Accueil / A C T U A L I T É / Les profiteurs de guerre oubliés (21) : les agresseurs à la feuille d’érable (*)

Les profiteurs de guerre oubliés (21) : les agresseurs à la feuille d’érable (*)

Je ne pouvais pas non plus évoquer ce marché de profiteurs de guerre sans parler des canadiens, des précurseurs en la matière, ou plutôt ceux qui se sont développés parmi les plus rapidement, car l’entreprise est relativement jeune encore (elle est à peine adolescente, elle n’a que 16 ans d’existence !). Mais elle a visiblement les dents longues et une vue peut-être plus à plus longe portée que ses confrères US, car elle a compris que le marché du futur était ailleurs… en Europe, en posant un pied bien assuré en Allemagne, en faisant la nique au passage à un énorme groupe, BAE pour ne pas le citer.  Ces agresseurs venus du froid risquent fort de faire aussi bientôt parler d’eux dans leur propre pays, s’ils ne se font pas doubler par un concurrent hybrides une autre société canadienne associé au Wonderboy de chez Draken…

Cela commence avec trois vétérans, trois canadiens, Didier Toussaint, Paul Bouchard et Dave Jennings, trois « Fighter Weapons Instructors » sur CF-18 Hornet dans l’armée canadienne. En 2000, le Canada met (enfin)  à la retraite ses vieux « Shooting Star », des Canadair CT-133 Silver Star du 434 CSS et du 414e ESC exactement comme avion d’entraînement (ils dataient de 1951, c’est celui des aventures de Tanguy et Laverdure en BD !), et ne garde que deux malheureux  deux jets d’affaires Challenger,  qui ont été aménagés pour le brouillage électronique. Le Canada n’a en fait rien prévu pour entraîner ses pilotes, qui doivent donc nécessairement débuter directement sur le Hornet ou se rendre aux USA pour passer par la case Talon T-38. T-33Le gouvernement mettra cinq ans à s’apercevoir qu’une petite entreprise privée appelée alors Top Aces lui propose depuis 2000 de former ses pilotes sur de véritables avions d’entraînement venus d’Allemagne et reconnus comme excellents appareils de formation (la Patrouille de France les utilise toujours) : des Alpha Jet, qui, ayant commencé avec 8 exemplaires seulement sont désormais 16 appareils effectifs (depuis 2007 le nombre d’Alpha Jet est en fait passé en fait à 21, avec cinq exemplaires constamment en maintenance), plus un Challenger de  brouillage électronique et deux Westwind 1124 de chez IAI. En 2005, Top Aces signe donc son premier contrat de formation avec le gouvernement canadien. C’est un beau pactole de 94 millions de dollars qui s’ouvre ! Le contrat se divisait en fait en quatre sous- contrats répartis en 4 régions avec leur base propre à savoir la based’Halifax (en Nouvelle Ecosse) de Bagotville ( au Québec) de Cold Lake ( en Alberta) et de Victoria.

alpha jet canadaSelon l’excellent article d’Air Fan le choix des Alpaha Jet s’est imposé de lui-même; tant l’avion est sain et tant il peut aussi facilement évoluer. « Pour Top Aces, le principal avantage de l’Alpha Jet résidait dans sa simplicité de mise en oeuvre. « Cest un avion très sain et très facile à piloter, reprend Didier Toussaint. La transformation ne demande que trois semaines et dix heures de vol seulement pour un pilote expérimenté, issu du CF – 18 par exemple. Nos appareils ont été équipés de sièges éjectables zéro- zéro Martin- Baker Mk. 10L. à la place des modèles Stencel utilisés par la Luftwaffe, et leurs cockpits ont été traités bas niveau de lumière afin de les rendre compatibles avec l’emploi de jumcoxkpitelles de vision nocturne. Pour le volet guerre électronique, ils emportent des nacelles de brouillage A100 fourmes par la RCAF et mises en oeuvre par des spécialistes du *114 e Escadron de soutien de guerre électronique. » Les Alpha Jet A de Top Aces ont aussi été dotés d’une nouvelle planche de bord avec écrans multifonctions pour accroitre la Situational Awareness ( perception de l’environnement tactique), mais nous n’en saurons pas plus, car les dirigeants de l’entreprise ne souhaitent pas s’étendre sur l’ampleur des transformations. Sans doute pour conserver un avantage lors du renouvellement du contrat qui interviendra en 2016 pour la période 2017-2031. » Les voici en tout cas vite repeints façon Agressons, en deux tons de bleu. Les avions équipés de Cockpit 4000 Esterline CMC et de siège Martin-Baker Mk sont (très) fiables : depuis le 23 août 2005, date de la première heure de vol du contrat canadien ils ont réalisé plus de 50 000 heures de vol ont sans aucun accident.

