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Les sans-culottes ou la d?rive conformiste de l’hypersexualisation

En effet, si dans les ann?es soixante la lib?ration sexuelle semblait correspondre avec une ?mancipation plus g?n?rale de la population, le constat est diff?rent aujourd’hui. Les sans-culottes (? ne pas confondre ?videmment avec les r?volutionnaires fran?ais) n’ont pas la moindre revendication politique et leur action en est surtout une d’affirmation individuelle, la participation ? une sorte de nouvelle mode vestimentaire devant, suppos?ment, affirmer la diff?rence de celui ou celle qui y participe.

Bref, en ce sens, ce mouvement n’est pas diff?rent de celui des tatouages dans le bas du dos chez les filles, ou sur l’avant-bras chez les hommes, ou des piercings dans la langue ou dans le nez : d’un processus d’individualisation, au d?but, il y a eu d?rive vers une uniformisation, voire un conformisme. De gens qui d?siraient afficher leur affranchissement sexuel on est pass? ? un groupe quasi-homog?ne d’individus se conformant ? cette nouvelle mode.

Christian Ghasarian pose la question dans le dernier Diplo :

« Une contre-culture institutionnalis?e demeure-t-elle une contre-culture ? L’actuelle diversification sociale se caract?rise par un m?lange des genres et une difficult? r?currente ? classer les actions des uns et des autres dans la norme ou la d?viance, dans le conformisme ou « l’ avant-garde ». »

En somme, qui est le plus individuel : celui qui fait comme les autres soi-disant lib?r?s ou celui qui est r?ellement lui-m?me et n’ob?it ? aucune mode ?

Parall?lement, on peut se poser la question ? savoir si cette hypersexualisation ne serait pas plut?t le signe d’un manque de libert? plut?t que le contraire. Aldous Huxley soulignait, dans son mythique roman « Le meilleur des mondes », que plus une soci?t? est contr?l?e et totalitaire plus la libert? sexuelle y est encourag?e. Cela se comprend : la sexualit? lib?re une grande partie des tensions accumul?es par des gens en manque de libert? et la canalisation de cette frustration vers le sexe ne nuit pas au pouvoir en place.

En ce sens, l’hypersexualisation que constitue le ph?nom?ne des sans-culottes ne constitue pas une preuve d’avanc?e soci?tale, mais plut?t le signe d’un manque de libert? et d’un conformisme triomphant instituant de nouvelles normes ? respecter pour qui d?sire retrouver un sens d’identification collective dans une soci?t? de plus en plus d?sint?gr?e socialement.

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  1. avatar

    La question est posée : L’hypersexualisation s’accorde-t-elle comme phénomène de contre-culture (dans un sens générationnel), à savoir une réponse à celle qui l’a précédée ? Est-ce encore là une émancipation sociale réelle, ou plutôt l’amenuisement des efforts féministes du XXe siècle et un retour -dans sa nouvelle configuration -à l’homme dominateur ?

    L’atomisation du sujet social -l’individualisme plus généralement- rend compte de cette perte d’autorité et de resserrement donnant ainsi lieu à ce qu’on pourrait appeler des « ’déviances ’’ outre mesure, ou des pratiques sociales hypersexualisées.

    Le recul historique nous permettra mieux de saisir ce pullulement de comportements sexualisant. Jusqu’ici ces comportements brumeux rendent difficile l’analyse à moins de se référer au livre empoussiéré de Freud, d’Adler et de C. Jung.

  2. avatar

    je ne porte pas de culotte sous mes minijupes hypercourte et j’adore, même l’hiver je suis toujours très courte avec les cuisses nues !