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Les milices au Michigan, une vieille histoire… d’extrême droite (6)

Une fois la tentative d’enlèvement et les menaces de mort découvertes, on s’aperçoit vite que les responsables se réclament tous des III Percenters, mouvement devenu le plus dangereux on l’a vu avec les Oath Keepers. Leur mentor disparu s’était en effet mué en trafiquant d’armes, et des politiciens républicains lui ayant fait obédience n’ont toujours pas été virés du parti : la gangrène de l’opposition à l’Etat et de la sédition ronge bel et bien les Etats-Unis. Avec un sommet un président dont les partisans se réclament ouvertement du nazisme !!! L’Amérique est bien malade en effet…

Pas dangereux, pour autant, les III Percenters ? 

Les partisans de Trump, ou en France ceux le soutenant, parmi lesquels on trouve un bien étrange site payé par un député polonais conservateur, venu jouer les « Spoutnik new style »(1), on avait évoqué le fait qu’ils ne seraient pas d’extrême droite, mais des « anarchistes » (sous entendu des « antifas » selon Trump) et qu’ils ne soutenaient pas Donald. Manque de chance pour eux, de nombreux clichés et des extraits de leur activité sur le net démontrent bien cette double appartenance flagrante. Le leader des apprentis kidnappeurs, Joseph Morrison, de Munith, habite dans une maison en bois, de plein pied, entouré d’une vraie déchèterie (cf ci-dessus ça ne sent pas l’opulence mais plutôt la récupération tout azimut).

L’entrée de l’endroit, le long de la rue Dunn Road, au sud de Munith, est ornée de deux drapeaux significatifs (ici à gauche) : le premier est celui des confédérés, facilement reconnaissable, le second, plutôt rare, à lignes verticales, est celui connu sous le vocable « Hunter Sons of Liberty or Death« , avec un slogan indiqué au milieu des 13 étoiles. C’est à lui seul un résumé de la complexité de l’héritage que se trimballent ces complotistes : c’est un mélange du design de l’extrémiste  Gayle Nyberg, qui a apparemment conçu le drapeau, « sur la base de la conviction que pendant la Révolution américaine, les forces actives sur le terrain contre la tyrannie du roi ne représentaient jamais plus de 3% des colons, les milices se feront donc appeler «Trois pour cent» (ou Three Percenters, simplifié en Threepers) ».  Un groupe dissident, dirigé par le pseudonyme Kerodin III, a fondé ensuite les III Percent Patriots, en le reprenant mais en mettant les lignes verticales et en affirmant qu’il provenait directement du drapeau des Fils de la Liberté, pour en faire « un drapeau de bataille » (?),  en y ajoutant le slogan « Liberty Or Death » dans le cercle d’étoiles. C’est celui-là que faisait donc flotter Morrison devant chez lui, lequel hébergeait aussi sur son terrain, dans une caravane attenante, ci-contre à droite, son collègue de complot qui est aussi… son beau-père ! Tout cela est visible, maison et caravane, et localisable, sous Google Earth :

En 2005 déjà on trouvait ce fameux Nyberg en train de patrouiller à la frontière du Mexique, en tant qu’extrémiste anti-immigration, dans la foulée du Minuteman Project de l’ère G.W.Bush. Leur slogan à l’époque  » faire le boulot que le gouvernement ne fait pas »... comme ils l’indiquaient clairement sur leurs vareuses camouflées (ici à droite). Se substituer à l’Etat, une de leurs fondamentales, que l’on a hélas, laissé faire pendant des années à la frontière du Mexique !!! L’éternelle tentation de ces dissidents fondamentaux auto-investis de droits qu’ils ne possèdent pas ! Coïncidence, le fondateur des III Percenters de l’Alabama, Mike Vanderboegh, est venu un temps faire le Minuteman, en laissant ses sbires derrière lui. Il créera peu après son blog appelé Sipsey Street Irregulars, qui vivra grâce aux drapeaux et t-shirts inventés pour le mouvement. Il est mort d’un cancer en 2016.

