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Les souliers d’beu(30) Des h?ros, y’en a plein!

Francois Xavier Aubry

Des h?ros y?en a plein!

Dans le rang no1, Cr?te de Coq, ? Maskinong?, Marie Gervais, ?pouse d?Ignace Lefebvre, donne naissance ? un fils qu?ils baptisent Martin. Nous sommes le 10 novembre 1822.

Au USA, Davy Crockett a ?pous? en seconde noce, 6 ans auparavant, ?lisabeth Patton qui lui donnera quatre enfants. Ceux-ci s?ajoutent aux trois enfants que sa premi?re ?pouse, Mary Finley lui a donn?. Certains se demanderont pourquoi j?ose parler d?un h?ros am?ricain dans cette s?rie d?articles consacr?s aux ??Canayens??. C?est assez simple. David Crockett est d?origine fran?aise. Son anc?tre, M. de Croquetagne ?tait un huguenot, capitaine de la garde de Louis XIV. Celui-ci s??tait r?fugi? en Irlande suite aux ??dragonnades?? instigu?es par le roi ??Soleil??. L?histoire de cette famille ressemble ? celle de plusieurs familles qu?b?coises. C?est, jusqu?? maintenant, le seul h?ros am?ricain sur qui je n?ai pas de ??commentaires?? d?sobligeants ? formuler. Cela tient s?rement qu?il fut un vrai h?ros du style des n?tres. Il est honn?te, amusant, brave et sinc?re. C?est quasiment un ??Canayens?? des ?tats. Il d?fendra les am?rindiens contre ??l?indian removal act?? du ??h?ros??pr?sident?? Jackson. On conna?t l?histoire de sa mort survenue ? Alamo. Il a publi? son histoire intitul?e?: ??A narrative of the life of David Crockett?? qui r?v?le son temp?rament enjou?.

Deux ans apr?s la naissance de Martin Lefebvre, na?t, ? son tour, toujours ? Maskinong?, un autre enfant qui deviendra un autre h?ros am?ricain tr?s important. Son nom est Fran?ois Xavier Aubry dit Francoeur. Son p?re, Joseph Aubry dit Francoeur ?pouse Madeleine Lupien, le 15 juin 1818. Ils sont des voisins d?Ignace Lefebvre ? St-Justin de Maskinong?. Ils sont m?me parents, puisque la grand-m?re paternelle de Fran?ois Xavier se nomme Josephte Sicard de Carufel, de la m?me lign?e que l’arri?re grand-m?re de Martin Lefebvre, Marie Sicard de carufel.

Francois Xavier na?t le 4 d?cembre 1824 ? St-Justin de Maskinong?. Il est le quatri?me enfant de la famille. Il quitte l??cole ? l??ge de 12 ans et trouve un premier emploi comme commis au magasin g?n?ral du rang Trompe-Souris de Maskinong?. ? 15 ans il travaille au magasin g?n?ral ??Marchand?? ? St-Jean-sur-le-Richelieu. Ayant jug? avoir acquit assez de formation dans le commerce, il quitte le Canada pour St-Louis Missouri, o? on le retrouve en 1843. Il y travaille, toujours comme commis, pour la maison Lamoureux et Blanchard. C?est l? qu?il apprend l?anglais.

Le ??Far West?? ? l?ouest du Mississipi n?est pas un appel auquel un ??Canayen?? peut r?sister tr?s longtemps. Au moment o? Fran?ois Xavier se trouve ? St-Louis, les?deux ??coureurs de bois » ?les plus reconnus sont Antoine Leroux (vous avez s?rement devin? qu?il est Qu?b?cois) et Kit Carson qui conna?tra Fran?ois Xavier.

En 1845 Fran?ois apprend le d?c?s de son p?re laissant sa m?re avec six enfants sur les bras. Il lui enverra de l?argent durant toute sa vie pour lui venir en aide.

