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Libert?, Egalit?, Fraternit

?crire des articles est d?stressant, ?a permet de r?pondre aux nombreux illicismes qu’on peut rencontrer autant que soutenir et appuyer les quelques notes d’espoir qu’on d?niche de temps en temps.

Comme dans un laboratoire on s’amuse ? avoir de nouvelles id?es et ? tenter des exp?rimentations, et parfois comme sur un tr?ne royal o? la place de Roi serait parfaitement justifi?e, on critique l’existant et on exprime ses souhaits sans retenue.

Pas mal de gens ne croient pas qu’il soit utile de ??changer de syst?me??, ce th?me est tellement vaste et compliqu?, que de leur tr?ne ? eux ils disent ??ne vous emb?tez pas comme ?a?! Il y a des solutions plus simples?!?? et en effet des fois on peut aussi, au lieu de tout critiquer, utiliser ? bon escient moyens existants d’une fa?on honorable voire m?me, dans l’esprit qui les a fait na?tre.

Mais voil? finalement ?a rime toujours avec un retour en arri?re sur un chemin ?volutif qui conduit ? une impasse, sans r?elle vision de l’embranchement qu’il ne fallait pas prendre.

Le retour en arri?re qu’il faut occasionner appartient ? un champ immat?riel, s?mantique, organisationnel, il n’est pas question d’involuer pour autant. C’est juste que le mur devant nous est une haute marche qu’il faut franchir, pour ne pas ?tre condamn? ? errer dans les limbes.

Pr?cis?ment l’impasse syst?mique dans laquelle on se trouve s’exprime par une involution, la plupart des gens vivent de plus en plus comme dans les ann?es 50 du si?cle d’avant, en utilisant le Syst?me D, linge qui pend entre les immeubles pour s?cher, lav? ? la main, toilettes collectives, infiltrations d’eaux qui ont gagn? la bataille, (etc…)

Alors qu’on r?ve plut?t de b?timents spacieux, sur piloris avec des parcs en-dessous, un grand espace circulaire au centre o? la lumi?re passe et les enfants peuvent jouer, les gens se rencontrer, de grandes baies vitr?es dans les appartements qui donnent sur des balcons ensoleill?s, qui produit sa propre ?nergie et qui ne co?te rien, des jardins potagers et botaniques sur le toit o? on aime se promener au printemps, et des passerelles pour se balader d’un immeuble ? l’autre en v?lo, en roller ou ? pieds, et une voiture ?lectrique qui attend au garage, silencieuse comme le vent. Ce serait cool.

M?me pas un coup de klaxon dans la rue, les transports en commun sont des petits trams ? toit ouvrable, des tapis roulants sur les grands axes, les rues sont principalement pi?tonnes, les voies cyclables, des parcs publics plein de verdure tous les kilom?tres, des arbres tout au long des routes, et les livraisons, transports de biens et de d?chets circulent dans un r?seau de tunnels souterrains pneumatiques g?r?s par informatique.

A la maison on commande des produits sur le net, ils sont livr?s dans les dix minutes par ces tubes et on en prend livraison au rez-de chauss?e de l’immeuble, qui est lieu public o? on peut s’asseoir sur un banc et lire des bouquins ou ?couter de la musique, t?l?charg?e librement autant qu’on veut, sans inqui?tude et sans stress.

Tout cela implique ?norm?ment de dispositions et de r?gissements, c’est le fruit de tout un syst?me. C’est le fait qu’un tel syst?me puisse exister qui fait r?ver, ? travers ses effets.
Ce serait un monde o? on ne culpabiliserait pas de profiter de la vie au d?triment de ceux ? qui on aurait vol? tout ?a, en essayant d’oublier que d’autres meurent de faim.

Parce que l?, le produit du syst?me actuel, que certains voudraient se contenter de r?parer comme s’il n’y avait que deux ou trois petits d?fauts dans une belle m?canique, c’est de se faire arnaquer d?s qu’on sort de chez, ne pas stationner, ne pas fl?ner, les bancs publics sont habit?s par les clochards, les sols sont jonch?s de merde de chiens (parce que personne n’a jamais pr?vu que les chiens pouvaient exister) les arbres encastr?s de grillages individuels, la lumi?re est pomp?e par le b?ton, les voitures se croient prioritaires sur les pi?tons (alors que selon la loi ce n’est pas le cas), le camion poubelle de 170 d?cibels passe deux fois par jour, toujours au moment o? on essaie d’?couter la t?l?, ou des vieux feuilletons quasiment du domaine public sont rediffus?s pour la huit centi?me fois, entrecoup?s d’annonces marchandes tambourinantes qui font culpabiliser 90% des auditeurs de ne pas ?tre concern?s.

