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L’été de la désinformation (6) : l’exemple de Paulding, une histoire sans fin

En ufologie, il y a des choses qui reviennent régulièrement, quand le rédacteur stagiaire de l’été a épuisé toutes ses cartouches et qu’un plus ancien (Lovecraft dirait « un grand ancien ») lui dicte un sujet en or, puisqu’il attire à coup sûr le chaland depuis plus de 50 ans maintenant dans les magazines.  « Vas y mon vieux, ça marche à tous les coups auprès des lecteurs ce truc ». « Les gens sont candides, ptit gars ! »  Non, rassurez-vous, il ne s’agît pas de Roswell… Mais d’un événement particulier, répétitif, dont on a pourtant donné à plusieurs reprises l’explication scientifique, au cours du temps, une explication que semblent toujours vouloir  ignorer des tas de gens, surtout ceux qui, après avoir déposé une plaque commémorative, font visiter le site de l’événement .. contre espèces sonnantes et trébuchantes.  Mais il n’y a pas que les profiteurs financiers, pour refuser de voir enfin ce qui s’est passé : parmi les sceptiques éternels, il y a nos sites « conspi », toujours enclins à refuser la réalité.  Voici l’histoire des lumières de Paulding, revenues pour la énième fois cet été à la une des sites « conspis » (lire ici aussi).  Un excellent exemple de répétitivité d’inepties, malgré le fait que cela fait plus de 50 ans aujourd’hui que l’on a trouvé la seule explication possible à ce phénomène.  Pire encore : cela fait plusieurs fois en 50 ans qu’on la répète… sans être entendu par certains, accrochés à leur seule version fantasmagorique.  Le syndrome de Roswell ?

pointsLa première explication véritable à cet événement, dans l’exemple du jour, cela fait très longtemps que je l’avais lue.  Dans ma collection de Mécanique Populaire, en effet, j’avais déjà fait connaissance de ce phénomène dès 1965, mais aussi de sa tout première élucidation par un journaliste et un universitaire : aussi ai-je été fort surpris de découvrir cet été la même explication comme étant… une nouveauté !  Et encore plus surpris de trouver la même élucidation à plusieurs reprise dans le temps… A croire « qu’ils » ne veulent rien entendre ou rien retenir , ces conspirationnistes !  Bientôt, à ce rythme là, il faudra trouver des historiens de fakes, pour trier ce qui a été déjà élucidé de ce qui vient de l’être !  Logiquement ça devrait aussi atterrir bientôt chez nos champions déjà cités de la désinfo…

OVNI, fantôme ou quoi encore ?

sooklight-bookOn change en effet un peu de dérangés pour aboutir chez un autre beau candidat au pire site de l’été.  Celui-là s’appelle « ufologie-paranormal » (1) et on sent déjà rien qu’au titre que l’on va avoir de quoi rire pendant des heures (quoique, on semble plus mesuré dans ces forums).  L’indigence intellectuelle des forums est en effet très vaste.  Mais laissons donc le responsable nous raconter cette belle histoire, en octobre 2015, déjà, charpentée autour d’une vidéo qui n’en est pas à sa première mouture, comme le précise notre gars, à l’origine un américain bon teint (on l’avait diffusé en 2009, et elle date de… 2006 : « ce clip est la version non éditée du clip que j’ai présenté précédemment. Les lumières de Paulding sont également connues sous le nom « The Lights Dog Meadows » et représentent un mystère dans le Haut-Michigan depuis  plus de 40 ans. A ce jour, vous pouvez les voir quasiment toutes les nuits ! Personnellement j’ai été témoin de cette étrange lumière en février 1999, et à ma grande surprise la lumière fantôme s’est dirigée vers nous en flottant dans les airs, et ce fut exactement comme si quelqu’un portait une lanterne,  elle a commencé à se rapprocher de nous, puis elle a disparu. Il y a plusieurs légendes sur ce phénomène, par exemple, certaines disent qu’un soir, il y a quarante ans, un aiguilleur de chemin de fer et sa lanterne ont été écrasées entre deux wagons. D’autres disent que l’aiguilleur a été assassiné le long de l’ancienne voie ferrée qui longe la route ou la lumière apparaît. Une autre histoire parle d’un homme à la fin de la nuit avec une lanterne, parti à la recherche de son petit garçon perdu dans le bois. Apparemment, l’homme a été percuté par un train et son fantôme continue de chercher son fils!  Certaines personnes ont même affirmé avoir vu le fantôme flottant sur la route ! Mais peu importe ce que c’est, nous sommes toujours fascinés et effrayés en regardant cette lumière bizarre…. » Tout y est déjà, vous avez remarqué, dont l’assentiment exclusif demandé au lecteur à propos d’une explication qui ne peut qu’être fantasmagorique. La phrase clé étant « c’était exactement comme si quelqu’un portait une lanterne » une suggestion… nettement orientée. L’autre suspicion portant sur l’absence de dates à propos de l’apparition des légendes… sauf pour celle de l’aiguilleur écrabouillé par son wagon.

