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Les profiteurs de guerre oubliés (20) : AAR Corp, la très, très (trop ?) discrète société d’hélicoptères

 

Et puis dans notre longue saga, on trouve une société fort discrète, mais aussi fort présente sur les conflits, dont celui qui s’éternise en Afghanistan où ses hélicoptères privés ont remplacé depuis plusieurs mois ceux de l’armée US pour accompagner l’embryon d’armée locale et l’aider à lutter contre les talibans, qui, aux dernières nouvelles en étaient à avoir reconquis le tiers du pays, déjà… comme toute société privée désireuse de réaliser des bénéfices, elle met ses pilotes à forte contribution, les faisant voler souvent aux limites de la sécurité. Chargée du transport de troupes, la société ne rechigne pas pour autant à jouer les délicieuses de commandos d’opérations spéciales… ou à offrir un petit coup de main à la CIA…

mi8 AARAAR Corp n’est pas une nouvelle société : elle a été fondée en… 1951 à Wood Dale dans l’Illinois ! Plutôt discrète à l’habitude avec ses contrats passés auprès de la Défense US, son nom est apparu au grand public le 16 janvier 2012, lors du crash d’un de ses hélicoptères, un Mil Mi-8… en Afghanistan et la mort de trois de ses employés. La firme y est toujours, et recrute encore à l’heure actuelle… malgré le fait que le marché afghan part en quenouille depuis deux ans à peu près…. Cela et les pertes humaines qui s’accumulent, après les trois morts de 2012 : en Afghanistan, deux employés de plus d’AAR Airlift ont été tués en décembre 2013 sur la base de Bagram Air Base, en dehors de Kabul lors d’une attaque à la roquette des talibans. Mais il y aussi la concurrence, qui s’est resserrée au fur et à mesure que le marché afghan rétrécit… d’où un procès retentissant opposant récemment AAR à… Dyncorp. Selon cette dernière, de ses anciens employés auraient partagé des « secrets commerciaux » avec leur nouvelle firme AAR. En somme de l’espionnage industriel… mais un juge de Floride a rejeté la plainte. En fait, c’est un gâteau qui a de plus en plus de mal à se partager… et Dyncorp y a beaucoup perdu depuis quelques mois…

Car AAR Corp est aussi une drôle de firme, à vrai dire, comme je l’ai écrit ailleurs.. « Avec un lourd passé… la reliant à des opérations « discrètes ». En 2010, par exemple, AAR avait racheté Aviation Worldwide Services (AWS), elle-même alors composée de deux sociétés : Presidential Airways et STI Aviation. La première étant la société d’aviation de Blackwater-Xe, très présente en Irak et en Afghanistan, la seconde, dirigée par Richard Pere… un autre prête-nom de Floride de Blackwater encore  ! Xe/Blackwater, utilisateur également du fort discret Dash-8 immatriculé N511AV, visiteur courant des aéroports européens. Equipé des mêmes antennes fort discrètes elles aussi que celles vue en Afghanistan sur les Twin Otters de la CIA. Avec AAR, et ses entreprises rachetées, on avait affaire à une belle équipe en effet. Les hélicoptères utilisés par Presidential Airways étant des S-61s, des Bell 412/212 twin-Hueys, et même, c’est plus surprenant, des AS330J Pumas, et l’hélicoptère léger MD530, l’appareil le plus vu de Blackwater en Irak ». Bref, AAR avait hérité de Blackwater…

Auparavant, dans le marché des appareils d’occasion à refourguer, AAR s’est progressivement fait une spécialité… avec un seul type d’hélicoptère : « en quelques années, la firme est devenue la grande spécialiste des viellissants S-61. AAR CORP a ainsi organisé le 15eme International Sea King Symposium, une réunion de trois jours qui s’est tenue à… Melbourne en Floride, une réunion reconnue mondialement. Les Pumas français sont utilisés selon le contrat dit « VERTical REPlenishment » (VERTREP), pour ravitailler les navires de guerre US. Un contrat renouvelé en 2011 pour 4 hélicoptères… et 77 millions de dollars, auquel on peut ajouter celui des abris de commandement transportables de type LMS pour 14 millions de dollars. Mais ils peuvent aussi servir à des opérations spéciales : ainsi lors du coup d’état au Niger de 2010, c’est un hélicoptère de Presidential qui avait mis à l’abri le député démocrate de Floride Alan Grayson, réfugié à la résidence de l’ambassadeur US au Niger (quant à savoir ce qu’il y faisait est une autre histoire !). Or Grayson, du genre plutôt grande gueule, était l’un de ceux qui avait le plus critiqué jusque là les mauvais coups de Blackwater ! Le vice président de Xe, Fred Roitz, avait bien confirmé le sauvetage » avais-je déjà noté. En tout cas, avec ces contrats l’argent rentre à profusion chez AAR… car depuis le retrait des troupes américaines, les dernier soldats US ou « contractants » restant ne voyagent que via ses hélicoptères, ou ceux de ses concurrents sur place (et plus du tout avec ceux de l’armée !!).

