Accueil / T Y P E S / Articles / LES SERRURIER NE DESCENDENT PAS D’UN SERRURIER

LES SERRURIER NE DESCENDENT PAS D’UN SERRURIER

Chronique?: ?chos de la Nouvelle-France

Pierre Biron

?

LES SERRURIER NE DESCENDENT PAS D?UN SERRURRIER

L?histoire d?un immigrant bien int?gr?

Introduction

On retrouve seulement 39 abonn?s t?l?phoniques portant ce nom au Canada en cliquant sur ??canada411??; ils sont r?partis surtout en Mont?r?gie et dans Ottawa-Gatineau. Ils ne savent pas que l?immigrant dont ils portent le patronyme n??tait pas un monsieur Serrurier ? l?arriv?e et n??tait pas non plus serrurier de m?tier.

Voici donc la petite histoire expliquant pourquoi les Serrurier du Qu?bec descendent plut?t d?un alsacien Johannes Schlotz devenu Jean Serrurier dit l?Allemand moins de 4 ans apr?s son arriv?e en Nouvelle-France et son installation comme colon et ma?on dans la seigneurie de Vaudreuil[1].

L?histoire commence ? Strasbourg

Antoine Schlotz est un ressortissant alsacien de Strasbourg, r?gion du Bas-Rhin autrefois allemande ? c?est l? que Gutenberg inventa l?imprimerie – mais devenue fran?aise apr?s le si?ge victorieux de Louis XIV en 1681.

Son nom de famille est bien allemand. Il prend pour ?pouse une certaine Elizabeth – pr?nom qui peut ?tre aussi bien Allemand que Fran?ais – dans la magnifique cath?drale gothique Notre-Dame de Strasbourg alors nomm?e St-Laurent de Strasbourg, et cela se passe vers 1734-35.

Le couple aura un fils, Johannes Schlotz, probablement baptis? dans cette ?glise vers 1736-7. C?est lui le pionnier.

Le jeune Johannes traverse l?Atlantique

Notre jeune aventurier ?migre d?abord de l?Alsace ? Rotterdam, Hollande, 600 km au nord. Il a du emprunter le Rhin. Puis vers en ?t? 1751 il s?embarque sur le navire Neptune accompagn? d?un certain Philip Henry Schlotz, peut ?tre un fr?re ou un cousin dont on aurait anglicis? les pr?noms. Les deux comp?res parviennent ? la Pennsylvanie ? la fin de l??t? et y pr?tent serment d?all?geance ? l?Angleterre car les colonies anglaises ne sont pas encore ind?pendantes[2].

Aboutit ? Vaudreuil en 1755

Quatre ans plus tard Joannes ?migre de la Pennsylvanie au Bas-Canada et aboutit en 1755 dans la seigneurie de Vaudreuil. Peut-?tre par voie d?eau. On l?ignore. Et sans son compagnon Philip Henry Schlotz.

Notre immigrant alsacien obtient en ao?t 1757 du Marquis de Vaudreuil, ? trois ans de la reddition de Montr?al, la concession d?une terre situ?e dans la Seigneurie de Vaudreuil, plus pr?cis?ment pr?s de la ??Petite rivi?re?? ? la C?te de Quinchien.[3] ?On l?identifie sur les contrats notari?s comme ?tant Jean Chelosse, habitant (cultivateur, ma?on) de cette seigneurie. Le pr?nom ?tait donc d?j? francis? au mois d?ao?t mais le patronyme demeurait allemand.

Notre h?ros ne perd pas de temps.

C?est ? Ste-Anne-de-Bellevue le 3 octobre 1759 qu?il convole en justes noces avec Madeleine Gougeon dit Bougon, r?sidente des C?teaux St-Pierre qui comprenait alors Lachine et Montr?al Ouest actuels. On l?avait surnomm?e Manoche Goujon. L?acte de mariage mentionne que Jean Chelosse est Allemand de nation, a 23 ans, et est originaire de Strasbourg, Bas-Rhin.