La Creuse locale ?

ozark-groupLe phénomène existe depuis longtemps en effet, et il possède différentes appellations, dont certaines liées aux villages alentours, tel celui de Joplin ou celui d’Hornet, de Watersmeet, ou celui de Paulding : « the « Ozark Spook Light« , « the Hornet Ghost Light », « the Joplin Ghost Light », « the Devil’s Jack-O’-Lantern », et « the Tri-State Spook Light » (il existe le même phénomène au Texas, appelé les  « Marfa lights, »ou « Marfa ghost lights ») ou encore les « Quapaw Spooklights » (c’est aussi un ancien territoire indien(2)). Ici, on est dans les Ozark Mountains, qui s’étendent sur  les états du Missouri, de l’Arkansas, de l’Oklahoma et du Kansas, et pour beaucoup les Ozark Mountains, c’est plutôt… rural et même carrément le trou du cul du pays, pour pas mal de gens, comme le suggéraient les excellents musiciens des Ozark Moutains Daredevils dans les années 70. Leur quatrième album (excellent comme les trois précédents) montrant en pochette deux spécimens de bouseux des Ozark… devant leur trio de mules. L’intitulé du disque, « Men from Earth » en disait long, déjà… En 2013, les habitant du lieu semblaient différents, mais tout aussi inquiétants. On est loin, très loin, des grandes villes US de l’ESt ou de la Californie…

Un musée de la lumière fantôme !

C’est dans ce territoire de culs-terreux ou jamais rien ne se passe que le phénomène des lumières fantômes, parfois assimilées à des « orbs » ufologiques est apparu…. un peu avant guerre, disons (les avis divergent sur le sujet : spookyon aurait noté l’apparition pour la première fois sur le papier du phénomène en 1936 dans le Kansas City Star). Pendant  la guerre, des ingénieurs de l’armée US étaient bien venus tenter d’explique le phénomène, mais ils avaient échoué, parait-il encore (mais là aussi les archives ne donnent que peu d’indications).  Cela semble avoir vraiment « décollé », comme légende, peu de temps après que des jeunes, dans les années 60 soient venus se plaindre, effrayés, au Shérif du coin d »avoir vu ces lumières fantomatiques. Peu de temps après s’ouvrait près de l’endroit où le phénomène était un « Musée de la lumière fantôme », et l’attrape-touriste devenait très vite florissant (mais pas autant que Roswell après la parution du livre de Charles Berlitz, « The Roswell Incident », en date de 1980 seulement, vite repris en France par l’ineffable Jimmy Guieu…associé à  William Milton Cooper pour rédiger la version « conspi » des extraterrestres : « Nos maîtres les extra-terrestres' » sorti en 1993).  On ne dira jamais assez encore que de Roswell on n’en a pas entendu beaucoup parler avant les années 80, en effet, « grâce » à Berlitz, ce fabricant de fakes invétéré.  Le propriétaire du « musée », une simple guérite de bois et une buvette plutôt  (on y affiche des « saucisses polonaises » et des « œufs au vinaigre »), se fait nommer « Spooky Meadows » (ici à droite)… l’homme est un commerçant malin : pour entretenir l’idée, il évoque une légende, puis une autre (2), et surtout laisse entendre que le phénomène existe depuis très longtemps « 1886 », même, selon lui.  Il raconte aussi à l’envie  « qu’il pourrait s’agir de la lanterne fantomatique agitée par un cheminot décédé tentant d’arrêter un train sur une ligne de chemin de fer aujourd’hui disparue » (dixit Wikipedia).

