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L’esclave

 Des pyramides d’Égypte, les pieds dans le sable brulant et les mains en sang, à tirer les blocs de pierre sous le fouet mordant des contremaitres, aux champs de coton de Louisiane où, sous l’œil méprisant des petits chefs blancs rêvant de jouer du fusil, la condition d’esclave, toujours d’actualité et bien que travestie, a traversé les âges jusqu’à nos jours sous le regard bienveillant de nos dirigeants. Quel que soit le pays, l’esclave, considéré comme une matière première, est la main d’œuvre principale à l’édification des palais et à l’accumulation des richesses de ceux que nous avons choisis pour maitres. Volontaires ou non, suivant le niveau d’éducation, souvent acquise de haute lutte et dans le sang, nous sommes à leurs services, car ils ont toujours trouvé le moyen de nous faire accepter de trimer pour eux.

 

 

Aujourd’hui, les maitres en colère ont l’intelligence de profiter de notre bêtise car, c’est en catégorisant et dressant les esclaves les uns contre les autres qu’ils continuent l’exploitation de ceux qu’ils considèrent comme des sous-hommes. Les travailleurs contre les demandeurs d’emploi, le public contre le privé, les retraités contre les actifs, les nationaux contre les émigrés, etc… Et, tout cela en ayant l’intelligence de déséquilibrer les communautés en détruisant des emplois, créant des chômeurs, amplifiant les flux migratoires, supprimant les droits humains et sociaux, laminant les règles qui protègent les travailleurs.

 

 Certes, sous nos tropiques, le fouet n’est plus de mise, il a été remplacé par la dépendance financière issue de l’endettement et la peur de perdre son emploi. Tout est sous contrôle, de la naissance à la mort, en passant par la vaccination, les papiers d’identité, les permis de conduire, de naviguer, de voler, de pêcher, etc… Enfin de vivre ! Le traçage est omniprésent dans les puces de nos cartes bleues, vitales, nos téléphones portables, caméras de surveillance et radars etc… Rien ne leur échappe. Nous écrasant par des lois de plus en plus permissives et nous abreuvant de sous-culture permanente, ils ont réussi le tour de force de nous faire aimer et accepter cette condition d’esclave que par fainéantise intellectuelle nous finissons par chérir. Avec de telles attitudes, nous sommes devenus leurs nègres nés pour la servitude. Notre erreur est de croire que nous, races occidentales avons reçu du ciel ou acquis par nos efforts une si incontestable supériorité sur toutes les autres races qui composent la grande famille humaine que le citoyen placé chez nous, par ses vices et son ignorance, au dernier échelon de l’échelle sociale soit encore un esclave qui s’ignore ou feint de s’ignorer.

 

 Responsable, le libéralisme débridé sans règle humaniste et sans limites, sa popularité persistante et entretenue de manière mensongère par une caste journalistique à ses ordres. Sa force tient au fait qu’on ne sait jamais par où le prendre. Critique-t-on son volet économique ? Ses partisans insistent alors sur sa contribution au pluralisme politique, à la diversité culturelle, à l’enrichissement personnel. Sous prétexte d’évoluer partiellement d’un registre à l’autre, il nous fait oublier sa bienveillance envers l’esclavage moderne qu’il a institué, qu’il nourrit et entretien et avec lequel il nous censure, nous bâillonne et nous encadre. Cette acceptation tacite est le fruit pourri d’une habitude issue de l’exercice des privations de tout genre. La nature ne crée que des êtres libres, le système financier auquel nous nous sommes soumis, ne fait que des tyrans et des esclaves. N’oublions pas que l’état est notre serviteur et nous n’avons pas à en être les domestiques. Alors quoi, une révolution ? Mais malheureusement l’histoire nous rappelle que l’opprimé de la veille n’est que trop souvent l’oppresseur du lendemain. Le rêve d’un changement de paradigme ou l’argent serait un moyen et non un but, où toutes les décisions seraient communautaires et prises en fonction du bien écologique et humain, où chacun serait le maitre de lui même et l’esclave de personne, ou la seule règle qui prévaudrait serait le respect de la vie, ce rêve est encore à bâtir dans un pays qui se nomme utopie.

 

 Dans une nation ou l’esclavage est protégé et défendu par les lois, la désobéissance civique devient un devoir, la seule solution est la révolte, le seul endroit qui convienne à un honnête homme est la prison et l’unique échappatoire : la mort…

 

 Partout où l’homme ignore et désespère, partout où la femme se vend pour du pain, partout où l’enfant souffre faute d’un livre qui l’enseigne et d’un foyer qui le réchauffe, à l’heure si sombre de notre civilisation où nous sommes, l’homme est esclave. Il souffre et agonise sous tous les climats, trime et gémit dans toutes les langues, car il est abusé et escroqué sous toutes les latitudes par ceux qui le dirigent …

 

Gabriel

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