dadioEn novembre 2014, coup de tonnerre médiatique : on apprend que 7 Skyhawks canadiens, « mis à jour » s’envolent direction l’Allemagne..; pour aller entraîner la Luftwaffe (ici l’exemplaire DADIO 22 vu à Keflavik en Islande le 5 octobre 2015 et là le même au dessus de Las Palmas le 3 mars 2016).  Ce sont d’anciens Skyhawks israéliens à l’origine, acquis par Discovery et remis à jour.  On les reconnait facilement grâce à leur tuyère allongée apposée par les israéliens pour réduire leur image thermique face au danger des missiles air- air et sol- air à guidage infrarouge. Israel a en effet dit définitivement adieu à ses Skyhawks (appelés Ayit -Aigle en Hebreu) en décembre 2015. Discovery venait alors de remporter un contrat au nez et à la barbe d’un sérieux concurrent, puisque jusqu’alors ce  contrat de simulation de menaces et de tractage de cibles de la Luftwaffe, est alors réalisé par BAE Systems et ses Skyhawks logo ATSIqui n’étaient pas, eux, modernisés (4 exemplaires, A-4N (dont le 305, 335, 373). Les 10 avions de Discovery font partie du lot de 12 exemplaires achetés en deux fois par la firme ATSI (Advanced Training Systems International), installée à Mesa, dans l’Arizona, au Gateway Airport, l’ancienne base Williams AFB. Un Discovery qui n’a cessé de se renforcer depuis : ATSI a été ainsi absorbé en 2013 par Discovery-Top Aces.  En rachetant ATSI, Discovery avait réalisé une belle affaire puisque les 10 Skyhawks avaient été rachetés 6,8 millions de dollars seulement ! Le Skyhawk demeurant un superbe appareil d’attaque, ne serait-ce que par son taux de roulis exceptionnel de 720 degrés/seconde : en vol, c’est une véritable fléchette tournoyante ! Mais il présente aussi d’autres atouts, explique Air Fan : « l’un des atouts de l’appareil est sans conteste son endurance : pour une mission au profit des FAC depuis Wittmund. avec Leeuwarden comme terrain de déroutement, le transit vers Baumhoider demandera trente minutes de vol et autant au retour, laissant une heure de temps de jeu sur zone pour des runs dry (sans tir) ou des runs hot (avec tirs de DM18 ou DM38) ». On peut voir ici notre Skyhawk C-FGZS en pleine action le 14 juillet dernier faire ses ronds au dessus de l’eau près d’Helgoland, en Mer du Nord, après avoir décollé de Fassberg :