50 ans que je suis au courant…

sciences_mp_234Le phénomène intrigue les populations de Hornet, notamment, qui n’ont que ça comme distraction dans la région.  On y entretient des légendes, comme celle de ce couple d’indiens qui a fui la région car il n’avait pas supporté les apparitions de la lumière fantôme, ou celle d’indiens (encore) qui auraient enlevés les fils d’un mineur, qui, une fois parti avec sa lampe, ne revint jamais… C’est sa lampe qui se baladerait toute seule depuis, ou aux mains de son fantôme… du moins c’est ce que s’entend dire partout dans ce qui est désormais appelé « Spookville », et son chemin de terre appelé « Devil’s Promenade », obligatoirement.  Robert Gannon, est l’un des premiers journaliste à s’intéresser au phénomène dans les sixties.  On est en 1965 (j’avais alors 14 ans, et cela fait donc plus de 50 ans que je connais l’affaire !) quand je prends connaissance de ce sujet intriguant dans le N°234 de Mécanique Populaire, que j’achète alors tous les mois depuis 2 ans au petit kiosquier de mon village.) Je ne suis pas un néophyte de ces apparitions de lumières étranges, comme vous pouvez le voir.  Popular Mechanics, édité depuis 1958 par Hearst Corporation. la maison mère US, c’est du rationnel avant tout: aussi l’article détonne fort dans l’exemplaire, où l’on peut suivre la construction du nouveau bolide à quatre roues de Craig Breedlove, annoncé comme étant capable de faire du 1200 km: sur le lac salé de Bonneville.  Gannon, de manière très raisonnée et prosaïque se met donc en quête de résoudre ce problème d’apparition.  Tout d’abord, muni d’une bonne paire de jumelles, il constate que ce qu’on croit être une seule lumière au loin est en fait double : on voit deux boules distinctes, et non une seule, et même parfois à côté des plus petites.  Une photo agrandie de l’événement ouvre sa première page d’article (elle figure en haut à droite de cette page).

Démasqué, par des masques !

filtre-pharesL’intuition du journaliste, qui distingue des lumières doubles horizontales, l’amène très vite à soupçonner des phares de voitures comme étant à l’origine de ces effets lumineux.  Aidé par un Jean Prideaux de l’université de l’Arkansas, sceptique comme lui mais ayant la même idée derrière la tête, déjà, il décide de coller de la cellophane de couleur sur les phares de sa voiture (photo ici à gauche), de s’éloigner sur la route qui est dans le prolongement direct de l’axe des apparitions, et grâce à un radio-émetteur d’expliquer à distance à Prideaux ce qu’il fait à ce moment-là, à savoir d’allumer et d’éteindre ses phares, de mettre ou non ses clignotants.  Cela et le changement de couleur de la fameuse « orb » mettent directement fin au mythe : ce sont bien les phares des voitures de la route située dans l’alignement du chemin qui sont responsables du phénomène (à près de 16 km de là, selon lui, c’est la route fédérale N°66, à l’intense trafic nocturne selon lui, la première trouvée à 7 km de là ne lui semblant pas aussi évidente !).  Le soir venu, dans l’humidité de la forêt, et les ondes de chaleur du chemin bordé d’arbres, les phares se répercutent sur la brume e créent ses apparitions fantômes.  Sa vérification est sans appel : il notera un soir 34 véhicules sur la route 66 entre 3 et 4 heures du matin, selon la Police… et 34 apparitions de « Spooklights » à Hornet en même temps. : « tout cela correspondait très bien » écrit Gannon dans son article. L’affaire était (enfin) élucidée !

La solution trouvée, les visites continuent !