Plaidoyer pour les armes du fondateur des III Percenters

L’histoire du créateur du groupe a beaucoup marqué celui-ci. « La création par Vanderboegh du concept des Trois pour cents a eu lieu à un moment propice pour le mouvement des milices, qui a commencé à voir une augmentation significative en nombre en 2008-09, stimulée par la colère et l’anxiété face à la récession et la crise hypothécaire ainsi que par l’élection de Barack. Obama en tant que président. Ces développements ont donné aux militants anti-gouvernementaux de droite à la fois dans l’Amérique traditionnelle et dans ses franges d’extrême droite un nouveau foyer pour leur colère. Dans les cercles traditionnels, l’anxiété et la colère se sont manifestées principalement dans la création du mouvement Tea Party. À l’extrême droite, il a pris la forme d’une résurgence significative de mouvements extrémistes antigouvernementaux tels que le mouvement des milices et sa cause sœur, le mouvement citoyen souverain. En 2007, il y avait environ 50 milices actives aux États-Unis – à la fin de 2009, il y en avait plus de 200″.  Des milices bien aidées par les réseaux sociaux qui ne filtraient alors rien et ne filtrent toujours que fort peu de leurs contenus inquiétants : « La puissance et la portée croissantes des sites de médias sociaux – d’abord Myspace, puis bientôt Facebook et YouTube – ont permis au mouvement de milice de répandre ses idées à des milliers de nouveaux adhérents, dont de nombreux jeunes ». Ici en vidéo, il se définit tout seul comme un trafiquant d’armes… la raison ? Les autorités qui commençaient alors (enfin) à vouloir interdire la circulation de ces armes  !!!! Ce qu’il décrivait comme « un acte tyrannique » !!! Il est présenté ici comme le « Malcom X de la défense des armes »…  (quel titre idiot !).

Sa défense des armes est en effet atterrante : « Le fac-similé d’un pistolet semi-automatique que certains d’entre vous tiennent entre les mains a été introduit clandestinement dans votre État depuis le Sud. Fabriqué en Géorgie, transbordé en Alabama, il est tombé sur votre frontière d’état dans le coffre d’une voiture. Le fait que les autorités de votre état n’aient pas encore interdit les «pistolets-éponges» (sponge guns, des jouets sur le principe des pistolets à eau en quelque sorte, appelés aussi Nerfs)  est sans importance. Cela pourrait aussi bien être un coffre entier rempli de vrais pistolets. En effet, avant cette année, personne ne pensait que d’autres armes à feu et articles connexes seraient interdits – mais ils l’ont été. Personne ne pensait que les autorités de votre état adopteraient des lois faisant des criminels des personnes auparavant respectueuses de la loi – mais elles l’ont fait. S’ils vous surprennent en train de violer leurs lois inconstitutionnelles, ils enverront – quand ils le voudront – des hommes armés travailler leur volonté sur vous. Et les gens – innocents de tout crime sauf celui que ces tyrans ont créé – mourront en leur résistant. Pourtant, malgré le coût, ces lois inconstitutionnelles DOIVENT être combattues. Car sinon maintenant, quand ?  Et sinon nous, qui  Il ne s’agit plus d’une «pente glissante» menant à l’enregistrement des armes à feu et à une éventuelle confiscation – c’est un précipice que certains États ont déjà plongé et que le gouvernement fédéral menace de suivre. Des arrestations ont lieu MAINTENANT. Quand, sinon maintenant, allons-nous résister ? Allons-nous nous permettre d’être repoussés une fois de plus, du libre exercice de nos droits à la liberté, naturels et inaliénables, que Dieu nous a donnés ? » (Tiens, Dieu distribue des pistolets automatiques, maintenant ?) « – Repoussé une fois de plus, marmonnant mais docile ? »

Toujours défiant, méconnaissable après l’annonce de son cancer et sa perte de poids dramatique (ici à droite) il avait conclu par un appel à la dissidence : « Defiez. Résistez. Éludez. Passer en contrebande.  Si vous souhaitez rester libre et transmettre cette liberté aux enfants de vos enfants, vous ne pouvez rien faire de moins que devenir les contrevenants qu’ils ont fait de vous de manière inconstitutionnelle. Acceptez ce fait. Faites le vôtre. Et décidez d’être le meilleur et le plus efficace des contrevenants à la loi. Une dernière chose avant de partir. Jeudi, j’ai fait passer en contrebande une demi-douzaine de chargeurs de capacité standard AR-15 de 30 cartouches dans le Connecticut en désobéissance délibérée au nouveau diktat d’État. Alors à Martin Looney, Mike Williams, Larry Cafarro et John McKinney, j’aimerais dire ceci: « je souhaite commencer un crime de classe «d», vous les crétins tyranniques – prouvez-le – ce que vous ne pouvez pas – et arrêtez-moi si vous pouvez. »  A droite un chargeur mis en vente sur le site des Oath Keepers par Vandorbeoergh devenu une vraie relique, à gauche celui « de contrebande » envoyé par Vandorboergh. De la désobéissance civile, ni plus, ni moins !

