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Les souliers d’beu(21) Moeurs capitalistes!

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M?urs capitalistes!

??????? La North West Co. emploie environ 50 commis, soixante et onze interpr?tes, mille cent voyageurs et trente-cinq guides.? Mis ? part tout ce monde-l?, il y a les libres entrepreneurs Canayens qui traitent, plus ou moins, dans les m?mes r?gions.? La plupart s?engagent pour cinq mois; du premier mai ? la fin de septembre.? ? ceux-ci s?ajoutent les ??hivernants??; c’est-?-dire ceux qui demeurent dans les postes de traite pour une p?riode de un ? trois ans.? Ceux-ci sont des voyageurs exp?riment?s, qui ont fait leurs preuves.? Souvent, ils ont le droit de faire la traite ? leur propre compte pour augmenter leurs revenus.

?????? Tous les ans, le d?part se fait ? partir de Lachine, ? Montr?al.? Chaque canot porte dix hommes, soixante ballots de marchandise de 90 livres chacun, six cent livres de biscuits, deux cent livres de sel et trois boisseaux de f?ves.? Ils sont plus gros que les canots du nord.? On les appelle les canots de « ma?tre ».

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??????? La compagnie de la Baie d?Hudson, quant ? elle, emploie des Irlandais et des ?cossais qui ne sortent pas vraiment des postes de traite.? La discipline de cette compagnie est tr?s s?v?re envers ses hommes; m?me si certains commandants de forts s?autorisent des libert?s qui, souvent, leur font perdre leur emploi.

?????? Au moment o? Simon McTavish devient l?un des dirigeants de la N.W.C., les r?gles de discipline deviennent encore moins restrictives.? On encourage les voyageurs ? la d?bauche et ? l?ivrognerie.? De sorte qu?? la fin d?un contrat, le voyageur apprend avec stupeur qu?il est d?biteur de la compagnie et que son gain ne suffit pas ? couvrir ses dettes.? Ceci le contraint ? signer un autre contrat pour la rembourser.? La compagnie s?assure ainsi des services constant de voyageurs exp?riment?s qui, seuls, sont capables de former les novices.

??? La plupart des voyageurs de la compagnie du Nord-Ouest sont des Canadiens.? On les estime sup?rieurs ? tous les autres pour leur force, leur endurance, leur souplesse, leur ob?issance et leur perp?tuelle bonne humeur; mais principalement, pour leur facilit? ? s’adapter aux m?urs des sauvages aupr?s desquels ils sont toujours bienvenus.

???????? Un article du Scott Magazine de 1841 indique que?:

???Les « voyageurs » canadiens sont peut-?tre les hommes les plus intr?pides, les plus infatigables, et, en m?me temps les plus joyeux que l’on puisse rencontrer. Leur t?che est de conduire les grands canots d’?corce de la puissante compagnie qui fait le commerce de fourrures au Nord-Ouest, qu’ils remontent charg?s de couvertures de laine, d’eau-de-vie, de poudre etc., etc., et qu’ils ram?nent pleins de ballots de fourrures du poids de 90 livres, pour qu’un homme puisse les transporter dans les portages.??.

?? ???? Un extrait d?un autre ?crit de l??poque nous fait vivre une descente de rapide?:

??Nous avions pris sept heures pour monter le Long-Saut.? Nous le descend?mes, je crois, en une demi-heure.?

??????? Notre bateau se lance au milieu des bouillons et est emport? avec la rapidit? de la fl?che ; il fournit une course effr?n?e.? Les mains saisissent fortement la planche du si?ge, le regard se fixe sur l’ab?me, les l?vres sont muettes et le c?ur palpite d’?motion.? Chaque fois que le bateau, comme pour s’effondrer, descend dans une cave, les Sauvages poussent du fond de leur poitrine un cri de joie sourd, le frisson vous passe par tout le corps.?

