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Les mensonges de Poutine (2) l’hélicoptère abattu et sa mystérieuse blonde

Difficile comme osent le clamer les activistes de l’extrême droite ou Bachar el Assad en personne avec un incroyable aplomb, de croire que son régime n’a pas largué de ses infâmes bombes artisanales pour tuer et mutiler, tant les preuves matérielles ou photographiques abondent.  Des tas d’hélicoptères ont servi à ça, notamment ceux décollant de la base de Lattakié.  Larguant des « barrel-bombs » contenant aussi parfois du chlore.  Le 1er août 2016, une offensive sur Alep a vu le largage d’un bon nombre de ces engins, plus un pilonnage des chasseurs-bombardiers Su-22 de l’armée syrienne.  Au milieu de ce carnage s’en est produit un autre :  celui de la chute d’un hélicoptère russe, à pilotes et équipage russe, qui est l’objet principal de cette enquête, à vrai dire.  Car cette hélicoptère lui aussi particulier nous montre un autre côté de la guerre en Syrie selon Poutine.  Et ce côté-là n’est guère reluisant, à vrai dire… 

Les bombes-barils dont Bachar el Assad a nié l’existence devant les caméras de David Pujadas, en France, en jouant atrocement sur les mots sont bien une réalité et non une invention de journalistes en mal de complot. Ses troupes sont assez bêtes pour s’être elles-mêmes photographiées à bord d’hélicoptères de type Mi-8 ou Mi-17 en train d’en préparer le largage (pour les distinguer regarder le rotor de queue situé à droite ou à gauche), après l’allumage le plus souvent d’une simple mèche, pour les charges les plus sommaires ne disposant pas de détecteur d’impact.  On a vu en effet des soldats syriens, la cigarette aux lèvres, s’apprêter à enflammer le bout de cordite placé sur un des fûts infernaux, comme ci-dessus à droite sur la photo.  Certains s’étaient même filmés comme ici en 2012 (à bord d’un Mi-8 à l’arrière béant).  N’en déplaise au dictateur, ces largages sont la triste réalité depuis des mois en Syrie.  Sur certains clichés, on ne peut le nier : ce sont bien les bombes en forme de fûts munis d’ailettes, bourrés de poudre ou de nitrate d’ammonium dans lequel on a inséré des vis, des boulons et d’autres morceaux de fer rouillés qui ont été manipulés par des hommes en uniforme, comme ici à gauche sur ce cliché flagrant de l’intérieur d’un Mi-8 emportant ce type de bombe meurtrière à bas coût.  Certains barils contenant parfois des bonbonnes de chlore, à la place de la poudre ou de l’ammonium.  Le fût avec ces ailettes pour une meilleure trajectoire et son fusible de détection d’impact servant à faire exploser la bonbonne.  Ci-dessous, une bombe de ce type non explosée, justement, contenant encore son fût de chlore (peint en jaune, comme à l’origine).

 

 


Pour larguer d’hélicoptères MI-8/17 aux portes d’accès arrières arrondies, on enlève carrément celles-ci, ce qui donne comme cas de figure la photo ci-dessous à gauche de syriens affirmant haut et clair leur fidélité à Assad à l’arrière d’un hélicoptère de ce type, prêt à larguer ses « barrel-bombs ».  Ce type de procédé semble plus pratique que d’attacher les bombes improvisées à l’extérieur, aux cadres profilés servant à recevoir les bombes ou les lance-missiles, comme on a également pu le voir au dessus des toits de Syrie (ici à droite).  Certains ont même vu leur fond installer une sorte de chariot à glissières pour mieux embarquer et larguer ce type de bombe improvisée :

 

Voici donc le procédé, un bricolage véritable, dû à la raréfaction des munitions classiques, tant ce conflit en a vu être utilisées (et malgré les abondants réapprovisionnements russes), qui nous permet de commencer le deuxième temps de notre étude, donc, avec le bombardement des deux premiers jours d’août 2016, entre plusieurs trêves successives,  dont celle de 8 semaines définitivement rompues fin aout, par des frappes aériennes sur des hôpitaux, comme indiqué dès le premier article de cette série. Sauf que là encore, un hélicoptère particulier avait été aussi abattu le jour-même, et cette fois pas par ses collègues ou par l’explosion d’un de ses propres missiles.  Avait-il lui aussi ou non participé aux bombardements de barrel bombs  ?  Que faisait-il à cet endroit ce jour-là ?

