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Les profiteurs de guerre oubliés (12) : la chasse au Graal à étoile rouge

Et puis il y a eu des avions mythiques, des avions russes qui ont été très recherchés par les collectionneurs, dont Paul Allen, l’ancien de Microsoft, qui aura beaucoup fait pour la préservation d’un patrimoine industriel qui perd régulièrement des engins mythiques, au fil du temps.  Restaurer un avion est une opération extrêmement coûteuse, et le maintenir en vol un risque onéreux.  Allen a tenu a tout prix à posséder un Mig 29, dans son musée du  Flying Heritage Collection c’est finalement un biplace dont il a hérité, au prix fort. L’avion au musée vole, ce n’est pas seulement un engin statique.  C’est en fait celui de Paul Sessions, de Vulcan Warbirds Inc.  L’homme avait restauré avant le superbe Grumman F7F Tigercat connu sous le surnom de Bad Kitty, Son Mig n’avait volé que 510 fois avant d’être acheté 2,5 millions (et revendu 6 à Allen).  L’histoire du rapatriement « sportif » de l’appareil mérite le détour, en effet… mais c’est le travail de l’ombre d’un général que l’on va retenir cette fois, bien davantage que la chasse au Mig mythique… le lobbying, tout un métier !

Chez Aerogroup-TADS, on l’a vu, on s’est vanté en 2006 de ramener deux MiG-29 d’Ukraine.  Aussi c’est avec surprise qu’on apprend par un communiqué ceci : « le 29 mai 2008, TADS a retourné les deux MiG-29 et simulateurs actifs (Cambar) achetés chez le Groupe Acquisition Aero par un raccord de règlement et de quittance (le règlement Cambar) entre la société et Cambar & Associates (Cambar) ».  Cambar et Associates n’est en fait que Dwight Barnell, à la tête, quel hasard aussi de Meridian Inc ; la boîte qui dégote des Ill-76 comme figurants de films pour Skydance Films… un texte du 23 août 2010 évoquant l’absorption par TADS d’Aerogroup avait en effet précisé les investissements :« deux MiG-29 « Fulcrum », des avions de combat, qui ont été évalués à la fin de 2005 à 2,8 milions de dollars (avant mises à jour) et situés en Ukraine, quatre simulateurs d’avions tactiques Singer Link, et le matériel connexe, évalué à la fin de 2005 à 285 000 dollars, auxquels étaient ajouté une « une option pour conclure un accord exclusif avec Air Support Systems, LLC, pour deux baux d’Ill-78, des avions citerne pour des opérations de ravitaillement air-air ».

Le texte révélait une chose importante ; outre le fait que les avions promis par Aerogroup ne sont jamais arrivés aux USA : dans les entraînements aériens proposés par Aerogroup, il y a avait quelque chose à part, qui expliquerait en grande partie la mansuétude du Pentagone sur les gens qui composent le conseil d’administration de l’entreprise. « L’armée américaine s’entraîne régulièrement contre les « ennemis » et les menaces contre son sol en simulant les missiles sol-air du système de défense de l’ex-Union soviétique et des chinois. Ces systèmes représentent environ 95% de tous les rez-de-menaces connues perçues par les États et les groupes hostiles autour du monde tels la Corée du Nord, la Syrie, l’Iran, les talibans, etc. Cependant, l’U.S. DoD t a été incapable d’acquérir ses systèmes et de choisir qui entraîner (à la lutte contre ces systèmes). En remplacement, l’armée américaine utilise des répliques (copies) ou « même signal » par des unités qui présentent une expérience limitée en raison de deux heures seulement, avec des appareils sensiblement différents en caractéristiques physiques et électroniques. Avec le meilleurs de nos connaissances, TADS, grâce à un accord de principe avec un fournisseur de système russe, est le seul fournisseur américain à fournir une formation réelle aux système émetteurs de l’ancienne Union soviétique en bon état de fonctionnement et révisé, et en conséquence nous pensons pouvoir effectivement apporter davantage d’expérience dans la formation pour les forces armées américaines et alliées. TADS, actuellement, ne cherche pas à signer de contrats pour ces menaces émanant du sol, mais il existe une demande et TADS est bien placé pour recevoi dans le futur ce type de contrats sans qu’aucune assurance ne puisse être donnée ». Aerogroup-TADS aurait donc décrypté, grâce aux deux MiGs achetés, les fréquences des indispensables contrôleurs au sol russes, ou celle plutôt du guidage des missiles tirés du sol.  Les « pods » proposés contiendraient donc cette technologie, qui vaut, évidemment une fortune, aux yeux du Pentagone.  Serait-ce un vestige du travail d’0.  Howard Davidsmeyer ? Etait-ce vrai, rien n’est sûr, tant les communiqués d’Aerogroup ont toujours enjolivé la réalité. Vantardise ou réalité ?

