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L’importance du profit.

jim_rogers

Aux dires de certains, la recherche du?profit est un vice qui nuit ? la soci?t?. ? les entendre, plus le profit est ?lev?, plus les gens se font exploiter par les producteurs. Ils consid?rent scandaleux que les producteurs profitent des p?nuries pour augmenter leurs prix pour faire plus de profit.

Selon eux, le syst?me capitaliste fait en sorte que les prix?sont souvent plus ?lev?s que le « juste prix »?de fa?on ? ce?que les producteurs puissent faire du profit. Alors nationalisons ces producteurs, ?liminons le profit et nous ?conomiserons tous! C’est ce raisonnement simpliste qui a, entre autres, servi d’argument aux communistes. Suite ? l’?chec monumental de cette id?ologie, il est clair que la r?alit? est diff?rente de ce que ces gens pensent et que ce type d’argumentation est fort dangeureux.

En r?alit?, voici comment le profit cr?e de la richesse et fait du bien pour la soci?t?.

Le profit pla?t?aux actionnaires:

Le profit est ce qui revient aux actionnaires d’une entreprise apr?s toutes les d?penses, int?r?ts?et imp?ts. Il peut servir ? r?investir dans l’entreprise pour?am?liorer les profits futurs ou ? verser des dividendes. La valeur d’une entreprise repose essentiellement sur les profits; sans eux l’entreprise ne vaut que la valeur liquidative de ses actifs. Ainsi, les actionnaires ont grand int?r?t ? ce que les profits soient le plus ?lev? possible. Par l’entremise du conseil d’administration, les actionnaires?de l’entreprise mettent beaucoup de pression sur ses dirigeants (bonus, cong?diements, etc) pour que ceux-ci fassent en sorte de maximiser les profits, et donc la valeur des actions. Sans profit il n’y pas de capital et donc pas d’investissement priv?.

Il y a beaucoup de comp?tition entre les entreprises?pour obtenir le capital des actionnaires. Pour obtenir du capital (i.e. que les investisseurs ach?tent leurs actions), les entreprises doivent d?montrer qu’elles sont bien g?r?es, que leur situation financi?re est appropri?e et que leurs investissements seront profitables. Les march?s financiers agissent donc en tant qu’allocateurs de capital et tentent de faire en sorte que le capital ne soit pas gaspill? et qu’il soit utilis? le mieux possible. Le moteur de tout ce processus d’allocation est le profit. Sans lui, il n’y aurait aucun moyen de savoir si le capital est bien investi et aucune motivation ? ce que ce soit le cas.

Le profit incite ? minimiser les co?ts et incite ? l’innovation:

Une bonne fa?on de maximiser les profits est de r?duire ses co?ts. Les entreprises font donc en sorte d’am?liorer la productivit? de leurs employ?s en engageant les meilleurs candidats possibles, en leur fournissant de la formation et en leur attribuant une r?mun?ration align?e sur la performance (lorsque faisable). Les salaires doivent ?tre le plus bas possible, mais doivent quand m?me ?tre comp?titifs si l’entreprise veut attirer de bon candidats.

D’autre part, l’entreprise investira en marketing pour tenter d’augmenter ses parts de march?. L’augmentation des volumes r?alis?e gr?ce au marketing permet de r?duire les co?ts unitaires totaux, puisque les co?ts fixes sont r?partis sur un plus grand nombre d’unit?, ce qui rentabilise cette d?pense. Le profit?incite aussi ? r?duire la bureaucratie au minimum, puisque celle-ci co?te cher ? l’entreprise.

L’autre fa?on de r?duire les co?ts et d’am?liorer la productivit? est d’innover. Pour ce faire, l’entreprise devra faire de la recherche & d?veloppement pour am?liorer ses technologies. Elle pourra aussi investir dans de nouvelles machineries et revoir ses processus logistiques. Sans profit suppl?mentaire, les entreprises n’auraient aucun incitatif ? innover et ? investir.

Sur un march? concurrentiel, les entreprises utiliseront ces ?conomies de co?ts?pour gagner des parts de march? en r?duisant leurs prix (sinon un comp?titeur le fera ? leur place et leur volera des parts de march?). Ces r?ductions de prix font en sorte d’am?liorer le niveau de vie de l’ensemble de la soci?t? en augmentant le pouvoir d’achat de tous et chacun.

Le profit avantage les consommateurs:

Sur un march? concurrentiel, les producteurs doivent satisfaire leurs consommateurs pour faire du profit. Il y a diff?rentes strat?gies pour y arriver, mais si un produit ne pla?t pas aux consommateurs par ses caract?ristiques, son apparence, sa qualit? ou son prix, le producteur ne fera pas beaucoup de profit. Le profit indique donc aux entreprises si ce qu’elles font pla?t ou non ? leurs clients. Si une entreprise se met ? perdre des parts de march? aux mains d’un comp?titeur, elle ajustera le tir et s’assurera de r?cup?rer ses clients en am?liorant son produit ou en r?duisant le prix pour qu’il plaise davantage aux consommateurs.