fassberg

Interviewé, le Discovery Air Chief Exécutive « Jacob “Koby” « Shavit en donne la raison simple : « le coût horaire d’un Skyhawk est de moins de 5 000 $, donc « il n’a absolument aucun sens de piloter un F-18. . . contre un autre F-18 au coût de 40 000 $ l’heure chacun – ce que le gouvernement canadien fait et comme beaucoup d’autres pays le font encore ».  Selon Paul Bouchard, un des fondateurs de Top Aces, le concept de la formation externalisée des agresseurs a en effet pour origine les compressions budgétaires de l’OTAN dans les années 1990. «Il y avait un besoin pour un avion subsonique abordable qui pouvait effectuer la plupart des rôles d’appui de la formation militaire opérationnelle. » Il a expliqué dans une interview que la société acquiert des avions, soit directement auprès des gouvernements ou – dans le cas de ses Skyhawks et Alpha Jets – auprès d’autres sociétés qui les avaient rachetés à des gouvernements. « Nous faisons vraiment notre propre évaluation de savoir si c’est supportable et si ils vont avoir une durée de vie suffisante pour soutenir les taux de vol annuels pour le nombre d’années auquel, nous prévoyons de les faire fonctionner.» Tout le reste est fait en interne, y compris l’installation d’une nouvelle avionique militaire ou civile comme requis. Des Garmins sont utilisés dans les Skyhawks complètement recâblaés mais certains « instruments à l’ancienne » ont été conservés lorsque c’était approprié. Ils ont aussi à bord un système de trafic d’évitement de collision (TCAS pour Traffic Collision Avoidance System) et sont en mesure de lancer de vraies munitions  « Nous pouvons le faire de bout en bout dit Bouchard, expliquant qu’il cela fait « plusieurs centaines d’heures sur plusieurs mois « il a dit que des projets similaires sur un contrat de gouvernement avec un équipement d’origine majeur venant d’un fabricant impliquerait probablement « quelques années et beaucoup plus de gens. » Quand un jet d’ex-militaire est acquis par un opérateur civil, la certification de ce type n’est évidemment pas simple en raison des changements  tels que des sièges d’éjection et les points externes d’emport. »

crash1crash2Tout n’est pas simple en aviation, on le sait, et Discovery n’échappe pas non plus à l’incident : le 17 septembre 2015 sur l’aéroport de Phoenix-Mesa qu’il connaît particulièrement bien (le pilote était âgé de 63 ans !), un de ses Skyhawk, le C-FGZT se pose, ou plus exactement tente de se poser après un décollage sans encombre mais le déclenchement d’une alerte de jauge d’essence après 2 heures de vol et deux touch and go, et l’essai du dispositif (moulinet) de fourniture de courant de secours. Distrait, ou ébloui, il oublie d’étendre complètement le train d’atterrissage au troisième passage : l’avion pique du nez, fléchit sa jambe de train droite et ripe ainsi sur la piste en se posant sur ses bidons d’essence…presque vides. Celui de gauche prenant feu quand même. Depuis, pas de nouvelles de l’état de l’avion à l’aile gauche bien abîmée … Car sur ce modèle, l’aile n’est en fait que d’un seul tenant !

typhoon discoveryLa tâche a assurer par les Skyhawks canadiens en Allemagne est en effet immense : Discovery s’est en effet engagé à accumuler 1 200 heures de vol chaque année (pendant 5 ans), dont 1 030 heures en soutien des Eurofighters pour la simulation de menaces, et le remorquage de cibles SK6 tractées à 1 500 pieds derrière (457 mètres), à à une vitesse de 350 noeuds (648 km/ h) pour permettre aux Euroflghters allemand de tirer dessus avec leur canon Mauser BK27 de 27 mm. Mais Discovery doit aussi s’occuper de former les contrôleurs aériens avancés (FAC) de la Bundeswehr et de l’armée de l’Air allemande, en liaison d’ailleurs avec leurs collègues français de Nancy-Ochey. Pour cela ils ont été équipés de lance-bombes DM 18 et DM38 (copiant la BDU-33 américaine) qui simulent la chute des bombes freinées ou lisses de type Mk. 82. Les bombes sont emportées sur deux nacelles CBLS ( Carrier Bomb Light Store) munies de quatre emports. Les tirs d’entraînement ont lieu sur le champ de tir de Baumholder,  près de Rammstein. Des heures sont également prévues dans le contrat pour simuler l’attaque de navires allemands, via des simulations de tirs d’Exocet ou de Harpon, au large de Dedmomannu (en Sardaigne), précise le magazine  Air Fan. Dans Air Combat, on apprend que ça se passe plutôt bien, avec une hiérarchie bien plus accessible que celle de BAE auparavant, en cas de problème.