Le sachant, l’autre appareil qui nous intéresse davantage est donc bien entendu…. un MiG-29, à une époque fort recherché par l’Us Air Force qui va missionner des gens pour lui en trouver un, à la fin de la guerre froide.  L’avion a volé pour la première le 6 octobre 1977, rappelons-le.  C’est aussi le rêve fou d’un collectionneur passionné John Sessions, un ancien avocat d’affaires international qui a créé l’Historic Flight Foundation en 2005 à Paine Field, en commençant par restorer un Grumman F7F Tigercat surnommé « Bad Kitty » (N6178C) dont il ne reste que 6 exemplaires à ce jour (sur 364 construits).  Un ancien avion contre les incendies (N6178C) ! Le Mig-29 trouvé par Sessions est un biplace (UB)… ukrainien, qui n’avait volé que 510 heures.  Il se pourrait surtout que ce soit celui dont parlait Aerogroup en 2006.  L’avion étant encore « sensible » à cette époque, Sessions avait prévu de l’envoyer en deux morceaux : le fuselage via le Pacfique et Hong-Kong, les ailes et les réacteurs par l’Atlantique !!! Le 4 avril 2006, un bureaucrate zélé de Hong-Kong bloque l’envoi du deuxième container dans le port, le considérant toujours comme avion de guerre de contrebande.  mig29B_deuze-f1988Les pourparlers pour récupérer la moitié du MiG dureront 2 ans (et pas mal de bakchichs), et lorsque le corps de l’avion arrivera aux states, en 2008, il sera rongé par le sel infiltré dans son container.  Il arrive ainsi au Morgan Aircraft Restoration Hangar au Arlington Municipal Airport, le hangar de… Tim Morgan.  La restauration durera deux années, aidée par un manuel de Fulcrum indien (l’Inde en étant équipé, d’où actuellement sa propre quête de remplacement et son intérêt pour le Rafale). Le 23 janvier 2011, l’avion mythique devenu N29UB, redécollait. Il provenait en fait directement d’Ukrinmash Co, la firme nationale d’armement, et avait été transporté de Hong Kong par le Svenborg Maersk sous le nom de M-cubed Co, la société écran de Tim Morgan. Le MiG-29 a depuis été racheté par Paul Allen pour sa Flying Heritage Collection (il vole ici poursuivi par le F-5B N586PC. Le prix n’en a pas été révélé. Mais on l’avait annoncé à plus de 6 millions de dollars.

John Sessions s’était néanmoins fait battre de quelques semaines par Air USA, une autre boîte privée dirigée par Don Kirlin, un ancien pilote de 737 chez US Airways, qui avait fait voler le sien le 10 décembre 2010 à Quincy, dans l’Illinois.  Le pilote du jour étant Fred « Spanky » Clifton.  L’homme était devenu fort riche, il devait sa fortune à une chaîne de magasins de cartes de vœux ! Il avait crée sa société, qui, comme Aerogroup, formait des aviateurs US (le créneau étant si porteur avait attiré une foultitude d’entreprises).  Sa firme a ainsi reçu une année 840 000 dollars de la Navy pour voler 200 heures sur ses avions, dont surtout des L-39. Kirlin est un cas bien particulier avait séduit les militaires (et la CIA, visiblement) en proposant de rééditer l’exploit du 24 novembre 1971, du voleur D.B. Cooper, qui avait sauté en parachute d’un 727 en vol-par l’escalier arrière !- avec 200 000 dollars (il n’a jamais été retrouvé et ça reste le casse le plus surprenant au monde !). L’exploit avait été réédité par 17 parachutistes lors du World Freefall Convention, à Quincy même, en 1992, comme c’est visible ici. Et la CIA l’avait aussi tentée, aux temps des B-26 de Mark Marksman, comme j’ai ou vous le décrire ici…  à propos de Cooper, le FBI vient tout juste d’abandonner définitivement les recherches…