Le profit permet d’?viter les p?nuries et les surplus:

Le profit incite aussi les producteurs ? produire des quantit?s optimales de biens et services. Si un bien est produit en trop grande quantit?, les producteurs seront pris avec des surplus qu’ils devront ?couler ? bas prix, ce qui n’est pas bon pour les profits. La recherche du profit d?courage donc ce comportement.

D’autre part, si un bien est produit en quantit? insuffisante, les producteurs pourront augmenter leurs prix et ainsi faire de plus gros profits. Cependant, cette situation ne durera pas longtemps puisque les prix ?lev?s inciteront ? produire davantage et attireront de nouveaux concurrents sur le march?. La recherche du profit permet donc de minimiser les p?nuries.

En fait, la recherche du profit fait en sorte d’optimiser les quantit?s produites pour que les march?s balancent et que la demande soit efficacement?rencontr?e par l’offre.

Le profit et la concurrence:

Malheureusement, certains profits ne sont pas m?rit?s. Pour que le profit ait les effets positifs ci-haut d?crits,?il faut que le march? soit concurrentiel, sinon les producteurs pourront se permettre des prix plus ?lev?s, des co?ts moins comp?titifs et/ou une qualit? qui ne convient pas aux consommateurs. La concurrence est donc un ingr?dient essentiel du capitalisme.

Ceci ?tant dit, le manque de concurrence est souvent le r?sultat de politiques de l’?tat. On pourrait mentionner les tarifs douaniers, les subventions, les contrats sans appel d’offre, certaines r?glementations augmentant les barri?res ? l’entr?e, les?syst?mes de quotas et de gestion de l’offre ainsi que?les brevets, comme des?politiques provenant directement de l’?tat qui?r?duisent le niveau de comp?tition. ? ce moment-l?, le profit cesse d’?tre ? notre service et sert alors les int?r?ts corporatistes. Les entreprises travaillent ?videmment?fort, ? l’aide de leurs lobbys et groupes de pression, pour soutirer ces protections ? l’?tat.

Le profit et la monnaie:

L’autre situation dans laquelle le profit joue mal son r?le dans l’allocation du capital est lorsque la monnaie est manipul?e. Lorsque la banque centrale et le syst?me bancaire cr?ent de la monnaie ? partir de rien en quantit? suffisante pour influencer les taux d’int?r?t et les prix, cela a?comme impact d’artificiellement augmenter les profits et m?ne ? de mauvais investissements (voir l’ABCT).?Durant la r?cession qui suit ces ?pisodes, le nettoyage de ces mauvais investissements est un processus p?nible pour ceux qui sont touch?s et perdent leur emploi. C’est pourquoi une monnaie libre de toute manipulation et un syst?me bancaire sain sont des ingr?dients essentiels d’une ?conomie comp?titive et soutenable.

Conclusion:

Les r?gimes communistes nous ont donn? une bonne vision de ce qu’il arrive lorsqu’il n’y pas de profit.?Absence d’innovation,?manque d’investissement,?gaspillage de ressources,?co?ts exhorbitants,?p?nuries,?produits de mauvaise qualit? qui ne r?pondent pas aux besoins de la population; telles sont les cons?quences d?sastreuses de l’absence de profit dans une ?conomie. Il faut cesser de bl?mer les entreprises qui font du profit et plut?t ?liminer les barri?res ? la concurrence de fa?on ? ce que ces profits aient l’effet escompt?; c’est-?-dire d’augmenter notre niveau de vie.

Annexe:

Ce petit article de ?ric Grenier paru sur Cano? est un excellent exemple de la confusion et de l’indignation indue qui r?gnent face au profit.

« le l?gendaire Jim Rogers, se r?jouit de ses placements dans le monde agricole. Because? La famine guette le monde! Je le cite tel que rapport? par ma distingu?e coll?gue aux Affaires, Diane B?rard: ?Il n’y a pas assez de nourriture pour tous les habitants de la plan?te, alors tout ce qui est li? ? ce secteur – fertilisants, machinerie, aliments – se transformera en or.? Cynique, dites-vous? »

La r?alit? est que nous devrions plut?t applaudir les investisseurs comme Jim Rogers qui recherchent le profit, puisque leur capital sera investi dans la capacit? de production agricole, ce qui contribuera ? produire la nourriture n?cessaire ? contrer la famine. Il est peut-?tre cynique de penser ainsi, mais c’est le r?sultat qui compte.

Minarchiste

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  1. avatar

    @Minarchiste

    Je vous recommande fortement la lecture du livre L’Empire de la honte, de Jean Zeigler dont voici un extrait:

    Les maîtres de l’Empire de la honte organisent sciemment la rareté. Et celle-ci obéit à la logique de la maximalisation du profit. Le prix d’un bien dépend de sa rareté. Plus un bien est rare, plus son prix est élevé. L’abondance et la gratuité sont les cauchemars des cosmocrates qui consacrent des efforts surhumains à en conjurer la perspective. Seule la rareté garantit le profit. Organisons-la !
    Les cosmocrates ont notamment horreur de la gratuité qu’autorise la nature. Ils y voient une concurrence déloyale, insupportable. Les brevets sur le vivant, les plantes et les animaux génétiquement modifiés, la privatisation des sources d’eau doivent mettre fin à cette intolérable facilité. (…)
    Organiser la rareté des services, des capitaux et des biens est, dans ces conditions, l’activité prioritaire des maîtres de l’empire de la honte. Mais cette rareté organisée détruit chaque année la vie de millions d’hommes, d’enfants et de femmes sur terre.