On l?appelle cependant moins souvent Jean Chelosse dit l?Allemand et plus souvent Jean Serrurier. Voil? donc que le patronyme est son tour francis?, en octobre.

Pourquoi Serrurier ?

Pourquoi ??dit Serrurier??? Peut ?tre qu?on lui a demand? la signification du terme schloss en allemand et qu?il aurait correctement r?pondu?: serrure et ch?teau. Son entourage aura retenu serrure. Il n?a jamais sign? Jean Serrurier mais on l?appelle ainsi. On le nomme aussi Jean Serrurier dit l?Allemand. Et il laisse faire, il s?int?gre. Sa femme, sa soci?t? d?accueil, les autorit?s, sont fran?aises. S?il signe toujours son nom en allemand, vraisemblablement sa langue maternelle.

On sait qu?en janvier 1760 il signe Chelosse sur un contrat de vente d?une terre sur la m?me seigneurie ? un ami et compatriote Jacob Chemie. Les deux sont qualifi?s d?Allemands de nation et les deux r?sident dans la dite seigneurie. Ce monsieur Chemie avait ?t? parrain du fils Jacques Serrurier baptis? fin 1759 ? Ste-Anne-de-Bellevue.

Au bapt?me de sa fille en novembre 1763 ? Oka, il signe Joannes Schloz mais au bapt?me d?une autre fille dans la m?me paroisse en 1765 on le dit ??serrurier de m?tier??, confondant la traduction de son patronyme avec un m?tier.

On ignore les circonstances de son d?c?s.

Transmission du nom de famille

Jean Serrurier alias Johannes Schlotz eut 7 enfants mais seulement 2 fils qui transmirent le patronyme puisqu?? l??poque toutes les femmes mari?es prenaient le nom de famille de leur ?poux. En sorte que plusieurs personnes qui ne portent pas ce nom peuvent quand m?me descendre de cet alsacien sans le savoir, ? moins de connaitre leur ascendance compl?te jusqu?? l?arriv?e des pionniers.

Le premier fils de la seconde g?n?ration Jacques Serrurier n? en 1659 ? Ste-Anne de Bellevue ?pousa ? Vaudreuil en 1784 sa cousine germaine Marie-Jos?phe Gougeon apr?s obtention, ?videmment, d?une dispense au 2e degr?. Ils eurent 7 enfants dont 5 fils.

Le deuxi?me fils de la seconde g?n?ration, Jean-Baptiste Serrurier, n?eut que des filles de son premier mariage en 1795 avec Louise Masson-DuTremblay mais, de son second mariage en 1819 avec Ang?lique Bourbonnais, il eut deux fils.

Les vestiges du dit l?Allemand appos? apr?s le patronyme Serrurier se retrouvent dans les registres de quelques descendants sur au moins 7 g?n?rations, ce qui est attest? par le certificat du mariage de Charlemagne Serrurier dit Lallemand le 17 juillet 1937 ? St-Paul de Montr?al.


[1] Soit dit en passant des Serrurier am?ricains descendent d?un autre immigrant qui, lui, ?tait 100% Fran?ais

[2] *Names of foreigners who took the Oath of Allegiance in Pennsylvania between 1727-1775, with foreign arrivals, par William Henry Egle, MD.? Le titre de la page 341 o? parait Johannes Schlotz est?: List of Foreigners imported in the ship Neptune, James Weir their captain, from Rotterdam, qualified September 23th 1751

[3] Le rang Quinchien est le plus ancien de Vaudreuil, inspir? de l’am?rindien Quenechouan d?signant les rapides entre Vaudreuil et Ste-Anne-de-Bellevue

Commentaires

commentaires

A propos de

avatar

Check Also

Un tsunami vert

Les mouches auraient donc changé d’âne, lors du second tour des municipales ? Cette expression, venue ...