MIG_29B-545e2Il avait devancé tout le monde en allant dénicher son premier L-39 directement au Turkménistan, où il trouvera en 1994 deux Mig 29 qui seront prépars Hongrie. L’histoire d’une partie de sa remise à neuf a été racontée ici par ses fournisseurs hongrois. « Dans le hangar ont été démonté deux ailes, les stabilisateurs, ves dérives verticales et les moteurs qui sont arrivés dans les locaux de l’entreprise (….) Un chariot élévateur et a commencé à monter les sangles de l’immatfriculation provisoire NX129XX, à qui a été donné le nom de « Natasha » lors d’un baptême. Les moteurs pouvaient s’ y intégrer, sans causer de problèmes. Natasha a été assembée en août 2008 pour revenir à la vie (voir les photos de l’opération). Cependant, des problèmes sont apparrus (…)

MIG-29C-36333Les Ukrainiens ne se sont pas révélés être des partenaires d’affaires fiables. Comme il se est avéré au cours des tests de fond, une partie importante de l’équipement avait été intentionnellement échangé. Les quatre paliers du moteur étaient tellement abîmés qu’il fallait refaire tout le moteur. Soit la refonte totale de du réacteur. En outre, la démilitarisation de l’avion par les Ukrainiens avait vu des câbles coupés qui ont plus tard causé des problèmes avec un autre appareillage qui ne fait faisait pas partie du système d’armes. MIG-29A-9e2f2Les professionnels américains devraient fabriquer une bonne partie des systèmes pneumatiques et hydrauliques de l’avion pour le rendre bon pour le service, et les systèmes électriques étaient à refaire (…) Pratiquement, il n’y avait pratiquement plus aucun système électrique qui fonctionnait correctement. Je ai déjà décidé que les moteurs ont commencé, et ce était l’un des la volonté expresse du propriétaire ainsi, de sorte que les systèmes électriques sont restaurés pour démarrer les moteurs est sous-systèmes essentiels ».

 

finlande_fulcrum-a0968Le premier MiG-29 vu à l’étranger était apparu en Finlande, et un exemplaire avait été envoyé à 1988 au Farnborough Airshow en 1988, mais on n’avait pas pu l’approcher.  Il avait intrigué tout le monde (voir ici à droite).  En 1996, après avoir arrosé pas mal de fonctionnaires (tout avait été payé en cash avions compris !), les caisses contenant les deux avions de Don Kirlin, étaient envoyées par train vers Almaty, puis vers le port de P’ot’i, en Georgie.

Au même moment en Allemagne de l’Est le pilote Fred “Spanky” Clifton montait dans un Mig-29 de l’Allemagne réunifiée : plus besoin d’aller en chercher un plus loin.  Les caisses de Kirlin restaient alors bloquées par des fonctionnaires zélés, les avions démontés étant repartis au Kyrgyzstan pour être embarqués dans un Antonov 124 vers Tallinn, en Estonie… pour y rester bloqués trois ans, sous des prétextes divers.  Pas facile d’en faire venir un.. car l’avion intéressait plein de gens, encore… dont les militaires américains !

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mig29-9a2f6Selon le livre « Mr. Mig : And the Rsiege_ejectable-cdc56eal Story of the First Migs in America » de Paul T. Entrekin (lui-même pilote émérite de Mig-15), le fait de rapatrier des Migs aux USA était bien un contrat d’Etat (et de la CIA !) et non une initiative privée seulement (ce qui signifierait aussi que la CIA ne s’attendait pas à la chute du mur de Berlin !) Car il avait précédé au départ le Pentagone, qui n‘était arrivé à dégotter 14 Fulcrums C, 6 modèles A et un C biplace qu’en 1997, en Moldavie, où ils avaient été vite démontés pour être expédiés sous le manteau à Dayton et y être examinés à la (à gauche le montage du siège éjectable du MiG de Kirlin).  Les Etats-Unis les avaient achetés à la Moldavie, car ils craignaient qu’il finissent en Iran.  Ceux qui volaient encore étant expédiés à Edwards, un autre à Nellis.  Depuis 2012, Air Usa aurait du s’installer à Albuquerque (Nouveau-Mexique) et non à Quincy.  Mais il semble que ça ne soit pas fait.  A Bishkek-Manas, l’argent qui a coulé à flots a disparu semble-t-il avec la fermeture de la base US, inaugurée en décembre 2001.  Le Mig de Kirlin sont visibles ici.  L’un de ces L-39 ici.  Aujourd’hui, c’est devenu commun aux USA : une façon de fêter les anniversaires… aux enfants.