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Un article saisissant de Ain On Line  paru le 4 juin 2013 explique en effet ces incroyables revenus : « en Afghanistan, les soldats tirent toujours sur la gâchette. Les entrepreneurs civils font presque tout le reste. Alors que le États-Unis et ses alliés peut se préparer pour un retrait des troupes  l’année prochaine, pour les entrepreneurs faisant voler un assortiment de 50 hélicoptères dans le pays, le travail n’a jamais été aussi chargé ou meilleur… » Car les soldats ne montent plus dans des hélicoptères de l’armée US, mais dans ceux des « contractors » comme AAR.

soldats hélico mercenaires« Cette flotte éclectique, allant des bien usés Mi-8s russes au presque flambant neuf Sikorsky S-92s, transporte des troupes, le personnel de soutien, les fournitures, les munitions et le courrier des sept bases principale ou les zones d’exploitation plus en avant parfois dans des conditions difficilement imaginables. Les pilotes volent neuf à dix heures par jour, six jours par semaine, dans la plupart du temps des cockpits non climatisés, à bord d’hélicoptères plus âgés: comme le Sikorsky S-61, vieux de 50 ans, dans un environnement où les omniprésents fines poussières bloquent les moteurs ou d’autres pièces en mouvement, en terrain montagneux. Avec un temps très changeant et des températures extrêmes allant en dessous de zéro-. Avec une neige horizontale ou une température montant à 120 degrés F. de temps en temps, ils se font tirer dessus. De temps en temps ils se brisent. Rarement, ils meurent.

p1398962-main« Les hélicoptères sont tenus à l’écart. Généralement à l’air libre là où l’entretien est effectué, peu importe la météo. Les hélicoptères volent dur, de 100 à 270 heures par mois. L’avionique, pour la majeure partie est plus que basique: des radios et des GPS mis à jour. Les pilotes, l’équipage et le personnel vivent sur la même base que les troupes et mangent la même nourriture, tous abrités dans les casernes meublées ou des de tentes nues sans plomberie intérieure. Ils tournent dans des quarts de 28 à 60 jours, puis prendre un congé de 28 à 30 jours. Certains y ont volé avant-en uniforme, souvent avec plusieurs tours de service, mais en étant beaucoup moins payés. Les revenus des entrepreneurs individuels sont lucratifs, nettement au-dessus du taux civil dans les États-Unis, ce qui reflète les coûts opérationnels et les risques. L’an dernier, six sociétés privées  d’hélicoptère de transport aérien, –AAR Airlift, Canadian Helicopters, Columbia Helicopters, Construction Helicopters, Evergreen Helicopters et Vertical De Aviation–ont reçu 417,9 $ millions pour leur travail en Afghanistan. On prévoit que cette année le montant passera à 783,2 millions $, Selon le Pentagone. » Une véritable manne !