Les liens avec le GOP, le précédent de l’État de Washington

A l’époque, le parti républicain n’est pas encore talonné par le Tea Party mais commence a être sérieusement concurrencé sur sa droite. Un de ses élus va devenir l’emblème de ce rapprochement entre extrémistes de droite et le vieux parti bousculé qui avance peu et dont l’emblème n’est plus un éléphant mais plutôt une tortue. C’est le député Matt Shea, représentant de Spokane Valley de l’État de Washington, qui a établi des liens étroits avec une milice « patriote » de la petite ville de Marble, du comté de Stevens. Les échanges par mail, révélés par le Guardian entre les deux étant affligeants : « Le plus dérangé de ces participants était Anthony Bosworth, un «patriote» de la région de Spokane réputé pour ses singeries conflictuelles (comme porter une arme dans un palais de justice) et ses problèmes juridiques personnels. « Bosworth et Shea ont été de fréquents collaborateurs sur des questions politiques, y compris une manifestation à Olympia en février 2015 au cours de laquelle un groupe de propriétaires d’armes à feu a tenté d’apporter leurs armes à feu dans la galerie de la Chambre du Capitole à Olympia (ils ont échoué parce qu’ils ont organisé leur manifestation un samedi, quand les chambres sont fermées !). Bosworth, selon The Guardian, fantasmait souvent sur le fait de tirer sur les gauchistes ». «Les bâtards communistes doivent être fusillés», a écrit Bosworth à un moment donné. «L’Islam communiste», lui avait répondu Shea. Bosworth a répondu avec joie aux informations faisant état d’une confrontation entre des manifestants de gauche et des gardes protégeant un centre de contrôle de l’immigration et des douanes à Tacoma. «Je ne suis pas d’accord avec les agents fédéraux qui les matraquent. Je pense qu’ils devraient laisser les gens du club les commies », a-t-il écrit. Bosworth a également anticipé avec impatience une guerre civile entre les conservateurs ruraux et les libéraux urbains. «Chaque jour montre de plus en plus que nous sommes au bord de la guerre civile entre deux factions gouvernementales. Je ne pense pas que nous allons faire six ans avant de voir des coups de feu », a-t-il écrit ». En photo, on avait pu voir Bosworth, (à gauche), avec… Mike Vanderboegh à l’extérieur de la chambre de Washington House lors de leur manifestation de 2015 ! Vanderboergh avec son fusil en bandoulière, dans l’enceinte d’un tribunal !!!

En janvier 2020, Shea avait refusé de démissionner après pourtant avoir été taxé de « terroriste domestique » y compris par des républicains. Le State House avait en effet établi dans son rapport de décembre 2019 que Shea avait « aidé à planifier, à s’engager et à promouvoir trois conflits armés contre le gouvernement américain au Nevada, dans l’Idaho et dans l’Oregon en 2014, 2015 et 2016″ ! C’était lui qui était derrière le fameux Malheur National Wildlife Refuge de l’Oregon en janvier 2016 !!! » Un endroit où l’on avait aperçu le leader des III Percenters, mais aussi d’étrange manifestants en… tricorne, pour rappeler des pans d’histoire des USA et tenter surtout de crédibiliser leur mouvement !!!

« L’année dernière, il a distribué un manifeste intitulé «Base biblique de la guerre» qui détaille comment organiser une «armée sacrée» et «tuer tous les hommes» qui n’obéissent pas à la soi-disant loi biblique. Il affirme également que ceux qui s’opposent à lui sont un «contre-État» de «marxistes» et d ‘«islamistes». Shea a soutenu un groupe qui forme des jeunes hommes à la «guerre biblique», notamment à l’utilisation des couteaux, des pistolets et des fusils. Il est apparu dans des vidéos pour le groupe et a fait des apparitions publiques avec eux lors d’événements. Le groupe s’appelle «Team Rugged» (enregistré Marble, il est ici à droite et Shea tient le micro, remarquez le savant cadrage avec la croix en haut du mont) et beaucoup de leurs enseignements proviennent d’un pasteur néo-confédéré qui est un «partisan majeur de la formation des chrétiens à la bataille armée».
A droite l’arrestation de Bosworth, alors qu’il tentait d’entrer armé d’une AK-47 dans le tribunal de Spokane, le 20 décembre 2019 (tout cela n’est pas vieux en effet !).

C’est une loi fédérale qu’il avait tenté de contourner : la loi Title 18 U.S. Code 930 intitulée « Possession of Firearms and Dangerous Weapons in Federal Facilities«  empêche en effet ce genre de choses ! Le GOP qui peine à se séparer de cette épine dans son pied, c’est tout une symbole. Il risque de le payer cher en cas de basculement prochain du Sénat, qui dévient une hypothèse possible avec un leader qui sombre dans la folie la plus complète et l’entraîne vers des abysses électorales… L’autre exemple de liens douteux ente le GOP et ces milices fascisantes a déjà été donné ici avec le cas de James Buchal dans le comté de Multnomah; voir le chapitre que je lui ai consacré le 4 juin dernier…

Le républicain qui offre un fusil automatique à sa tombola !

