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Les sacrifi?s et les r?fugi

?avions

Je dois r?ellement remercier Mathieu Bock-C?t?. C?est fou comment ses r?centes chroniques m?inspirent. Plus pr?cis?ment, c?est sa chronique ??Ceux qui paient et ceux qui fuient?? qui m?interpelle en ce moment.

Dans cette chronique, il pointe un doigt accusateur envers ceux qui ??fuient?? le Qu?bec. Je soup?onne qu?il r?prouve qu?un nombre de plus en plus ?lev? de qu?b?cois d?cident de partir vers des cieux plus cl?ments, ou s?ils ne peuvent partir, ils pr?parent leurs enfants ? le faire, comme l?a r?cemment avou? Joseph Facal dans sa propre chronique. Selon M. Bock-C?t?, ces gens souffrent d?un manque de patriotisme et de sens du sacrifice. Ils devraient plut?t se laisser saigner pour leur patrie.

Du sang, de la sueur et des larmes

Pour ?toffer son argument, il cite le fameux ??blood, sweat and tears?? de Churchill, mais humblement, je lui rappellerais que le Qu?bec ne souffre certainement pas des m?mes circonstances et il n?y a certainement pas un tyran d?outre-fronti?res qui fait pleuvoir des bombes sur la ville de Qu?bec, comme ce f?t le cas ? Londres en 1939. Dans notre cas, l?ennemi ne vient pas de l?ext?rieur mais de l?int?rieur. Notre ennemi est notre propre classe politique et le gouvernement qu?elle contr?le, pas un m?galomane ? la t?te d?une nation ?trang?re. Lorsque votre patrie est attaqu?e, il est normal de la d?fendre jusqu?? la mort, mais quelle all?geance doit-on ? un pays qui cherche ? nous enchainer un maillon ? la fois? Bl?mait-on les r?fugi?s qui ont risqu? leur vie en traversant le mur de Berlin ou le d?troit de la Floride? J?admettrai? d?embl?e que le Qu?bec ?n?est pas le bloc sovi?tique ou Cuba, du moins, pas encore; mais il est n?anmoins engag? sur la m?me route qui conduit ? la servitude.

Les r?fugi?s

Il est vraiment dommage que peu de qu?b?cois soient familiers avec les ouvrages ??La Route de la Servitude?? de Friedrich Hayek et ??La Gr?ve?? d?Ayn Rand. Le premier explique o? le Qu?bec s?en va et le second pourquoi beaucoup d?cident tr?s rationnellement de ne plus y participer. Ces deux ouvrages enseigneraient ? nos c?g?piens bien plus sur comment fonctionne le vrai monde que les br?lots de nos petits r?volutionnaires en culotte courtes qui baignent depuis leur naissance dans la culture du ??tout m?est d???. Dans ??La Gr?ve?? particuli?rement, l?auteure nous d?crit un monde qui a largement succomb? aux cons?quences de l??tat-providence et o? les ?tats-Unis, dernier bastion, est en train de rejoindre le reste du monde ?? vitesse grand V. Le personnage principal, John Galt, un inventeur de talent, d?cide qu?il ne veut plus participer ? une soci?t? qui exploite son talent et se r?fugie dans une vall?e qu?il baptise Galt?s Gulch.? Il arrive ? convaincre d?autres hommes de talent, financiers, industrialistes, ing?nieurs, etc.,? ? l?y rejoindre, causant un exode des cerveaux, mettant graduellement le pays en crise.

Sous bien des aspects, le Qu?bec ressemble beaucoup au monde qu?a d?peint Ayn Rand en 1957. Avec? son gouvernement de plus en plus interventionniste qui d?nigre l?investissement priv?, tue tr?s litt?ralement les opportunit?s entrepreneuriales et ?touffe les entreprises par la paperasse et les taxes. Est-il surprenant que les prospects ?conomiques soient si limit?s ici? Est-il vraiment surprenant qu?avec des opportunit?s restreintes d?enrichissement personnel? et un r?gime fiscal plus ?touffant que partout en Am?rique du Nord, que de plus en plus de qu?b?cois de talent d?cident d?imiter John Galt? Chose certaine, si je venais de graduer de l?universit? que je savais ce que je sais maintenant,? je consid?rerais s?rieusement de partir ? la recherche de Galt?s Gulch.

Je comprends tr?s bien cet attachement qu?ont les gens envers leur lieu de naissance. C?est g?n?ralement l?endroit o? vivent? encore ceux qui nous sont chers et o? sont enterr?s nos parents et grands-parents.? C?est donc normal d?y ?tre attach?.? Lorsque cette terre est menac?e, ce sont nos familles et tous ceux qui nous sont chers qui sont menac?s, il est donc normal de vouloir se sacrifier pour qu?ils soient sains et saufs. Comme p?re de famille, il n?y a rien que je ne ferais pas pour prot?ger les miens. Mais jusqu?o? doit aller le sens du sacrifice? Doit-il aller jusqu?? s?enchainer pour payer une dette engendr?e par la frivolit? et l?irresponsabilit? de ceux qui nous ont pr?c?d??

C?est ce que Mathieu Bock-C?t? voudrait que nous fassions. Il ne s?agit pas ici de simplement payer sa part, mais la part de nos parents et grands-parents qui a ?t? pellet?e par en avant depuis plusieurs d?cennies par une classe politique irresponsable.? Quel parent est en droit de faire ce genre de demande ? ses enfants appauvris par sa faute? Peut-on bl?mer les jeunes de fuir?

C?est l??conomie, stupide! (Bill Clinton)

M. Bock-C?t? a raison sur un point?: l??conomie n?est pas que des colonnes de chiffres. L??conomie c?est tous les ?changes volontaires? qui ont lieu entre les individus d?une soci?t?. C?est le fondement m?me d?une soci?t? puisque ce sont la production et les ?changes qui am?nent les individus ? coop?rer entre eux.? L??conomie, c?est l?action humaine et sans action humaine, point de soci?t?.? Une de ses r?gles cardinales est que nous ne pouvons pas (moralement) consommer plus que nous produisons. Or, c?est ce que nous faisons depuis maintenant plus de 50 ans. ?Nous avons d?pass? de loin le stade o? nous demandons ? ceux qui paient? de payer un peu plus cher pour les services qu?ils re?oivent, nous leur demandons de payer m?me pour des services qu?ils n?ont m?me pas consomm?s et dont ils ne jouiront jamais sans qu?ils n?aient eu un mot ? dire. Ceux qui seront sacrifi?s ne seront pas seulement les riches, mais les jeunes qui sont plus mobiles que jamais.

Si la majorit? d?entre nous avions une compr?hension de l??conomie, nous saurions tous quels incitatifs tordus le socialisme incorpore ? notre soci?t? pour que les gens agissent comme ils le font pr?sentement. Nous saurions tous qu?une fiscalit? oppressive d?courage le travail, que de taxer les entreprises ?quivaut tout simplement ? taxer les particuliers une deuxi?me fois et d?courage l?investissement et la cr?ation de richesse. Et plus encore, nous cesserions d?entretenir cette haine maladive de la richesse. Et personne n?aurait envie de fuir le Qu?bec.

PHILIPPE DAVID

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