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Lever le mystère Macron

Cet homme, venu de nulle part, qui marche vers on ne sait quelle direction, et qui ratisse large dans le paysage politique, aussi bien à gauche, auprès de ceux qui ont perdu contre Hamon, qu’à droite auprès de ceux qui ne croient plus à la victoire de Fillon, mérite un autre éclairage.

Christiane Taubira a été l’une des premières à comprendre qui il était… « Macron n’est qu’un pur produit du système ». lien

2 philosophes viennent à leur tour de tenter de décrypter le phénomène Macron, Marcel Gauchet et Michel Onfray.

Onfray explique que « Macron bénéficie du fameux « instant propice » des Grecs. Il est là au bon moment. Hollande, Sarközi, Fillon étant tombés, il se retrouvera probablement face à Marine Le Pen. C’est une situation royale pour lui  ».

Pour Marcel Gauchet « Macron est l’un de ces homme politiques qui se nourrissent d’une situation, d’une conjoncture, bien plus qu’ils ne la créent. Macron est indéfinissable et se veut tel (…) Macron serait plutôt un Jean Lecanuet qui aurait coiffé le képi du Général  » (De Gaulle. ndlr) lien

Mais un internaute est allé plus loin, et a décrypté en détail la nature, le parcours et les stratégies du candidat « d’en marche ».

Il a lancé sa chaîne you tube, intitulée « trouble fait »

L’internaute espiègle et investigateur s’est d’abord penché sur la carrière de Macron, laquelle n’est finalement pas si flamboyante.

Tout d’abord, Macron n’est pas normalien, comme l’explique l’hebdomadaire « Marianne  », et si d’aucuns ont pu le croire, c’est que l’intéressé faisait tout pour que ce soit le cas, expliquant à ses interlocuteurs « qu’il avait assisté à des cours à normal sup », créant ainsi une légende.

En réalité, il n’a jamais été élève dans cette école et a raté deux fois le concours d’entrée.

Donnons la parole à Marc Endeweld, qui dans son livre récent « l’ambigu Monsieur Macron  » détaille comment l’intéressé à « arrangé son cv  », notamment sur son passage à l’ENS, concours qu’il a en réalité échoué.

Il raconte aussi l’époque où le jeune Macron a estimé que l’échec de Jospin était du à l’incapacité de la gauche à tenir un discours de fermeté sur les questions de sécurité, et avait à ce moment rejoint le mouvement de Jean-Pierre Chevènement. lien

Regardons maintenant de plus près son parcours professionnel.

Lors de son passage à l’IGF (inspection générale des finances), il rencontre Jean-Pierre Jouyet qui va le prendre sous son aile.

C’est d’ailleurs ce même Jean–Pierre Jouyet qui l’avait présenté à François Hollande, en 2006, lors d’un diner.

Macron va adhérer au PS, payera sa cotisation jusqu’en 2009, et sera nommé conseiller économique de Hollande pour la campagne des primaires socialistes de 2007, ce qui amènera plus tard sa nomination de ministre…auparavant, il tentera en vain d’obtenir une investiture en Picardie, afin de devenir député, mais sera rejeté par les militants.

Durant la campagne de 2007, il va rejoindre Jean-Pierre Jouyet dans le groupe Les Gracques, groupe dans lequel on trouve pêle-mêle Daniel Cohn-Bendit, Bernard Cazeneuve, Jean-Louis Borloo, Gérard Collomb et beaucoup d’autres…lien

Pas étonnant dès lors de voir une bonne partie de ceux-ci le rejoindre plus tard pour son « en marche 2017 »

 

C’est ensuite en 2008 qu’il est engagé par Sarközi, afin de travailler dans la commission « libération de la croissance » dont Jacques Attali sera le président. lien

On va trouver dans cette commission Anne Lauvergeon, présidente d’Areva, Mario Monti, commissaire européen, Ana Palacio, vice présidente de la Banque Mondiale, Serge Weinberg, président d’Accor, et quelques autres… (une grande partie des mesures proposées seront reprises plus tard par Hollande, lors de son virage social-libéral).

Attali le choisit comme rapporteur adjoint de cette commission, ce qui a été, d’après lui, un accélérateur de sa carrière.

Les conclusions de ce rapport sont à regarder de plus près, car on les retrouve dans les propositions de Macron : baisse des cotisations sociales, instauration de fonds de pension à la française, (c’est-à-dire le début de la fin des retraites par répartition), réduction de la fiscalité qui pèse sur le secteur de la finance, suppression des départements, réduction du nombre de communes, suppression du principe de précaution…etc.

Plus tard, il va quitter l’IGF et rejoindre la banque Rothschild, sur recommandation de Jacques Attali, et d’Alain Minc lequel avait déclaré à la direction de la Banque « il faut le prendre à tout prix ».