 

 

Les images de son crash montrent un Mi-8 AMTSh-V ayant lui aussi eu toute la queue et le rotor arraché, et cette fois-ci on pense effectivement à l’action d’un Manpad qui aurait réussi à l’abattre (la poutre arrière montre des signes d’arrachement en son milieu, mais aussi et plus fortement au niveau de la jonction avec le fuselage, dont une partie est partie avec elle (cf photo ci-contre à droite).  Et au sol, on aperçoit dans l’épave encore fumante ou auprès d’elle, des corps, une image terrible.  Un carbonisé, plus du tout identifiable, et un autre décédé lui aussi, éjecté au loin de l’épave encore brûlante au sol, la tête encore en sang, ses vêtements ayant entièrement  brûlé, traîné par des hommes au sol comme avaient été emportés les corps du BlackHawk de Mogadiscio de 1993 ou les hommes de Blackwater à Fallujah en 2004 (je vous épargne les images, atroces).  Une vengeance morbide de la population excédée, qui venait de subir les bombardements.

On s’attendait donc à quelques éclaircissements, de la part de ses propriétaires, sur la chute de l’appareil lui-même.  Or une fois encore, Moscou allait donner une explication bien alambiquée.  Lors de la chute du Mi-35 de juillet, raconté dans notre épisode précédent, le communiqué russe avait affirmé que « l’hélicoptère était à court de munitions et qu’il rentrait à sa base » quand il avait été abattu par les rebelles.  Ce qui était faux, on l’a vu.  Cette fois, on a droit à une autre explication, encore plus sobre : « l’hélicoptère portait trois équipiers et deux officiers russes impliqués dans l’effort de réconciliation » expliquent de manière bien embarrassée les russes, phrase qui est même reprise de façon bien officielle dans le site des crashs aériens (ASN).  En somme, l’hélicoptère spécialisé dans l’attaque au sol aurait donc fait dans l’humanitaire, selon Moscou , en participant à la trêve signée par les deux partis en présence !  Au moment même , en fait, où Assad continuait à bombarder Alep dans cette trêve de dupes !!!  D’où le doute à propos de cet exemplaire, capable lui aussi de bombarder ou de tirer des missiles.  Car cet hélicoptère numéroté « 212 » en cause était bien russe et non syrien, et ses lance-missiles dont il était équipé (et retrouvés à proximité du lieu du crash, séparés du fuselage) en faisaient difficilement un engin de transport seul.  Ou alors, l’humanitaire vu par les russes à bien étrange visage.  Ce type d’hélicoptère emportant souvent ce genre de choses ici à droite, on le rappelle.

 

Mieux encore avec l’étrange boule dont on l’a muni à l’arrière, sur la queue bien visible au sol.  Un système appelé au départ L370-5 (alias « PRESIDENT-S ») un « Russian Infrared Countemeasures System », autrement dit trois boules optroniques à détection infra-rouge chargée de détecter les départs de missiles, couplée à des lance-leurres, vantée ici par les russes.  La demo en images 3D russe est à voir ici.  En mode « démo », sur une plateforme fixe, comme sur la vidéo de propagande, ça semblait effectivement fonctionner, pourtant (RT avait montré le dispositif installé avec ses trois boules électroniques, brièvement devant un rangée de Su-24, comme on peut le voir ci-dessous à Lattaquié, sur la base adjacente de Hmeimim (appelée aussi Khmeimim).  Le système est aussi appelé… Vitebsk, comme on l’a déjà vu.

 

Visiblement, cette fois-ci encore, le dispositif de protection n’avait pas bien marché (comme avec le cas du Mi-35 précédent et alors qu’il a aussi été monté depuis sur les Su-25) :  ou alors, plus prosaïquement, c’est un tir de DCA et non un missile qui a abattu l’hélicoptère, lui aussi « à court de munitions« , ou plutôt après être allé balancer ses bombes-barils au chlore, et non après avoir fait œuvre de participation à « l’effort de réconciliation » décrit.  Toutes les hypothèses étaient encore permises, à ce stade de confusion extrême, dans laquelle la trêve décrétée n’a jamais été totalement respectée.  Dans les vestiges du crash, difficile en effet de vérifier si l’hélicoptère bénéficiait encore de ses portes arrières de fuselage ou pas.  Quand elles sont enlevées, elles permettent en effet de balancer plus facilement en altitude les lourdes bombes-barils dont Assad ne veut toujours pas reconnaître l’existence.

