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Les profiteurs de guerre oubliés (15) : Atac, des portes et fenêtres aux avions plastrons

Les habitants de Camarillo, en Californie ont fini par s’y faire : ils voient des Mirages tous les jours, ou presque. Oh, ce n’est pas dû à la chaleur régnant l’été là-bas, mais plutôt à de drôles d’avions, en forme de Mirage de chez Dassault. En fait des Kfir, appelés là-bas F-21 (les Mig français ?) autrement dit des  Mirage IIIS (suisses) modifiés au chausse-pieds par les israéliens pour y faire entrer un réacteur américain plus gros que l’Atar français original : le  General Electric J79-17 (celui qui équipe le F-4 Phantom II).  Les israéliens, qui reconnaîtront bien après qu’un ingénieur suisse, employé de la firme helvétique Sulzer fabriquant sous licence du Dassault Mirage IIIS, Alfred Frauenknecht, avait vendu les plans de l’appareil…  200 000 dollars.  Les avions qui survolent Camarillo sont reconnaissables à leurs deux tons de gris. Ce sont ceux d’une des toutes premières sociétés d’aviation militaire privée, appelée ATAC.

 

hunter_atac-3ca12Le 13 mai 2013, un vieil Hawker Hunter Mk-58 se posait avec comme pilote Matthew « Yort » Pearse, instructeur sur F-5N Tiger II et ancien du Naval Strike Air Warfare Center (TOP GUN) à la suite d’une mission de deux heures, de soutien tactique face au SFWSP (Strike Fighter Weapons Pacific School, ceux des « Outlaws »). Un combat simulé contre deux USN F-18E Hornet dans la zone ultra-éservée W-291du NAS de Pt. Mugu. Il venait d’accomplir la 30 000 eme heure de vol de sa société, appelée ATAC (Airborne Tactical Advantage Company), une société née en 1994, la première a avoir investi massivement le marché, à bien regarder. L’œuvre d’un entrepreneur ayant parié sur la rentabilité d »une telle entreprise, au bon moment, il est vrai…. Au départ, ce n’était qu’une société créée comme second centre d’intérêt pour son fondateur Larry Payne, passionné d’aviation comme son collègue Jeffrey Parker, deux amis s’étant rencontrés plus jeunes à l’U.S. Air Force Academy. Le premier pilote de F-16 Viper, le second instructeur sur T-37. Payne travaillait toujours, en effet, en 1996 comme directeur de production pour Milgard Manufacturing, une entreprise de portes et fenêtres… sur tous matériaux atteignant 30 millions de dollars de production annuelle. Payne était ensuite devenu le directeur de l’usine de la Coolidge Glass Company, fabricant de vitres et de miroirs, y supervisant à la fois fabrication et prise d’affaires. Rien à voir donc avec le milieu de l’aviation, donc !!! En France, on ne sait si Julien Julien Courbet, d’Art et Fenêtres, se passionne ou non pour l’aviation, sinon on peut tout craindre (ci-dessous deux Kirs d’ATAC).

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learjet_brouillage_L3-d1ecfMais les talents de gestionnaire de Payne allaient vite le rattraper, avec en 2001 la première levée de capitaux privé pour ATAC, qui surfait alors sur la grande peur qu’avait provoqué le 11 Septembre et le renforcement sans précédent des besoins militaires. Un premier contrat de 49 millions de dollars est conclu pour cinq ans avec la Navy, puis après une levée de capitaux et un emprunt par actions de 50 millions pour doper sa flotte d’appareils, et c’était un second de 120 millions. Payne a plus tard vendu sa participation en actions, fortune faire ; et il a pris sa retraite de son poste de vice-président de la société en 2009 pour se tourner vers d’autres centres d’intérêt (notamment l’équipe de football US des Sharks de Jacksonville !). Les Sharks, club favori de Vince Neil… le grand ami de Mark Daniels d’Aerogroup : que ce monde est donc petit !

