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Les r?seaux sociaux sur Internet sont-ils au service de la coh?sion sociale ?

? chaque continent ses pr?f?rences : les bebo, MySpace, Skyblog, Facebook, Netlog, etc. de ce monde changent la donne en mati?re de r?seautage social. Depuis que la possibilit? de produire du contenu (texte, image, vid?o) facilement sur le Web a explos?, les sites o? il est possible de b?tir des liens et d’interagir sans jamais se trouver au m?me moment au m?me endroit foisonnent. M?me les plates-formes de contenus g?n?r?s par les utilisateurs poss?dent maintenant leur composante sociale ; celles ax?es sur le vid?o connaissent les plus belles progressions. En cette fin de f?vrier 2008, un magazine en ligne qu?b?cois titrait qu’il y aurait « bient?t 75 millions de clips sur YouTube » !

La question de l’utilisation des sites de r?seaux sociaux posant de moins en moins de doute, il demeure que le sens ? donner ? toutes ces fr?quentations Web vaut bien quelques r?flexions, ?tant donn? que toutes les statistiques paraissant sur les cat?gories d’utilisateurs font une belle place aux « jeunes » de moins de trente-cinq ans. Il y a fort ? parier que « les relations » construites par ces personnes risquent d’?tre influenc?es par ces nouveaux moyens de correspondre et d’interagir… et qu’elles risquent d’influencer, pour quelques ann?es du moins, la coh?sion sociale.

Le cœur de la probl?matique semble toucher la construction de l’identit?, qu?te existentielle chez les jeunes et rep?re pr?cieux pour ceux qui ? l’?ge adulte veulent projeter une image la plus proche possible de ce qu’ils savent d’eux-m?mes. Certains individus allant m?me jusqu’? profiter des moyens virtuels pour s’affranchir de celle qui leur p?se sur les ?paules dans le quotidien r?el de la vie de tous les jours.

Dans un article paru r?cemment sur « Internetactu.net », une certaine “th?orie du signal” serait invoqu?e pour aider chacun ? s’y retrouver :

« L’id?e de cette th?orie est que nous ne pouvons jamais savoir avec certitude si les informations qu’affichent les personnes sont vraies ou fausses, mais que nous pouvons en revanche nous fier ? des signaux qui indiquent avec plus ou moins de fiabilit? la pr?sence de la qualit? revendiqu?e. »

Les sites de r?seaux sociaux auraient donc le potentiel « d’ajouter de la confiance ? des liens faibles »* en agissant comme des « r?v?lateurs viraux ». Pour qui veut bien croire que tout ce qui facilite les ?changes est un progr?s et constitue un signe d’avancement de nos soci?t?s, la valeur ajout?e des informations contenues dans ces « hauts lieux » prend beaucoup d’importance.

J’assistais r?cemment ? une conf?rence o? l’auteur du best-seller am?ricain « The Wisdom of Crowds » vantait la sagesse des foules ? condition que trois ingr?dients soient pr?sents au sein d’un groupe :

  • L’ind?pendance des opinions
  • La diversit? des acteurs
  • Le fait qu’il existe des processus d’agr?gation

Pourrait-on postuler que les sites de r?seaux sociaux agissent en tant que levier favorisant la coh?sion sociale partant du principe qu’ils agr?gent les donn?es fournies de fa?on libre et volontaire par les utilisateurs dans une relative diversit?, si on tient compte d’une certaine fracture num?rique non encore r?solue ? Surowiecki ajoutait dans son allocution que le comportement individualiste dans les « foules intelligentes » ?tait garant de meilleurs r?sultats qu’une tendance au conformisme qui rend les groupes trop homog?nes « vuln?rables » quand vient le temps de bien pr?dire la direction ? prendre ou le comportement ? adopter.

L’utilisation massive des r?seaux sociaux est jeune et il serait bien pr?somptueux de garantir que leur utilisation augmente ? coup s?r la coh?sion sociale. Au mieux, peut-on affirmer que ce genre de sites nous apprenne des choses sur des gens qui peuvent servir dans nos rapports avec eux. Dans un document qu’il pr?pare actuellement dans le cadre du « SAP Global Survey Report », Shel Israel nomme quelques d?couvertes qui l’animent beaucoup au sujet des r?seaux sociaux . Une d’entre elles me para?t ?tre pertinente en terminant cet article (traduction libre de Michelle Blanc) :

« ?tant donn? que la g?ographie est de moins en moins une barri?re ? la communication « pair-?-pair », les diff?rences culturelles s’amoindrissent. Il y a de plus en plus d’indications de l’?mergence d’un creuset culturel mondial ? long terme. Cependant, ? court terme, la langue et la culture d’origine demeureront importantes et devront s’inscrire dans toutes strat?gies communicationnelles. »

Y a-t-il un meilleur facteur de coh?sion sociale que l’abaissement des barri?res qui nous emp?che de mieux nous comprendre et d’interagir ?

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3 Commentaire

  1. avatar

    Complément d’information sous un autre angle chez Les Explorateurs du Web : « Est-ce que les réseaux sociaux détruisent les relations « offline » ? »

  2. avatar

    À mon avis Facebook connaît le succès justement parce que les jeunes n’ont pas appris à nouer des relations sociales ; je ne parle pas de prendre le thé en tenant sa tasse le petit doigt relevé, ou un scotch adossé à la cheminée du salon nécessairement, quoique… Bref, chez les humains tout est apprentissage, et si on n’a pas appris, on improvise (si le besoin existe, on le comble comme on peut).

  3. avatar

    Mario

    Je suis fasciné par un aspect de ces nouveaux réseaux sociaux – et vous en avez touché un mot -, cette géographie qui est de moins en moins une barrière à la communication « pair-à-pair ». Nous étions fascinés, à une certaine époque, par la vision d’un McLuhan qui prédisait son grand village planétaire. Incroyable comme tout évolue rapidement. Si se faire des amis, développer des contacts et se créer un réseau distinct pouvaient mener vers une formidable connaissance de l’autre, nous aurions avancé de quelques pas dans le magma de l’humanité.

    Pierre R. Chantelois