????? ?Vous diriez que l’embarcation emport?e ? l’?pouvante, va se briser sur un rocher; d?j? elle n’en est plus qu’? quelques pieds, mais soudain l’homme d’avant et le timonier l’ont vir?e bout pour bout, et elle continue sa route, sautant, bondissant, longeant un autre ab?me, montant et descendant sur le dos des vagues qui l’emportent comme des chevaux au galop.  »

????? Nos guides sont devenus d’autres hommes; ils ont perdu leur attitude lente et un peu nonchalante; l’?il dominateur, la t?te haute, la chevelure au vent, l’air inspir?, ils sont debout ? leur poste.? Leur commandement est bref, leurs mouvements sont vifs et saccad?s; ils se penchent sur la rame, se baissent et se relayent, et sautent d’un bord ? l’autre du bateau.? Puis, quand le pas p?rilleux est pass?, quand l’ab?me est franchi, il faut voir comme ils se redressent dans leur fiert?, une main sur la rame, le poing sur la hanche, triomphants; ils sont sublimes.

??????? Une fois dans ma vie j’aurais d?sir? ?tre guide de grand canot, c’aurait ?t? pour sauter le Long-Saut.??.

????? ? En mai 1792, Pierre est ? Lachine et il s?embarque pour la compagnie du Nord-Ouest vers le Nord.? L?exp?dition se lance sur le lac Des Deux-Montagnes, apr?s l?arr?t obligatoire au bout de l??le, pour demander la protection de la bonne Ste-Anne.? Quant on arrive au Petit-Rocher, sur la rivi?re Outaouais, un vieux voyageur commence ? raconter aux jeunes, l?histoire de Jean Cadieux?:

?????? ??Jean Cadieux ?tait un voyageur-interpr?te mari? ? une Algonquine.? Y passait d’ordinaire l’hiver ? la chasse, et, l’?t?, y traitait avec les sauvages, pour le compte des marchands.? C’?tait au temps des derni?res exp?ditions des Iroquois.? Cadieux avait pass? la saison de chasse au portage des Sept-Chutes, o? y??tait caban? avec quelques autres familles.? On ?tait alors au mois de mai et Cadieux attendait des sauvages de l’Ile et des ??Courte-Oreille?? (Outaouais), qui devaient descendre en m?me temps que lui, jusqu’? Montr?al avec des pelleteries.

??????? La plus grande tranquillit? r?gnait dans les abris du Petit-Rocher, lorsqu’un beau jour un jeune sauvage, qui ?tait all? r?der autour des rapides, en bas du portage, arriva tout essouffl? au milieu des familles dispers?es autour des cabanes, en criant : Nattaou? !? Nattaou? !? Les Iroquois !? Les Iroquois !

?????? Un parti de guerre iroquois est, ? ce moment-l?, ? environ une lieue en bas du portage des Sept-Chutes : Y savent que c’est le temps o? les canots descendent la Grande-Rivi?re venant des pays de chasse, et y veulent ?? faire coup??.

???? Y?a qu’un seul moyen pour leur ?chapper; c’est de tenter de sauter les rapides, chose ? peine croyable.? – Faut savoir qu?y sont pas drus (nombreux) les canots qui sautent les Sept-Chutes; dit le conteur.? -Mais c’est pas tout, y faut encore que quelqu’un reste sur place pour faire diversion, attirer les Iroquois dans le bois et emp?cher, une fois engag?s dans le portage, d??veiller leur attention sur les rapides et qu?y s?rendent compte de ce qui se passe.? Pour qui sait c?que c’est que les Iroquois de ce temps l?, y est facile de comprendre que sans ce stratag?me, l’examen des traces toute fra?ches, laiss?es dans les feuilles, les auraient fait mettre, tout de suite, ? la poursuite des fugitifs*?

???? ? Cadieux, ?tant le plus exp?riment? de tous, se charge de la p?rilleuse et g?n?reuse mission, en prenant avec lui un jeune Algonquin, dont y connait le courage et la fid?lit?.? Une fois la diversion termin?e, Jean et son compagnon se proposent de prendre le chemin le plus s?r pour rejoindre leurs gens, qui doivent envoyer de l?aide ? leur rencontre, en cas d’un trop long retard.