M12-aircraft-66438Au départ, en 2002 encore, ATAC n’était qu’un simple sous-contractant de Flight International/L-3 Communications au NAS de Patuxent River, dont la spécialité était les transmissions, les contre mesures et les radars, discrètement testés sur des Learjet d’apparence civile (en haut le N39FN, équipé des deux pods les plus courants de « jamming » -brouillage- ou ici d’un autre modèle). L3 – le nom vient de Frank Lanza, Robert LaPenta et les Lehman Brothers– c’est ce qui restait à part en fait de la fusion de Lockheed et de Martin Marietta survenue en 1995. La firme, en dehors de l’électronique a également comme spécialité… les mercenaires, en employant à l’étranger 374 en 2012,sur les 2 694 contractors répertoriés. L3 a absorbé en 2000 « Training & Simulation Division of Raytheon Systems Co, » installée à Arlington, au Texas. C’est l’ancien Hughes Training, Inc., les vestiges du Hughes Aircraft Defense Group acquis par Raytheon deux ans avant. La firme à l’origine de l’invention d’Edward Link.. ; à savoir le simulateur de vol !!!

hawker_ATAC_brouillage-c73e3C’est L-3 Communications, par exemple, qui fournit toute l’électronique des 37 AMC-12W « Liberty » de l’US Air Force. Ou elle encore est celle qui a transformé récemment un bon vieil hélicoptère Bell Ranger en drone appelé Fire Scout MQ-8B/8C de la Navy (ici son premier test le 28 décembre 2014). On le voit : via la firme dont elle dépendait, ATAC avait été orienté depuis le début vers les avions de chasse pouvant jouer le rôle des « agresseurs » pour la Navy, en emportant des pods capables de simuler des MiG ou d’autres avions adverses, à partir de porteurs peu onéreux, tels que les Hawker Hunter, achetés une bouchée de pain aux anglais ou aux suisses. En somme, Aaerogroup n’a strictement rien inventé, et c’est bien ATAC le premier contractant civil a avoir investi ce marché militaire très fermé. Pour fabriquer sa flotte, ATAC , n’hésitera pas à créer des avions hybrides, tel le biplace fabriqué à partir d’un F-58, avec le fuselage du J-4095 suisse et tout l’avant du T.8C XF358 (du FRADU anglais). N478GS_2_with_pilot_thumb-1816eDes chimères aériennes, en quelque sorte. Je reviendrai un peu plus loin sur le cas particulier de L-3 IS (L-3 IS (pour Integrated Systems, mais qui est aussi L-3 aerospace systems ou L-3 Link), qui possède des Learjets, mais aussi un Gulfstream bien spécial. Repéré de passage en Angleterre en novembre 2009. « Le jet, un Gulfstream IV portant les nouvelles US numéro d’enregistrement N478GS, récemment a été accueilli par des hélicoptères militaires britanniques sur une piste à l’aéroport international de Birmingham en Angleterre au début du mois dernier, ravivant la controverse dans ce pays à propos de l’appui de l’Angleterre du gouvernement américain au programme de torture allégué. Selon les registres de l’Etat, le jet est inscrit à une filiale de L-3 Communications, sixième entrepreneur de la défense de la nation basée à Great Falls. Le même jet Gulfstream a fait les manchettes internationales au cours des années récentes, après il a été nommé dans un rapport du Parlement européen 2006 de l’enquête l’utilisation de la CIA d’avions privés dans le cadre du programme de restitution de l’agence de renseignement » avait-on pu lire dans le Great Falls Tribune, qui rappelait les aventures roumaines de l’appareil : « le rapport (européen) documente la façon dont l’avion a cassé une roue et a rompu un réservoir à l’atterrissage sur un aéroport à Bucarest, en Roumanie, en décembre 2004. L_3IS_Gulfstream-9184cISGS-Dragon-ISR-a4a12Le gouvernement roumain a dit que le groupe des sept passagers américains à bord de l’avion avait disparu rapidement après l’accident. L’un d’eux portait un fusil, indique le rapport. » L’avion était arrivé à Bucarest le 6 décembre 2004, directement de la base militaire de Bagram. L-3 participe aussi au programme « Net Dragon » de Lockheed-Martin (appelé aussi « Dragon Star« ), qui consiste à transformer des Gulfstream en avion ISR (pour Intelligence, Surveillance & Reconnaissance), équipé de caméras à visibilité nocturne et diurne et de compétences SIGINT. Ici à droite le N30LX comme modèle.