 

 

L’examen des débris de l’appareil tombé près de Tel Sultan semble bien montrer à l’arrière une masse ferrique de tôle épaisse éventrée.  Celle, peut-être bien, d’une bombe-baril comme on a pu en voir au sol, déjà, en Syrie en décembre 2013 (photo ci-dessus).  L’analyse des débris de l’appareil qui s’est écrasé, montrant une poutre de queue affichant un arrachement violent à l’endroit de son rattachement au fuselage (cf ci-dessous à gauche) laisse en effet envisager le scénario d’une explosion à cet endroit.  Mais il semble prématuré d’en rendre responsable une bombe-baril, qui aurait tout simplement volatilisé tout l’hélicoptère en vol, à coup sûr; comme ici.  En regardant attentivement l’arrière de l’hélicoptère écrasé, le doute s’installe.  A l’emplacement de l’arrière, aux portes absentes semble-t-il aussi sur les débris (on a beau éplucher toutes les images, on en trouve difficilement trace, à part quelques tôles formant les renforts d’un élément arrondi), on trouve cette masse rouillée en deux parties, qui peut être une exemplaire de barrel-bomb (photo ici à gauche).  Des rebelles accourus examineront l’objet en le séparant des débris encore fumants, comme le montre le cliché ci-contre.  Qu’est-ce qui aurait pu les amener à faire de la sorte ?  Que voulaient-ils par là  vérifier ?

D’autres engins aperçus au sol indiquent un autre scénario.  Une hypothèse bien plus catastrophique, en fait, pour ceux évoluant en hélicoptère dans les cieux syriens.  On a bien noté, comme on l’a dit, la présence sur la queue arrachée et gisant à plusieurs mètres du corps de l’appareil (le rotor lui-même s’étant aussi séparé à part) d’un dispositif électronique complexe, censé pouvoir éviter les tirs de Manpad (sur la photo à droite, on en voit le câblage interne sur un Mi-8 aux portes arrières fermées et ici la photo de la rampe arrière d’un modèle Mi-8 8AMTSh récent).  Un dispositif destiné à dévier les tirs, et qui n’aurait donc pas marché, soit en raison d’un tir au but d’affût de DCA classique comme ceux montés sur Toyota ou des petits camions à plateaux…  soit d’un missile tiré du sol ayant réussi à atteindre sa cible…

 

C’est plutôt cette thèse qu’on retiendra en effet, car une autre photo prise après le crash semble plutôt indiquer qu’il s’agît bien du réservoir interne et non d’une barrel-bomb. Celle de son tuyau d’amenée vers l’extérieur de l’appareil !  En ce cas, la solution probable pour la chute de l’appareil reste celui du tir de Manpad venu du sol :  on peut supposer en effet qu’aucun hélicoptère ne se serait aventuré à basse altitude avec la prolifération des affûts de DCA mobiles répandus partout.  Une hypothèse qui, pour la deuxième fois donc (après notre précédent épisode) laisse entendre que le système de brouillage et d’évitement à trois détecteurs couplés dont ont été munis tous les hélicoptères russes et même les Su-25 déployés en début de campagne par les russes est… inefficace.  A la limite, pour les amis de Poutine, la thèse est bien plus grave, à bien y prêter attention.  D’où la minimisation maximale de ce sujet.  Rien dans la presse sur une défectuosité possible de ce matériel si vanté et si vite devenu l’équipement standard des engins volants bas en Syrie !!!   Surtout pas !!!