??????? On l?ve les cabanes.? Une fois pr?ts, Cadieux et son jeune compagnon, arm?s de leurs fusils, haches et couteaux, munis de quelques provisions, partent pour aller au-devant des Iroquois.? Y?est convenu que les canots quitteraient le couvert de la rive pour se lancer dans les rapides, d?s qu’on entendrait un ou? plusieurs coups de fusils venant de la direction du portage.?

????? ? Une heure ne s’est pas ?coul?e qu’un coup de fusil retentit, suivi bient?t d’un autre, puis de plusieurs.? Pendant cette lutte, au bruit des d?tonations, les canots engag?s dans les terribles courants, bondissent au milieu des bouillons et de l’?cume, plongent et se rel?vent sur la cr?te des vagues qui les emportent dans leur course.? Les habiles avironneurs, hommes et femmes, aux deux bouts de chaque canot, r?gularisent leurs mouvements, ?vitent les pointes ac?r?es des rochers, et retiennent, avec leurs avirons, ces fr?les canots d’?corce dans les « coul?es d’eau propices, » qu?y rep?rent dans l’?tat de la surface des ondes et la forme du courant.?

????? ? On s??tait recommand?, en partant, ? la bonne Sainte-Anne, et on prie tout le temps de la descente.? ? « Je n’ai rien vu dans les Sept-Chutes, racontait ensuite la femme de Cadieux, qui ?tait une pieuse femme.? – Je n’ai rien vu qu’une « grande dame blanche  » qui voltigeait devant les canots et nous montrait la route ! « ?

???? ???Les canots sont sauv?s, et, en peu de jours, hors d’atteinte des ennemis, au lac des Deux-Montagnes.? Mais que font Cadieux et son sauvage pendant tout ce temps, et que deviennent-ils ??

????? ?Voici ce qui s’est pass?, comme l?a racont? plus tard, quelques Iroquois et des gens envoy?s au-devant du brave interpr?te.?

???? ? Apr?s avoir choisi l’endroit le plus favorable pour les tenir hors de la vue de la rivi?re, y s?place en embuscade ? petite port?e du sentier, bien cach? dans d’?paisses broussailles.? Y?a embusqu? son sauvage ? quelques arpents plus haut pour faire croire ? la pr?sence de plusieurs partis, une fois l’affaire engag?e.? Jean laisse les Iroquois s’avancer dans le portage.?

????? ?Y laisse passer les ?claireurs Iroquois, qui fouillent de l’?il les bords du sentier, ainsi que les premiers guerriers porteurs des canots, jusqu’? ce que les ennemis atteignent l’endroit occup? par le jeune Algonquin.? Y?entend le coup de fusil de celui-ci et le cri d’un ennemi qui est atteint.

????? ?? Les Iroquois ainsi subitement attaqu?s, bondissent de surprise et font halte; mais avant m?me que les porteurs ne se soient d?livr?s de leurs charges, un second coup de fusil, tir? par Cadieux au milieu du convoi, abat un deuxi?me guerrier.?

?????? ?Cadieux a donn? rendez-vous ? son sauvage dans une savane peu ?loign?e du portage.? C?est vers cet endroit que tous les deux refoulent, en faisant, avec succ?s, le coup de feu ? l’abri des taillis.?

????? ? Le courage avec lequels les deux braves font la guerre ? leurs nombreux ennemis, n’emp?che pas, cependant, le jeune Algonquin de tomber sous leurs coups.? Y ne rejoint pas Cadieux au lieu du rendez-vous, mais y vend ch?rement sa vie.?

???? ? Pendant trois jours, les Iroquois battent la for?t pour retrouver les traces des familles, ne s’imaginant surtout pas qu’elles ont entrepris la descente des rapides.? Pendant ces trois jours, Y traquent, ?galement, le voyageur dans le bois.? Trois jours et trois nuits qui sont sans sommeil et sans repos pour le brave Cadieux.? Au bout de ce temps les guerriers Iroquois, d?sesp?rant de capturer les familles et de se rendre ma?tres de leur fantomatique adversaire, remettent leurs canots ? l’eau pour redescendre la Grande-Rivi?re vers le lac.?