 

su-27-ac296

pride_SU-27-3c75aTactical_Air_Support,_Inc._logoMais il y en a un encore plus attendu encore. Un Flanker, (Su-27) la bête noire de l’armée américaine qui peut toujours le craindre, aujourd’hui encore, plus de 38 ans après son premier vol.  Une brute, un monstre de puissance.  C’est une autre société privée encore qui va en hériter.  Tactical Air Support, fondée en 2006 par R.C. Thompson au sortir de l’USAF à… Reno.  C’est son vice président et « chief operating officer » Gerry Gallop, qui pilotera la bête en premier.  A la tête de l’entreprise, quel  hasard, on trouve le généal Ronald Fogleman (ancien Chief of Staff de l’USAF)… En Ukraine, et non aux USA.  Avant d’en ramener deux exemplaires, achetés 4 950 000 dollars pièce. Les engins arriveront en octobre 2008 via un Antonov AN-124 Condor.  Etrange, en voilà un qui parade bientôt devant le hangar de « North American Aviation, Pride Aircraft« , de Rockfort, donc, dans l’Illinois : quel est donc le lien entre « TAC » et « Pride » ???. Le même que celui entre Mark Daniels et Fred Daniels ? Il décolle le 10 décembre 2009, sous le numéro N131SU portant toujours sa livrée de guerre ukrainienne et son numéro 31 sur le nez (l’autre étant le N132SU).

Le 1er mars 2010, il est stocké à l’extérieur du hangar, le cokpit simplement recouvert d’une toile.  Le 22 mai 2010, soit à peine plus de 5 mois plus tard, on peut observer les deux exemplaires (31 et 32),  queues et ailes démontées, près à rejoindre un autre aérodrome.  Les avions sont annoncés le 5 février 2015 comme étant vendus 6 millions de dollars pièce à une société appelée Meridian Inc., de Wilmington, dans le Delaware, qui a obtenu un certicat de vol jusqu’en 2013 (ils ont été refaits à neuf par John Morgan de Pride Aircraft).  Etrangement, on a remis à bord deux sièges éjectables neufs par avion : remet-on ce genre de choses s’il n’est pas destiné à voler ???  Non, bien sûr.  La Pravda avait bien eu sa petite idée sur le sujet en 2009.  Selon Morgan, les deux avions avaient été achetés par une société qui voulait faire des « études scientifiques à haute altitude« , ajoutant qu’il peut grimper à 57 000 pieds en effet. (un peu plus de 17 000 mètres).  Mais entre temps la société avait fait faillite.  L’explication n’en est pas une, en réalité.  Des ballons peuvent le faire.

tacair porteTac Air serait-elle une société écran du Pentagone ? Ou plutôt une société faisant un intense lobbying critique auprès du Pentagone ? On peut le penser à voir ce quelle affiche sur son site.  L’image du Super Tucano dont je vous ai déjà parlé ici au chapitre 9, entre un CF-5D Northrop-Canadair et un Savoia-Marchetti qui a été acheté en masse dans les années 80 par des pays africains comme avion ‘appui au sol au rabais.  L’engin est particulièrement mis en évidence sur le site.lt-gen-david-deptula  Ce sont bien les mêmes, revenus sous un autre nom ! Tac-Air mène à nouveau à Tactical , qui mène à Aerogroup, qui mène à Mark Daniels !!! Chez Tac Air, comme je l’ai déjà dit, se cache le général Ronald Robert Fogleman, qui a été  de 1992 à 1994 le commandant en chef du Transportation Command (celui qui avait annoncé que le pilote du F-117 en Serbie avait un « émetteur » sur lui) et David Deptula.  Ils ont servi ensemble au QG de l’USAF, DC 88-92, puis à nouveau en 1997.  Deptula à travaillé au sein de l’US Strategic Command.  L’homme exerce un lobbying évident, lisible ici (et là en particulier).  Avec à sa tête, une future présidente… des USA, avais-je dit.