N478GS_en_vol-d846f« Selon le rapport du Parlement européen, la CIA utilise souvent des entreprises privées et des services d’affrètement pour les locations d’avions pour atteindre des endroits où des avions militaires serait considéré comme suspect. En utilisant les vols civils, la CIA évite d’avoir à informer les autres nations ou gouvernement de ses vols militaires, indique le rapport. Le rapport a également constaté que les entreprises en contrat avec la CIA sont dites « coquilles vides » ce qui signifie qu’elles n’existent que sur le papier, comme une boîte de bureau de poste, et qu’elles n’ont généralement qu’un seul employé, le plus souvent un avocat. Au moment où le rapport du Parlement européen a été publié en 2006, les dossiers de la FAA ont montré que le Gulfstream portant le numéro N478GS était détenue par Braxton Management Services – également de Great Falls, comme le Chicago Tribune l’a signalé, qui était une société fictive pour Centurion Aviation Services de Fayetteville, NC. Selon le bureau de la secrétaire d’État du Montana, Braxton Management Services a été dissout en décembre 2006. Peu de temps après que le rapport du Parlement européen ait été publié. »
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ATAC ne s’est pas cantonné aux vieux Hunter, et a suivi à la lettre le fonctionnement de la Navy, qui utilisait depuis longtemps des Kfirs (appelés F-21 aux USA) comme « agressors » pour simuler la petite taille des MiG-21 et leur aile en delta. Des Kfirs, à savoir des Mirage 5 israéliens dopés, équipés du réacteur de section plus importante, le GE J79 des Phantom, pas moins (sous embargo de réacteurs ATAR français, israel avait réagi avec cet étonnkfir_ATAC-8bef2ant bricolage appelé Nesher au départ, vendu aux Argentins). Des avions modernes, capables de 2 285 km/h, dotés de Hotas (joystick) et de cockpit à LCD devenus C2 chez ATAC (avec peu de modifications, à part de becs de bord d’attaque et des canards plus grands). Des avions délicats à piloter, néanmoins. Le 6 mars 2012, un C2 N404AX tuera par fort mauvais temps le Capt. Caroll LeFon, au nord du Nevada, à proximité de la base aéronavale de Fallon. Pilote de Corsair II et de Hornet, ancien de Top Gun, il avait participé à Iraqi Freedom et tenait un blog fort couru (tenu anonymement, il était fort lu au Pentagone), “Neptunus Lex”. On retrouvera l’avion littéralement encastré dans un bâtiment. Dans son blog, il avait abordé la difficulté à piloter dans les vents changeants à 60 km/hautour de Fallon. Il avait juste signalé être à court d’essence et avait tenté de rejoindre… Reno.

draken pod

cobra drakenFait surprenant, ATAC avait aussi essayé un Draken suédois comme avion « Agressor ». L’engin à sa sortie avait été qualifié de révolutionnaire en effet avec son aile en double delta. Il avait fait son premier vol en octobre 1955. Cela pouvait paraître surprenant, comme achat par ATAC? ça le devient beaucoup moins quand on découvre que les pilotes suédois, de solides casse-cous à leurs heures, étaient eux aussi capables de réaliser le fameux Cobra – de Pougatchev- avec cet appareil. Une saisissante vidéo le démontre  (ici à gauche) Avant ATAC, la National Test Pilot School  à la fin des années 1980 avait elle aussi acheté 6 Draken biplaces danois (en voici un et voici l’autre le biplace N169TP) dans le but d’entraîner ses élèves aux conditions de vol particulières sur cet appareil double delta : nul ne sait si c’était pour tenter le saut de serpent… équipé d’un pot, le Draken d’Atac pourrait simuler un parfait Sukhoi 27… :