?????? ??Plusieurs jours se sont ?coul?s depuis le d?part des familles du Petit-Rocher.? On avait eu connaissance du retour des Iroquois, et Cadieux n’?tait pas encore revenus.? Trois hommes partent donc pour aller ? la rencontre de l’interpr?te et de son compagnon.? Ces trois voyageurs remontent l’Outaouais jusqu’au Portage-du-Fort sans trouver de traces de quoi que ce soit.? Rendus l?, ils commencent ? observer les marques du passages des Iroquois, et plus haut, des signes qu’ils reconnaissent comme indiquant que leur ami avait s?journ? dans le voisinage.?

????? ? Quand, arriv?s au portage des Sept-Chutes, Y trouvent un petit abri construit de branches qui parait avoir ?t? abandonn?, y poussent un peu plus loin leurs recherches, pensant que Cadieux et son camarade ont peut-?tre ?t? oblig?s de remonter la rivi?re, pour se refugier chez les sauvages de l’Ile.?

????? ? Deux jours plus tard, c’est le treizi?me depuis la s?paration de Cadieux et des familles, y reviennent sur leurs pas apr?s avoir consult? les sauvages qu’y rencontrent.? Y sont cartains que leurs deux amis doivent maintenant, ?tre rendus au lac des Deux-Montagnes, ou qu?y sont morts.?

?????? ? En repassant de nouveau pr?s du Petit-Rocher, y?aper?oivent, de loin, sur le bord du sentier du portage, ? c?t? de la petite loge qu’y?avaient crue abandonn?e quelques jours auparavant, une croix de bois dont y s’approchent avec un respect m?l? d’un sentiment ?trange.?

?????? ?La croix est plant?e ? la t?te d’une fosse ? peine creus?e dans le sol.? Dans cette fosse git le corps encore frais de Cadieux, ? demi enseveli dans des branches vertes.? Les mains du mort sont jointes sur sa poitrine, o? repose un large feuillet d’?corce de bouleau couvert d’?criture.?

???? ? ?Les voyageurs ramassent cette ?corce qui doit leur r?v?ler le myst?re de la mort de leur ami, et leur en expliquer les circonstances extraordinaires.? Celui d’entre eux qui sait lire d?chiffre les ?critures confi?s ? ce papier des bois, et les relit plusieurs lois, en face du cadavre ? peine refroidi du brave Cadieux.

????? ? De tout ce qu’y voient autour et de ce qui est ?crit sur cette ?corce, les voyageurs concluent que le pauvre Cadieux, le cerveau ?puis? par la fatigue, les veilles, l’inqui?tude et les privations, a fini, comme c’est presque toujours le cas dans ces circonstances, par errer ? l’aventure jusqu’? ce qu’y soit revenu ? l’endroit m?me d’o? y??tait parti.? Qu’une fois arriv? l?, y?a v?cu « sans dessein, » suivant l’expression du conteur, pendant quelques jours, se nourrissant de fruits et d’un peu de chasse, sans faire de feu dans sa petite loge de crainte des Iroquois, en s’affaiblissant de jour en jour.

????????? Y les avait reconnus apr?s examen, mais l’?motion et la joie de les voir avait produit en lui un choc tel, qu’y??tait rest? sans parole et sans mouvement.? Apr?s leur d?part, ayant enfin perdu tout espoir, se sentant pr?s de mourir et retrouvant un peu de force dans ces moments solennels, y?avait ?crit ses derniers adieux au monde des vivants.? Y?avait fait les pr?paratifs de sa s?pulture et mis la croix sur sa tombe.? Y s’?tait, ensuite, couch? dans sa fosse, avait amoncel? de son mieux, sur lui, les branches dont son corps ?tait recouvert, pour attendre ainsi, dans la pri?re, la mort qu’il comprenait ne devoir point tarder ? venir.?

