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Les souliers d’beu(25); L’appel de la libert

L?appel de la libert?!

????? D?j? trois semaines que nos Canayens sont chez les Mohawk et personne ne semble press? de retourner ? la NWC. Pierre assis pr?s du feu, devant la cabane que les trois Canayens ont construit, est songeur. Les deux autres Canayens s?approchent, s?assoient et chargent leur pipe. Pierre a les yeux perdus dans la flamme. Les deux autres le regardent et attendent.

-Je ne retourne pas chez la North West. Murmure Pierre.

-Mo? non plus; ajoute Xavier. Je vais faire la traite comme mon grand-p?re la faisait. D?ailleurs, y para?t que la North West veut d?dommager ses employ?s avec de la marchandise qu?on va payer au gros prix, fix?s au fort o? chacun travaille. On va se faire voler tout rond.

– Vous allez vous faire tuer par les grosses compagnies aussit?t qu?ils vont vous rencontrer sur les pistes. R?pond Urbain Maillet.

– Pas si on voyage avec soixante ??sauvages??. Ajoute Pierre. Les Mohawk sont mes ??fr?res??; je leur ai parl? et ils sont d?accord pour qu?on trappe tous ensemble et que je m?occupe des transactions de traite pour toutes les peaux de la tribu. Nous nous d?placerons avec tout le groupe pour aller vendre nos fourrures. Personne n?osera nous attaquer.

– Comment va ?tre divis?e les r?sultats de la vente? Demande Xavier.

– Le prix des peaux sera fix? par la vente totale et chacun recevra ce qui lui est d? selon ses nombres de peaux. C?est tout ? fait normal.

– ?a me va; j?embarque!

– Moi aussi. On commence quand?

– C?est d?j? commenc?; le chef a envoy? des messages aux autres Mohawk qui vont se rassembler ici dans trois mois, en y apportant leurs fourrures. Nous on doit commencer ? trapper si on veut avoir des peaux ? vendre.

– Je vais aller chasser le bison; c?est facile et leurs peaux se vendent bien.

– Le chef ne veut pas que la viande de bison soit gaspill?e; alors tu seras limit? dans la quantit? ? tuer. ?a va nous causer un tas de probl?me pis j?suis pas int?ress? ? perdre mon temps ? charrier de la viande inutilement. Je pense qu?on devrait se contenter de trapper les petits animaux habituels. Le chef nous donne un territoire de chasse. Indique Pierre.

– La tribu doit bien avoir besoin de quarante bisons pour survivre cette ann?e. Le chef ne s?opposera pas ? ce que j?en descende une quarantaine.

– ?a ne te donnera rien, car ils ont aussi besoin des peaux pour survivre; pas seulement de la viande.

– T?as raison. ?a ne donne rien de tuer des bisons si on ne peut pas avoir les peaux. Mais, j?y pense tout d?un coup?: si on demande au chef de fabriquer du pemmican avec la viande, pour le vendre, on pourra garder les peaux.

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-L?id?e est bin bonne. En plus les indiens vont pouvoir vendre du pemmican ? l?ann?e. Je vais convaincre le chef. Xavier, tu veux t?occuper de la chasse aux bisons?

?– Ouais!

-?a va comme ?a. Tu peux te pr?parer. Maillet et moi, on s?organise pour trapper notre territoire.

– Ouais; mais on n?a pas de pi?ges pour trapper.

– C?est pas n?cessaire. On va faire comme les indiens et faire des pi?ges ? leur fa?on. C?est aussi efficace. Les Iroquois ont d?j? commenc? ? travailler partout dans le Nord. On doit s?y mettre nous aussi.

?

???????? L?entente est conclue et nos trois trappeurs ne mettent au travail. Le chef convainc cinq ou six autres guerriers de chasser le bison avec Xavier. Les femmes se chargeront de faire le pemmican.

????? ??Ce ne fut pas long avant que les gouverneurs de la NWC se rendirent compte de l?augmentation d?activit? chez les ??sauvages??. Peter Fidler fit la remarque ? ses sup?rieurs qu?il avait constat? une augmentation des all?s et venus d?Iroquois autour de Buckingham House et du Fort Georges. La m?me activit? est per?ue partout dans le nord du territoire du Mississipi ainsi qu?au Grands Lacs. David Thompson, en 1798, fera la m?me remarque, sp?cifiant qu?au moins la moiti? des Iroquois sont de la r?gion du Qu?bec. Il ajoute qu?une partie des indiens se rendent ? la Rivi?re Rouge et qu?environ 250 montent la rivi?re Saskatchewan accompagn?s de trois traiteurs Canayens qu?il ne conna?t pas.

???????? l??t? 1798, plusieurs tribus Iroquoises se r?unissent dans le nord du Mississipi et y apportent leurs pelleteries. Les chefs, escort?s d?une dizaine de guerriers chacun, accompagnent nos trois trappeurs vers la vall?e de l?Hudson o? Pierre conna?t un n?gociant du nom de John Jacob Astor.

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????? Celui-ci s?est engag? dans la traite des fourrures depuis les ann?es 85. Il est reconnu comme un commer?ant honn?te. Lui-m?me, au d?but fait du pi?geage en m?me temps que la traite.

???? ?Cette ann?e-l?, Astor parvient tout juste ? acheter l??norme stock de fourrures apport? par Pierre et son groupe. Il leur fait promettre de revenir ? lui, l?ann?e suivante.

?????? Le retour des ??sauvages?? est ponctu? de f?tes qui durent parfois jusqu?? trois jours o? on ingurgite des gallons de vin frelat? ?chang? contre une partie des fourrures. ? l?arriv? au village, une immense f?te est organis?e o? le reste de ??l?eau de vie?? qui avait ?t? cach? pour cette occasion est sacrifi? au sens de l??quilibre. ? chacune de ces r?jouissances,?des querelles inutiles et sans raisons d?g?n?rent parfois assez gravement.

????????????Lors de cette grande f?te, le reste de la boisson dispara?t dans les gosiers. Une fois que la boisson se met ? manquer, quelques indiens affirment que les trois trappeurs cachent encore de ??l?eau de feu??. Ils sont une dizaine ? affronter les trois Canayens, les mena?ant de leurs tomahawks.

????? Pierre sait tr?s bien que s?ils sont oblig?s de se d?fendre et que l?un des ??sauvages?? est tu?, l?honneur de la famille du mort, engagera une suite incessante de vendetta. Il s?empare, alors, d?une grande tige flexible d?environ douze pieds et se met ? fouetter les pieds et les jambes des ??sauvages?? qui les menacent. Ceux-ci essayent de parer les coups en sautillant sur place. Tous ceux qui, un instant auparavant, s?inqui?taient du d?veloppement de la situation, ?clatent de rire.

-Notre fr?re blanc a invent? la ??danse de la brindille?? s??crie le chef en riant au ?clat.

?????? La plupart se roulent par terre, se tordant de rire, ne pouvant plus se tenir debout depuis longtemps. Cette nouvelle ??danse?? fit m?me pouffer de rire ceux-l? m?me qui s?attaquaient aux trappeurs et la tension tomba d?un seul coup. On parlera longtemps de la ??dense de la brindille?? chez ces Mohawks. La soir?e se termine en mangeant du bison jusqu?? ce que rien n?en reste.

???? Le lever du lendemain se fera plus tard que d?habitude dans le village. On peut aller dormir tranquille.

? suivre

????????????????????????????????????????????????????????????????? Elie l?Artiste

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