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Les mensonges de Poutine (4) Sidra, la petite victime mise en scène par des bourreaux

Poutine ou Assad peuvent-ils encore faire pire que ce qu’ils ont déjà fait ? Chaque jour qui passe semble en effet nous le confirmer (1).  Avec ce que je vais vous raconter maintenant, je crois que vous n’hésiterez plus à le dire, en effet.  Car ce que je vais vous dire maintenant est une horreur de plus, celle de l’exploitation du malheur d’une enfant à des fins de propagande éhontée.  J’ai découvert ça par hasard, en travaillant sur le dossier d’un hélicoptère qui s’est écrasé le 1er août 2016, comme j’ai pu vous le raconter ici-même, et ce que j’ai vu m’a tout simplement révolté. Vous venez de l’être par le bombardement aveugle de Khan Cheikhounvous allez l’être tout autant par ce seul exemple.  Car la manipulation de l’opinion, sur ce cas précis est d’une obscénité sans nom.  Honte à ceux qui se sont permis de faire ça !

On revient donc à ce crash du 1er août 2016, celui d’un hélicoptère fièrement montré, on l’a vu, sur les chaînes de télévision Pro-Poutine je n’en veux pour exemple que cette image siglée Ria Novosti, entreprise de propagande historique russe (elle est née en 1941 !) mise en concurrence en 2014 avec Sputnik par Poutine en personne.  L’agence devenue  Rossia Segodnia utilise encore parfois ces anciens marqueurs visuels.  La mise en scène de leur décollage de la base d’Hmeimim (à côté de Lattaquié). Une posture d’opérette, filmée par les caméras d’Anna Knichenko, la présentatrice du reportage.  Dans les commentaires sur son reportage on trouve un « Dieu accorde la victoire aux Russes sur les serviteurs de l’Antéchrist » qui vaut son pesant de mouron, maintenant que l’on sait quelles icônes religieuses trimbalait à bord l’équipage.  Une présentation datant d’octobre 2015, visiblement bien guerrière, les pilotes, jeunes, insistant sur l’équipement d’attaque de leur hélicoptère en posant fièrement devant ses pods lances-missiles (les mêmes que ceux du Mi-24) dont certains ont été ramassés au sol en Syrie, non explosés (ici à gauche).  On remarquera que l’un d’entre eux, sur le cliché, qui n’a conservé que le corps central – propulsif- ressemble à un simple tube éventré. C’est un missile S-5 de 57 mm, que délivrent les pods du Mil Mi 8-17 décrit ici.  Les tirs de ce genre avaient été constatés dès 2012 par Peter Bouckaert, directeur des urgences à Human Rights Watch.  Des missiles S-8 du même calibre (ici à droite) peuvent être tirés. A l’époque du tournage, l’hélico N°212 n’a pas encore reçu ses trois capteurs de détection de tirs de Manpad (voir épisode précédent).  En octobre 2014, la même correspondante était en Ukraine, « près de la frontière russe » munie de son casque de presse et accompagné par Bricio Segovia, pour nous parler bombardements.  Sans rien nous montrer de ces fameux bombardements.  Un reportage surréaliste !  Ici, le reportage sur la chaîne « Zvezda » (Star) sur la base d’Hmeimim, effectué par le confrère d’Anna Knichenko, sur le même principe de mettre en scène le passage bas du Mi-24.  Le N°212 apparaît à partir de 42 secondes.