boad discoveryDe toutes les entreprises de CATS (Contracted Airborne Training Services), seule donc Discovery (DADS) s’est implantée en Europe, grillant au passage les gens de BAE en Allemagne, et commerçant à vouloir faire de même en Angleterre. Le Danemark. mais aussi les Pays- Bas qui cherchent des solutions d’externalisation pour réduire le coût d’entrainement de ses pilotes de F- 16 pourraient être eux aussi intéressés : le marché est donc immense ! Mais, confiante, elle voit déjà plus loin, avec l’arrivée prochaine du F-35, seul le F-16 semble en effet représenter un « agressor » valable à sa portée financière. En 2014, Discovery avait acheté six F-16, en cours de mise à niveau, et aurait depuis des vues sur 19 autres du même genre. Il en faudrait au moins 24 opérationnels. En même temps, Discovery a recréé…. Top Aces, mais aux USA cette fois. Et pour assurer le coup, s’est entouré d’une belle brochette d’anciens du Pentagone au conseil d’administration, dont l’amiral en retraite Mark Fitzgerald, et le général Charles « Chuck »Wald, ancien pilote de Corsair II devenu pacha du Theodore Roosevelt Strike Group durant l’opération Enduring Freedom (2001-2002), et du Carrier Air Wing 14 et de l’ttack Squadron 46 durant l’Operation Desert Storm ! Il a au compteur 4800 heures de vol, 1100 prises de brin d’appontage sur 13 porte-avions différents. Wald étant lui l’ancien commandant en chef en Europe de l’USAF ! Lui aussi est éclectique : au Viet-Nam, à Da Nang, il a été un pilote émérite d’O-2A Skymaster et celui d’un F-16 au-dessus de la Bosnie (pour le bombardement de Pale, notamment) avant de devenir instructeur sur T-37 et pilote de F-15. C’est un ardent défenseur des contrôleurs de bombardement au sol, et de leur soutien aérien. L’idée de Discovery étant de rapatrier les anciens F-16 israéliens mis hors service, comme le laissait entendre en novembre 2015 Rich Cooper de Combat Aircraft, ce à quoi les anciens du Pentagone pourraient servir pour influencer les politiques US : « Discovery lorgne sur quatre F-16AS monoplaces et deux biplaces F-16Bs, selon Cooper. Il décrit la source des Vipers comme «non divulguée», mais d’autres entreprises ont censément inspecté les F-16 israéliens et l’Etat juif est sans doute le vendeur de Discovery, aussi. Mais il y a un problème. Le F-16 est d’origine américaine. Et Garrick Ngai, directeur du marketing de Discovery, a déclaré à Cooper que l’acquisition espérée de la société dépendait donc de l’approbation du Département d’Etat américain. Mais Ngai est optimiste. « Dans un proche avenir, lorsque nous aurons nos chasseurs supersoniques, nous allons grandir à nouveau en tant que société civile offrant ce type de formation. » Israel a en effet proposé à la vente un lot de F-16 en juin 2015. La Croatie et le Chili s’étaient alors montrées intéressées… mais Discovery également par ses « Netz » (Faucon en hébreu) ! Sur les 4500 F-16 produits, Israel en possède 300 (la Turquie un peu plus). Un F-16 neuf (Block 52) s’achetant 40-45 millions de dollars pièce, un ancien beaucoup, beaucoup moins.
montage discoveryAutre écueil à prévoir, et il est de taille. Le Canada va devoir bientôt reconsidérer le contrat passé avec Discovery. Cela devient urgent, car ses Hornet sont eux aussi vieillissants : leur moyenne d’âge est de 29 ans et 1/2  et ils ne peuvent à la fois servir d’avions de formation et d’avions de chasse purs. Sur les 140 achetés, la moitié ne vole déjà plus. Leurs mises à jour jusque 2017 a été coûteuse, et le F-35 si décrié continue à se faire attendre… on estime qu’en 2020, il ne restera plus que 40 CF-18 en état de voler au Canada !  De s’en servir pour les entraînements réduirait encore plus leur durée de vie… tout mène donc à la solution privatisée. En décembre de cette année, en effet, le premier ministre devra signer un contrat colossal de 1,5 milliard de dollars, pour 10 ans (appelé « Services d’entraînement aéroportés impartis ou CATS »), pour servir d’avions à opposer aux CF-18 ou pour entraîner ses pilotes. Discovery est bien entendu sur les rangs, mais il n’est pas le seul : « le gouvernement canadien veut ouvrir la compétition jusqu’à potentiellement à d’autres entreprises. Pierre-Alain Bujold, un porte-parole pour les services publics et les marchés du Canada, a déclaré que les soumissions pour CATS ont été faites en février 2016. « L’évaluation, qui comprend l’inspection des avions, devrait prendre jusqu’à cinq mois, » at-il expliqué. « Le contrat devrait être attribué à la fin de 2016. » Deux entreprises ont reconnu publiquement qu’elles ont soumise des offres : Discovery de Montréal et CAE, également du Québec, elle-même alliée à Draken, une société américaine ». Qui l’emportera ?