L’appareil, visiblement, était tombé en tout cas dans une zone quasi-déserte (la ville au loin, à peine visible, est bien à plusieurs kilomètres du point de chute; cf ici à droite). Une chute due à un Manpad, donc, ce qui explique les circonvolutions russes pour expliquer sa chute sur RT, qui implique aussitôt Al Qaida « soutenu par les Etats-Unis » dans le crash (et non d’autres groupes terroristes, à moins de ceux « soutenus par Ryadh, le Qatar et la Turquie« , selon, Sputnik, qui se gardait bien de montrer la bonne image de l’hélicoptère, lui préférant celle d’un appareil Mi-8AMTdu ministère de l’intérieur ! – dans un autre article ce n’était toujours pas le bon !!!).  Un aveu… catastrophique, en fait.  Le premier à venir expliquer avec certitude que le « tir venait du sol » étant l’ineffable Dmitri Peskov, le porte-parole de Poutine, toujours aussi sûr de lui… avec une telle rapidité et une telle fermeté que l’on se met à douter immédiatement de son affirmation… l’homme a en effet une tendance certaine soit à jouer au martyr, soit à prendre le train de la désinformation, selon son intérêt et celui de son mentor… mais ce jour-là aurait-il commis une bourde de taille, en divulguant le fait que si l’appareil avait été abattu de la sorte, son dispositif de protection avait été totalement inefficace ???  L’homme en est bien capable, en tout cas ! Le plus proche adjoint de Poutine venant torpiller la technologie russe, avouez qu’il y a de quoi sourire, si le sujet n’était pas aussi grave !!!


On comprend alors très vite pourquoi surtout présenter l’engin comme étant en train d’effectuer une opération « humanitaire » (laquelle on ne sait pas, l’engin n’emportant que 5 personnes, alors qu’il peut en embarquer entre 24 et 28), toujours muni de ses lance-roquettes et dépourvu d’insignes « civils », ce qui peut aussi paraître… de l’irresponsabilité totale de la part de ceux qui l’ont fait circuler ainsi, à moins d’être totalement persuadés de son « immunité » aérienne grâce à ses super-pouvoirs de détection de missiles) !!!  De l’aide humanitaire, ça se distingue de l’extérieur de la part des transporteurs, habituellement.  Pour une Russie qui tient tant à la montrer… au sol avec ses camions bien siglés.  N’aurait-on pas pris des risques inconsidérés, côté russe ???  Ou plutôt, cet hélicoptère, ne participait-il pas plutôt à autre chose ???  Le 9 août, l’ONU appelait officiellement à un cessez-le feu pour arrêter le massacre à Alep, par la voix de Jens Laerke.  C’était une semaine après la chute de l’hélicoptère, et la dénonciation des attaques répétées contre les civils, les réseaux électriques et l’accès à l’eau potable, menées à la fois par des frappes d’avions, d’hélicoptères, pour les russes et par des « volcanos » artisanaux, copiés sur ceux de l’armée officielle, qui les utilise aussi en abondance, et côté rebelles également (1). Quelques heures à peine après que l’hélicoptère russe ait été abattu, Saraqeb subissait une terrible attaque aux barrel-bombs à gaz toxiques, très certainement du chlore ce jour-là.  Peut-on faire à la fois dans l’humanitaire et ce genre de choses… à partir de vecteurs similaires ?

En avril également, le 12, un autre hélicoptère s’était écrasé en Syrie, cette fois près de Homs, en pleine nuit, à 1h30 du matin, les pilotes naviguant munis de lunettes de visée nocturne.  Et celui-là, on en fait fort peu de publicité à Moscou, beaucoup moins en tout cas que pour le Mi-8 AMTSh-V censé faire dans l’aide humanitaire.  Un Mi-28N tout neuf, celui doté de matériels encore plus performants que le précédent.  Le fleuron de la flotte russe avec les « Alligator » biplaces en tandem !  Le communiqué de Sputnik avait été plus que succinct cette fois-là, signe que Moscou ne souhaitait pas trop en parler.  Aucune photo visible, rien, le néant.  Signe chez les russes d’un gros très gros embarras.  L’engin venait juste d’entrer en fonction à Palmyre, montrant une virevolte des russes sur les moyens à utiliser sur place :  « ainsi, si les bombardiers tactiques Su-34 Fullback, qui ont connu leur premier engagement opérationnel, ont pu rentrer de Syrie, c’est que, a priori, ils ont été remplacés par l’un des derniers hélicoptères d’attaque russe, en l’occurrence le Mil Mi-28N « Havoc B ».  En réalité, la présence, en Syrie, de ce type d’appareil avait été révélée à la mi-mars par des images prises sur la base aérienne de Hmeimim.  En outre, l’on pouvait aussi y distinguer un Kamov Ka-52 « Alligator », un autre hélicoptère d’attaque de conception récente », écrivait à ce propos Zone Militaire.  L’engin, mis en service officiellement en 2014 après des années de développement (dès janvier 1988, démarrées avec le « Havoc » premier du nom) capable d’attaques de nuit, vaut 16 millions de dollars pièce.  Mais il a beaucoup de mal à se vendre.  Si bien qu’on a entendu à son propos en boucle, après son crash à Homs que c’était une erreur de pilotage et que personne ne lui avait tiré dessus.  Bien entendu !  « La zone de l’accident sécurisée et le périmètre délimité, le Ministère russe de la Défense a précisé que des enquêteurs se sont rendus sur place afin d’étudier les causes de cet accident, qui serait dû à un problème technique de l’hélicoptère.  Selon les informations publiées par divers médias russes, l’appareil, qui effectuait un vol de nuit, aurait percuté un obstacle qui se trouvait sur son trajet ».  Une simple mauvaise rencontre de nuit, en quelque sorte !  Et donc aussi aucun héros à saluer cette fois !