La base d’Hmeimim, celle qui a reçu les premiers Fencer Su-24 de bombardement est présentée en juin 2016 par Sputnik comme étant destinée à encore fortement se développer (en photo à gauche un tir de roquettes de Mil Mi-8 en septembre 2014 au Kazakhstan à Almaty). « La Russie se propose de transformer Hmeimim en une base militaire à part entière en Syrie et d’y déployer en permanence un contingent des forces aérospatiales, a annoncé le vice-président de la commission de la défense du Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement russe) Franz Klintsevitch dans un entretien au quotidien russe Izvestia. « Son statut juridique une fois défini, Hmeimim sera une base des forces armées russes, une infrastructure appropriée y sera construite et nos militaire pourront y vivre dans des conditions décentes », a dit le sénateur ».  Le sénateur russe ajoutant au passage une petite perfidie envers les syriens : « Le sénateur a précisé qu’au moment où le contingent russe était déployé en Syrie l’armée syrienne était fortement démoralisée et l’aide russe avait permis de rehausser son moral ».  En septembre 2015, l’arrivée des Su-34, accompagnés par leur avion accompagnateur Tu-154 using (RFF7085) saluée  comme il se doit par Sputnik, avaient en effet fortement renforcé le dispositif.  En octobre de l’année suivante, vu de satellite on pouvait donc voir ceci sur place :

En constatant au passage que les Su-33 étaient ceux censés être à bord du porte-avions Kuznetsov, dont je vous ai aussi conté les aventures ici-même.  L’aéronavale russe est nettement plus à l’aise sur du béton !  Des avions, mais aussi des hélicoptères d’assaut, nous expliquait dès octobre 2015 Sputnik : « les frappes aériennes russes en Syrie sont portées par des avions, mais aussi des hélicoptères, a indiqué à la presse le colonel Igor Klimov, porte-parole de l’armée de l’air russe sur l’aérodrome de Hmeimim ».  Tout un lot, d’hélicoptères, dont des Mi-24, mais aussi notre fameux « Russian cargo and assault MI-8AMShT helicopter« .  Vu ici près d’une station d’un camion KamAZ de radio comme celui aperçu en Ukraine, dans le Donbass.  A peine arrivé, le voilà donc muni de ce nouveau dispositif d’évitement des tirs de Manpad, preuve qu’il devait donc voler bas, soit comme soutien d’attaque au sol; une de ses fonctions premières, soit pour y déposer… les mercenaires dont on vient de parler à l’épisode précédent.

Cela nous mène à avril 2016, où Alep est l’objet d’une violente offensive à laquelle répondent les islamistes par des bombardements aussi aveugles que ceux des syriens, vu le matériel qu’ils utilisent des deux côtés : des « Volcanos« , des lance-missiles artisanaux dont les gens du Hezbollah se sont fait la spécialité.  Un engin plus que rustique, dont l’imprécision est légendaire, et qui se fabrique sur base d’obus autopropulsés ou de roquette d’orgue de Staline à qui on a greffé une tête plus large contenant de la poudre ou parfois, hélas, des gaz, car les deux camps ont eu recours à ces exactions contre la population, ne nous leurrons pas.  Le premier à en vanter les mérites s’appelle « Ivan Sidorenko » (le nom d’un héros soviétique, un des meilleurs tireurs d’élite soviétique !), il très actif sur le net (avec You Tube, qui ne fait rien pour l’interdire) et c’est un grand admirateur sur le net de Bachar el Assad.  C’est de lui que l’on tient la photo ci-contre, car il est assez idiot pour nous révéler qui massacre et avec quoi.  Ce qui ne l’empêche aucunement de montrer des choristes chantant dans l’église orthodoxe de Sayidat Al Najat le 16 avril 2017 : Dieu reconnaîtra les siens, je suppose.  Les syriens y ajoutent des bombardements aériens assurés encore par leurs Su-22 ou leurs L-139 et de moins en moins par leurs Mig-23 dont plusieurs ont été abattus.  Ils n’hésitent pas à bombarder avec des bombes-clusters, interdites pourtant d’usage, qui font des ravages des mois après encore leur largage.

