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LES VRAIS MANDARINS DU POUVOIR

Nous avons la conviction, comme ?lecteurs de gouvernements et comme actionnaires d?entreprises inscrites ? la bourse, que nous sommes les d?tenteurs des pouvoirs qui leur sont rattach?s. Les campagnes ?lectorales dans nos d?mocraties ventent le pouvoir du peuple qui s?exprime par un vote individuel longuement et ch?rement courtis?. Les analystes et les maisons de courtage font la promotion d?entreprises dont les horizons sont prometteurs pour les investisseurs qui deviennent ainsi des propri?taires d?entreprises. Nous votons librement pour nos repr?sentants et nous achetons librement les actions que nous voulons bien. En agissant ainsi nous donnons l?gitimit? aux gouvernements ?lus et conc?dons notre pouvoir ?conomique aux gestionnaires d?entreprises. L? se termine notre r?le et notre capacit? r?elle d?intervention individuelle et collective.

Les gouvernements, une fois ?lus, sont vite pris en charge par les mandarins (hauts fonctionnaires) qui disposent des pouvoirs d?information et d?influence. Ils sont en premi?re ligne pour contr?ler les textes de loi qui se r?digent, les r?glements qui s??laborent, les argents qui se d?pensent. Ils ont cette position confortable de ne pas ?tre soumis aux fluctuations ?lectorales et peuvent compter sur des budgets qui tout en leur assurant des revenus confortables leur permettent d?agrandir et de consolider leur r?seau d?amis dans le monde des grands et des puissants. Leur intervention au niveau de la fiscalit? leur ?pargnera des mesures qui autrement viendraient r?duire leurs gains ainsi que ceux de leurs amis courtisans. De nombreuses mesures ont ainsi vu le jour pour permettre des ?conomies d?imp?t sur les revenus ?lev?s et rendre possible l?exemption d?imp?t pour 50% les gains en capital. Ces sujets ne sont pas au menu des programmes ?lectoraux. Ils peuvent se r?gler ? l?interne.

Ces v?ritables d?tenteurs du pouvoir vivent pour la plupart dans l?ombre et se contentent de cultiver les cercles privil?gi?s qui regroupent les principaux acteurs du politique, de l??conomique, du culturel, du social et du juridique. A ce niveau, l?information privil?gi?e circule et les tractations les plus avantageuses pour chacun se n?gocient et se d?cident. Tout le reste n?est plus que m?canique ? mettre en place pour que ces d?cisions se r?alisent dans le respect des institutions et des lois qu?ils prennent, le cas ?ch?ant, la pr?caution d?ajuster ? ces derni?res. Les dirigeants des soci?t?s d??tat, les membres de leurs conseils d?administration, les sous-ministres et les chefs de cabinets minist?riels constituent l?essentiel de ces mandarins. Les grands bureaux d?avocats, les repr?sentants d?entreprises, certains chefs syndicaux auront acc?s ? ce cercle privil?gi?. Par contre le d?put?, l??lu, demeurera loin de ce gratin et le citoyen encore davantage. Ces derniers n?ont pas grand poids sur les salaires que ces mandarins se votent, les comptes de d?penses qu?ils s?octroient, les d?cisions qu?ils prennent. Ils seront plut?t subtilement manipul?s par des strat?gies de communication et des exercices de relations publiques qui auront ?t? pr?alablement cibl?s ? cette fin. La ligne de parti en fera un appui indispensable aux d?cisions l?gislatives. Ils auront la responsabilit? de faire passer la pilule ? leurs commettants. Ils sont les fantassins de premi?re ligne.

Ce qui est vrai pour les gouvernements, l?est tout autant pour les entreprises qui vivent, entre autres, de l?investissement des actionnaires. Les conseils d?administration et la direction de ces entreprises ont entre leurs mains plein pouvoirs pour faire ? peu pr?s n?importe quoi. Les assembl?es annuelles de ces entreprises ne sont que des simulacres de participation. La grande majorit? des actionnaires ne se rendent pas ? ces assembl?es structur?es davantage pour des initi?s que pour le commun des petits actionnaires. Ces derniers sont d?ailleurs plut?t des analphab?tes de ce monde de la haute finance et n?ont que tr?s peu de ressources pour se rendre et se faire valoir aux assembl?es annuelles des membres.

Le syst?me est ? ce point organis? que les dirigeants prennent le contr?le de la situation et la m?ne ? leur guise. Ils ont la main haute sur l?argent des actionnaires et sur l?entreprise. Ils se donnent des conditions qui les mettent ? l?abri de tout risque tout en s?assurant le maximum d?avantages. Ils peuvent se faire financer l?achat d?actions privil?gi?es par l?entreprise en guise de compl?ment de salaire. Ce dernier a l?avantage de soustraire ? l?imp?t 50% de ce revenu consid?r? comme gain de capital. Les administrateurs se font voter une bonne allocation annuelle tout en ayant droit ? un revenu suppl?mentaire pour chaque conseil, qu?ils soient physiquement pr?sents ou autrement. Dans une petite entreprise que je connais, la r?mun?ration annuelle des administrateurs ( membres du conseil d?administration) est de 5 000 $ et 1 000 $ par rencontre que ce dernier y soit ou non pr?sent physiquement. Il ne s?agit que d?une petite entreprise dont les actions ont plant? magistralement au cours de la derni?re ann?e. Si les langues se d?liaient nous verrions que la liste de ces horreurs est beaucoup plus longue que celle qui nous parle d?ENRON et de NORTEL

Il est urgent que nos syst?mes d?mocratiques prennent acte de cette usurpation de pouvoirs et que des mesures drastiques soient adopt?es pour que les repr?sentants ?lus aient la main mise sur l?appareil de l??tat et les budgets qui lui sont allou?s. La relation du d?put? avec le parti ne doit pas faire passer en second plan sa relation avec ses commettants. Autrement, la d?mocratie est une mascarade qui ne fait que l?gitimer le pouvoir des mandarins.

Il est tout aussi urgent que des mesures soient ?galement prises pour que l?int?r?t des petits actionnaires ne soit manipul? au profit d?int?r?ts d?administrateurs et de gestionnaires gourmands et peu scrupuleux. Les centaines de milliers de petits actionnaires qui ne peuvent se rendre pr?sents collectivement aux assembl?es annuelles de leurs entreprises doivent pouvoir compter sur des mesures l?gales et fiscales qui sauront encadrer l?action de ces administrateurs et de ces gestionnaires de mani?re ? ?viter de tels d?rapages.

Faute d?agir sur ces deux fronts nous demeurerons les otages de mandarins souvent peu scrupuleux, plus pr?s de leurs int?r?ts individuels que de ceux de l?ensemble de la collectivit?. Le bien commun dont on se fait les gardiens est bien loin des pr?occupations de ces derniers dont la devise « qu’on est jamais aussi bien servi que par soi-m?me » occupe la premi?re place. Beaucoup d’autres « Robin des Bois » (Yves Michaud) doivent se manifester, se faire entendre et poser des gestes pour que cela change. Il en va de notre foi dans nos institutions que nous souhaitons toujours plus d?mocratiques.

Oscar fortin

http://humanisme.blogspot.com/2005/02/les-vrais-mandarins-du-pouvoir.html

 

 

 

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