Il avait trouvé, mais son avis n’avait pas plus sur place… Sa conclusion en ce sens était très bien torchée, et c’est un régal de la relire, 50 ans après : « ayant découvert la cause de Spooklight, avons-nous mis fin à sa légende ? Pas du tout. Il faut remarquer tout d’abord que même sans mystère, le phénomène est remarquable par lui même, à cause de tous les facteurs qui doivent agir ensemble : une route longue et étroite bordée d’arbres qui masquent toutes les lumières latérales, une route parfaitement alignée avec une autre route, séparées par 20 km d’espace vide, avec pourtant une dénivellation légère et une ligne de mire assez proche de la terre humide pour subir l’effet des « ondes de chaleur » des couches d’air de températures différentes qui expliquent les éclats et la couleur dorée singulière. D’autre part, les gens du pays ne sont pas disposés à accepter ces explications ‘Spooky a haussé les épaules quand je lui dis ce que j’avais découvert. « C’est bien possible.  Mais essayez d’expliquer pourquoi on a vu la lumière en 1886»  Il n’y avait alors ni fédérale 66, ni automobile »... Bref, il y a 50 ans, on avait DEJA trouvé la solution à ces mystérieuses lumières… et on le redira plus tard comme ici en 1993 par une chaîne de télévision locale (la Michigan Public Broadcasting network) comme étant toujours « mystérieuses », mais donnant une explication plausible, celle des phares de voitures (mais en ajoutant celle des lignes à haute tension, qui ne jouent aucun rôle dans le phénomène).  Mais Gannon avait déjà pressenti que de lutter contre une, voire plusieurs légendes, ne serait-pas une sinécure… et en effet !

Plusieurs fois la même explication, rien n’y fait !

telescopeComprenez donc ma surprise quand je redécouvre donc les mêmes idioties que celles entretenues par « Spooky », le gardien du musée et le conservateur de la légende, qui a quitté ce monde depuis.  Celle du jour, mais en grattant bien, je découvre vite une deuxième explication similaire !!! Celle là date de 2010, lorsque des étudiants n’ayant donc pas lu Popular Mechanics ont refait la MEME expérience en la présentant comme étant originale, ce qui est un peu gonflé de leur part, à vrai dire.  Notamment Jeremy Bos, élève-ingénieur en électricité au Michigan Technological University (aidé de Bill Norkus et de membres de la Society of Photo-Optical Instrumentation Engineers), une expérimentation pour son mémoire sous la houlette de deux professeurs, Christopher Middlebrook et Michael Roggemann.  A la place de jumelles ils avaient apporté cette fois un (énorme) télescope et plusieurs véhicules pour refaire la MEME expérience (là le télescope distinguait carrément les voitures !)… et tomber sur le MEME résultat (leur expérimentation est visible ici en vidéo) !route  Et l’ingénieur, bien qu’ayant copié l’expérience de Gannon, avait fait en plus ce jour-là une trouvaille supplémentaire et… historique, en contradiction complète avec la fameuse légende inventée pr « Spooky »: « Enfin, Bos note que les premières observations des lumières de Pauling ont été reportées peu après que ce tronçon de route particulier ait été déplacé (c’était bien la première route découverte par Gannon !).  Les visiteurs de Robbins Pond Road (un emplacement marqué ici par une barrière en acier, avec au fond la route qui monte et au sommet de laquelle apparaissent les lumières le soir), un endroit bien connus des amoureux venus en voiture, qui ont commencé à parler des lumières dans les années 1960″. Dans les années 60… et pas avant, selon lui ! (ici on peut voir le passage de diplôme de Bos avec son dossier sur Pauling); Une carte définit en effet qu’avant 1930, la route 66 était alignée différemment avec les lieux de vision du phénomène :

carte

 

paulding

 