Le 14 mars 2016, une trêve avait été conclue. L’ISW dénonce le 20 avril sa rupture par des bombardements massifs de Bachar el Assad. En juin on dénombrera 670 morts lors de ces bombardements, dont 242 enfants…. qualifiés ici « d’hystériques » (2)  Les russes ont visiblement changé leur fusil d’épaule et sont alors en train de retirer leurs Su-24, premiers bombardiers arrivés, laissant les avions syriens bombarder Alep à leur guise, seuls les hélicoptères d’attaque russes, remplaçant des Su-24, continuant à le faire : « les frappes aériennes russes ont à la fois repoussé les efforts de l’opposition pour renverser les gains réalisés par les forces du régime au sud de la ville et ont aidé le régime propulsé en avance banlieue industrielle du nord de la ville.  La Russie a repris les grèves dans les environs de la ville d’Alep le 6 avril, en réponse à une offensive de l’opposition.  Cette nouvelle vague d’attaques à Alep, qui n’est pas encore aux niveaux observés au cours des cinq premiers mois de la campagne aérienne russe, met fin finalement à l’accord déjà précaire de « cessation des hostilités » provoquant le risque de son effondrement.  L’escalade des deux frappes aériennes russes et les opérations pro-régime semblent conduire à une montée supplémentaire de la violence ailleurs en Syrie du nord-ouest, notamment dans la ligne de front dans le nord-Latakia et dans les provinces du Nord-Ouest Haman contre les opérations d’opposition du 18 avril.  La Russie a changé la forme de son déploiement pour répondre aux besoins du régime syrien plutôt que de réduire ses activités sur le théâtre des opérations.  La Russie a déployé des hélicoptères d’attaque avancés supplémentaires au cours du mois passé, permettant à la Russie de mener des frappes dynamiques et de fournir un soutien aérien rapproché conformément aux opérations pro-régime en cours au sol.  Des sources des militants rapportent que la Russie a déployé des avions d’attaque supplémentaires à voilure tournante pour Bachar al-Assad sur l’aéroport international de Lattaquié, ainsi que sur les bases de Shayrat, T4 près d’Homs y compris la livraison de « Havoc » et d’hélicoptères Mi-28N.  Les hélicoptères avancés comme le Mi-28N (ici un de ses pods de rockets), que le ministère russe de la Défense (MoD) a confirmé le 4 avril utiliser en Syrie serait particulièrement utile dans les opérations de compensation contre les autres zones tenues par Isis à l’Est de Homs ».  Bien entendu, dans ce scénario, à Alep la population se retrouve prise en otage et subit les attaques des deux côtés, puisqu’on s’y bat quartier par quartier.

Dans cet indescriptible chaos, on relève le 16 avril une petite fille, appelée Sidra Zaarour, dont l’appartement vient d’être bombardé.  Selon Sputnik, « la petite fille a été la victime d’un tir de mortier lancé par les terroristes ».  « En l’occurence de tirs de mortiers artisanaux dont les projectiles n’étaient rien d’autre que des bouteilles contenant du gaz.  Sa sœur aînée ainsi que son neveu de trois ans ont été tués sous les yeux de Sidra » lit-on ailleurs. Le communiqué et la version sont ceux des russes, et eux seuls, qui soutiennent les assauts d’Assad, et il est impossible de vérifier l’assertion.  C’est l’agence Anna, déjà décrite ici comme largement pro-Assad, en tout cas, qui s’empare aussitôt de son cas, et la filme illico sur son lit d’hôpital :  son cas est très grave, on doit l’amputer des deux jambes.  Soyons clairs : l’idée, ici, je le précise, n’est absolument  pas de déterminer qui a bombardé (je n’ai pas trouvé l’adresse du quartier où elle résidait et ne peut déterminer qui était visé ou par quoi, car je n’ai que la seule parole pro-Poutine comme source à ce stade, quoiqu’elle semblait bien habiter dans un quartier resté fidèle au régime), mais bien de comment l’on va monter toute une propagande à partir du cas de la malheureuse petite Sidra.  Et ce montage médiatique est tout bonnement… infect.  La petite amputée va devenir l’objet d’une campagne médiatique plus que douteuse, sinon répugnante, afin de redorer surtout… le rôle des hélicoptères russes, ceux-là mêmes qui venaient de passer à l’offensive à Alep même… On aurait voulu effacer des horreurs qu’on ne s’y serait pas pris autrement, c’est bien là toute l’abjection que je tiens à montrer pour décrire quelles sont les méthodes communes de Poutine et de Bachar el Assad pour tromper les gens, en manipulant leurs sentiments..