Columbia-N192CHAAR n’est pas seul à vouloir dévorer le gâteau du transport afghan en hélicoptère poursuit l’article fondamental  » AAR devrait recueillir 305 millions $ pour des travaux en hélicoptère Afghanistan cette année. La société exploite également 15 biturbopropulseurs dans le pays: des Dash-8s, des Casa C-212S et des Metroliner. AAR Airlift a doublé de taille au cours des trois dernières années, en grande partie en raison de son travail en Afghanistan. Columbia Helicopters  vertical(à droite son Bertol N192CH et ici un autre en livrée plus colorée) a commencé à fonctionner en Afghanistan en 2011 et actuellement vibrions sur trois bases avec une flotte de cinq appareils à rotor en tandem : un Boeing 234 et quatre Chinook Vertols BV-107,  qui volent une moyenne de 200 heures par mois. Un de ses hélicoptères a eefectué 270 heures en Avril. Cette année, la société prévoit que le Pentagone lui accordera 97 millions $ pour son travail en Afghanistan. » Parmi ces CASA C-212 de 1982, le N961BW; mis en vente depuis par la firme… celui de Blackwater ! Vertical de Aviation est une société… colombienne, opérant depuis 1982. Attirée elle aussi comme un papillon de nuit par les lueurs des lingots d’or à prendre en Afghanistan… Evergreen, société liée depuis toujours à la CIA a vendu Evergreen Helicopters en 2013 à Erickson Air-Crane pour 250 millions de dollars;, afin de renflouer sa maison mère sur le point de rompre… mais cela n’a pas suffit : Evergreen Aviation a néanmoins été  liquidé en 2014 : il affichait 276 millions de dettes diverses…

Le contrat de AAR reconduit et même étendu la firme peut s’amuser à rebaptiser I-RAIQ toute sa flotte d’Augusta Westland A139, des appareils auparavant siglés G-SNSA, VT-JSA, EC-LCH ou I-AWRH : le recrutement est fort varié !!! Plusieurs appartenaient à CHC Helicopter S.A, déclaré en faillite lui aussi en mai dernier. C’est un des hélices de CHC qui s’était écrasé en Norvège. Son rotor (retrouvé intact à part) c’était séparé de l’hélicoptère en plein vol l’hélicoptère étant de fabrication française : un Eurocopter EC225…

En janvier 2011, on avait en effet appris que c’était la bagatelle de 450 millions de dollars alloués par l’USTRANSCOM qui avait été offerts pour mettre en service ce transport de personnalités ou de cargo pendant 5 ans en Afghanistan. Parmi les appareils retenus, deux S-92 neufs… ce qui avait attiré ma curiosité, une version « Stealth » du S-92 ayant été étudiée il y a quelque temps… Un contrat qui avait fait jubiler le responsable même de Sikorsky, qui déclairait aussitôt « que ce contrat est important pour Sikorsky parce que les 129 commandes commerciales de S-92 n’ont pas été accompagnées par celles des militaires, où il reste encore beaucoup à faire. Même si l’AAR est un service commercial, les performances du S-92 dans des conditions difficiles de l’Afghanistan pourraient améliorer les chances de ce modèle pour les compétitions telles que la mise en concurrence revue de l’hélicoptère présidentiel, la recherche d’hélicoptère de combat pour l’Allemagne et celui de la concurrence dans le sauvetage, et d’autres possibilités militaires ».

AIR_S-61T_Banking_lg-129b3La firme AWS utilisait auparavant des hélicos Sikorsky, mais de type classique, tels les S-61N Sea King, tel celui-ci aperçu en Afghanistan, dénué de tout marquage visible, et dont un autre exemplaire « destiné au transport des personnalités » en Afghanistan a retenu notre attention. Retrouvé à Melbourne, ville-clé de Floride car endroit où Blackwater venait juste d’établir ses quartiers, chez SouthEast Aerospacefirme privée plutôt discrète équipant aussi des machines de l’armée, où il avait subi de bien étranges modifications, tels des détecteurs arrières de missiles ou des lance-leurres multiples. Les hangars de SouthEast abritent aussi bien des jets civils que des appareils militaires, que la firme remet à jour par volée de contrats sous-tirés au Pentagone. L’imbrication du civil privé et du militaire est bien complète. En Afghanistan, il y a ainsi davantage de mercenaires civils que de militaires : on en recensait 113 491 en janier dernier , contre 90 000 soldats en uniforme seulement selon le Defense Department statistics. Selon toujours les mêmes sources, 25,287, soit 22 % sont américains, et 47% afghans, le reste, 31%, étant partagé entre plusieurs pays.

