’en construire d’autres, qui eux-m?me vont g?n?rer un champ d’entropie grandissant, qu’il faudra ? sont tour, en plus du reste, compenser en permanence.

Par exemple si on construit un pont on se promet une entropie sup?rieure que si il n’y avait pas de pont, cependant on r?sout de nombreux probl?mes (par la seule r?duction des distances), ce qui compense largement cette perte. En effet, le pont va s’user, il va falloir l’entretenir, le surveiller, le chouchouter, etc…

Dans le cadre du commerce le pont est vendu et le propri?taire en fait ce qu’il veut, et le plus souvent, quand il se rend compte qu’il faut changer les ampoules et refaire le goudron, il essaie d’en faire le moins possible car ces d?pense n’?taient pas possible ? pr?voir compl?tement.

C’est d’ailleurs pour cette raison que les prix sont toujours tr?s approximatifs, ? cause de toutes les approximations et impr?vus auxquels on ne s’attend pas. Tout sur cette plan?te, est estim? de t?te en fonction de notions qui sont compl?tement fluctuantes, et le r?sultat, ? surprise, c’est que rien n’est administr? avec intelligence, car rien ne peut l’?tre avec la m?thode instinjctive et d?pourvue d’information pr?cise sur l’environnement.

Normalement les prix devraient ?tre automatiquement affect?s par informatique partout en temps-r?el, mais aussi, ??normalement?? le principe du commerce devrait n’?tre que tr?s secondaire, par rapport au principe de l’homog?n?it? du niveau de vie, sur lequel toute l’attention devrait ?tre focalis?e.

Cela am?ne ? une deuxi?me notion reli?e ? la premi?re, ? propos de l’entropie, et ?a aussi c’est une loi qui devrait bien plus vous raidir le dos que les lois officielles, c’est que l’entropie engendre l’entropie, et quand on laisse tra?ner des choses qui se d?gradent en se disant qu’on peut attendre pour les r?parer, on assiste ? une d?gradation en cascade qui devient tr?s vite ing?rable, et le temps qu’on r?pare une chose, deux autres tombent en ruines.

Ici on se trouve dans le cas de figure o? l’entropie g?n?r?e par les fabrications, constructions, choses r?alis?es dans le pass?, n’a jamais ?t? prise en compte, comme si il suffisait de fabriquer des objet et de les jeter, et sans aucune consid?ration pour ces notions syst?miques pourtant cruciales.

Et selon toute normalit? la v?rit? fini par surgir?: toute construction doit ?tre ch?rie et suivie tout au long de sa vie. Et alors?? Et alors ?a veut dire que toute construction ne peut avoir lieu que si on a les moyens d’assurer la vie enti?re de l’objet jusqu’au recyclage de ses composants.

Et d?s lors, nous avons des objets dont le propri?taire, quel qu’il soit, n’est qu’un usurier, et dont la vie, le fonctionnement, la subsistance, les r?parations et am?liorations l?gitimes ont d?j? ?t? assur?es d?s la fabrication de cet objet.

Car, d’ap?rs un simple calcul approximatif de t?te, il est facile de dire que si l’entropie g?n?r?e par les constructions humaines est le premier objet de tous les travaux, un peu comme on aurait revenu de vie, le syst?me lui aura besoin d’un service minimal, c’est ? dire d’une quantit? de t?che qui doivent absolument ?tre accomplies, de fa?on parfaitement conventionnelles, et prot?g?e de toutes les fluctuations politiques ou m?me syst?miques.
Ce sont des choses qui doivent absolument avoir lieu, car on sait que plus on s’y prend t?t dans l’entretien de l’existant, et moins cela co?te cher, ou en d’autres termes, moins cela n?cessite d’?nergie humaine.

Il y a donc un double-socle qui est in?vitable dans toute soci?t? humaine quelle que soit la plan?te o? on l’observe?: la gestion des biens communs, qui s’exprime sur deux facettes, que sont le niveau de vie minimal garanti et d’autre part la quantit? d’?nergie humaine minimale n?c?saire pour faire tourner le syst?me.

Voil? des bases saines pour penser les termes pratiques du ph?nom?ne de civilisation?!

Les objets cr??s, m?mes immat?riels, se d?gradent si ils ne sont pas entretenus. Y compris les Droits de l’Homme, y compris le ph?nom?ne de justice ou de libert?.
J’ai d?j? longuement tergivers? dans le pass? ? propos de la com?die de la justice qui happait tout d?sir r?el profond sinc?re et ?mu de justice. Les gens veulent ??r?paration?? en monnaie sonnante, mais se moquent et ne se sentent pas concern?s si il s’agit d’?viter ce qu’ils ont v?cu d’irr?parable aux autres. Alors pourtant que c’est cela, la justice?; le deuxi?me balancier qu’on voit sur la gravure, en fait il est beaucoup plus gros et au second plan?!
La justice, ?a se r?sout avant tout sur le champ psychoaffectif, et d?s lors, son ma?tre mot doit ?tre ??plus jamais ?a??, ce qui revient ? lui conf?rer un r?le paternel dans les questions politiques.

Le jour o? on a pr?n? la s?paration de l’ex?cutif et du judiciaire, comme d’autres avant celle de l’?glise et de l’?tat (stade auquel un certain pays n’est m?me pas encore arriv?) on a ?t? b?tes, il s’agissait seulement de briser le lien dans un sens (celui o? on ordonne ? la loi ce qu’elle a le droit de dire ou non) mais pas dans l’autre, celle o? la loi, parmi lesquels certains de nos c?l?bres philosophes du droit, peut dire ? l’?tat quelle politique il a le droit ou non d’adopter.

Cela serait int?ressant de rendre certains politiques ill?gales, ?a ?viterait s?rement beaucoup de remue-m?ninges si navrants, qui foisonnent toute l’ann?e, ? propos de questions purement psychotiques ?lev?es au rang de ??d?bat nationaux??.

(? suivre)

http://philum.info/58633

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