Les russes vont en effet mettre en scène la prise en mains de la petite syrienne, en agrémentant son sort de textes dont leurs auteurs devraient se montrer honteux (à gauche le résultat d’un bombardement des avions syriens le 28 août 2016, je vous épargne les corps d’enfants déchiquetés).  Car on l’a bien compris, il s’agit de propagande pure, infecte et sournoise; et mise en place en plus haut lieu : « le Ministre de la Défense Sergueï Choïgou a décidé d’envoyer un avion de transport militaire avec des équipes médicales et des infirmières en Syrie pour mener une évacuation sanitaire aérienne de la jeune fille blessée à Moscou », a déclaré un communiqué.  Il convient de noter que ce cas est loin d’être isolé. L’armée russe en Syrie contribue à aider régulièrement à la population locale et surtout les enfants touchés par la guerre.  De plus, ils le font indépendamment du coût et d’un risque important.  En particulier, les raids humanitaires de l’aviation de transport militaire russe sont devenu largement connus, là où les civils, bloqués par les militants dans les villes, reçoivent l’essentiel, tout d’abord – la nourriture et des médicaments.  La Russie ne mène également pas de politique humanitaire moins active en ce qui concerne la population civile bloquée et terrorisé par la junte Kiev Donbass.  Et encore une fois – l’accent est mis sur les enfants.  Au début de l’été 2014, des mesures d’urgence pour le traitement des enfants du Donbass qui ont été touchés par les attaques barbares ont été adoptées en Russie.  Un an plus tard, le jour international des enfants, le président russe Vladimir Putin a visité l’Institut de recherche de la chirurgie d’urgence pour les enfants et de traumatologie, où il a parlé avec le personnel de l’établissement et les jeunes patients qui venaient de la zone de guerre ».  Après les pilotes héros, voici les enfants martyrs récupérés :  Poutine ose décidément tout !!! Le but c’était donc ça !!!  Un cliché digne des romans photos d’autan, avec une scène d’hôpital, avec en vedette ce bon samaritain de Vladimir !!!  Il  y a de quoi vomir, à découvrir tout ça !!!  Paris vaut bien une messe, et pour humaniser Poutine, une scène d’hôpital fera figure de capitale !!!

Mais avant de l’expédier en Ill-76 médicalisé, il fallait la transporter à l’aéroport; la petite blessée.  Et vous n’imaginez pas, je suppose, dans quel engin aérien on allait la conduire, dans sa chaise roulante : notre fameux N°212 de combat, et oui, déguisé pour la circonstance en hélicoptère-ambulance !  Oui, vous avez bien lu : la gamine va se retrouver, avec sa mère, à bord d’une des machines qui bombarde et tire des roquettes sur la population civile syrienne.  Quand je vous dit qu’il ose tout, ce Poutine !  Voici donc notre petite malheureuse montée à bord du Mi-8/17, dont on remarque très vite l’aménagement intérieur qui nous étonne.  On découvre vite que cet équipement est effectivement proposé au catalogue du Kazan Plant qui le construit…mais on découvre vite aussi que ce n’est qu’une unité mobile qui se glisse entièrement à bord de l’hélico, et que ses éléments ne sont pas d’origine russe mais… autrichienne, fabriquée par AAT, firme installée à Ranshofen.  On s’apercevra aussi que dans les salons de matériels de guerre, l’unité mobile médicalisée est présentée dans un hélicoptère qui n’est pas bien sûr encombré de son énorme réservoir jaune interne.  Sur les reportages de la TV russe, on s’apercevra aussi que l’unité mobile a été glissée entre la part droite et ce même réservoir, preuve que sa mise en place n’est pas son équipement standard, loin s’en faut.  On a bien transformé rapidement l’hélicoptère d’attaque en ambulance provisoire.  Sans extérieurement non plus apposer des signes précisant que l’appareil volant est une ambulance. Cela s’appelle prendre d’énormes risques, dans la région… la petite fille a failli se faire tuer, cette fois, en voyageant dans un appareil de l’armée, non peint à l’extérieur comme faisant œuvre humanitaire !