Et pour preuve, son « picnic » de Blue Lake Park du 7 août 2019, destiné à ramener de l’argent au parti républicain de Trump, s’était tenu sur de biens étranges bases comme ne le montrait pas pourtant son invitation a remarqué finement le Willamette Week « le président James Buchal et d’autres s’exprimeront sur les batailles politiques à venir auxquelles nous sommes confrontés », indiquait l’annonce. Car il y avait une tombola à la clé, avec un surprenant lot à gagner  » : « Vous pouvez défendre l’Amérique et passer du bon temps à toute votre famille en même temps. » Mais quand vous allez sur le site Web du parti pour en savoir plus sur les activités de collecte de fonds, il y a aussi ceci: une tombola pour un « pistolet » (?) Ruger AR-556 (ici à gauche). Bien que l’arme (qui mesure plus de 25 pouces de long) soit différente de ce que Webster définit comme un pistolet – « une petite arme à feu conçue pour être tenue et tirée avec une seule main » – il s’avère que les fabricants d’armes à feu ont utilisé ces dernières années ce qu’on appelle une « extension pistolet » pour étendre la longueur d’un pistolet traditionnel.  À la suite d’une fusillade de masse à Dayton (Ohio) au cours du week-end, au cours de laquelle un homme du nom de Connor Betts aurait tué neuf personnes, le Cincinnati Enquirer a examiné une faille dans la réglementation fédérale sur les armes à feu qui rend ces armes légales. « Même s’il ressemblait à un fusil, le pistolet [de Betts] utilisé pour tuer neuf personnes et en blesser au moins 14 autres était probablement classé comme un pistolet, contournant les lois restreignant les fusils à canon court », a rapporté l’Enquirer. « L’appareil sur l’arme de Connor Betts, appelé » attelle de pistolet « , deviendra-t-il la prochaine pierre d’achoppement dans le débat sur le contrôle des armes à feu au pays ? »… En fait l’arme de Betts (qui n’était pas de droite !) avait été achetée par un ami à lui nommé Ethan Kollie, et son énorme chargeur rond contenait 100 munitions (ici à gauche) !! De quoi effectuer un massacre ! Voici ce qu’a dit Buchal du recrutement de Hill (nota : le commandant des forces de sécurité de Géorgie, Chris Hill, ici à droite, observez le drapeau à ses côtés): « Ses ennemis sont mes ennemis et ses ennemis sont tous nos ennemis », a déclaré James Buchal, le président du parti local. « Nous sommes vraiment dans une bataille de vie ou de mort pour l’avenir de notre société. » Et pourtant…  il semble avoir la mémoire courte, ce dirigeant trumpien !!!

Du trumpisme au nazisme, il n’y a qu’un pas… et un bon exemple 

Plus révélateur encore : « l’un des sujets de leur conversation était le jeune personnage alternatif de droite James Allsup, l’ancien dirigeant des républicains du Collège à l’Université de l’État de Washington (joli t-shirt, hein ?) qui a finalement rejoint les marcheurs Unite the Right lors des émeutes meurtrières d’août 2017 à Charlottesville, en Virginie. Allsup a ensuite été expulsé des républicains de la WSU et du GOP (joli pupitre !) du comté de Whitman pour son activisme néonazi, ce qui a finalement conduit à son interdiction de YouTube. Ces derniers mois, il a co-animé un podcast explicitement fasciste intitulé Fash the Nation ». Shea avait alors proposé de s’en faire une allié !!! L’une de ces dernières phrases après un Tweet odieux de Trump à propos d’Haïti : « «Les Africains stupides tuent des hommes intelligents et juste des Blancs, puis leur pays s’effondre parce qu’ils sont stupides» »

L’homme au bandeau sur l’œil et sa vision apocalyptique

A noter aussi au passage côté politique que les OathKeepers sont dirigés par l’avocat du Nevada Stewart Rhodes, copain d’Alexis Jones, qui a aussi été membre de l’équipe de Ron Paul, dont le fils est si apprécié par Donald Trump… le 11 février 2019 lors du meeting de Trump à El Paso, ce sont les Oath Keepers de Rhodes qui assuraient la sécurité de la salle : incroyable ! Sidérant ! Les gens les plus opposés à tout Etat venant prête main forte à son représentant suprême avait en effet un côté irréel , surréaliste, vu de l’extérieur !