deptulaDavid Deptula exerce des pressions sur le gouvernement US, à l’évidence; comme le rappelle ici Wikipedia . On parle souvent su lobby industriel de guerre aux USA, depuis la célèbre déclaration d’Eisenhower, et Deptula en est la personnalisation même, via sa propre société-conseil , au point d’entrer en conflit parfois avec de plus hauts intérêts : « à la fin de 2014, le Groupe Deptula, LLC a été interdit de faire des affaires avec le gouvernement des États-Unis, pour avoir prétendument pas suivi les des conseils de l’avocat général (AFGC) de USAF en 2011. La restriction est pplicable au 1er Février 2016.  Le même avocat général a été nommé dans un département de la Défense (DOD) dans un rapport inspecteur général comme violant le Règlement sur l’éthique communes du DOD dans son travail. Deptula a nié toute malversation, deptula2affirmant que la décision de l’avocat général de la force aérienne sur la question contenait des inexactitudes et excluait sélectivement des faits importants. Il a appelé de la décision et à demandé le retrait de la décision de radiation. Trois anciens secrétaires de la Force aérienne, trois anciens chefs de la Force aérienne d’état-major, et 8 hauts dirigeants respectés supplémentaires ont fourni des témoignages à l’appui de la position de Deptula ». Au final, l’homme ne peut être que redouté : le magazine Défense News cite Deptula parmi l’une des 100 personnes les plus influentes dans la défense des États-Unis pour 2014.  Le 2 Avril ici à 2015, il a été honoré d’un prix spécial pour sa contribution exceptionnelle à la puissance aérienne lors d’une conférence internationale sur l’air et la puissance spatiale à Istanbul , en Turquie.  Serait-il le chantre des ventes du Super Tucano ?deptula3 S’opposant en ce cas aux vendeurs d’enclumes volantes  de type F-22?  En tout cas son lobbying fonctionne : en novembre 2015, on apprenait que le Super Tucano était acheté par le Liban.  Dernière cet  achat se profile Sierra Nevada, autre profiteur de guerre dont je vous ai déjà parlé ici.  L’argent pour acheter les avions provenant d’Arabie Saoudite.  Deptula, quel hasard, est aussi à la table de la direction de Sierra Nevada.  Le 23 juillet 2012, Deptula s’était même permis un petit tour en Super Tucano… il l’avait déjà fait auparavant pour TAC AIR, en novembre 2011, en étant interviewé par la même occasion pour en vanter les mérites…  la vidéo est visible ici.

UnknownDeptula, on l’a bien compris, est apprécié diversement au sein de l’armée.  En résumé; il promeut un appareil qui va à l’encontre de ce que souhaite le Pentagone, qui continue à construire des avions qui ne correspondent pas aux conflits rencontrés, mais qui enrichissent les plus grosses firmes, dont le souci n’est pas la défense du pays mais la rentabilité maximale ou le maximum de profits. Logiquement, en tant que pilote, il ne peut donc pas non plus admettre la montée en puissance irraisonnée de l’usage des drones. Bingo, c’est exactement ce qu’on peut lire ici, un avis tranché à propos du film d’Hollywood « Eye in the Sky » (avec Helen Mirren) selon lui, l’usage même des drones « va à l’encontre même des règles les plus élémentaires de la guerre »