Revenons au précédent : une autre image est à retenir, qui nous donne une piste sérieuse :  celle qui nous donne en détail la référence exacte de l’appareil :  le RF-95585, un hélicoptère référencé 8AMTS00643137383U qui va en fait nous donner deux enseignements fondamentaux.  Le premier étant son type exact:  car ce n’est pas un Mil Mi-8 ordinaire en effet.  Mais un appareil bien spécial : c’est un Мi-8 « АМТШ » (Ми-171Ш, Mi-8AMTSh-V), autrement dit un appareil des forces spéciales russes dans sa première version (sans rampe arrière plane).  Celui que, justement, tenait en mains et en maquette notre colonel mort aux commandes de son Mi-35 tout neuf, le désormais célèbre Ryafagat Khabibullin !!!  C’est l’exemplaire  N°212, aperçu ici à Novossibirsk – Tolmachevo. Celui présenté ici en même temps que les Mi-24 par une des journalistes vedette de RT Arabic, Anna Knichenko, la chaîne pro-Poutine (avec Maria Finoshin, la préférée du dirigeant).  L’appareil est aussi visible ici, présenté comme lui aussi un appareil d’attaque, au même titre que le Mi-24, c’est à noter.  La présentatrice n’hésitant pas à se faire décoiffer par un passage bas de Mi-24 afin de dramatiser un peu sa présentation (un de ces collègues homme de RT avait la même chose avant elle, au même endroit).  Cette présentatrice qui en fait tant, pour le spectacle, on l’avait retrouvée à bord de l’Amiral Kusnetsov lors de sa « démonstration » en Syrie, avec forces plans de mise en scène elle et ses collègues : sous les bombardiers, entre deux bombes, assis sur un chariot de piste, elle les cheveux au vent devant un Su-33 prêt à décoller avec ses bombes ;  etc… au passage on avait pu admirer dans son reportage un des Migs qui s’était écrasé un peu plus tard en mer faute de carburant…. On l’avait aussi retrouvée, quel hasard, invitée au grand dîner donné par Poutine au Kremlin, et auquel avait assisté l’encombrant colonel Flynn, écarté depuis de l’équipe Trump…  Elle posait notamment en compagnie d’Emir Kusturica, le réalisateur fort décrié, car fan ouvertement de Radovan Karadzic et grand soutien également de Poutine.  Bref, la journaliste œuvre dans un but précis qui n’est pas d’informer, mais de rassurer le public (les électeurs) d’un Poutine dont la gonflette militariste est toujours aussi prisée.  Voilà qui nous mène à tout autre chose en fait, avec ce repas précis dans la capitale.  Selon certains démocrates, et CNN, qui ont mené l’enquête, le représentant de Trump, Flynn, aurait reçu ce jour-là de l’argent pour son discours de décembre 2015 à Moscou.  33 750 dollars exactement, offerts pour sa venue par RT TV-Russia, justement.  Mais la TV n’avait pas été la seule à le payer :  il avait aussi reçu 11 250 dollars d’une entreprise de cargos aériens russe (ah tiens !), et 11 250 dollars d’une entreprise de « cybersecurité » (on a une petite idée de laquelle), elle aussi russe, et toutes deux privées, donc.  Un monde privé bien présent aussi dans cette chute d’hélicoptère, à l’évidence, puisque le pouvoir a tenu a rester bien sobre sur les deux autres occupants de l’hélicoptère, dont les noms n’avaient pas été révélés…  Un monde privé bien proche de Poutine et des soutiens de Trump (qui lorgne pendant ce temps de son côté sur Eric Prince – en cheville avec des chinois-, avec qui il est familialement lié, via la sœur de Prince, Betsy DeVos, devenue la ministre de l’éducation de Trump… et depuis aussi la risée du Web) !  Force est de constater, à lire tout cela, que les deux supposés mercenaires transportés par l’hélicoptère N°212 de l’armée russe nous ont amené directement… au Kremlin, qui n’avait fin mars reconnu que 5 russes tués en Syrie, dont un par « suicide romantique » !