On devine tr?s bien le syst?me qui engendre le fait qu’aux States, si on n’a pas d’argent sur soi on est enferm? pour vagabondage, tandis que si on en a trop on est enferm?s pour suspicion de terrorisme?: c’est un non-syst?me, une non-organisation, une non-rationalit??; Tout s’obtient par la force, et les r?gles s’empilent les unes sur les autres depuis l’?re pr?historique, par s?dimentation, sans trop savoir o? ?a va, sans vision d’ensemble, au gr? des caprices de ceux qui prennent le pouvoir temporairement, au d?triment de tous ceux qui viendront apr?s, en esp?rant ainsi leur donner envie d’?tre encore plus forts et plus brutaux.

Par contre quand on va dans les immeubles des grandes entreprises, alors l? c’est spacieux, le parquet est brillant comme dans les pubs pour les d?tergeants, le mobilier est neuf et rang? au carr? comme dans les d?pliants, les portes s’ouvrent automatiquement, les ascenseurs sont vifs et suaves, (le mien met dix huit secondes ? d?marrer et autant ? s’arr?ter) les v?tements des gens sont tout droit sortis de l’usine et leurs chaussures luisantes ? force d’?tre l?ch?es par leurs subordonn?s, et au pire il y a un journal du jour qui tra?ne et qu’un robot va vite s’empresser d’aller mettre ? la corbeille, qui elle-m?me est toute neuve.

Et d?s qu’on sort de l?, mieux vaut rester dans sa voiture de luxe du mod?le de l’ann?e en cours et ouvrir le portail du pavillon avec la t?l?commande pour vite rentrer chez soi, o? un domestique a astiqu? toutes les surfaces et pr?par? un repas cuisin? avec des vrais aliments normaux, parfaitement biologiques et sains.

Pour eux ?videmment il n’y a pas de probl?me.
Le syst?me est tr?s bien et si il y a des petits trucs ? changer, par pure g?n?rosit? ils veulent bien s’en inqui?ter l?g?rement, car ce ne sont pas des sauvages non plus.

A l’entr?e des ?coles il y a marqu? ??Libert?, Egalit?, Fraternit? c’est peut-?tre le seul endroit o? transpire l’id?e d’un syst?me non injuste?; seuls les solitaires prennent le temps de le lire.

Fraternit? est un th?me int?ressant.

La libert? on l’a, on ne l’a pas si on est en prison, on ne mesure pas celle qu’on a d?j? et on n’a pas l’impression d’en ?tre priv?s si on se trouv?s forc?s ? faire ce qu’on ne veut pas, comme quand on va travailler chez des gens qui vous demandent de manger dehors (et on se retrouve assis sur des escaliers en hiver ? manger un sandwich achet? ? grands frais ? la boulangerie), vous interdisent de ne pas manger au cas o? on aurait souhait? raccourcir la journ?e, imposent des horaires classiques et sont hyper-radins ? la minute pr?s le matin, et vous reproche de l’?tre quand vous partez ? l’heure le soir.
La libert??? Celle de pouvoir acheter tout ce qu’on veut sans se soucier de rien, en confiant aux soins du hasard le choix des boutiques, de se balader librement dans un centre commercial en se disant qu’on peut entrer dans n’importe quelle boutique la t?te haute.
Le sentiment de libert?, l’aisance, le fait de pouvoir patauger dans des flaques sans se soucier de la dur?e de vie de nos chaussures, toutes ces libert?s sont celles du commerce, c’est une libert? conditionn?e au pouvoir d’achat.
Mais si tu veux faire un truc nouveau, ?trange, original, alors l? d?j? la libert? commence ? s’estomper rapidement.

L’?galit? est un th?me un peu us?, on estime qu’on est tous ?gaux et tant qu’on croit cela, on est en paix, et y croire peut tr?s bien l’emporter all?grement sur des faits pourtant flagrants, alors que ne pas y croire peut tout faire voir en noir, y compris quand il n’y a pas de raisons.
Quand une in?galit? est av?r?e, le plus souvent on ne peut rien y faire, ni ? petite ?chelle (o? on butte sur les r?calcitrances conformistes emplies de principes indicibles), et encore moins ? grande ?chelle (o? on attend d’y ?tre forc?s pour changer les choses, sans quoi on donnerait l’impression de faire n’importe quoi).

La fraternit? est un th?me tr?s int?ressant.
Le second demi-cercle qui peut compl?ter l’id?e d’un revenu ?quitable pour tous, ?chelonn? de un ? dix, ou vingt, ou cinquante (on m’a dit que c’est L?nine qui a eu cette id?e), sous-tend l’id?e que l’activit? humaine est orient?e, le plus naturellement du monde, vers le d?sir de service, d’?tre utile, d’agir positivement, d’?tre ??actif??, pro-actif, efficace, agr?able, et ensuite peut-?tre m?me r?compens? socialement pour les bonnes actions qu’on aurait commises, mais ?a normalement le vrai h?ros n’est pas motiv? par cela.