delaware_heaven-ff88dEn fait, c’est l’immeuble donné comme adresse pour « Meridian Inc » qui est la clé de l’énigme.  Et ce n’est pas rien, comme découverte, comme l’a bien perçu Leslie Wayne du New-York Times dans un étonnant article du 30 juin 2012.  Un immeuble qui ne paye pas de mine mais qui est remarquable en effet : « North Orange Street dissimule des secrets à l’intérieur. C’est un immeuble de bureaux banal, une bâtiment surbaissé avec un auvent fané et une vue sur un parking. Pas la peine d’un deuxième coup d’œil. Mais derrière ses portes se cache l’une des collections d’entreprises les plus remarquables dans le monde : 1209 North Orange, voyez-vous, est l’adresse légale de pas moins de 285 000 entreprises distinctes…. » Ses occupants, sur le papier, comprennent des géants comme American Airlines, Apple, Bank of America, Berkshire Hathaway, Cargill, Coca-Cola, Ford, General Electric, Google, JPMorgan Chase, et Wal-Mart. Ces entreprises font des affaires à travers le pays et dans le monde. Ici, au 1209 North Orange, c’est simplement une sélection. Ce qui attire ces noms de renom à 1209 North Orange et à d’autres adresses Delaware attire aussi entreprises moins connnues. Par exemple, en 1209 North Orange était, jusqu’à récemment, et l’adresse de l’entreprise de Timothy S. Durham, connu comme étant « le Midwest Madoff. » Le 20 Juin, M. Durham a été reconnu coupable d’avoir escroqué 5000 investisseurs, la plupart de la classe moyenne et plutôt âgés pour 207,000,000 de dollars. C’était aussi une adresse de Stanko Subotic, un homme d’affaires serbe et passeur de drogue condamné – l’un des nombreux Européens de l’Est débarqué dansl’Etat. 

Delaware-Greeting-Card-fr-001-1a98eBref, ce bâtiment discret et anodin seul permet tout.  Y compris le blanchiment d’argent sale, celui provenant des revenus de la drogue.  On y revient. « Les grandes entreprises, les petites entreprises, les voleurs, coquins et pire encore – tous ont été retrouvés à des adresses du Delaware dans l’espoir de minimiser les impôts, en contournant les règlements, sillonnent tribunaux amis ou, en cas de besoin, pour camoufler leurs traces. Les autorités fédérales craignent qu’en plus des entreprises légitimes qui affluent ici, les trafiquants de drogue, escrocs et les blanchisseurs d’argent se dirigent de plus en plus aussi vers le Delaware.. Il est facile de mettre en place des sociétés écrans ici, sans poser de questions. » Le mot est lâché : les deux Sukkhoï ont été achetés par une société écran.  Oui, mais laquelle : qui se cache bien derrière deux engins remilitarisés (avec leurs sièges éjectables) alors qu’ils avaient été vendus comme civils ?

air_cess_viktor_bout-6eb41« Près de la moitié de toutes les entreprises publiques aux États-Unis sont incorporés dans le Delaware. L’année dernière, 133 297 entreprises mis en place ici. Et, au dernier décompte, le Delaware avait plus d’entreprises, publiques et privées, que d’habitants – 945,326 contre 897,934. C’est également un endroit idéal pour réduire la facture d’impôts. Le Delaware aujourd’hui en tête régulièrement des listes de paradis fiscaux nationaux et étrangers, car il permet aux entreprises de réduire leurs impôts dans un autre Etat – par exemple, l’état dans lequel ils effectivement affaires ou ayant leur siège social – par les redevances changeantes et revenus similaires de leurs sociétés holding dans le Delaware, où ils ne sont pas imposés. Dans les milieu de l’impôt, l’arrangement est connu comme « l’échappatoire Delaware. » Au cours de la dernière décennie, l’échappatoire du Delaware a permis de réduire les sociétés impôts payés à d’autres Etats pour une somme estimative de 9,5 milliards de dollars.Que faut-il pour constituer une société au Delaware ? Pas beaucoup, disent les experts fiscaux. Les sociétés « coquilles- qui sont sans employés, n’ont aucun actif et, en fait, aucune véritable entreprise peuvent remarquablement facilement s’établir ici, et qu’importe qui vous êtes ou ce que vous êtes en affaires. « Ce qui est exaspérant aux Etats-Unis c’est qu’il n’y a aucune tentative pour documenter qui possède une société, » a déclaré Richard Murphy, conseiller principal à la Tax Justice Network, une organisation indépendante basée à Londres qui étudie les paradis fiscaux. « Deux millions de sociétés sont formées chaque année aux États-Unis, plus que partout ailleurs dans le monde. Le Delaware, à son tour, est la plus grande source unique de sociétés anonymes dans le monde « .Et parmi ces inscrits, des gens bien connus, dont certains sont aujourd’hui en prison « Viktor Bout, le trafiquant d’armes russe connu comme « le marchand de mort », a utilisé deux adresses au Delaware. En avril (2012), il a été condamné à 25 ans de prison sur des accusations de terrorisme résultant d’une opération d’infiltration américaine. Jack Abramoff, l’ancien lobbyiste de Washington emprisonné sur des accusations de corruption, a mis en place une société écran du Delaware pour cacher des millions en paiements et pour contourner les lois fédérales. M. Subotic, l’homme d’affaires serbe qui a été jugé par contumace en novembre dernier pour son rôle dans un système de contrebande de cigarettes et condamné à six ans, a utilisé trois avions qui ont été enregistrés dans le Delaware, dont deux au 1209 North Orange. M. Subotic vit à Genève et nie les accusations ».