Hangar_Home-9ad44Etrange hangar que celui de SouthEast, car on y retrouve des appareils présentés comme ayant été remis à jour… ailleurs, selon les magazines spécialisés. Des « Phrog », à savoir des C-46E (son surnom car il ressemblerait, vu de devant, à une grenouille), mis au rebut par l’arrivée de l’Osprey, et qui sont dispatchés partout aux Etats-Unis, après avoir subi plusieurs cures onéreuses de remises à jour. CH-46E_repeint-8b01cLe magazine « Air International » (vol 82, N°5), de mai dernier, nous en présentait un destiné au « Bureau od Diplomatic Security of US Department of State (DoS)« , à savoir le transport de personnaliés. Selon la légende, il aurait été « refurbished » par le « Fleet Readiness Center East « au MCAS de Cherry Point, en Caroline du Nord. En fait, on le troouvait bien au fond du hangar de SouhEast Aerospace, comme l’indique la photo. Seize engins ont ainsi été « relocalisés », et transformés dans une entreprise que l’on ne cite pas comme contractante de l’Etat. Etrange procédé, symptomatique des non-dits des contrats militaires US.

CIA_MIL-f7092ARR serait-il un paravent de la CIA en Afghanistan ? Sans hésiter ! Et un crash tend à le démontrer. Le 16 janvier dernier, trois membres d’équipage d’un hélicoptère disparaissaient en Afghanistan. Les pilotes Michael Clawson,  Todd Walker et James Scott Ozier (le mécanicien),. Un communiqué officiel précisant « qu’une enquête était en cours après que l’appareil se serait écrasé en flammes dans le district de Nad-i-Ali de la province d’Helmand, ce lundi. Les insurgés talibans ont affirmé avoir abattu l’hélicoptère, mais Marjan Haqmal, chef district de la police, a déclaré l’appareil de fabrication russe a probablement été victime d’un problème mécanique. L’appareil était exploité par une compagnie basée en Floride, appelée AAR qui, selon son site web a un contrat pour fournir des « moyens aériens pour le ministère de la Défense » en Afghanistan. La société a également fourni des appareils à l’armée des États-Unis et à d’autres gouvernements à travers le Moyen-Orient et en Afrique« . Tout le monde aura remarqué que l’hélicoptère d’ARR cette fois était… russe d’origine, un Mi-17 très certainement, peut-être un du lot acheté par les Etats-Unis en 2002 en Sibérie pour des opérations… plus « discrètes ». Un contrat pour deux machines signé au nom de « Maverick Aviation » pour 5 millions de dollars. Un second contrat, signé en 2008 cette fois, signé avec ARINC, une autre société privée, offrait à cette entreprise un juteux 322 millions de dollars pour 22 hélicoptères supplémentaires, qui n’étaient toujours pas livrés en août 2009. Or, officiellement, à ce jour, AAR ne dispose toujours pas dans son registre d’aucun MI-8 ni de Mi-17. AAR est bien impliquée dans des activités douteuses, liées très certainement à la CIA. L’embargo sur les familles des personnes décédées renforçant l’impression : dans les journaux différents relatant par région chacun des décès, c’est le même texte neutre sur leurs activités qui était paru, à la ligne près !!!

nomark07-95478Forts discrets les Mil Mi-17 d’AAR, avec leur couleur bleue unie (ou sable) et leur enregistrement comme appareils civils afghans, tels le YA-94233 vu dans Air Monthly de novembre 2006, ou le N25308 (visible ici à droite), celui-là appartenant directement à la CIA.Celui-là est carrément enregistré à Portland, dans l’Oregon, sous le nom de la firme Vertol Systems Co Inc, qui comme son nom ne l’indique pas, fait partie de l’Aviation Maintenance Team de l’US. Government Customers pour l’assister à mettre en place et à entretenir… des hélicoptères russes ! La firme avait eu des déboires aux Etats-Unis avec la FFA, en 2005, pour avoir importé des Mi-24… des hélicoptères d’attaque cette fois, obtenus comme appareils civils « expérimentaux ». Vertol qui décrivit alors que « le but de les vols est destiné à l’essai et le développement d’équipements de nouveaux appareils, d’installations et des techniques d’exploitation, et a en outre précisé que l’hélicoptère peut être utilisé pour développer et démontrer nouvelle de techniques d’exploitation à l’appui de différents techniques de formation d’aéronefs, des manoeuvres de combat aérien et de de défense par des manœuvres évasives. Selon la base de cette certification, Vertol conclut que son hélicoptère était disponible à concourir pour l’exigence de l’Armée de l’Air US ». Des hélicoptères dotés d bien étranges numérotations… fort changeantes. Et dont certains ont parfois de gros problèmes, comme ici ce crash de Mi-17 en Afghanistan, où les sauveteurs n’arrivent pas à arrêter les deux turbines de l’hélicoptère qui vient de s’écraser et dont le rotor démantibulé et fracassé continue à tourner. L’accident n’avait pas été répertorié.