700px-Su-27_Cobra_2b-1

216570Depuis la firme est devenu partie prenante de bases militaires US, au NAS Point Mugu, en Californie, au NAS de Fallon, dans le Nevada, mais aussi au MCAS de Kaneohe Bay, à Hawaï et même au Naval Air Facility d’Atsugi, au Japon. « L’US Air Force et la Garde Nationale aérienne ont utilisé les adversaire de l’ATAC pour le soutien à des exercices « Red Flag » », de préparation opérationnelle et d’évaluations des F-15, F-22 Raptor à la formation du Special Operations Command SOTAC (Special Operations Controller Terminal Attaque) » pouvait-on lire. La société privée est en effet depuis 2005 complètement intégrée aux escadrons militaires. Par nécessité, comme le dit ATAC , qui raconte que c’est lors d’un exercice Red Flag avec les Indiens (Indian Cope) que la Navy et l’Air Force se sont aperçus que de vieux MiG-21 équipés de brouilleurs adéquats pouvaient venir jouer les troubles fête au milieu d’une patrouille de F-15 ou de Hornet : « de voir de vieux MiG-21 modifiés, avec leur brouilleur de pointe et leurs missiles infra-rouge prêts à tirer, ou le chasseur de mach 1+ Kfir, aperçus trop tard, et un Super Hornet à 6 millions de dollars se faire coiffer dans le ciel par une aile delta antique et rudimentaire peut être une pilule difficile à avaler pour un jeune pilote de chasse mais ce sont exactement les leçons difficiles qui doivent apprises dans la formation, et non pas au combat. »

Une histoire qui remet sérieusement en cause le principe de furtivité des F-22, à bien regarder !!! Selon the Aviationist, les indiens avaient en effet établi en 2004 un score de 9 contre un aux pilotes de F-15… avec des MiG-21 Bison, et des Su-30MK Flanker. Un score vite démenti par la direction des opérations. En janvier 2013, par exemple encore, 6 Hornet de la VFC- 12 ((les « Fighting Omars ») , et 6 avions d’ATAC, plus deux avions de Phoenix Air et deux de L-3 ont constitué un escadron de simulation d’attaque du porte-avions S. Truman (CVN 75) lors de l’exercice COMPTUEX.
atac et agressorATAC compte bien recueillir les lauriers de la désactivation de l’escadrille 55 des Agressons de Nellis, survenue en 2014 pour placer ses pions et devenir le nouveau challenger des entraînements des pilotes de la Navy. En tout cas, en mai 2015, la firme pouvait être rassurée : la Navy lui avait reconduit son contrat jusque… 2020. 5 années de plus représentant la bagatelle de 20 000 heures de vol… en mettant en avant le fait qu’ATAC était aussi la seule société civile à combattre des F-22 Raptors, à l’entraînement. Parmi ses nouveaux engins, des Aero L-39ZA Albatros, dont le premier exemplaire avait été révélé au Bourget.. en 1977. Ici au point de décoller.  Sa particularité : il a gardé son réacteur russe, un Ivchenko AI-25TL

albatrosLe succès de la société est donc dû à cet amer constat (la furtivité est donc un leurre !) mais aussi aux économies réalisés par l‘outsourcing, comme le précise Thomas “Trim” Downing, responsable chez Atac : « les choses vont différemment dans le nouvel environnement de budget par rapport aux précédents », opine-t-il . « Nous allons perdre de la structure et de la main-d’œuvre.  Il est bien entendu que c’est dans la main d’œuvre que sont les coûts à long terme. Si vous regardez ce que sont les coûts d’ATAC pendant une heure de vol cela fait 6 000 dollars, qui couvrent tout. La Marine ne signe pas avec ça pour Delta Dental et les paiemencoastts de TRICARE ou la retraite ou pour toute autre chose encore, quand ils utilisent nos services « . Bref, les mercenaires ne sont pas des fonctionnaires, et leurs heures de vol ne les garantissent en rien pour le futur : c’est « no futur », ou plutôt « no retraite » por eux.. Au pays du cash-roi, ce sont les nouveaux exploités ! Et ils reviennent moins cher, comme leurs avions ! Les nouveaux damnés de la terre le sont dans les airs !!! Car le constat est là : es enclumes volantes de l’Air Force valant de l’or en barres, on ne peut en effet les faire voler en formation contre elles-mêmes ! Trop coûteux !