garuda-ea356Alors qui a pu acheter deux avions russes, les remettre à neuf en configuration de guerre et pourquoi ? Dans quel but ? En faire des avions déguisés pour être utlisés lors d’un coup d’Etat dans un pays qui en dispose (on songe au Venezuela bien sûr) ??? L’idée semble plausible, même si en Amérique du Sud, certains dirigeants un peu paranos ont clamé que c’était un autre appareil qui aurait dû faire le job.  Un autre avion, appartenant lui aussi à une de ces compagnies privés guerrières… Une industrie qui rapporte gros à quelques uns : chez Tac Air, comme l’a annoncé en 2013, son responsable R.C. Thompson, les revenus sont en hausse de 60% chaque année, et ce depuis trois ans…

Le désir ce connaître ce que la bête a dans le ventre, d’autres ont pu l’avoir bien avant.  Les pilotes français n’ont pas échappé à la règle, et ils l’ont fait (une nouvelle fois) en 2014, deux pilotes dont le général Mercier (en photo ici etet là encore ) montent à bord des Su-30 MKI et MiG-27 indiens, lors de l’exercice commun Garuda 5, qui réunit les appareils indiens et des Rafales (le pendant indien aura lieu en juin, sur la base de Jodhpur).  En fait les Su-30 étaient déjà venus à Istres en 2005 pour Garuda II, avec le Lcl Jean Sébastien Macke, les français s’étant rendus en Inde sur la base de Gwailor pour Garuda I en février 2003 déjà, où ils avaient pu voir les Su 30 pour la premièe fois.  La conclusion était que c’était un monstre en effet, mais handicapé par un nombre d’heures important en atelier entre chaque vol.  Le handicap principal étant culturel, venu de Russie ; celui dévolu au contrôleur aérien au sol qui décide de tout... à la place du pilote.

images-523-f1d98Mais ces avions venus de l’Est peuvent aussi servir à autre chose encore : à de la désinformation. Sur un sujet extrêmement sensible, puisqu’il s’agit du 11 Septembre.  On revient à Reno, avec un très bel avion, en fait un bon vieux Delphin L-39 peint par un artiste, figurant le profil d’une dame, une indienne (de l’Inde) sur l’avant.  La femme de Dean Barker, ancien de Turning Technologies. LLC, Raju Grace Mann, est une orpheline chez Mère Thérésa (visible ici visitant son appareil).  C’est Victor Whitmill, « l’artiste » qui a fait le tatouage de Mike Tyson.female military jet pilots Rochelle « Lex » Kimbrell and Niki « Bam Bam » Baumann. Turrning Technologies est une société de logiciels de gestion et de contenu pour écoles de type K-12 (primaires et secondaires, de 4 à 19 ans, aux USA). Surprise, au détour des vidéos de promotion montrant le Delphin en préparation, on tombe sur la grosse moustache de… David Cannavo, d’Aero Taxi, qui supervise visiblement la préparation de l’avion avec Joe Gano, le mécanicien-pilote du Mig-23 civil, un ancien pilote de F-102 qui a aussi piloté le Lightning anglais, une autre brute. Les avions étaient enregistrés au nom du « Warbirds of Delaware » et volaient au Wilmington Airport. Leurs deux Mikoyan-Gurevich MiG-21UM (« Fishbed J ») biplaces provenaient de la tchéquie.