Mi-17_kaboul_Navy-b08afEn fait, ces hélicoptères russes vendus aux afghans sont des investissements de sociétés profiteuses de guerres, où l’on retrouve souvent d’anciens généraux recyclés. Le Mi-17 accidenté était l’un des quatre fournis aux afghans (à l’Afgha National Army Air Corps) en provenance… de l’US Navy. Les engins, commandés le 30 juillet 2009 à une firme russe flairant bon le pseudo (Defense Technology Inc ou DTI) étaient arrivés aux USA le 3 septembre d’après. En réalité, la firme DTI était américaine, elle est dirigée par un dénommé Marc Young et commandait effectivement ses hélicoptères russes ou ukraniens directement à la source, comme l’avait relevé Air Forces Monthly de janvier 2010 ! 21 machines avaient été commandées (pour un total de 400 millions de dollars !) ! Le contrat avait été dénoncé par John Young, un ancien acheteur du Pentagone, qui aurait préféré que ce soit Sikorsky qui en hérite. En Afghanistan ce sont des instructeurs ukrainiens qui forment les pilote afghans ! Il va sans dire que ces obscurs contrats de livraison laissent place à de larges versements de commissions… A la tête du comité de direction de DTI on trouve Thomas J. Campbell, le directeur de Kaseman , société noyée dans les contrats de sécurité d’Etat, disposant de son propre groupe de mercenaires, Elite Training and Security, LLC et directeur également de National Interest Security Company, LLC, une société… d’espionnage travaillant pour l’Intelligence Community ; le Département de la Défense, le Homeland Security, et l’ Energy ! Il a fondé et dirige aussi DC Capital Partners, LLC, une société d’investisseurs dans la sécurité… et la guerre. Il est membre du Chertoff Group, qui a sa tête Michael Hayden, ancien de l’USAF et ancien responsable de la CIA chez G.W.Bush !!! Campbell a travaillé 19 années avec Robert McKeon aujourd’hui à la tête de DynCorp International !!! En 2009, Dyncorp avait fourni l’essentiel du contingent de 20 000 « soldats » d’Obama envoyés en Afghanistan !!! MacKeon et lui étaient aussi des piliers de Veritas LLC, autre groupe spécialisé dans les contrats de défense.

Derrière ces contrats, se cache toute une mafia de profiteurs de guerre en effet comme la décrit ici avec acuité Nathan Vardi de Forbes Magazine le 3 août 2009. « Quel que soit le sentiment de trahison qu’il a pu avoir, Campbell s’est joint au conseil d’administration de DynCorp avec McKeon, qui a servi en tant que président. Comme les conflits en Irak et en Afghanistan étaient en plein essor, DynCorp a prospéré. Aujourd’hui, 53% de ses revenus provient des champs de bataille. L’année dernière, DynCorp détenue à 51% en co-entreprise a obtenu un contrat pluriannuel 4,6 milliards de dollars pour fournir 9 100 linguistes pour les soldats américains en Irak. Dans un contexte de récession mondiale, ce contrat a contribué à stimuler les recettes de DynCorp de 45% pour l’exercice terminé le 3 avril lorsque la société a gagné 70 millions de dollars sur les 3,1 milliards de dollars de chiffre d’affaires après avoir payé sa dette, à 600 millions de dollars. Campbell a été chassé de DynCorp et Veritas il y a deux ans et il joue au rattrapage depuis. Peu de temps après, il a déménagé à Washington, DC où il a fondé Capital Partners, une entreprise d’investissement qui ressemble beaucoup à Veritas. Il dispose même d’un conseil consultatif avec les généraux ponctuels tels que Zinni et Michael Hayden, et l’ancien secrétaire d’Etat adjoint Richard Armitage. Campbell a essayé de recueillir de l’argent, mais iil a mis au rebut ces plans lorsque la crise du crédit a frappé. Il a le soutien de groupes d’investissement comme celui de la capitale de l’énergie solaire d’Alcentra (un projet foireux lié à Obama). L’année dernière, quand Triple Canopy se considérait comme pouvant être mis en vente, Campbell a montré un certain intérêt, mais n’a jamais fait une seule offre. Campbell a réuni quatre entreprises de la défense et de renseignement. L’une d’elle de sécurité d’intérêt national, est dans le noir, dit-il, avec des revenus de 200 millions de dollars et 967 employés. Plus de la moitié de ses contrats sont classés, telles que faire des choses comme la capture et l’extraction de données de trafic téléphone cellulaire ou d’évaluer l’efficacité des satellites. Un autre de ses costumes, Kaseman, est le câblage des immeubles en Irak et en Afghanistan et sera probablement en concurrence à un certain point avec DynCorp pour les contrats de formation de la police ». L’organigramme de Capital Partners rassemble toute une poignée de magouilleurs célèbres, dont Armitage, mais aussi Hagee, ancien lui aussi de la CIA, Smith, lui aussi en provenant, et Henry Crumpton, déjà cité ici comme magouilleur en chef à la CIA où il a passé 24 années, plus l’ineffable John Loftus, qui aura baigné dans tous les coups tordus depuis plus de vingt années (ici son ancien site). La quête au Ben Laden insaisissable a rendu certains multimillionnaires !