Le parcours de Stewart Rhodes résume à lui seul le danger pour une démocratie que représente une milice privée fortement armée comme la sienne. Comme le suggère cet excellent article du New-Yorker, magazine que Trump vomit depuis qu’il a révélé avoir craché sur la mémoire des soldats US tombés au combat en France en 1918, Rhodes poursuit en effet un objectif fort peu dissimulé. Celui d’abattre la démocratie, qu’il hait avant tout et par dessous-tout, via la mise en place d’une guerre civile intérieure. Jusqu’ici et depuis 2009, il ne représentait rien ou presque. Il n’était qu’un bloggeur parmi d’autres, râlant contre tout ce qui n’allait pas, bien aidé par une épouse libertarienne (depuis elle a demandé le divorce, en 2018, notamment pour violences domestiques et le fait que son mari lui a déjà mis un pistolet sur la tête, un jour où il s’est plus montré menaçant !).  Mais avec l’apparition de Trump aux commandes du pays,  7 ans plus tard, ses forces ont été décuplées, au propre comme au figuré.  « Rhodes parlait de guerre civile depuis qu’il avait fondé les Oath Keepers, en 2009. Mais maintenant, de plus en plus de gens écoutaient. Et alors que Rhodes s’était jadis présenté comme un révolutionnaire en attente, il voyait désormais son rôle de défense du président. Il avait lancé un appel à ses partisans pour qu’ils protègent le pays contre ce qu’il appelait une «insurrection». Les troubles, m’a-t-il dit, étaient la dernière tentative de saper Donald Trump. Au cours de l’été, les avertissements de Rhodes concernant le conflit n’ont fait que se renforcer. En août, lorsqu’un adolescent a été accusé d’avoir tiré et tué deux personnes lors de manifestations contre la brutalité policière à Kenosha, dans le Wisconsin, Rhodes l’a appelé «un héros, un patriote» sur Twitter. Et quand un partisan de Trump a été tué plus tard dans la semaine à Portland, dans l’Oregon, Rhodes a déclaré qu’il n’y avait pas de retour en arrière. «La guerre civile est là, en ce moment», a-t-il écrit, avant d’être banni de la plateforme pour incitation à la violence ». Ici en photo c’est lui en direct sur un écran dans une émission d’Alex Jones, extrême droitiste que l’on ne présente plus ici… Chez Infowars, il est en effet régulièrement invité comme ici chez le jeune Owen Shroyer, commentateur et présentateur originaire de St-Louis travaillant chez Jones. Shroyer s’était illustré lors des débats de novembre 2019 sur l’Impeachment en s’écriant en fond de salle que « Trump est innocent » : il avait dû être expulsé par les forces de l’ordre. Chez ces extrémistes, il ne peut en effet y avoir de débat… Shroyer étant un des principaux disséminateurs avec Jones de la théorie complotiste du Pizzagate, qui est à la base on le sait aussi de celle de QAnon… On le voit ici à St-Louis, arborant T-hirt anti-Hillary et casquette MAGA…

Et depuis quelque temps il est davantage écouté et pour une raison inattendue : aux USA, beaucoup se sont faits à l’idée d’une défaite trumpienne, largement due à sa désastreuse gestion de la pandémie : c’est chez les seniors les plus touchés (plus de 165 000 des 210 000 morts) que c’est le plus net. Et ce rejet constitue une nouvelle assise pour la vision apocalyptique de ce fêlé de Rhodes :  « que se passerait-il, je me suis demandé, si Trump perdait, disait que l’élection avait été volée et refusait de concéder ? Ou le revers de la médaille: et s’il gagnait et que ses adversaires se déversaient dans les rues pour protester? Les États-Unis assistaient déjà à une montée de la violence politique et, en août, le FBI a publié un bulletin mettant en garde contre une possible escalade à l’approche des élections. À quel point les choses empireraient-elles si des professionnels qualifiés prenaient les armes ? » explique, très inquiet, Mike Giglio, grand connaisseur du terrorisme. Et il peut en effet, avec plus de 25 000 adhérents inscrits sur son blog, armés jusqu’au dents, ces miliciens représentent une force considérable et un danger évident, surtout avec les déclarations menaçantes de son leader pour les élections de 2020 (cf ici à droite, effrayante). Lire ici un est bon texte sur la motivation de certains soldas déçus venus rejoindre la milice.

De la guerre civile « secrète » à celle à venir

Le mantra de Rhodes (ici en tenue policière !) est simple en fait : cela confie à s’opposer à l’Etat.  « Rhodes a écrit un credo énumérant 10 types d’ordres auxquels les membres jurent de résister. Les lois sur le contrôle des armes à feu sont les premières d’entre elles. Viennent ensuite les préoccupations libertaires telles que la soumission de citoyens américains à des tribunaux militaires et des perquisitions et saisies sans mandat. Viennent ensuite des craintes plus conspiratrices – blocus de villes, troupes étrangères sur le sol américain, placement des Américains dans des camps de détention. Ici, Rhodes s’inspirait de la théorie du «nouvel ordre mondial», une vision du monde qui est au cœur du mouvement patriote – et qui remonte à ce que l’historien Richard Hofstadter, écrivant dans les années 1960, appelait le style paranoïaque dans la politique américaine. Il a lié les craintes du mondialisme, une profonde méfiance à l’égard des élites et l’idée qu’un gouvernement fédéral en plein essor pourrait devenir tyrannique. » On le voit aussi : les théories de Rhodes, qui est diplômé universitaire après avoir été militaire (parachutiste, il s’est cassé le dos lors d’un saut) sont largement complotistes, à croire que QAnon a été fabriqué pour lui… Récemment encore, QAnon c’est, en résumé, une guerre civile secrète, menée par des dissidents des services de renseignement », résume, sur YouTube, le complotiste Jordan Sather, étudié ici, déjà, lui aussi.