Les gens préfèrent les légendes à la réalité

middleton-museumMême redécouverte une deuxième fois (on va voir qu’il y en a eu plus que cela), les gens du coin restent sceptiques, note de façon amère Bos : »on nous a même dit que nous n’avons-nous pas vu la vraie lumière de Paulding. Je suis allé là-bas 15 fois, pendant des heures, dans la chaleur, le froid et la pluie. C’est toujours la même chose », dit Bos. «Nous étions là lundi dernier avec un homme qui a vu les phares sur notre ordinateur, et qui a refusé de le croire. Bos s’irrite un peu des gens qui devraient apprendre un peu mieux avant de répéter que les Lumières de Pauling sont «inexpliquées». «Nous ne sommes pas les premières personnes qui sont arrivées à cette conclusion, dit-il. « Une équipe d’enquête paranormale est venu ici dans les années 1980 et elle a montré qu’il s’agissait de phares. (visiblement il n’est pas remonté jusque 1965 !).  Démystifier les lumières de Pauling peut ne pas sembler un effort scientifique typique. Cependant, le projet a donné une bonne chance aux étudiants de premier cycle d’essayer à leur façon toute une variété de techniques expérimentales et analytiques et de faire un rapport sur leurs conclusions. pauldingDe plus, il leur a fourni un aperçu de la nature humaine qui donne à réfléchir. « Peu importe ce que, certaines personnes ne vont croire que ce qu’ils veulent croire, » soupire Bos... D’autant plus qu’à Pauling, la plaque indiquant le phénomène existe toujours, avec comme explication celle du fantôme à la lanterne (le « musée » miteux a disparu depuis son patron s’est appelé un temps Garland Middleton, que l’on surnommait toujours « Spooky », en photo ci-dessus)… et qu’on est donc loin encore de ne plus voir défiler les gogos : « Jason Lannet, 43 ans, propriétaire du Paulding General Store, regarde aller et venir les visiteurs venus voir les lumières par eux-mêmes. « J’ai déjà vu qu’il il y avait 50 voitures. Là, des deux côtés de la route et  sur le chemin du retour. Je reçois ici un million de personnes à la recherche de leur chemin car ils sont perdus », a indiqué Lannet au Detroit Free Press.  Certains n’y croient toujours pas à l’explication scientifique, quitte à ressortir des « témoignages » remontant à l‘avant guerre ou au siècle dernier comme ici. L’auteur évoque même une découverte du rôle des phares par un certain Dr. George W. Ward, un ancien du Bureau of Standards in Washington et du Midwest Research Institute, et ce en… 1945 !!!

Une dernière redécouverte, l’historique des précédentes

sort-ofCar il y en a eu, des formulations de la même découverte, depuis des années… et j’en ai retrouvé encore une autre, qui elle fait le bilan des précédentes… l’homme qui relate pour la énième fois l’histoire s’appelle Allen Rice, il professeur d’anglais, est s’est fait assister d’Elisa Herrmann, experte en communication, et Bruno Maestrini, qui est directeur de la photo au China Daily pour effectuer son enquête (ils se surnomment alors les « Boomers ».  En 2014 ils ont réalisé ensemble un documentaire sur le sujet. Un film de vingt-deux minutes, projeté pour la première fois le 3 avril, 2015 à L’Université de Central Oklahoma avant de finir sur YouTube (voir ici).  L’histoire qu’il raconte (« The Spook Light Mystery—Solved! (Sort of.) » est aujourd’hui aussi lisible ici dans l’exemplaire de « l’hiver 2016 » (c’est donc la plus récente) du magazine « Oklahoma Humanities » qui ne paraît que 3 fois par an.  L’article fait le point définitif sur l’affaire.

Cette histoire a été expliquée et ré-expliquée plusieurs fois !