Le prix de l’heure de vol est à mettre dans la balance. L’heure de vol du F-35 est annoncée à plus de 30 000 dollars. Un A-10 revient à 11 500, et un Osprey monte à 70 000 (c’est bien une danseuse !) un B-2 est stratosphérique, bien sûr, à 135 000 ! (un Rafale tourne lui à 16 000 dollars l’heure). Un F-18 coûte 22 400 dollars l’heure de vol aux çanadiens. Un F-16 revenait.. à 5000 dollars (en 2009, il est vrai !). Discovery a annoncé, je le rappelle, moins de 5000 dollars pour un Skyhawk un peu plus haut dans le texte. Chez Discovery encore, l’équipe fraîchement arrivée en Allemagne avait fixé plus clairement encore le tarif le 8 janvier 2015 :  « L’entreprise canadienne affirme que les services-operated (CoCo) appartenant à un contractant et comme celui-ci peuvent économiser 75 pour cent du coût des vols des avions de combat lors des confrontations « Red Air », les missions de formation combattantes des pilotes. Depuis qu’il a commencé à voler sur Alpha Jet pour la formation de l’adversaire au Canada, DADS a épargné au gouvernement plus de 1,5 milliard de dollars en éliminant la nécessité de procéder à la formation dans les chasseurs CF-18 Hornet de l’Air  Force canadienne, selon le Capt Richard Poole, directeur international du programme.. Prenant la parole à la International Fighter Conference organisée à Londres en novembre dernier par IQPC, Poole a dit que DADS allait acquérir certains F-16 pour offrir une formation adversaire supersonique, et a montré un graphique suggérant que la société pourrait les faire fonctionner à un coût d’environ 18 000 dollars par heure de vol »…