On semblait déjà bien loin en tout cas de l’action « humanitaire » décrite à Alep.  Bien entendu, le régime syrien et les russes, rois de la propagande, monteront aussi un autre usage des hélicoptères Mil Mi-8/17, comme ici avec le largage de « leaflets » effectuée de façon surprenante à haute altitude (on craint visiblement les tirs !!!), des tracts énoncent sans sourciller que « Les propriétaires de cette notice sont autorisés à surmonter les obstacles de l’armée arabe syrienne en toute sécurité.  L’armée fournira des soins médicaux et de la nourriture.  Coopérez avec l’armée syrienne et quittez la zone de guerre pour le bien de votre propre vie … » En somme, de se rendre et d’accepter d’être déplacés  !!!  Un usage terrible quand on sait qu’un bon nombre de convois de civils ont ensuite été bombardés !  Ce régime est véritablement odieux !

Odieux en effet : pour annoncer la chute de l’hélicoptère, dont les vestiges ont été retrouvés dans un endroit désert (c’est indéniable, on l’a vu !), voici en effet ce que Moscou avait annoncé : « ceux à bord de l’hélicoptère, pour autant que nous savons à partir des informations reçues du ministère de la Défense, ont été tués, »  a déclaré aux journalistes le porte-parole du Kremlin Dmitry Peskov lors d’une conférence lundi.  L’équipage « est mort en héros » parce qu’ils a cherché à éviter que les gens sur le terrain soient écrasés, a-t-il dit.  Du Peskov pur jus !  Il y en a partout des héros, chez Poutine, mais souvent ils sont morts, en effet.  Et leurs corps parfois laissés à la vindicte de la populace.  Et donc pas exactement comme on les présente au peuple russe, à l’évidence, avec force propagande :  éviter des gens en s’écrasant dans un désert peu en effet paraître… surréaliste.  Après le valeureux colonel Khabibullin, voici la célébration d’un bien étrange équipage par le pouvoir russe !  Et celui d’une bien étrange randonnée !  Que chercherait-on donc à dissimuler, encore une fois, avec à nouveau ces « héros » qui ne l’étaient certainement pas ?

Le RF-95585 qui s’est écrasé était donc bien, en tout cas, le N°212 (ici le N°211, 95583), présenté comme étant celui des forces spéciales russes, de type Mi-8AMTSh-V dont dérive l’actuel Mi8 AMTSh à rampe.  Des forces qui font donc aussi appel à des mercenaires privés, transportés par des militaires russes, ce que l’on découvre quand sont révélés des documents récupérés par les islamistes et révélés au public par les médias.  Dans son message abscons, l’armée russe avait scindé l’équipage en deux parties :  3 pilotes ou mécaniciens, et deux autres personnes au rôle indéterminé, présenté comme agissant comme « humanitaires ».  On connait aujourd’hui précisément les deux pilotes, l’un d’entre eux étant celui éjecté; qui avait été traîné par les pieds par ces mêmes islamistes, qui avaient aussi dansé sur son corps ensanglanté.  Tous trois étaient bien membres de l’armée russe.  Il s’agissait du capitaine Roman Pavlov, 33 ans, pilote navigateur, celui dont le corps avait subi l’assaut des islamistes, du lieutenant principal Oleh Shelamov, jeune homme de 29 ans, comme second pilote, (sa carte retrouvée ici à gauche), le troisième occupant étant le capitaine Aleksey Shorohov, un mécanicien navigant âgé de et 41 ans.  Mais d’autres documents retrouvés à bord intriguent davantage :  non seulement une carte servant de police d’assurances, mais aussi un autre document présentant une photo d’une autre personne encore, plutôt surprenante.

