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Les retards de l’A380

Les articles sur le retard de 18 mois de l’A380 sont affligeants ! Ils ne m?ritent pas d’?tre lus. Bref, encore une fois, force est de constater que le monde journalistique est totalement ?tranger au monde industriel.

Pour leur information rappelons qu’un grand projet c’est une prise de risque en terme de retour sur investissement, de technologie, de co?ts et de planning. On ne sait pas tout ? fait o? l’on va, ni comment, ni avec qui, ni pour combien, ni quand on arrivera et ce que l’on gagnera. C’est ainsi. Il faut ?galement savoir que la grande complexit? de tels projets ?chappe en partie ? l’analyse : le « syst?me A 380 », comme tous les grands syst?mes complexes n’est pas totalement observable. Il a suffi que, dans l’une des usines, ne soit pas utilis? le bon logiciel pour monter le cablage, pour que toute la cha?ne de fabrication grippe. Un grain de sable au mauvais moment… Il en est de m?me, par exemple, pour les Navettes de la NASA : trop complexes pour ?tre totalement ma?tris?es, les Navettes enregistrent des d?rapages budg?taires et des retards de lancement – sans oublier les accidents au sol et en vol. Il en est ainsi des projets innovants ; d’autres, plus classiques, – comme par exemple le Tunnel sous la Manche – prennent aussi des retards importants. Parfois on r?ussit le pari industriel – en terme de co?t, de d?lais, de rentabilit? etc. – comme, par exemple, ce fut le cas pour le Viaduc de Milau ou encore celui de Corinthe, sans remonter ? la Tour de Monsieur Eiffel (encore que ce dernier n’ait pas anticip? les recettes d’une fr?quentation centenaire !). Mais malgr? ces bons exemples, il n’est pas possible d’?liminer le risque ; le facteur chance s’invite dans le syst?me…

L’a?ronautique m?rite donc mieux que ce traitement « petit bras » de la presse qui monte en ?pingle un retard comme en connaissent tous les grands programmes industriels. Cet avion devra voler cinquante ans ou plus ; alors que repr?sente un retard de livraison de quelques mois ? Le surco?t qui en est r?sult? sera rapidement effac? si le succ?s commercial est l?. Dans le cas contraire… c’est un nouveau Concorde qu’on aura sur les bras ! Et ce retard de 18 mois n’appara?tra que comme une p?rip?tie par rapport au gouffre financier abyssal qui s’ouvrirait devant l’a?ronautique europ?enne. Mais le succ?s est l?… c’est certain.

Reste le cas du « d?lit d’initi? » de quelques dirigeants. C’est un autre sujet qui n’a rien ? voir avec le programme de l’A380.

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