Des hélicoptères fantasques, qui auraient très bien ou aller voir ce qui se passait de l’autre côté de la frontière afghane, comme le note Noah Shachtman dans HomePage Daily(magazine dédié à un lectorat estudiantin). Venue encenser le discours officiel, la journaliste va commettre une belle erreur en révélant que l’opération d’Abbottabad n’était pas la seule du genre, et qu’elle avait eu auparavant des répétitions : « dans une histoire remarquable du New—Yorker de cette semaine, Nicolas Schmidle rassemble l’image la plus détaillée à ce jour du raid qui a tué Oussama ben Laden. Mais l’élément le plus explosif de l’article explosif pourrait être la révélation que des commandos américains se faufilent dans le Pakistan à la régulière. Au cours de la semaine dernière, de hauts responsables en place ou en retraite ont débattu de la sagesse de l’US lancer des frappes unilatérales dans des endroits comme le Pakistan. L’ancien directeur du renseignement national, Dennis Blair, a déclaré à un rassemblement de professionnels de la sécurité à Aspen que les attaques ne valaient pas l’antipathie locale qu’elles ont généré. Le général à la retraite Doug Lute, qui supervise la stratégie sur l’Afghanistan et le Pakistan à la Maison Blanche, a admis qu’il y avait là un grand « facteur d’humiliation. » Mais il a dit à la conférence que le moment était venu de « mettre le paquet » sur les raids, avec al-Qaida dans le désarroi. « Nous avons besoin dy ‘aller pour porter le coup final. » La plupart des gens dans l’auditoire ont supposé que Luth parlait d’attaques de drones supplémentaires. Mais peut-être que les Navy SEALs feraient le coup, à leur place ». « Se faufiler de façon classique », avec un hélicoptère qui ne l’était pas vraiment ??? Piloté par des mercenaires emportant des troupes « régulières » ??? Et se faufiler avec un hélicoptère expérimental « invisible », c’est aussi « à la régulière » ?

imagesLes études sur comment rendre le S-92 moins voyant, ou plus « invisible » avaient donné le croquis ici à gauche: courbes adoucies, avant beaucoup plus pointu… Etait-ce là l’image de l’appareil crashé à Abbottabad ? C’est possible comme je l’ai écrit : « Non, décidément, on en a pas fini avec cette étude du raid d’Abbottabad et de ses mensonges répercutés par une presse servile ou inconsciente de se voir menée par le bout du nez. Il est fort probable, en tout cas, que l’engin qui s’est écrasé à Abbottabad ait été bien plus imposant que ce qu’on avait pu croire au départ. Ce n’est déjà plus un S-76, ce à quoi il ressemble, mais bien plutôt à un S-92, que Sikorsky essaie de fourguer militairement à d’autres pays dans sa version… conventionnelle, les USA se réservant toujours une longueur d’avance sur les pays qu’ils fournissent. » Pour corroborer mes dires, j’avais relevé une livraison bien spéciale de deux S-92 neufs pour AAR, alors que la firme n’achetait jusqu’ici que de vieux coucous retapés à neuf. « Car que c’était-il passé le 31 janvier 2011, soit 4 mois seulement avant l’attaque de la villa pakistanaise ? Ce jour-là, on avait appris que deux hélicoptères S-92 venaient d’être livrés discrètement à la firme « ARR CORP « pour des opérations en Afghanistan ». AAR qui effectuait jusqu’alors « des missions de transport pour l’United States Transportation Command » (USTRANSCOM), une »agence gouvernementale chargé du transport pour le Département de la Défense », apprenait-on également. Aucun photo n’avait été révélée à propos de cette livraison mystère d’un appareil non officielllement répertorié dans l’armée US : était-ce un Superhawk – la version militaire ou un S-92, voire notre fameux appareil « invisible » ?. Les seules illustrations données à la presse seront celles de l’appareil civil. »