Plus loin encore, la petite Sidra se retrouve aussi récupérée par le pouvoir russe dans une autre déclaration, purement publicitaire cette fois  : son ambulance héliportée se voit mis en avant, pour vanter les capacités des matériels fabriqués en Russie, alors qu’on l’a vu c’est bien une copie de celui d’ATT en Autriche, aux composants standards (un matériel alors tout juste distribué, comme on va l’avouer) : « selon le ministère de la Défense Direction principale médecin hygiéniste en chef Alexander Fisun, les brigades seront équipées de modules d’évacuation médicale polyvalents dotés d’équipements de diagnostic de pointe et des systèmes de réanimation et de ventilation.  Les modules sont communs avec tous les avions de transport militaires et des hélicoptères en termes de dimensions et de pièces jointes, tandis que leur équipement est intégré avec le même matériel utilisé dans les hôpitaux militaires.  Selon le général Fisun, l’introduction de ce matériel va augmenter les chances de survie des victimes militaires et civiles des attaques terroristes et aux catastrophes naturelles.  La principale mission des médecins militaires est de préserver la vie de tous les membres de services et civils dans les zones frappées par des catastrophes naturelles ou d’origine humaine, a souligné Fisun.  La première aide médicale administrée trop tard est la principale cause des pertes subies dans les conflits et les catastrophes d’origine humaine et naturelle armés.  Les modules d’évacuation sanitaire, qui sont en cours d’introduction, permettent à la fois le diagnostic d’une personne blessée ou blessée et son / sa livraison rapide à l’hôpital.  Selon Fisun, le ministère de la Défense a sauvé plus de 100 vies au cours des deux premières années de l’opération d’essai des modules medevac avancés, y compris une fille d’Alep, qui a été gravement blessé par l’explosion d’une artillerie tirée par les militants. Ce sont les modules avancés que les médecins militaires russes ont utilisé pour lui apporter son premier secours (nota : la fillette a été touchée en ville, on le rappelle) et son transport à Moscou pour le traitement.  Une caractéristique du module est qu’il permet l’EVASION du champ de bataille, selon Georgy Mushtakov, directeur général de l’usine de Kazan Plant, le fabricant de composants d’hélicoptères et de l’équipement et des modules d’évacuation sanitaire ».  A noter que le module avait pourtant été montré pour la première fois en version double à l’exposition aéronautique Maks de 2009, et que le discours de Fisun qui évoquait sa mise en service « en cours » datait de septembre 2016, bien après le « sauvetage » de la petite fille.  Sur le site de Kazan, c’est toujours le module double qui illustre l’hôpital volant » que serait le modèle  Mi-8MTV, dans lequel bien sûr il n’y pas de réservoir supplémentaire…  Visiblement, Fisun a récupéré le cas à son pur profit… alors que ses hélicoptères ne disposaient pas encore du module…(les vestiges brûlés montrent que le module avait déjà été enlevé de l’hélicoptère abattu).  On avait aussi noté que ce même Alexander Fisun était bien présent à la réception de la petite amputée à Moscou, comme l’avait montré à l’envie la TV russe au journal de 20 heures (cf l’homme à la casquette blanche).  Cela s’appelle une récupération, il n’y a pas d’autre mot !  A peine si les gens ont pu s’apercevoir de l’origine des équipements de secours à bord, le plus bel exemple de la duplicité russe étant celui du monitoring du respirateur signé Becton, Dickinson and Company (BD), une société américaine de matériel médical (d’autres étant ceux de Fleming Médical dont le siège social est en Irlande) !  On découvre un peu plus loin encore avec effarement que l’unité médicale a également été fournie à partir de Novosibirsk aux troupes aéroportées afghanes, sous un programme (« l’Helicopter Maintenance Trust Fund« ) financé en partie par… l’Otan, sous la direction de… l’Allemagne !!!  Serait-ce un de ces exemplaires qui aurait servi ??? L’Otan se serait-il fait berner ?