t-shirt-pauldingCar il n’y a pas eu une, deux, ou trois explications semblables selon lui (toujours celle des phares de voitures) mais quatre, sinon même plus encore: « comme Chris et moi travaillions sur notre documentaire, nous avons accumulé un tas de renseignements sur les Lumière Fantômes.  À l’insu de nous, avant nos expéditions, le mystère avait essentiellement été résolu non pas une fois, pas deux fois, mais trois fois dans le passé. B. MacDonald en 1936, George W. Ward en 1945, et William Least Heat-Moon en 2008) tous avaient fait valoir que la source de la lumière fantôme était simplement des phares de voiture de la route E-50 West. En 1946, l’Army Corps of Engineers avait réalisé l’expérience du phare avec les mêmes décalages que les baby-boomers (le étudiants en électricité ») réinventent huit décennies plus tard. Malheureusement, leur expérience avait échoué lorsque les chercheurs de l’armée avaient été désorientés et avaient envoyé la voiture sur la mauvaise voie ». Gannon n’a pas été oublié pour autant : « l’histoire montre que trois chercheurs -Charles W. Graham en 1946, R.E. « Bob » Loftin en 1955 (3) et Robert Gannon en 1965- ont tous émis l’hypothèse que la source de la lumière fantôme était les phares de voiture, ils ont mené l’expérience du phare coloré pour prouver leur théorie, et a réussi à voir les phares sur le chemin de la lumière fantôme. Quant à savoir pourquoi elle n’apparaît que si rarement et pourquoi, le trio est venu à des conclusions discutables. Ils ont construit des théories sur l’humidité du sol et des vagues de chaleur, l’humidité relative et la température, et les réfractions travers un ciel brumeux pour tenir compte de la lumière chatoyante semblable à la « théorie de la réfraction » préconisée par le scientifique George W. Ward Kansas City ».  On apprend par la même occasion qu’en 1936, P.B. MacDonald de The Kansas City Star avait même reçu un prix Pulitzer et qu’il s’était pourtant fait avoir en recueillant des témoignages oraux qui remontaient aux années 1880 comme origine du phénomène.  L’auteur étant lui venu sur place en 2014, avec son ami Christopher « Chris » Shaneyfelt et sa famille (Michael « Fergie » Ferguson, James Cast, et Keon Canada). Et il a réitéré avec eux l’expérience de Gannon (celle de Bos, aussi, donc).

On a beau affiner la théorie…

Selon notre réalisateur, là disparition de l’effet dès que l’on bouge un peu de l’endroit de l’observation est due à une autre cause, selon lui : « nos conclusions suggèrent deux raisons pour lesquelles la Lumière Fantôme  apparaît rarement (…) La rareté des observations fait partie prenante de la tradition du folklore, qui conseille des observations après minuit. Les observations sont donc rares, car il y a moins de trafic sur l’E-50 Wes, tard dans la nuit. En commençant nos investigations au crépuscule » (on tombe sur) « la dernière heure de pointe du trafic, ce qui entraîne plus d’observations. Nous avons regardé à travers des jumelles pendant la journée et nous pouvions apercevoir les voitures circulant à distance. En ce qui concerne la raison pour laquelle les observations de lumières ne se produisent que sur les collines, nous avons créé deux hautes tours séparées par une épaisse forêt avec la cime des arbres, ceux-ci deux ou trois pieds plus courts que les tours. Fergie est monté sur le dessus de la tour d’abord en utilisant une lampe flash pour envoyer un code Morse sur le dessus de la deuxième tour. Chris, resté debout à la base de ma tour, ne pouvait pas voir le flashlight de Fergie parce que ses envois étaient bloquées par les arbres. De la même manière, la E-50 West  effectue une longue pente descendante passant de  l’ouest vers l’est et s’aligne en fait parfaitement dans la bonne direction et la bonne altitude avec l’autre « tour » que représente le chemin de la lumière fantôme. La voiture de Fergie sur l’E-50 était el en ligne droite au-dessus de la vallée boisée, frappant seulement les sommets des trois ou quatre plus hautes collines sur le chemin de la lumière fantôme. Voilà pourquoi nous n’avions pas pu voir le phénomène jusqu’à ce que nous nous soyons déplacés vers le haut de la colline. Cela explique aussi pourquoi la lumière disparaît quand vous la chassez (un autre mini mystère, sur lequel les trois héros de de la lumière fantôme sont restés muets).. »

… le petit commerce reprend le dessus !

