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En un sens, Madame Merkel - affubl?e r?cemment de l'explicite sobriquet "Geld und Gut" et qui ne compte plus ses d?tracteurs- a raison lorsqu'elle affirme en substance que l'?chec de l'Euro serait ?galement celui de l'Union. Pour autant, elle n'admettra jamais publiquement ce dont elle est du reste pertinemment consciente, ? savoir que sa d?termination - aussi flamboyante f?t-elle - ne parviendra pas ? restaurer la confiance en l'Europe (...) - Economie /

L’Europe devra marcher ou crever !

Enessayez_de_lui_marcher_sur_le_pied-44bbf un sens, Madame Merkel – affubl?e r?cemment de l?explicite sobriquet « Geld und Gut » et qui ne compte plus ses d?tracteurs- a raison lorsqu?elle affirme en substance que l??chec de l?Euro serait ?galement celui de l?Union. Pour autant, elle n?admettra jamais publiquement ce dont elle est du reste pertinemment consciente, ? savoir que sa d?termination – aussi flamboyante f?t-elle – ne parviendra pas ? restaurer la confiance en l?Europe et, en cons?quence, ? sauver la monnaie unique ! Car l?aust?rit? qui va s?abattre sur l?Europe est en passe d?achever l?Euro … en tout cas celui que l?on conna?t depuis son lancement, donc depuis une grosse d?cennie.

Quelles motivations y aurait-il, au demeurant, ? sauver une devise qui s?enlise irr?m?diablement sous le poids des dysfonctionnements structurels de l?ensemble dont elle est cens?e ?tre la vitrine ? Et comment p?renniser une monnaie (et un taux d?int?r?t uniforme) qui repr?sentent seize ?conomies affichant de telles disparit?s fiscales et budg?taires ? L?avenir de l?Euro d?pendra ainsi int?gralement en la capacit? de ses membres ? se doter rapidement d?un organisme supranational dont le r?le sera la stricte supervision de leurs budgets respectifs avec un corollaire in?luctable qui consistera en la sortie – au moins provisoire – de certains Etats incapables de satisfaire aux exigences les plus basiques de cet organisme. Car l?avenir ? tr?s court terme et facile ? deviner de l?Europe se r?duira en un affrontement entre pays riches et pays pauvres de l?Union : Un Euro Allemand n?est-il pas en effet pas cent fois – mille fois – plus cr?dible qu?un Euro Grec ou qu?un Euro Portugais ? Sous sa forme actuelle o? ses pays ais?s et ceux dans la tourmente regardent obstin?ment dans des directions oppos?es, l?Union Europ?enne est condamn?e ? dispara?tre car l?ouvrier qualifi? Allemand de Mercedes refusera toujours de payer pour le paysan ou pour le fonctionnaire Grec !

N?est-il pas affligeant que, dans un tel contexte, Madame Merkel – qui compte parmi les rares dirigeants Europ?ens encore cr?dibles – sorte de son chapeau de magicienne l?interdiction de la vente ? d?couvert, pr?sent?e comme la panac?e pour solutionner les maux Europ?ens ? Attaquer le sp?culateur, telle est la tentative d?sesp?r?e de la Chanceli?re Allemande pour d?tourner l?attention des carences Europ?ennes qui n?ont pourtant qu?un seul et unique rem?de : l?int?gration politique totale. Pourtant, la descente aux enfers de la dette des pays d?Europe p?riph?rique est bien plus le fait de fonds de pension – donc d?investisseurs traditionnels qualifi?s de « respectables » – d??us de l?abandon de la discipline fiscale Europ?enne que d?une sp?culation effr?n?e et aveugle qui se serait attaqu?e ? une Europe vertueuse… Qu?? cela ne tienne : les responsables politiques et ?conomiques Europ?ens pr?f?rent se livrer ? des proc?s d?arri?re garde et ? des comptabilit?s d??piciers plut?t que d?avoir le cran visionnaire ! N?est-il pas tellement plus simple de c?der aux sir?nes de la d?magogie que de tirer de pr?cieux enseignements de la crise financi?re actuelle ?

Pourtant, ces technocrates sans imagination, sans souffle et sans vision du futur qui nous dirigent se rendent aujourd?hui compte – et pour la premi?re fois depuis de nombreuses ann?es – que leur opportunisme et leur couardise ne permettront plus le retour au « business as usual » car les populations Europ?ennes sont us?es et ne peuvent plus assumer le co?t de leurs d?lires. L?abolition des fronti?res nationales ?tant aujourd?hui s?rieusement remise en question par la crise financi?re et par la disparition de la croissance Europ?ennes, nos politiciens – champions de la d?r?glementation et la d?r?gulation ? outrance – devront se pr?parer tr?s rapidement ? affronter un nouveau fl?au, celui du nationalisme. En effet, la p?riode heureuse o? l?Union Europ?enne – et avec elle le monde Occidental – pouvait conjuguer d?mocratie, souverainet? nationale et commerce transfrontalier illimit? dans un seul et m?me temps pr?sent est aujourd?hui r?volue. Plus aucun responsable politique ne tol?rera la volatilit? exacerb?e des march?s sous r?serve de sanctions ?lectorales !Et quel Etat serait encore pr?t ? abandonner souverainet? nationale et d?mocratie ? l?autel de la globalisation ? Ce « trilemme » d?crit par Dani Rodrik, professeur ? Harvard, est n?anmoins le legs empoisonn? d?une Union de nations h?t?roclites persuad?es que l?hyper lib?ralisation finirait bien par insuffler une identit? commune ? ses membres…

Voil? pourquoi Madame Merkel tente aujourd?hui de calmer le jeu (et de regagner des ?lecteurs) en s?attaquant ? des ventes ? d?couvert qui ne sont pourtant qu?un ?piph?nom?ne insignifiant de la globalisation, voil? pourquoi le retour ? une certaine forme de contr?le des flux de capitaux est pr?visible, voil? pourquoi la Banque Centrale Europ?enne est tout r?cemment entr?e dans l?ar?ne en amassant des cr?ances pourries… En r?alit?, les membres de l?Union Europ?enne seront de mani?re imminente devant un choix Corn?lien : abandonner leur souverainet? nationale ou … la globalisation ! En un mot comme en cent : L?Europe doit s?int?grer plus et nettement plus au risque de se d?sint?grer et d??tre la proie des int?grismes.

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