Liberté

Qu’est-ce que la liberté réellement?

La liberté n’a rien à voir avec les lois, les règles ou règlements; tout simplement parce que ceux-ci s’adressent à la manière « d’agir » tandis que la liberté est une manière « d’être ».

Alors comment défendre la liberté individuelle?

Au départ pour la défendre il faut absolument l’identifier. Donc qu’est-ce que la liberté d’un individu?

En philosophie, en sociologie, en droit et en politique, la liberté marque l’aptitude des individus à exercer leur volonté. Autrement dit la liberté est de vivre comme on le veut.

C’est donc dire que la liberté est l’absence de soumission, de servitude, de contrainte, qu’elles soient exercées par d’autres individus ou par la société (c’est-à-dire par la Loi). De ce fait, la liberté d’un individu se doit d’être totale et cette même totalité de liberté s’applique pour chacun des individus sans aucune borne.

Conséquemment, dire que la liberté d’un individu s’arrête là où la liberté de l’autre commence est une vision « bornée » de la liberté. La réalité est que tous les individus bénéficient de la même liberté totale.

Certains diront que cette vision est « philosophique » et n’a pas sa place dans la réalité sociale de tous les jours. Le concept de liberté est effectivement « philosophique », cela est indéniable; par contre, le défi de la société est de, justement, la rendre applicable dans cette société.

Évidemment la première réaction pour rendre applicable la liberté individuelle dans une société est d’établir des lois que personne n’a le droit d’enfreindre. Autrement dit : de « borner » cette liberté. Mais il est bien évident qu’aussitôt bornée, il n’est plus question de liberté puisque, de par définition, la liberté est sans bornes.

La question devient alors : Comment établir la liberté dans une société, sans lui établir de bornes?

La solution devient assez facile lorsqu’on détermine à quoi sert la liberté individuelle. Pourquoi devons-nous garder la liberté intacte pour chacun des individus?

La réponse de base évidente est : Pour permettre à chacun des individus d’avoir accès à ce qui lui permettra de survivre, lui et sa famille; car le seul but fondamental de tout individu est de « survivre ».

Plaçons-nous donc dans la peau d’un seul individu qui se doit de survivre. Il est seul et est complètement libre de faire ce qu’il veut pour survivre. Il peut cueillir sa nourriture comme il le veut ou il peut la chasser tout autant comme il le veut. Il peut s’abriter des intempéries selon son désir et peut se faire des vêtements pour se protéger du climat selon ses goûts. Sa liberté individuelle est complète et sans limites.

Par contre, le travail nécessaire à subvenir à tous ces besoins devient rapidement accablant. D’autant plus que si on ajoute les dangers venant des prédateurs qui l’entourent, plus les dangers de maladies et de blessures etc, sa survie est plus que douteuse.

Supposons que notre individu, qui est toujours seul, préfère la chasse à la cueillette et parvient, de ce fait, à développer les aptitudes d’un excellent chasseur, ce qui lui permet d’obtenir autant de gibier qu’il le veut.

Supposons également qu’à quelques kilomètre de chez lui, un autre individu fait également tout ce qu’il veut pour « survivre », avec la même liberté que notre premier individu. Mais ce deuxième individu, lui, ce qu’il préfère est de se fabriquer les meilleurs vêtements pour s’assurer d’être protégé le mieux possible du climat.

Ceci établi, imaginons qu’un jour nos deux individus se rencontrent dans la forêt. Le chasseur porte sur son dos une antilope qu’il vient de tuer et le « tailleur », qui n’a pas réussi à attraper de gibier, doit se contenter de manger quelques baies qu’il dégote ici et là. Ce dernier aperçoit l’antilope sur le dos du premier qui, lui, est étonné de la qualité des vêtements porté par le cueilleur de baies.

-C’est toi qui a tué ce bel antilope? demande ce dernier.

-Évidemment! répond le premier. Il n’est pas apparu tout seul sur mon épaule. Mais dis-donc; c’est toi qui a fabriquer les vêtements que tu portes?

-Qu’est-ce que tu penses, répondit celui-ci. Ce genre de vêtements ne pousse pas dans les arbres.

-J’admire ta dextérité pour fabriquer des vêtements. Ils sont vraiment remarquables.

-Merci! Personnellement, j’admire tes aptitudes pour la chasse; je n’ai pas mangé de viande depuis assez longtemps.

-Je suis prêt à te fournir de la viande si tu acceptes de me fabriquer des vêtements aussi efficaces que les tiens.

-Il me faut du temps pour fabriquer de tels vêtements. Acceptes-tu de me fournir en nourriture durant la durée de fabrication?