skyhawk drakenComme je l’ai écrit dans un autre épisode, Draken a déjà peint sa  feuille d’érable sur un des sues Skyhawk (ici à droite). Mais Discovery, avec ses F-16 annoncés (le cliché plus haut à gauche est un montage), augurerait davantage de l’avenir... F-35 ou pas. selon ce que décidera Justin Trudeau, pas très chaud pour le F-35, avec cet avion qui a beaucoup de détracteurs. « A priori, la piste de l’acquisition, auprès de Boeing, de « quelques » F-18 « Super Hornet », c’est à dire une version modernisée du CF-18, tient la corde. Et cette solution est à l’étude depuis déjà un moment, à en croire un député de l’opposition canadienne. « Depuis février, des représentants de Boeing ont eu 10 rencontres avec des gens du gouvernement et du cabinet du premier ministre. Pourquoi les libéraux ont-ils truqué le processus et laissent passer Boeing avant les autres? », a ainsi demandé, rapporte Radio Canada, James Bezan, le député conservateur de Selkirk-Interlake-Eastman ». L’ineffable FoxTrotAlpha a trouvé une solution, lui…
draken L-159 cérémonieDraken, et ses contrats de fournitures « dérivées » d’appareils militaires à d’autres pays, en plein accord, obligatoirement, avec le Pentagone, quand on apprend que les avions qui lui étaient initialement destinés ont été vendus à… l’Irak. Une cérémonie le 30 septembre dans les ateliers de AERO Vodochody AEROSPACE avaient eu lieu en compagnie de tout le gratin tchèque, dont le Brigadier Général Libor Štefánik, commandant de la Czech Air Force, le ministre de la défende Tomáš Kuchta ainsi que Pavel Beran, de l’ambassade US en Tchèque. On y célébrait la livraison du premier des 8 L-159 achetés par Draken, un contrait négocié depuis 3 ans pour 28 appareils au total. A l’occasion, l’ineffable Jared Isaacman avait ajouté d’autres détails sur le site du constructeur à propos du contrat L-159: « Nous prévoyons que le L-159 Alca ira droit à  la base de Nellis qui est le foyer du Red Flag, un environnement de formation de combat dans le monde entier, et participera sur place au programme des « agresseur ». Il citait à l’occasion Dale « Snort » Snodgrass, le plus expérimenté pilote code F-14 Tomcat, qui avait suivi une formation déjà sur le L-159, ainsi que d’autres pilotes possédant une longue expérience de vol sur F-4, F-15 et F-16 jets militaires. » Le L-159 vu aux couleurs irakiennes venaient de Plovdiv, en Bulgarie. Fort discrètement, en effet, le 4 novembre 2015, un premier lot de huit Aero Vodochody L-159 ( le lot de Draken ?) a en effet décollé en direction de l’Irak, les premières livraisons d’un ensemble de 21 appareils (ou 15, dont 10 monoplaces, 2 biplaces et trois appareils pour pièces détachées), des avions destinés au départ à… Draken, devenu le représentant officiel d’Aero aux USA. On ne sait pas grand chose de l’accord, à savoir qui a négocié exactement si le Pentagone a dédommagé Draken d’une somme correspondant à l’option d’achat déjà prise auparavant, une compensation, l159 irakou s’il a fait pression pour libérer plus rapidement la vente vers l’Irak (qui elle aussi à pu négocier directement avec Draken)… le dossier ayant pas mal fluctué de 2013 à 2015 : « en 2014, le gouvernement irakien a signé un nouvel accord avec Aero Vodochody pour la fourniture de douze chasseurs légersL-159. Un accord préliminaire pour 28 deux places avions Aero L-159T1 a été présenté en 2012, qui comprenait 24 avions nouvellement construits et quatre appareils d’occasion de la Force aérienne tchèque. Mais cet accord a été abandonné en 2013 et de nouvelles négociations ont commencé. En août 2014, a été annoncé qu’Aero rachèterait treize monoplaces L-159As et quelques biplaces avions L-159Ts au ministère tchèque de la Défense. Cela comprenait onze L-159A alors actifs et quatre autres avions (deux L-159As et deux A-159Ts). A cette époque, il était prévu de livrer seulement douze avions opérationnels (dix L-159As et deux L-159Ts), tandis que les deux aéronefs utilisés étaient pour les pièces de rechange ». Le deuxième lot d’appareils est arrivé récemment, le 25 août dernier seulement. Effectivement, sur ordre, on peut le penser, Draken s’était effacé face l’urgence irakienne (selon Flighr Global: « lors du salon aéronautique de Farnborough précédent en 2014, Draken a annoncé qu’elle achetait jusqu’à 28 L-159Es, avec des options sur 14 autres. En vertu de l’accord, Aero Vodochody a acquis les jets du gouvernement tchèque et les a revendus à Draken une fois remis à jour ».

draken L-159 cérémonie

arton5026(*) le titre est emprunté à H.-P. Grolleau, c’est celui de son excellent article d’Air Fan du 20 novembre 2015 sur Discovery Air Defence. Il m’en excusera j’espère, je n’ai pas trouvé mieux !

Autre source

Combat Aircraft, décembre 2015, déjà cité ici, pages 64 à 71

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

Commentaires

commentaires

A propos de ghostofmomo

avatar

Check Also

Le franc CFA, ou l’impérialisme à la française

Franc CFA: A eux seuls, ces mots symbolisent l’expérience macro économique le plus synonyme d’asservissement ...