Le danger vient aussi du fait que les 2/3 des troupes de Rhodes sont des anciens militaires, des policiers ou des anciens policiers rompus aux techniques de guerre depuis la militarisation de la police initiée sous G.W.Bush. Des membres du SWAT ou de la Police des Frontières désabusés, habitués au maniement des armes, ils constituent une menace forte dans chaque Etat où ils sont implantés. Une escouade immense est en réserve qui n’attend plus désormais que le signal de la révolte que pourrait fort bien lancer en novembre prochain un Donald défait qui n’accepterait pas de l’être : « les Oath Keepers n’avaient pas 25 000 soldats prêts. Mais les fichiers ont montré que Rhodes avait puisé dans un courant d’anxiété profond, qui pourrait amener un contingent étonnamment important de personnes ayant une réelle expérience policière et militaire à envisager la violence politique armée. C’est comme un pêcheur qui coule une nasse dans la mer la nuit, pour indiquer sa prise une fois le jour venu ». Le débat sur le contrôle des armes a provoqué le même effet d’aimant que chez les III Percenters et son fondateur aujourd’hui décédé. C’est « touche pas à mon pistolet ou à mon fusil » chez eux !

En Virginie, ils ont organisé pour la circonstance un « Gun Day » pour monter leur force et leur conviction (ci-dessus). Les russes peuvent jubiler et le montrer avec ravissement sur RT Russia : la destabilisation des USA se fait presque sans eux !!! Et Giglio de citer intelligemment le passage d’un livre saisissant de 1995 sur la descente de l’Allemagne dans le nazisme, They Thought They Were Free: (Ils pensaient qu’ils étaient libres): « chaque acte, chaque occasion, est pire que le précédent, mais seulement un peu pire. Vous attendez le suivant et le suivant. Vous attendez une grande occasion choquante, pensant que d’autres, quand un tel choc se produira, se joindront à vous pour résister d’une manière ou d’une autre… Mais la seule grande occasion choquante, quand vous en avez ou des centaines ou des milliers se joindront à vous, ne vient jamais. » Le pire, c’est s’il arrivait… c’est très inquiétant : selon un sondage réalisé en 2018 par Rasmussen Reports, près d’un Américain sur trois pense que le pays connaîtra une deuxième guerre civile au cours des cinq prochaines années…

Les mêmes, dont les OathKeepeers, justement, étaient réapparus en 2018, deux ans après la disparition de Vanderboegh, équipés de leurs armes à feu le plus souvent illégales, toujours dans l’idée de bloquer les émigrés mexicains… pour donner un coup de main à Donald, à qui on n’a pas encore glissé dans l’oreille la création dantesque d’une barrière ridicule à la frontière percluse de tunnels par les contrebandiers de la drogue (2). « Les membres de la milice ont déclaré qu’ils prévoyaient d’apporter des armes et des équipements tels que des gilets pare-balles et de prêter main-forte à la patrouille des frontières pour se protéger contre les personnes entrant illégalement dans le pays ».

 «Quand je regarde des images télévisées de cette« Caravane », je vois de jeunes hommes en âge de se battre qui n’ont pas l’air de mourir de faim. Ils semblent prêts à se battre », a déclaré Monica Marin, une résidente de l’Oregon, qui a collecté environ 4 000 USD en ligne pour aider les milices à acheter des fournitures. Dans le même temps, Marin a déclaré: «Nous sommes entraînés. Nous ne sommes pas des têtes brûlées. Nous ne sommes pas ici pour tirer sur des gens.  » Quoique…

On les croisera plus tard… quel hasard, à la Republican National Convention (ici à gauche), où ils assuraient le service d’ordre plutôt musclé , à Cleveland… en 2016 (ici à gauche) ! Le ver était déjà bien dans le fruit en 2016 déjà !