-Je te fournirai en viande mais ne me demande pas d’aller te cueillir des baies; je déteste ça et je ne le ferai pas.

-D’accord; je me contenterai de ta viande; mais je n’aurai pas le temps de cueillir assez de baies pour les partager; tu te débrouilleras pour cueillir celles qu’il te faut.

-Pas de problème, c’est ce que je fais actuellement. Donc on est d’accord?

-Parfaitement. Mais nous devrions rapprocher nos « logis » l’un de l’autre pour perdre moins de temps pour nos échanges.

-Si tu veux t’installer près de chez moi, je te donnerai un coup de main pour construire ton abri,  tu n’as pas à subir seul l’inconvénient produit par notre association.

-Content de constater que tu es un homme équitable. C’est d’accord je m’installe près de chez toi. Je dois cependant t’avertir que je ne suis pas seul; j’ai une compagne qui vit avec moi.

-Qu’est-ce que tu veux que cela me fasse; j’ai ma propre compagne. D’ailleurs c’est elle qui fait la cueillette pour notre couple.

-Ma compagne est surtout remarquable pour sa façon d’apprêter la nourriture. Je te ferai goûter; je suis certain que tu apprécieras.

-On verra bien. Remarque que notre association aura un avantage supplémentaire. C’est celui d’augmenter notre sécurité face aux prédateurs, puisque nous serons deux au lieu de tout seul pour nous défendre.

-Tu as raison; je n’y avais pas songé. Allons indique-moi où tu habites et je vais chercher mes choses.

Nul besoin de continuer la description d’association d’individus pour former une société, le processus est très facile à comprendre. Les individus s’associent pour augmenter leur sécurité individuelle et pour augmenter leur chance de survie. Mais ce qui est remarquable dans ce développement d’une société est que chacun des individus possède une aptitude différente de celle de l’autre, respectée et admirée par tous pour chacun d’eux.

On constate également que la liberté totale de chacun des individus n’a pas du tout été « bornée » par le résultat de cette association. Il n’est donc pas indispensable de faire des lois pour limiter la liberté individuelle. L’admiration et la reconnaissance (l’admission) des aptitudes individuelles suffit à garder la liberté totale de chacun.

Convenons que cette admiration des aptitudes de chacun nous mène directement au développement du respect des uns envers les autres; autrement dit : le respect des différences. Pour bien le comprendre, il nous faut maintenant définir avec exactitude le concept du mot « respect ».

Certains défendent l’opinion que le respect est ce qui est dévolu à celui qui affirme une supériorité sur les autres. Cette opinion est valable mais manque quelque peu de précision et peut porter à confusion.

La supériorité dont on parle ici, on l’a constatée, plus haut, chez chacun des individus en causes. Chacun possède donc une aptitude supérieure aux aptitudes des autres. Conséquemment, chacun des individus mérite le respect de tous les autres. Il n’y a aucun individu du groupe qui mérite plus de respect qu’un autre, puisque l’aptitude spéciale de chacun est indispensable à la survie de tout le groupe. En ce sens, l’individu le plus fort physiquement de tout le groupe n’a pas droit à plus de respect que le plus faible qui a le don de fabriquer des bols de terre cuite tellement utiles et esthétiques.

Si, par contre, l’individu le plus fort physiquement exige une suprématie sur les plus faibles, cet individu manifeste ainsi son manque de respect envers chacun des membres du groupe en se permettant de diminuer le respect envers les autres, pour se l’approprier. Il est évident que si le respect exigé par la force est accordé, il n’est plus, du tout, question de « respect » mais bien d’intimidation par la « peur ». La peur n’a rien à voir avec le respect. Avoir peur de quelqu’un n’est pas de le respecter; loin de là. Ni celui qui provoque cette peur, ni celui qui la subit en l’acceptant, ne sont respectables. Il est important de la comprendre.

Le concept du  respect est donc une question de pure logique que peut développer l’éducation chez des personnes un moindrement intelligentes; les imbéciles ne peuvent , malheureusement, y avoir accès. Par contre, l’individu a la liberté totale d’adhérer à un groupe intelligent ou un groupe d’imbéciles. Le choix reste toujours  inconditionnel. D’où l’importance d’une information précise, exacte, libérée d’émotivité et de parti pris.

André Lefebvre

 

Auteur de:

L’Histoire… de l’univers

Les Hommes d’avant le Déluge (Trilogie – Tome 1:  La Science Secrète)

Les Hommes d’avant le Déluge (Trilogie – Tome 2: Le Mystère Sumérien

Le tout dernier livre, paru en novembre 2016 (version gratuite):

Histoire de ma nation

 

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