Quand on parle d’un Revenu de Vie, on y oppose l’insulte selon laquelle ?a pousserait les gens ? ne rien faire (ce qui prouve la profondeur de la m?connaissance de l’esp?ce humaine, ce qui est relativement effrayant), mais en r?alit? c’est le compl?ment naturel de la fraternit?.
Bien s?r on soup?onne le d?sir d’un revenu de vie de pouvoir obtenir la libert? d’acheter sans compter (parce que sachez que nous, les 99%, on est devenus tr?s bons en calcul mental?! A l’?picerie j’ach?te toujours entre 20 et 25 euros, ultime maximum 30 euros, mais l? je suis f?ch? et je fais gr?ve de la faim deux jours de plus), mais surtout c’est la manifestation du d?sir inconscient de pouvoir agir en toute fraternit?, et de ne rencontrer autour d’eux que des gens en qui on aurait confiance, et dont on saurait par avance qu’eux aussi, sont dans cet ?tat d’esprit.

Dans une soci?t? de la propri?t? priv?e o? quoi qu’on fasse, les seuls ? en profiter sont des int?r?ts priv?s, desquels il faudrait pr?lever quelques imp?ts pour qu’ils servent les int?r?ts collectifs, les biens publics, selon toute ?vidence les gens devraient toujours ?tre contents de payer leurs imp?ts, ?tant donn? qu’ils en verraient chaque jour l’int?r?t, en profitant de nombreux biens et services gratuits, tels que la culture, l’informatique, sans compter l’?ducation, la sant?, les transports en commun, l’infrastructure, et dix millions de petites choses qui rendent la vie plus facile.

Il y a que d’un c?t? on s’y habitue au point de ne plus les voir, et de l’autre, l? o? on s’attend ? les trouver, ils n’y sont pas. Comme par exemple ces autoroutes qui ?taient sens?e ?tre payantes au d?but puis gratuites une fois rembours?es.

Les ?tats r?coltent la dime pour la mettre au service des industries notamment en provoquant des guerres et en propageant la pauvret? et la mis?re pour induire une baisse des salaires, permettre des conditions de travail moins on?reuses, et se servent de ce que les imp?ts soient mal utilis?s pour justifier ? la fois le d?go?t d’avoir ? les payer, et en m?me temps la privatisation de toute ce qui, normalement, devait revenir ? une gestion collective.

Pendant des ann?es, les trente premi?re de ma vie en tous cas, j’ai entendu les gens dire du mal des services publics, qui sont pauvres, inhumainement hyper-rigides, stupides, aberrants, lents, inefficace, paresseux, parce qu’ils ont un salaire assur? ils n’en n’ont plus rien ? foutre du reste, ils quittent le boulot ? quinze heures trente, et le mot ??administration?? est synonyme d’une sorte d’absurdit? dantesque, insondable, irr?cup?rable, statique, tatillonne, et o? finalement personne n’est au courant de rien, et notamment il faudra attendre l’an deux-mille cinq cent pour qu’y apparaisse l’informatique.
Il y en plein qui pensent ?a.
C’est pas faux concernant l’informatique mais bon.

Anecdote?: un jour un de ces clochards s’en prenait ? une fonctionnaire ? la CAF, il y avait dix personnes avant moi au d?but, et une seule personne au guichet.
Le gars tournait en rond dans sa t?te et s’en prenait ? la guicheti?re en lui rab?chant les clich?s sur l’Administration datant de l’?poque de Dallas, quand le crimino-capitalisme aux dents ac?r?es ?tait un terme de la s?duction et de la ??r?ussite??. Il y en a encore pas mal comme ?a, sortis des ?coles de commerce. Le gars il est presque ? la rue et exprime sans honte les pens?es les plus d?lirantes des riches et des puissants.
Au bout de vingt-cinq minutes la salle ?tait remplie comme dans un concert, et deux personnes de plus sont venues au guichet. Je peux vous dire que les gens ont vite manifest? leur soutient ? la guicheti?re. Elle gardait un calme olympien alors que le gars ordonnait qu’on lui ordonne quoi faire, sans arr?t, en boucle.