 

 

(1) un nouveau venu de la fachosphère, importé de… Pologne et dirigé par une française franchement d’extrême droite ! « FL24 est un site Web conçu pour ressembler à un média français, avec des articles en français et un logo de la Tour Eiffel. Sauf que ces indices sont profondément trompeurs. La plate-forme, qui publie des informations sur la politique et les affaires sociales françaises, est en fait dirigée par un groupe de militants d’extrême droite polonais qui sont liés au parti de droite Konfederacja et à l’ancien député européen Janusz Korwin-Mikke, selon une étude menée par un organisme à but non lucratif, EU DisinfoLab et POLITICO. Son contenu est fréquemment copié-collé à partir de sources traditionnelles telles que l’AFP ou Ouest France, mais modifié pour correspondre à des thèmes anti-établissement, anti-migrant, anti-islam et climato sceptique. Les mots sont modifiés ou des phrases entières supprimées pour s’adapter à leur récit. Le résultat est une plate-forme populaire et très partisane – qui attire environ 150 000 visites mensuelles – qui met en évidence l’un des défis les plus importants dans la lutte contre la désinformation en ligne : identifier qui est derrière ces contenus clivant et agir quand les auteurs travaillent au sein de l’Union européenne. C’est un problème pour le cadre actuel de l’UE contre la désinformation, qui n’est pas encore apte à s’attaquer aux campagnes intra-UE. France Libre 24, lancée il y a environ six mois, montre également comment les mouvements d’extrême droite européens travaillent de plus en plus au-delà des frontières pour faire avancer un programme commun ». Sa rédactrice en chef s’appelle Anne Van Gelder (ici à droite). Celle-ci, sur sa page Facebook affiche ses goûts forts révélateurs en « like  » (c’est du lourd, version facho):  « Puy du Fou, Ville d’Angers, Les Antigones (« féminisme néo-réac » ou « féminisme identitaire »), Marsault (dessinateur fascisant), Damoclès, Educ’France (l’école chez soi, visée par le gouvernement en raison de ses dérives !), Touche pas à Zemmour, Soutien à Eric Zemmour, Soutien à Eric Zemmour, Z comme Zemmour, Solveig Mineo (« Féministe occidentaliste ». Fondatrice du Parti Occidentaliste, dont la définition effraie  :  « l’acceptation de la supériorité de la civilisation occidentale et de ses valeurs, » et Patronne de Bellica, ici un exemple de ses imbécilités), Bellica, Gérard Info », le « média de la France popu » où sévit en fait Mike Borowski, «  l’ancien UMP qui vit grâce aux fake news de droite de « La Gauche M’a Tuer »« …. Je ne sais pas ce qu’en pense son école, le CELSA (l’Ecole des hautes études en sciences de l’information et de la communication, interne à Sorbonne Université, qui a formé Daphné Roulier ou Bernard de La Villardière et où Tristan Mendès-France y a enseigné, et à qui il faudrait poser la question du contenu de FL24 : c’est le créateur de l’Observatoire du Conspirationnisme, ça tombe bien ça en est !). FL24 est produit par 6S Media, qui réunit du beau linge :

« Une recherche menée par EU DisinfoLab a établi que la plate-forme est enregistrée en Pologne et a la même adresse IP que wolnosc24.pl – un site Web géré par une maison d’édition appelée 5S Media. L’éditeur possède également un magazine appelé Najwyższy Czas! qui a été cofondée par Janusz Korwin-Mikke, un ancien eurodéputé et actuellement député de Konfederacja, un parti d’extrême droite au Parlement polonais. En 2013, Janusz Korwin-Mikke a (osé) déclarer qu’Adolf Hitler n’était pas au courant de l’extermination des Juifs, car celle-ci avait été organisée par Heinrich Himmler !!! Il a été suspendu en 2017 de l’Assemblée européenne pour avoir dit que « les femmes sont « plus faibles », « plus petites » et « moins intelligentes » que les hommes »… A se demander ce qu’en pense Gelder, qui bosse aujourd’hui pour lui !

Les archives Web de la plate-forme, qui ont été récupérées par EU DisinfoLab, montrent qu’elle a précédemment été répertoriée 6S Media, une société enregistrée en Pologne qui gère le FL24. 6S Media a la même adresse les mêmes actionnaires que 5S Media. « Plusieurs des principaux investisseurs qui financent le FL24 sont actifs sur la scène d’extrême droite polonaise et manifestent un vif intérêt pour les affaires françaises.

-Krzysztof Szczawiński, actionnaire majoritaire du FL24, a laissé entendre sur sa page Facebook qu’il était impliqué dans les activités électorales de Konfederacja. Autoproclamé «investisseur privé dans l’éducation, les médias et les jeux vidéo», il a également montré de l’intérêt pour la politique française.. La « Confédération Liberté et Indépendance » adopte des positions libertariennes, nationalistes, monarchistes, conservatrices et anti-système »… « ses adhérents ont tenus de propos  jugés sexistes, racistes ou même antisémites » (exemple ils parlent de « s’opposer à l’industrie de l’Holocauste »)  !!!! Sidérant !!!

L’été dernier, Szczawiński a assisté à la Convention de la Droite, au cours de laquelle Marion Maréchal Le Pen, éminente figure d’extrême droite française, a prononcé un discours. Dans un article sur Facebook, il l’a appelée «la prochaine présidente de la France» tandis que dans un autre, il pose avec un T-shirt FL24. Szczawiński n’a pas répondu à une demande de commentaire faite via sa page Facebook.