 

 

ATAC_tarmac-d95bfTout ceci procure aux sociétés comme ATAC une rentabilité inimaginable il y a quelques années. D’où l’attrait pour certains investisseurs. Depuis 2005, des fonds d’investissements se sont rapprochés d’ATAC, désormais perçue comme une société plus que profitable. Basée à New York, c’est ainsi qu’en 2011, Chart Capital Partners(CCP) une société de « private equity « (capital-investissement) spécialisée dans les rachats et les placements de croissance d’entreprises sur le marché intermédiaire est venu se joindre à l’aventure en recapitalisant ATAC. Selon David Collier, le directeur général de Chart Capital Partners, « la proposition de valeur d’ATAC fournit une thèse convaincante pour investir dans le secteur de la défense dans le contexte actuel de financement du DoD (le département de la Défense US). Jeffrey Parker a construit une superbe plate-forme avec une équipe exceptionnelle de pilotes et du personnel. Nous sommes ravis de collaborer avec l’équipe ATAC pour augmenter les chances de succès de la société et répondre aux opportunités attractives présentes ici aux États-Unis et à l’étranger.  »  Un discours tout ce qu’il y a de plus industriel ; on parie désormais sur des armes, preuve que le lobby militaire a déversé son idéologie jusque la société civile. A noter que la firme possède aussi un Saab Draken visible devant l’un des hangars du Newport New -Williamsburg Airport (près de Grafton) en Virginie. Le N111XD, désormais plus utilisé.

agressor_hornet-aa6ecCar, à l’évidence aussi, l’arrivée du F-22, et pire encore du F-35 vont encore faire empirer la chose question budget militaire US : « Le soutien des « agressors » en interne va coûter encore plus cher à l’avenir. Même si l’on considère leurs capacités avancées, vous devrez prendre en compte le coût des aéronefs opérants comme le F-22 et F-35. À l’heure actuelle, déjà, 50 % de la flotte « rouge » de la Marine (ici à gauche un Hornet « rouge ») sort de du budget de fonctionnement… ». Les fatigues des cellules sont un autre problème. Au cours de la dernière décennie, la Marine a effectué la transition de ses unités de réserve de l’escadre aérienne (CVWR-20) à partir des escadrons traditionnels des Aggressors, pour en faire une force prête à déployer en faveur de la guerre contre le terrorisme. Par conséquent, les escadrons actifs ont donc dû fournir leur propre soutien à la flotte des « rouges ». Cela fatigue davantage les avions de la Navy et de la Marine ».

atac_kfir-395f6Cette façon de faire ravit les sociétés privées, qui peuvent envisager un bel avenir qui s’ouvre royalement devant eux : « ATAC voit-là une opportunité pour la croissance à l’international. « Il ya maintenant des demandes de propositions de quelques entités en Europe », rapporte Downing. « L’Asie n’a pas décollé encore, mais je pense que ça va le faire. Le Moyen-Orient est également un domaine où je pense vraiment que ce concept va s’installer. Si vous regardez la façon dont de nombreux pays vont acheter le F-35 ou essayent de l’acheter, ils vont tous avoir les mêmes problèmes en matière de formation « . ATAC est la seule société privée admise aujourd’hui à « combattre » les F-22 et F-35.