  2. avatar

    @Denis Gélinas

    En effet, créer de la rareté artificielle est exactement ce que les brevets et la propriété intellectuelle en général font.

    Ceux-ci restreignent la concurrence et, comme je le mentionne dans le billet, la concurrence est ce qui met les profits au service de la population plutôt que des intérêts corporatistes.

    Je vous recommande mes deux petits essais sur le sujet:

    http://minarchiste.wordpress.com/2010/03/08/de-la-propriete-intellectuelle/

    http://minarchiste.wordpress.com/2010/03/17/de-la-propriete-intellectuelle-partie-2/

  3. avatar

    Pas de brevets, pas de propriété intellectuelle. Qui rémunère et donc motive le créateur, le chercheur ? J’ai proposé déjà une solution a ce problème, mais c’est la votre, ici, qu’il serait intéressant de connaître.

    VOTRE solution. Pour payer l’écrivain ou le musicien, quand tout ce qu’il fait peut être copié ? Pour que le pharmacien ou le chimiste investisse dans la recherche de la cure qui sauvera des vies… mais qu’il lui faudra travailler toute une vie pour trouver ?

    Pierre JC Allard

  4. avatar

    Musiciens?
    Les artistes les plus piratés sont les Bonos et Lady gaga de ce monde. Ils n’ont même pas besoins de vendre de CDs pour être multi-millionnaires. Il y a d’autres façons de s’enrichir qu’en vendant des disques, ce serait aux musiciens de les exploiter. La plupart des chansons sont maintenant disponibles gratuitement sur l’internet grâce aux logiciels P2P. Il me semble que cela n’a pas stoppé la création musicale. Et que dire des compositeurs tels que Bach et Tchaïkovski, qui ont incorporé les compositions d’autres artistes dans leurs œuvres. Ce genre d’appropriation a longtemps fait partie du processus de création artistique.

    Écrivains? Avez-vous lu l’exemple de Tolkien dans le billet auquel je fais référence plus haut? Les livres qui sont le plus piratés sont les Harry Potter…je ne pense pas que cela nuise à J.K. Rowlings. L’internet est une autre preuve que tout cela peut fonctionner. Il est pratiquement impossible de faire respecter les droits d’auteurs sur le web, ça ne freine pourtant pas le contenu. Le contenu gratuit sur l’internet est abondant, ce qui le rend accessible. Cette grande accessibilité agit comme motivation à la production de contenu.

    Recherche médicale?
    La majorité débute dans les universités et le reste est fait par Big Pharma. L’essor des médicaments génériques n’a pas freiné l’ardeur des compagnies pharmaceutiques à développer de nouveaux médicaments (l’a peut-être même accéléré…). En fait, l’inefficacité, la lourdeur et la lenteur du système gouvernemental d’approbation des médicaments (FDA) est une bien plus grande source de maux de tête pour ces entreprises.

    De plus, il y aurait plus d’argent pour la R&D si les entreprises dépensaient moins en frais judiciaire pour l’enregistrement et la défense de leurs brevets.

    Le même raisonnement s’applique à l’ensemble des industries. En absence de propriété intellectuelle, les entreprises devraient sans cesse innover pour garder une longueur d’avance sur la compétition. Dans certains cas, certaines entreprises achètent des brevets pour éviter que certaines innovations arrivent sur le marché. Durant près de 20 ans suite à ses débuts en 1875, l’entreprise AT&T a acquis tous les brevets imaginables de façon à conserver son hégémonie sur le téléphone, ce qui a retardé l’introduction de la radio de plusieurs années. De son côté, General Electric a, grâce à son contrôle de brevets, retardé la commercialisation des lumières fluorescentes, qui représentaient une menace pour les lumières incandescentes. Les brevets peuvent donc freiner l’innovation en permettant aux entreprises contrôlant le marché de maintenir le statu quo.

    De plus, les brevets peuvent nuire à l’innovation parce qu’ils obligent les entreprises à révéler leurs secrets. Par exemple, si Coca-Cola ne fait pas breveter sa recette et la garde secrète et qu’un compétiteur la découvre par hasard en faisant du reverse engineering, et que ce compétiteur fait breveter la recette, Coca-Cola ne pourrait plus utiliser sa propre recette! N’est-ce pas ridicule?

    Certes, le profit potentiel de toutes ces industries (musique, livres, médicaments, etc) serait amoindrit par l’absence de propriété intellectuelle, mais ils seraient quand même là pour justifier l’innovation. Là où il y a du profit potentiel, il y des entreprises pour le réaliser.