?g? de 21 ans, il d?cide de ??partir ? son compte?? et ach?te un lot de marchandises. Il s?attache ? un convoi qui se dirige vers Santa Fe. Le transport lui co?te $132.00. Santa Fe deviendra sa seconde r?sidence et il fait le ?commerce entre ces deux villes. En l?espace de 6 ans, il effectue 16 exp?ditions. Sa renomm?e augmente graduellement; mais il d?cide de la mousser un peu plus. Il annonce toujours son arriv?e prochaine dans le Santa Fe Republican, en incluant une description compl?te de sa marchandise. ? partir de l?ann?e 1850 il s?assure de la pr?sence constante d?un m?decin dans ses convois; ce qui augmente encore sa renomm?e, comme ?tant un ??meneur de convoi?? qui porte ? c?ur le bien-?tre de ses clients et de ses employ?s. Il instaure un ??code de route?? qui ordonne ? ses hommes de toujours aider ceux qu?ils rencontrent sur la piste.

Il est d?crit comme de taille ??moyenne??; ce qui nous indique la taille normale de l??poque puisqu?il mesure 5 pi 2 po.? C?est, l?-aussi, la taille courante des ??voyageurs? qui partent de Lachine vers l?Ouest.

Ses exploits sont d?cris dans les journaux am?ricains. La rapidit? avec laquelle ses convois arrivent ? destination, ne cesse d?impressionner les am?ricains. Il augmente encore plus sa c?l?brit? par ses ??course?de longue distance??, qu?il effectue en des temps record. Lors de ces courses, il dispose des chevaux en relais et chevauche sans arr?t jusqu?? destination, ne dormant que quelques heures en selle.

Ses exploits donneront l?id?e, en 1860, de mettre sur pieds le ??Pony Express?? pour livrer la poste. Entre autres exploits, il chevauche la distance de 1300 km en cinq jours et demi, pour apporter des d?p?ches importantes du Nouveau Mexique au Fort Independence. Cela lui rapporte 1000 dollars de paie. Tous les journaux en parlent. William Vissher, un historien du Pony Express, ?crit que ?la course d?Aubry est la plus grande performance physique qu?un cavalier de l?Ouest puisse avoir accomplie?.

Ses convois, form?s de 100 ? 130 wagons, sont parfois attaqu?s par les indiens; mais la plupart du temps, Francois parvient ? ?viter la confrontation. Ses chariots mesurent 6 pieds de large et 16 pieds de long. Il emploie 260 ? 300 hommes.

En 1851 il d?couvre un nouveau raccourci pour la piste de Santa Fe; on l?appellera la piste d?Aubry. Un jour, dans la vall?e de la rivi?re Purgatoire, sa caravane subit l?assaut d?un ouragan ?pouvantable, suivi de neige importante, qui bloque toute avance. Ses 400 hommes, 1,200 mulets et une quantit? immense de marchandises sont vou?s ? la perte au pied des montagnes Rocheuses. Apr?s avoir exp?di? plusieurs messagers au gouverneur du Nouveau-Mexique qui, ? chaque fois, reviennent apr?s avoir pataug? quelques milles dans une neige, suppos?ment, infranchissable,?le « Canayen », habitu? ? la neige, part lui-m?me pour Santa-Fe. Il y parvient, r?veille de grand matin le gouverneur espagnol et le force ? lui pr?ter le secours de ses troupes pour le tirer d’embarras. On ne peut sauver qu’une partie de sa cargaison; mais ses hommes sont sains et saufs.

Lors d?un autre transport, il est attaqu? par deux cents indiens. Il n?a que dix-huit hommes avec lui. Douze de ses hommes sont ?clop?s et lui-m?me est atteint de six blessures. Les indiens abandonnent apr?s que trente des leurs mordent la poussi?re et qu?un plus grand nombre encore, sont estropi?s.