sidewinder-128eeLe 19 mai 2011 un ex commandant du TOP GUN, « Trim » Downing annonce être recruté par ATAC en tant que « Chief Operating Officer ». Il avait dirigé la VFA-136. En novembre 2013, les Kfirs recevaient une forme consécration de la part de la Navy : l’autorisation d’emporter un missile (captif) AIM-9M Sidewinder, du type fire and forget, qui leur permettait désormais d’évaluer le « shoot » d’un adversaire autrement qu’en l’ayant en visuel direct. Une avantage qu’aucune des firmes concurrents ne possède encore (pas même Draken ; la plus évoluée de toutes comme on a pu le voir dans cette longue enquête). Le 15 janvier dernier, ATAC annonçait se déployer à nouveau à Jacksonville, pour participer à l’entraînement des porte-avions USS Bush and USS Roosevelt, tenus en janvier et février. Deux Strike Carrier Battle Groups au complet, entraînés par 10 appareils d’ATAC, munis de leurs Sidewinders et de leurs faux émetteurs de MiGs. Une autre consécration ! En citant ses L-39, car ATAC en possède aussi, Defense Industry Daily rappelait la concurrence autour d’ATAC, à savoir le canadien Discovery Air Services (avec ses A-4N, et surtout ses Alpha Jet « agressors », IAI Westwind 1124 comme biréacteurs d’affaires), Draken international (et ses MiG-21bis / UM, L-159E, L-39, A-4K, MB-339CB), L- 3 vol international (Learjets dotés de contre mesures ECM), Phoenix Air de Cartersville, en Georgie, (et ses Learjet avec ECM, comme L-3), et Tactical Air Support, Ic, alias actical Air Defense Services de Cariello et Mark Daniels (avec ses CF-5B / D, canadiens, ses EMB 314, sesSF-260TP ; et son Su-27 certifié). Le plus proche étant Draken, le seul à pouvoir rejoindre aujourd’hui le pionnier ATAC, par ses effectifs et par sa gestion..

atazc textronLa Navy, plus que satisfaite semble-t-il du travail d’ATAC a renouvelé le 18 mai dernier son contrat le liant à la société jusqu’en 2020. La déclaration rappelant ses exploits :  « ATAC vole sur des avions de combat subsoniques et supersoniques pour fournir des services de formation dans l’air de la Marine à partir de quatre endroits principaux dans la zone continentale des États-Unis, Hawaii et le Japon. La société vole sur des F-21 / C-2 Kirs modifiés, un avion de chasse supersonique auparavant piloté par l’aviation israélienne, et sur des Mk.58 Hunter de conception britannique qui ont été achetés de la Suisse. L’entreprise emploie d’anciens pilotes de chasse, instructeurs de l’Air Force et les instructeurs « topgun » de la Marine, de Armée de l’Air et des Marine Corps pour faire fonctionner leurs appareils. Les soumissions de contrat du Naval Air Systems ont été acceptées à la fin de 2013, mais tout récemment décernées. ATAC a été le fournisseur titulaire de ses services, après avoir pris en charge les services aériens tactiques de la Marine depuis la fin des années 1990. Au moins quatre autres concurrents ont participé à la compétition ». Voilà un avenir radieux qui s’annonce, au point d’attirer d’autres convoitises comme on va le voir… très vite.

bartlettAu final, en effet , aux toutes dernières nouvelles, finis les fonds d’investissements : ATAC vient tout juste de se faire manger… par Textron pour devenir Textron Airborne Solutions. Tectron avait déjà absorbé  Beech Holdings (Beechcraft et Hawker)… : les grosses entreprises viennent de s’apercevoir que ces 15 dernières années, les plus petites qu’elles ont eu davantage de flair… économique. Le président de la nouvelle unité est Russ Bartlett, l’ex président de Beechcraft Défense très impliqué dans l’avenir de l »AT-6 vu ici au Bourget 2013. C’est aussi l’ancien chef de la patrouille des Blue Angels sur F-18… les acrobaties, ça mène à tout !

 

 

couvresources :

http://aviationweek.com/blog/atac-legacy-fighters-cutting-edge-warfare

http://www.defensemedianetwork.com/stories/outsourced-flight-support/

http://www.atacusa.com/press_releases/press_release_20.html

un très bon article de Combat Aircraft de décembre 2015, pages 72-75 sous le titre « Atac, smart Fleet Support »

sources entreprise

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