C’est en 2010 qu’il faut découvrir un moment passionnant de son parcours, alors qu’il se propose comme conseiller bénévole auprès de la direction du Monde, journal qui connait quelques soucis.

La société des rédacteurs du journal « Le Monde » a 2 propositions, l’une du trio : Pierre Berger, Xavier Miel, Matthieu Pigasse, l’autre de Claude Perdriel, Orange, et Prisa Press, et Macron va faire un lobbying incessant pour les seconds.

Or intervient à ce moment Alain Minc, ancien président du conseil de surveillance du journal « Le Monde », et conseiller du groupe Prisa Press, et à cette occasion, Macron rencontrera Minc, et permettra la décision finale en faveur de celui-ci.

Pas étonnant dès lors qu’après avoir soutenu Sarközi, Juppé, Minc ait annoncé fin janvier qu’il soutenait Emmanuel Macron.

Alors qu’il ne paye plus sa cotisation au PS depuis 2009, Macron va soutenir la candidature de François Hollande à la primaire socialiste, avant même le naufrage de DSK, et participera de juillet à décembre 2011 au Groupe de la Rotonde, en compagnie de Philippe Aghion, Gilbert Cette, Elie Cohen, groupe de réflexion libéral, qui va envoyer tous les 15 jours des rapports au candidat Hollande, afin qu’il établisse son programme économique, rapports dans lesquels on va trouver pour la première fois le fameux « choc de compétivité », mesure qui refera surface dans le quinquennat d’Hollande, lorsqu’il prendra le virage « social-libéral », nous vendant ainsi le leurre de la « Mondialisation heureuse », et des réformes qui vont avec, avec le succès qu’on a vu, succès en forme de fiasco.

Hollande une fois élu nommera Macron secrétaire général adjoint de l’Elysée, lequel sera le fameux promoteur du CICE, soit au départ un cadeau fiscal aux entreprise de 13 milliards d’euros, répondant en partie à la demande du MEDEF qui promettait la création d’un million d’emploi en échange de 100 milliards de baisse d’impôts pour les entreprises.

A l’époque Gattaz était fier de porter un Pin’s promettant le « million d’emplois  », ce qu’il déniera par la suite : « moi je n’ai jamais promis un million d’emplois  ». lien

Pourtant en tout état de cause, et malgré l’échec de la mesure, Macron sera à l’origine du « pacte de responsabilité et de solidarité », lequel portera le CICE à 21 milliards en 2014, et augmentera tout au long du quinquennat, atteignant 41 milliards en 2017. lien

C’est aussi Macron qui convaincra Hollande de ne pas plafonner le salaire des grands patrons…en le remplaçant par « un code de bonne conduite  » rédigé par le Medef. lien

Il sera aussi accusé par des députés socialistes d’avoir permis d’abandonner le projet de séparer les banques de dépôt des banques d’investissement…

on connait la suite…

 

Après un court passage dans une université à Berlin, grâce au piston d’Alain Minc, il sera finalement Ministre de l’économie de Hollande, qu’il quittera pour ce que l’on sait aujourd’hui.

Au-delà de ce tour d’horizon de celui qui n’est « ni de gauche, ni de droite », qui clame « à quoi bon un programme », on pourrait aussi s’étonner de sa propension à calquer son discours sur celui qui a été son employeur comme on peut le découvrir dans cette vidéo.

On ne sort de l’ambigüité qu’à ses dépens déclarait le cardinal de Retz en 1677, et Macron devrait méditer cette phrase, car ces déclarations sont marquées régulièrement du sceau de l’ambiguïté.

N’a-t-il pas déclaré que « tout jeune français devrait rêver de devenir milliardaire » ?… n’a-t-il pas fustigé « la transparence complète »… ?

Il disait : «  il faut en finir avec cette classe politique qui est composé d’homme de plus de 50 ans (…) on ne peut pas faire du neuf avec du vieux  », mais accueille avec plaisir le 3èmeâge de la 5ème République. lien

Chacun évoque son coté séduisant, son charisme, et l’un de ses proches résume assez bien le personnage : « c’est comme si toute son existence n’avait qu’une fin, la conversation » comme on peut le constater dans cette courte vidéo.

Aujourd’hui le candidat n’attend plus que François Hollande vienne l’adouber, sachant qu’il le soutient déjà discrètement (lien) d’autant qu’un de ses collègues à déclaré « Hollande est pour Macron, car Macron réussit ». lien

Comme dit mon vieil ami africain : « Même avec une bonne sauce, l’argent ne se mange pas »…

L’image illustrant l’article vient de lundioumardi.wordpress

Merci aux internautes pour leur aide précieuse

Olivier Cabanel

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