Le syst?me social fran?ais, on ne peut en dire que du mal, parce que dans la plupart des cas il n’y a aucun mal ? en dire, c’est presque la fiert? de la France?! Le syst?me social nous sauve la vie quand on est au fond du trou. C’est lui qu’il faut sauver, c’est ? le rendre meilleur et augmenter sa prot?e et son efficacit? que rime le d?sir d’un monde meilleur.
Eux-m?mes souvent ne le savent pas, pourtant bient?t ils se feront tous virer, et la rue viendra les soutenir. Eux-m?mes des fois se croient du c?t? de l’?tat face au peuple, mais c’est de plus en plus rare quand m?me.

Bon, ceci pour dire que le terme de la fraternit? n’arrive plus ? s’exprimer car finalement, le d?sir de bien faire et de servir, revient presque directement au d?sir de profiter ? des int?r?ts priv?s dont le seul effet est de chier sur les gens.

J’ai vu un flic, un douanier, ? qui on demandait de courser les contrefa?ons. D?j? ?a me paraissait hallucinant qu’on leur donne des directives, et qu’ils ne se vexent pas en r?pondant qu’ils connaissent leur m?tier, alors pourtant qu’il est ?vident qu’il vaudrait mieux, quelle que soit la discipline, s’int?resser en priorit? aux affaires les plus graves. Mais non, sous Sarko, c’est la contrefa?on, y compris des petits gars qui vendent des lunettes en plastique sur la plage. Personne ne se demande si par exemple ces contre-fa?on ne sont pas pilot?es par les vraies entreprises, puisque pour elles il n’y a pas de petits profits, surtout qu’une paire de shoes ?a coute trente trois centimes ? fabriquer.
Et le mec on lui demande ??mais vous travaillez pour les industries finalement??, il r?pond ??oui bien s?r, on d?pend du minist?re du commerce et de l’industrie??. Et le mec il est content. Il aime bien l’id?e que les bombes ?corchent les familles et ?ventre les enfants dans le seul but de permettre aux industries de faire du profit, dont lui-m?me ne profitera jamais.
Comme si on ?tait dans Dallas, comme si le flic, en agissant pour les entreprises, agissait au final pour les peuples, sans aucune conscience de la rupture qu’il y a entre les deux.

Il devrait peut-?tre m?me s’?tonner du besoin qu’on les industries de faire de la?pub de bonne conscience, de v?ritables professions de foi sur l’honneur, de vouloir « aider et servir le peuple », et de « s’int?resser ? leur bien-?tre ». Oui parce que sinon, vous comprenez, « personne d’autre ne le fera ». M?me pas les ?tats, puisqu’ils ont ?t? d?pouill?s de tous moyens d’action, puisqu’ils ?taient trop occup?s ? ramasser les miettes de richesses qui d?bordent des poches de ces industries.

Quel monde de connards quand m?me.

Et donc, ce texte est guid? par la fascinante question du contexte qui produit les effets, ces fameux effets que auxquels les stupides s’attaquent, en interdisant de dire des choses, de porter des v?tements, de pas avoir trop ceci ou cela, forcer les gens ? ?tre de bons citoyens, dans le cadre mouvant d’une soci?t? en plein d?lire. Il faudrait aussi forcer les gens ? ?tre fraternels et empli de bonne volont?, parce que ?a manque cruellement, ?tant donn? que l’arnaque est partout.

Comme je l’ai rapidement dit, ? l’?chelle individuelle c’est d?j? difficile de faire changer les choses ? moins d’avoir la chance de tomber sur des gens qui s’en tiennent ? des vieux principes d’entraide et de compr?hension, et ? grande ?chelle, c’est carr?ment impossible que quoi que ce soit ne change, du moins librement, tant qu’un ordre divin ou un d?terminisme infranchissable ne tombe avec force, ce que pr?cis?ment les industriels savent faire, car leur argument-massue, c’est leur puissance, c’est ? dire la somme consid?rable de miettes dont ils saupoudrent leurs serviteurs.

Arriver l?-dedans avec un principe ?thique ou moral fera bien rire. Un couteau sous la gorge est plus efficace, l? au moins on est pris au s?rieux.

Quand j’explique, tel un zozo tout seul au monde, en passant pour un fou, en ?tant anticonformiste ? l’extr?me, que c’est au principe du commerce qu’il faut s’en prendre, et quand je constate la cruaut? du monde qui ne s’est pas encore rendu compte que c’est cela le vrai et seul probl?me, l’unique bouton sur lequel appuyer pour tout r?gler d’un coup, puisque tout en d?coule logiquement ensuite, oui c’est vrai, c’est un peu pour se d?fouler, pour r?parer des souffrances, pour servir, pour mettre en application ma fraternit?, pour parler d’?galit?, et m’octroyant cette libert?.

Parce que la fraternit?, ?a se met en pratique, l’?galit?, ?a se d?sir, et la libert?, ?a se prend.

http://philum.info/63691

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