? l??poque de la ru?e vers l?or en Californie, Francois, en 1852, conduit un troupeau de 5000 moutons jusqu?? San Francisco. Il?ne perdra que 25 b?tes durant le trajet. Il encaisse un b?n?fice additionnel de $70,000. Il vient alors d?ouvrir une nouvelle piste appel?e ??la route d?Albuquerque??. Il entreprend un autre convoi, cette fois-ci de 50,000 moutons, en 1854, jusqu?? Los Angeles et San Francisco. Il perd environ 300 moutons. C?est encore une r?ussite extraordinaire. Ce n?est qu?apr?s sa ??v?rification in situ?? que la meilleure route pour le chemin de fer sera choisie sur le 35e parall?le.

Le h?ros de la guerre de s?cession, le g?n?ral William Sherman, rencontre Fran?ois au Missouri. Il dira, apr?s l?assassinat de celui-ci?: ?Aubry ?tait le meilleur exemple de cette belle race d?hommes courageux et audacieux qui ont grandi dans les plaines?. Il n??tait pas au courant qu?Aubry ?tait un ??p?tit Canayen?? de St-Justin de Maskinong?.

Le 18 ao?t 1854, Fran?ois Xavier Aubry, ?g?e de 29 ans, est assassin? lors d?une rixe dans un saloon. Un certain major R.-H. Weightman, agent d’une puissante compagnie de chemin de fer, est un homme prompt, agressif, impliqu? dans toutes sortes de querelles. Il porte, entre autre, un couteau Bowie ? sa ceinture. En 1849, il se bat en duel contre le juge Houghton. Le duel ne r?sulte ? rien, puisque les deux ont manqu? leur coup. En 1850 il devient s?nateur du Nouveau-Mexique et les deux ann?es suivantes, membre du congr?s. Il poss?de un journal qui concurrence le ??Santa Fe Gazette??. Et comme ce dernier approuve toutes les actions de Fran?ois Xavier, il se sent oblig? de prendre la position contraire. Il ?crit dans son journal que Fran?ois Aubry conseille au gouvernement,? la route du 35e parall?le pour le chemin de fer, par int?r?t politique et financier. On peut penser que ce 35e parall?le nuit plut?t aux int?r?ts financiers d’un agent d’une compagnie de chemin de fer, comme?Weightman.

Lorsqu?Aubry apprend cela, il devient furieux et ?crit ? un ami que Weightman est un menteur. Il quitte pr?cipitamment la Californie pour se rendre ? Santa Fe. Il s?arr?te au saloon de ses amis Joseph et Henri Mercure. Buvant un verre de whisky, Fran?ois voit arriver Weightman qui lui tend la main et commande un verre lui aussi. La conversation se g?te rapidement et Weightman lance le contenu de son verre aux yeux de Fran?ois. Celui-ci sort son revolver qu?il porte ? gauche, mais il est aveugl?; et Weightman lui plante son ??Bowie knife?? dans l?abdomen et l??ventre.

Le lendemain Fran?ois Xavier Aubry a droit ? des fun?railles grandioses ? L??glise Catholique de Santa Fe. Toute l?Am?rique est constern?e. Weightman est cit? ? un proc?s devant jur?s. Il est acquitt? sous? la clause de l?gitime d?fense. Il sera ensuite r?put? pour ?tre ??l?homme qui a tu? F. X. Aubry??. Sa carri?re politique est d?truite. Il quitte Santa Fe et reprend sa carri?re militaire. Il mourra colonel, r?sultat de trois blessures re?ues lors de la bataille de Wilson Creek, le 10 juillet 1861. Cette bataille fut la premi?re confrontation importante de la guerre de s?cession.

Le New York Daily Time dira de Fran?ois Xavier Aubry dit Francoeur: ?Il a v?cu dix vie dans la moiti? d?une?. Sa vie aventureuse ? dur? 9 ans; et dans ce petit laps de temps il se fit reconna?tre comme un h?ros, par toute l?Am?rique du nord.

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Elie l?Artiste

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