Le S-92, on allait en reparler en juin 2015… au camp Lemonier, à savoir à Djibouti : deux appareils, encore une fois, ne présentant aucun marquage et d’une couleur uniforme (gris souris). Selon FoxTrotAlpha  » il y a la possibilité que ces S-92ssont utilisés par les forces américaines dans la région, peut-être comme un essai du type par le Commandement des Opérations Spéciales qui est bien connu pour ses adaptations selon ses besoins d’appareils qui ne sont pas nécessairement Déjà dans le l’inventaire du Pentagone. Étant donné que le S-92 devrait remplacer les deux VH-3D et le VH-60N dans la mission de transport aérien présidentiel « Marine One » , le SOCOM peut avoir décidé de finalement tester les hélicoptères opérationnellement pour son propre usage ». Etait-ce les deux engins d’AAR ?  Les opérations spéciales utilisent bien le S-92. Les opérations TRES spéciales aussi ? Mais d’un modèle plus « sophistiqué » ? AAR aurait-il été mêlé à l’opération Abbottabad ? Pour couvrir l’arrivée des deux S-92 modifiés « stealth » ?

casa route ougandaSon avenir semble assuré en tout cas, avec un nouveau territoire à défricher l’Afrique. En mars 2015, AAR Airlift a en effet reçu en effet une commande… de l’ONU.  Celle d’effectuer des prestations de transport aérien en RDC, pour du personnel ou du fret au profit de la Monusco, la mission de maintien de la paix onusienne au Congo (Kinshasa). 19 millions de dollars d’engrangés à l’occasion. Auparavant, AAR avait déjà obtenu un contrat du Naval Supply Systems Command et peu plus tôt en 2014, d’autres juteux contrats africains : en Ouganda, en RCA, en RDC et au Soudan du Sud, tous attribué par l’US Transportation Command…
on s’en était aperçu de ses contrats, et de leur étrange réalité, grâce à la vigilance de Joe Trevithick et de son site vigilant (« War is Boring »). Avec un épisode assez extraordinaire, digne du film « Lord of War ».

C212-Uganda bisLe 18 Juillet 2014, un petit avion plein de commandos américains avait fait un atterrissage d’urgence sur une route en Ouganda. En difficultés mécaniques, ou en panne de carburant semble-t-il (un grand classique chez les pilotes mercenaires ?)
L’avion avait souhaité revenir au plus vite à l’aéroport d’Entebbe en Ouganda. Les pilotes, pris de court, avaient réussi à poser avec succès le transport bimoteur sur un tronçon de route près de la ville de Kiwawu. Mais ce qui en est descendu en a étonné plus d’un. Neuf soldats US, en effet en plus les deux pilotes (mercenaires) étaient sortis du cargo CASA-212 en route d’Entebbe direction le Sud-Soudan.

casa remorquéInterviewé sur place par une télévision locale ougandaise (NTV.); le colonel américain Duke, des Marine Corps, tout droit sorti de l’avion, avait affirmé « travailler pour la Force populaire de Défense de l’Ouganda », et « qu’il aidait à traquer les membre de l’Armée du chef de groupe rebelle du célèbre Seigneur Joseph Kony« , la bête noire du président Yoweri Museveni. Kony, ce surprenant rebelle catholique fondamentaliste et enrôleur de jeunes enfants soldats (cf « Invisible Children »), visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité (délivré en 2005). Surprise, l’avion n’était autre qu’un CASA de AAR, le N604AR, souvent vu se poser à Malte ou aux îles Canaries (ici après son remontage !), ayant auparavant été la propriété de Blackwater et d’Eric Prince. L’appareil, après une tentative de remorquage avait finalement vu ses ailes démontées et était reparti sur un camion semi-remorque pour engins de terrassement… AAR, héritière des avions de Blackwater participe bien comme son prédécesseur à des opérations… discrètes, celles de la CIA en Afrique !

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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