Sur YouTube, on retrouvera tout le chemin de la petite malheureuse, notamment son transport à bord du « fameux » N°212, et son passage à tous les JT de 20 heures des chaînes russes ou russophiles.  Et les russes en profiteront au passage pour remettre une couche :  « l’hôpital clinique des enfants russes a reçu un nouveau patient – une fille avec des blessures graves.  Elle a failli mourir lors du bombardement d’Alep par des terroristes. Les médecins locaux ont sauvé la vie d’un enfant, mais un traitement ultérieur dans un pays en guerre était impossible ».  On la verra aussi revenir de Moscou à bord de l’Il-76 RA 76743, pour intégrer un logement flambant neuf, tout cela bien sûr suivi par les caméras de Anna ou des autres chaînes russes toutes disposées à faire de son martyr un conte de fées.  Lors de son arrivée à Moscou c’est  bien Alexander Fisun qui avait accueilli la petite Sidra, preuve que son sort intéressait les gens au plus haut de l’Etat russe.  L’Ill-76 cité ayant pour base Novossibirsk – Tolmachevo, celle de la base 562 de l’armée de l’air russe, celle ou s’entraînent les pilotes des hélicoptères d’attaque Mi-24.  Ça ne s’invente pas, en effet.  Bref, toute la mise en scène de cette pauvre enfant martyr de la guerre, dont le sort a été manipulé de bout en bout par un régime russe qui se permet tout, y compris ce genre de choses.  L’abjection la plus totale !

Lorsque la petite Sidra, envoyée à Moscou en juin rentre marchant sur ses deux jambes artificielles, « sauvée par les médecins russes »,  en octobre 2016, l’hélicoptère qui l’avait emmené, elle et sa mère, pour accéder à l’avion a déjà disparu.  On l’a abattu, plus de deux auparavant, je le rappelle, le 1er aout. Les russes, plus qu’embarrassés, avaient affirmé tout et son contraire à son propos. Notamment ceci : « L’hélicoptère a été abattu en raison d’une erreur en coordination avec les forces terrestres après avoir informé le pilote que la zone qu’il vole au-dessus appartient au régime, mais en réalité il était pour les rebelles ».  Imaginez le même vol avec la petite à bord !  Ce qui semble de toute manière difficile à croire, même dans ce conflit aux zones mouvantes, ou qui tente de rattraper la grossière erreur de manque de marquage « humanitaire » sur l’engin : peut-on balader un hélicoptère d’apparence de combat en milieu hostile en le décrivant comme étant en train d’effectuer une action d’aide à la population ?  Peut-on être aussi inconséquent du sort de ses propres hommes ?  Ou cherchait-on tout simplement à dissimuler ce qu’il venait de faire ???  Les gens qui l’ont attaqué l’ont-il fait en sachant ce à quoi il avait exactement, servi ?  Je ne le sais pas, à vrai dire.  Mais ceux qui ont vu cette manipulation ayant pour objet le sort horrible de cette enfant et ce qui en a été présenté par les supporters de Poutine et d’Assad ont dû être révulsés par tant de duplicité.  Les gens qui se permettent ce gente de récupération du malheur qu’ils ont eux-mêmes créé peuvent, sans hésiter, s’en prendre à des enfants en les exterminant au gaz sarin, pour moi, c’est sans discussion possible.  Se sont-ils rendu compte qu’ils avaient également fortement mis en danger les occupants de l’appareil en étalant ainsi une telle opération abjecte de propagande ?  Ou font-ils si peu de cas de leurs propres soldats pour les exposer ainsi à la vindicte de ceux qu’ils anéantissent par ailleurs ???   Je ne soutiendrai jamais un quelconque acte de vengeance, mais je pense que le crash de l’hélicoptère N°212  et le déchaînement de fureur qui a suivi sur les corps de ses infortunés occupant n’est pas; et ne peut pas être; totalement anodin; après une telle révoltante manipulation.  Pauvres pilotes, pauvre petite fille, pauvres enfants martyrisés !