-Adam Gwiazda, un deuxième investisseur qui vit et travaille actuellement en France, est également lié à des mouvements d’extrême droite. Il a déclaré à POLITICO « qu’il n’est actuellement pas activement engagé » en Pologne et que toute question concernant 6S Media devrait être adressée aux actionnaires majoritaires de la société. Jean-Yves Camus, un chercheur français sur l’extrémisme au groupe de réflexion IRIS, a déclaré qu’il se souvenait du nom de Gwiazda dans les années 1990 quand il « était impliqué dans un mouvement néofasciste« . En fait c’est un ancien militant du GUD à l’origine du magazine avec le rat dessiné  : « lancée en septembre 1999 grâce à l’argent obtenu en collant pour la campagne européenne de Jean-Marie Le Pen (tandis qu’ils collaient gratuitement pour Bruno Mégret), la revue se présente d’emblée comme une concurrence sérieuse pour d’autres revues alors existantes. Animée entre autres par le franco-polonais Adam Gwiazda et par Alexandre Kartzeff, « Jusqu’à nouvel ordre »aligne en effet articles de fond et brèves « humoristiques » et même dans son numéro 1 diffuse un appel à soutenir les militants prisonniers d’Action Directe »…

-Parmi les autres investisseurs, on compte Tomasz Sommer– le rédacteur en chef de nczas.com et wolnosc24.pl, qui partage l’adresse IP du FL24 – qui participe également aux événements de Korwin-Mikke. Interrogé par POLITICO pour clarifier le fonctionnement du FL24, il a indiqué que le site est géré par «une équipe française» mais n’a divulgué aucun nom. «Nous opérons dans l’UE. Nous pouvons publier notre contenu où nous voulons », a-t-il déclaré. Sommer a dirigé le Liberty and Lawfulness Party, devenu Congress of the New Right (dirigé par , Korwin-Mikke) qui réunissait des conservateurs eurosceptiques, des libertariens, et même des monarchistes. L’une de ses propositions est de libérer l’usage de TOUTES les drogues, à se demander bien pourquoi…

-Un quatrième investisseur, rédacteur en chef adjoint de wolnosc24.pl nommé Adam Wojtasiewicz,détient également des actions dans Cat @ Net, un nid de trolls impliqué dans la désinformation politique, selon le registre national des tribunaux ». La société appartient à Wojciech Józef Brzozowski.

Sous de telles auspices extrémistes, Gelder écrit de façon inadmissible à propos du kidnapping que, je cite, « la cible du projet d’enlèvement, Gretchen Whitmer, est l’une de ces gouverneurs de gauche complices des émeutiers Antifa et Black Lives Matter et aussi une cible fréquente de Donald Trump sur les réseaux sociaux qui ne loupe pas une occasion pour la tourner en dérision. » (c’est quand on la déguise en Hitler, la « dérision  » !). Ou parle de Whitmer en ce sens «  celle qui s’est maintes fois rendue coupable de complicité avec les pilleurs et les émeutiers gauchistes et Black Lives Matter. » Ou bien à propos du groupe « L’existence de ce genre de groupes est régulièrement agitée par la gauche pour légitimer sa propre violence et faire des amaglames, exactement comme les accusations grotesques de fascisme en France. » ou bien «  Les médias ont tenté de faire passer les complotteurs présumés pour des “partisans de la droite” et des “partisans de Trump”, mais certains présentent des profils bien curieux. Le FBI a effacé le profil Facebook de Brandon Caserta où il a exprimé des opinions difficilement compatibles avec les idées de droite. »

Ou encore «  A aucun moment il n’exprime son soutien à Trump. Au contraire, dans une vidéo il traite Trump de “tyran” et affirme que “Trump n’est pas notre ami“. D’autres personnes impliqués dans le complot tiennent aussi des propos anarchistes, au mieux incohérents. » Bref la réécriture complète des faits par une plume qui est bel et bien de nature fascisante ! Sur les photos prises à Lansing, devant son capitole; dans la capitale du Michigan, on voit quand même parfaitement la collusion des deux frères Null, aujourd’hui inculpés avec les 11 autres, avec les manifestants pro-Trump !!!

(2) son dernier souhait en forme de caprice princier et folie notoire (il en a formulé d’autres, ce crétin) : vouloir la peindre intégralement en noir. Il ne supporte pas la rouille, visiblement (ou veut l’accorder à la couleur de ses costumes ? Ben non, ils sont de couleur bleue)… coup du caprice : 500 millions de dollars.

 

Article précédent:

Les milices au Michigan, une vieille histoire… d’extrême droite (5)

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