pubAu total le nombre de fois où le phénomène a clairement été expliqué est devenu conséquent : 1946 (Graham, Army Corps), 1955 (Lofting), Gannon (1965), le reportage des années 80, Heat-Moon (2008), Bos (2010) Rice (2014). A six reprises, depuis l’après guerre, on a prouvé exactement la même chose et la même origine au phénomène. Cela n’empêche pas la fameuse « lumière fantôme » de réapparaître auprès des ignares comme étant un phénomène surnaturel ou la manifestions d’OVNI… en ce sens le reportage de Paranormal Files SyFy, (ici la liste de leurs bêtises sur Canal Sat 23) une émission particulièrement délayée (2010) est significatif : il réfute l’expérience des lumières faite pourtant avec succès (à 43 minutes du début de l’émission, c’est complètement ridicule !). Ou comme dans ce reportage de gamin, encore !

On croit revoir « un jour sans fin », comme film, en quelque sorte à voir ça ou à lire ce genre de blog… avec la « Spooklight » de Spaulding… à la place de la marmotte de Punxsutawney !!!

 

 

(1) des gens plus réservés à propos des chemtrails, pourtant… ou qui doutent aussi fortement de Roswell.

6252300-_uy200_(2) La lumière fantôme est appelée aussi « Quapaw Sooklight » par  l’écrivain William Least Heat-Moon, car la ville de Quapaw aussi dans le même secteur. Quapaw est d’origine indienne, d’où les légendes qui suivent : « La plus ancienne est l’histoire d’une jeune fille indienne Quapaw qui est tombée amoureuse d’un jeune courageux. Cependant, le père de ce dernier ne lui permettait pas d’épouser l’homme car elle n’avait pas assez de dot . Les deux se sont enfuis, mais il ont été poursuivis par un groupe de guerriers. , Selon la légende, lorsque le couple était près d’être appréhendé, ils se sont joints les mains au-dessus de la rivière Spring et ont sauté dedans pour mourir. Peu de temps après l’événement, la lumière qui a commencé à paraître et a été attribuée aux esprits des jeunes amants. Une autre légende raconte celle d’un mineur dont la maison a été attaquée par les Indiens pendant son absence. À son retour, il avait trouvé sa femme et ses enfants disparus et a commencé à les chercher le long de la vieille route, en cherchant avec sa lanterne. D’autres disent que le Spook Light est le fantôme d’un chef indien Osage qui a été décapité dans la région et continue à chercher sa tête perdu, une lanterne tenue à bout de bras ».(3) dans son passionnant livre « road-book », « Roads to Quoz », William, eures de la lumière de l’E 40, un mile au nord, sont expliquées par un alignement de la Route 66, au nord de la ville de Quapaw, Oklahoma,  qui et également alignée avec l’E 40 R. Un test a été effectué lorsque l’auteur a fait flasher ses phares flashé sur la route 66 à un certain moment. Les « Spooklights » ont également dans le même temps clignoté. »« l’auteur suggère que les lumières vues à la fin de la route E 50 sont expliqués parfaitement par le fait que la route s’aligne directement avec la Route 66 à travers l’autoroute et la vallée de la rivière, quelque dix milles plus loin. Il affirme également que les observations antéri

cartebis(3) lui aussi a fait la MEME expérimentation : « mon travail consistait maintenant à faire plusieurs des expériences avec la lumière de la route 66 et signaler mes conclusions au Dr Ward. La nuit du 3 Août 1955, grâce à l’utilisation de lumières colorées, j’ai envoyé des signaux qui ont été reçus sur la nouvelle route de spook près fie Hornet. Parfois il y avait seulement une voiture qui se déplaçait dans un sens, vers l’est sur la tronçon de la route 66 et d’autres 20 ou 30 voitures qui roulaient dans cette même direction simultanément. Cela expliquait pourquoi la lumière fantôme passerait de ‘apparition d’une lanterne isolée à une extraordinaire boule de feu. Le rouge de la lueur de la lumière fantôme serait varierait selon que le nombre de voitures et de camions augmente ou diminue en direction de l’ouest ». Le petit opuscule de Loftin contient une carte du phénomène, visible ici à droite.

Complément : les deux pages d’intro de l’article de MP :

boules-de-feu-mp

 

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