(1) aux toutes dernières nouvelles, Bachar el Assad a conservé des armes chimiques, et des récents mouvements d’avions sur ces bases montrent qu’il les a dispatchées après l’attaque des Tomahawks US.

(2) Les bombardements ayant lieu des deux côtés, comme le rappelle ici le SOHR :

« Parmi le nombre total de victimes que l’Observatoire syrien des droits de l’homme a pu documenter, il y a 323 victimes, dont 50 enfants et 33 femmes des citoyens, tués par des dizaines de raids aériens effectués par des avions de guerre sur les zones dans les quartiers de Kallaseh, al Maghayer, al-Ferdus, al-Sakhur, al-Mowasalat, al-Marjeh, Bab al-Nairab, Tariq al-Bab, Ashrafieh, Bani Zaid, Ameriyah, Salah al-Dien, al-Zebdiyyeh, B’eidin, Bostan al -Qasr, al-Castelo, l’al-Sakan al-Shababi, Ansari, al-Sekkary, al-Salhin, al-Machad et al-Haidariya et d’autres parties de la ville d’Alep, le bombardement a aussi causé la destruction du matériel et endommagé des dizaines de maisons et les biens des citoyens et des bâtiments dans les quartiers dont ont été la cible, en plus de la blessure de centaines de citoyens, y compris les enfants et les femmes des citoyens. Alors que SOHR documenté la mort de 58 civils, dont 20 enfants et 6 femmes; dont l’une d’elles est une vieille femme, ils ont été tués dans des bombardements par les forces du régime sur les zones dans les quartiers de Ameriyah, Aqyoul, al-Jazmati, Al-Sakhur, Bostan al-Qasr, al-Sekkary et al-Ferdus en dehors des zones contrôlées par les forces du régime, en plus de la mort de l’un d’entre eux par des tirs de snipers dans le quartier d’al-Zebdiyyeh et la blessure de dizaines d’autres.

L’Observatoire syrien a aussi documenté la mort de 250 citoyens civils, dont 55 enfants de moins de dix-huit ans, et 54 femme citoyen au-dessus de l’âge de dix-huit, ils ont été tués dans la chute de dizaines d’obus et de roquettes locales faites et les bouteilles de gaz explosifs (ici à droite) sur des lieux contrôlés par les forces du régime dans les quartiers de New Seryan, Vieux Seryan, Aziziya, Teshreen Street, rue Andalus, al-Mohafaza, Menyan, Mogambo, Halab al-Jadidah, Ashrafieh, Seif al-Dawla, Khalidiya, pont Maysaloon, Sulaymaniyah, al-Qasr al-Baladi, Chahba, al-Masharqa, Hamdania, al-Telefon al-Hawa’ei, Jamiliyyeh, al Midan, Al-Meridian, al-Martini, al-Iza’aa, Ramouseh, al Jabri Square, Jam’eyyat al-Zahra’a et plusieurs autres zones contrôlées par les forces du régime à Alep, en plus de blesser des centaines de personnes, y compris les femmes et les enfants des citoyens, et il a également causé des dommages matériels à la propriété des citoyens. »

PS : on peut relire ici les pages concernant ses « Volcanos » notamment :

Texte paru en 2014 : A l’origine des attaques au gaz en Syrie… la guerre Iran-Irak (a)

Texte paru en 2014 : A l’origine des attaques au gaz en Syrie… la guerre Iran-Irak (b)

Texte paru en 2014 : A l’origine des attaques au gaz en Syrie… la guerre Iran-Irak (c)

 

 

 

 

 

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