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rearbear-c41b5La pilote du L-39 est une femme, qui s’appelle Heather Penney, âgée aujourd’hui de 41 ans, la fille elle-même d’un pilote habitué des courses de Reno, mais aussi et surtout un pilote militaire de haut rang, puisqu’aujourd’hui la directrice du très controversé programme du F-35. En 2003, elle était parti combattre en Irak à bord de son F-16. Son père, le Col John Penney est un vétéran de Top-Gun et du Viet-Nam avec 140 missions (ioù il étaitaussi instructeur sur Corsair II A-7D).  Il est devenu plus tard pilote chez United Airlines volant toujours sur 747-400 en 2001 (il est parti en retraite en 2007).  A Reno, depuis 1985, il pilotait un autre monstre, « Rare Bear” -ici à gauche- devenu un vétéran des courses, un Grumman F8F Bearcat à moteur de Skyraider, détenteur du record du monde de vitesse sur 3 km (850,26 km/h en 1989) et du record de vitesse ascensionnelle (3 000 mètres en 91,9 secondes en 1972).

Parmi ses pilotes, l’avion a eu Curt Brown, ancien pilote de test de l’USAF test pilot, devenu colonel et astronaute sur 6 missions de la navette spatiale, dont une avec John Glenn à bord et une pour réparer Hubble.  Les avions russes sur lesquels volait Penney étaient des MiG-15, MiG-17, MiG-21 ou un S-11 Iskra, voire un L-39. Ils étaient… privés ; ceux de son école « MiG Masters LLC » dans le Colorado .  En fait, c’étaient ceux de Cannavo.  Il a écrit des articles, notamment celui-ci sur le vol du Me-262 de la Messerschmitt Foundation texane.  Sa société n’a été créée qu’en 2011, au moment où son Delphin est apparu.

penney-c7575Or la fameuse pilote du Delphin, la fille de Penney, Heather est venue en 2011 raconter à la presse un bien étrange récit, 10 ans après les événements.  Elle avait été l’équipière du colonel Sasseville, le seul auparavant a avoir avoué avoir fait partie d’une tentative d’interception d’un des avions du 11 Septembre, celui du vol 93.  Son récit est tout simplement ahurissant et entaché de grossières erreurs ou prétentions. Les deux appareils F-16 démunis de missiles Sidewinder qui n’auraient pas eu le temps d’être installés auraient eu comme mission de jouer les kamikazes et de foncer sur l’avion détourné, affirme-t-elle.  La presse relatant qu’elle aurait ainsi bien pu tamponner l’avion de son propre père, qui volait selon elle en 757.  Or ce dernier n’a toujours volé que sur 747 et le Falcon possède à bord un Gatling Vulcain M61A1 de 20 mm largement suffisant pour le descendre.  Son récit avait largement été diffusé sur 60 Minutes, sous forme d’aveu larmoyant qui semblait passablement téléphoné, comme pour rappeler la tragédie… ou préparer les esprits à la « capture » de Ben Laden.  J’avais démontré qu’elle ne pouvait pas avoir décollé aussi vite de sa base, même démunie de ses missiles (on peut lire ici un article précédent sur la question).  Heather Penney Garcia était alors « occupée à la reprogrammation des données de vol de ces disques, qui contiennent encore toutes les données de de l’exercice Red Flag Nellis dont la formation revient tout juste, le 11 Septembre 2001.  » (Spencer, 2008, pages 236-237).  Le timing annoncé par Penney n’est guère mieux : à l’heure où elle été censée avoir décollé, le vol 93 s’est déjà écrasé depuis plus de 35 minutes, car il est tombé à 10 heures 03’11″… Ce que précise ici History Commons : « Les heures exactes auxquelles les quatre pilotes sont autorisés à prendre l’air et àrecevoir leurs instructions de la mission ne sont pas claires. Mais Sasseville et Penney Garcia vont décoller d’Andrews à 10h42, avec leurs avions armés seulement de fusils, et pas de missiles (voir 10:42 Les amendements 11 Septembre, 2001). Rasmussen et Caine décolleront à 11h11, heure à laquelle leurs jets ont été armés avec des missiles (voir 11:11 Les amendements 11 Septembre, 2001). [FILSON, 2003) ».  Les enregistrements radars de la FFA indiquent 10 h 06.  Pourquoi donc était-elle ainsi venue raconter ce genre de choses, 10 ans plus tard ???

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