????? ?Jean Cadieux ?tait voyageur, po?te et guerrier.? Ce qu’y?avait ?crit, sur l’?corce dont on parle, est son ??chant de mort??.? Avant de se coucher dans cette froide tombe du portage des Sept-Chutes, l’imagination de celui qui avait tant v?cu avec la nature s’?tait exalt?e.? Pis comme y?avait l’habitude de composer des chansons de voyageurs, y?avait ?crit sur ce feuillet de bois son dernier chant.

Voici cette « Complainte de Cadieux, » ?crite par lui-m?me sur de l’?corce, au Petit-Rocher des Sept-Chutes, avant de s??tendre dans la fosse creus?e de ses mains :??

????? ?Et le conteur se met ? chanter?:

Petit-Rocher de la Haute-Montagne,

Je viens ici finir cette campagne !

Ah,? doux ?chos, entendez mes soupirs.

En languissants, je vais bient?t mourir !

Petits oiseaux, vos douces harmonies,

Quant vous chantez, me rattachent ? la vie :

Ah ! Si j’avais des ailes comme vous,

Je s’rais heureux avant qu’il fut deux jours !

Seul dans ces bois, que j’ai eu de soucis,

Pensant toujours ? mes si chers amis ;

Je demandais : h?las ! Sont-ils noy?s?

Les Iroquois les auraient-ils tu?s?

Un de ces jours que m’?tant ?loign?,

En revenant je vis une fum?e ;

Je me suis dit : ah ! Grand Dieu ! Qu?est ceci ?

Les Iroquois m’ont-ils pris mon logis?

Je me suis mis un peu ? l’ambassade.

Afin de voir si c’?tait embuscade ;

Alors je vis trois visages fran?ais.

M’ont mis le c?ur d’une trop grande joie !

Mes genoux plient, ma faible voix s’arr?te,

Je tombe. . . .h?las ! ? partir ils s’appr?tent :

Je reste seul. . . .pas un qui me console,

Quand la mort vient par un si grand d?sole !

Un loup hurlant vient pr?s de ma cabane.

Voir si mon feu n’avait plus de boucane !

Je lui ai dit : Retire-toi d’ici ;

Car par ma foi, je perc’rai ton habit !

Un noir corbeau volant ? l’aventure.

Vient se percher tout pr?s de ma toiture ;

Je lui ai dit ; mangeur de chair humaine,

Va-t-en chercher autre viande que mienne.

Va-t-en l?-bas dans ces bois et marais.

Tu trouveras plusieurs corps iroquois ;

Tu trouveras des chairs, aussi des os ;

Va-t-en plus loin, laisse-moi en repos !

0 Rossignolet, va dire ? ma ma?tresse,

A mes enfants, qu’un adieu je leur laisse,

Que j’ai gard? mon amour et ma foi,

Et d?sormais faut renoncer ? moi !

C’est donc ici que 1′ monde m’abandonne,

Mais j’ai recours en vous Sauveur des hommes?

Tr?s-Sainte Vierge, ah! M?abandonnez pas,

Permettez-moi d’ mourir entre vos bras !?

???? ?? Il poursuit en disant?:

????? Les Canayens pleurent en lisant, sur l’?corce, le chant de mort du brave Cadieux.? Y consolident la croix de bois, remplissent la fosse qui contient les restes de cet homme fort, ?l?vent un tertre sur cette tombe solitaire, et prient pour le repos de l’?me de leur ami.

????? ?Le conteur cesse de parler et jette un regard sur ses auditeurs qui restent songeurs.?

???? ? Le chef d?exp?dition se l?ve en se claquant sur les genoux et s??crie?: ??-Bon! C’est fini le br?illage !? Ceux qu’y’on pas eu l’temps, vous braillerez en r’venant!? Allez !? Ouste !? On d?guerpit !??? Et tout le monde, ?clatant de rire, embarquent dans les canots.

? suivre

?????????????????????????????????????????????????????????????????????????????? ?lie L?Artiste

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