D’abord, un document plastifié découvert à bord, montré par les rebelles révélait quelques bribes en russe, qui déchiffrées, indiquent qu’il parle d’assurance, à présenter  « uniquement sur présentation du passeport ou document d’identité » un document qui  « présente un certificat d’assurance pour l’emploi en vertu d’un contrat de travail, dans le contrat de nature civile, dont l’objet est la fourniture de travaux et de services ».  Voilà qui fait davantage penser à un contrat de mercenaire qu’à autre chose.  Un autre document montre une icône d’un côté et de l’autre… une prière, qui est tout simplement le « Nôtre père » (ici à gauche)… que vient donc faire l’orthodoxie religieuse dans cet hélicoptère de l’armée russe, qui, il est vrai, affiche de plus en plus ses préférences religieuses : montrant leur « God On My Side » en quelque sorte ???

On songe d’emblée pour l’assurance à un contrat de mercenaire, et l’on est davantage encore intrigué par la photo figurant sur un des documents retrouvé à moitié incendié :  celle d’une femme, une jeune femme blonde dont le corps carbonisé est peut-être celui aperçu à l’avant de l’appareil en position de pilote, à gauche du cockpit.  Sur les deux autres occupants, l’explication officielle est tellement vague à son propos qu’elle laisse entrevoir une toute autre fonction.  Qui était donc cette mystérieuse personne et quel était son rôle au sein de cet équipage ?

Cela intrigue en effet, et ce d’autant plus quand on apprend que le rôle principal de l’hélicoptère Mi-8 8AMTSh était aussi de transporter les hommes du GRU, et de leur venir en aide comme soutien au sol, apprend-t-on sur les sites russes spécialisés, toujours fiers de montrer leurs nouveaux équipements les plus points pointus.  Le surnom donné à l’appareil est en effet sans équivoque pour ce rôle :  on l’appelle en effet le « Terminator ».  Un engin encore plutôt rare sur les lieux de combat :  en 2011 seuls 11 exemplaires avaient été produits.  Un cliché retrouvé du même type d’appareil présentant en effet toute un groupe de mercenaires lié à ce service si décrié.  Une autre montrant le fameux RF-95585 avec des irakiens, des shites du hezbollah venus eux aussi combattre en Syrie (ci-dessus).  D’autres clichés de ce type d’hélicoptère montrant plus clairement encore des groupes de mercenaires privés, qui interdits de pratique, selon la loi russe, rappelons-le !  Un « Terminator » ultra-armé qui aurait servi une cause « de réconciliation » ?  Décidément, on n’est pas à une manipulation lexicale près, chez les partisans de Poutine !

Voilà qui nous amène à examiner de plus près ces envois d’armes et de mercenaires russes ou shiites en Syrie… (retrouvés ailleurs aussi, dont en Ukraine, où là les hélicos neufs sont rendus « anonymes » sans marquages, comme ici à Rostov, des hélicos du 393eme régiment de Korenovsk à Sebastopol, la fameuse base de… Khabibullin) c’est ce que je vous propose de regarder demain avant de revenir une nouvelle fois sur cet exemplaire bien précis d’hélicoptère, car notre étrange RF-95585 a participé à tout autre chose encore…

Pouvait-on faire pire vous allez me dire, et bien oui, et Poutine et Assad l’ont fait, bien entendu… (c’est ça le deuxième élément fondamental dont j’ai évoqué l’existence un peu plus haut dans ce texte) !!!  N’en déplaise à leurs nombreux supporters français (2)… Mais ça, vous le découvrirez bientôt, un peu de patience.

Poutine dans ses œuvres de désinformation :


PS : pour ce qui est de l’origine des « Manpads », ce ne sont pas des Stingers mais des missiles… russes ou chinois, fournis aussi bien par l’Arabie Saoudite ou le Qatar que par les USA. Brown Moses avait pu voir arriver les premiers d’origine chinoise au début 2013.  En juillet, le Washington Times évoquait le risque de la distribution de ce genre d’engins à des rebelles incontrôlables.  Il faut aussi noter qu’au moins 120 missiles proviennent aussi du chaos Libyen (merci Sarkozy !), selon Foreign Policy.  Selon ce magazine, un cargo parti de Benghazi vers Iskenderun en Turquie aurait embarqué 460 tonnes, dont des armes pour les rebelles.  Un autre chargement ayant transité par le Liban aurait échoué à la même époque selon lui.  Le bateau intercepté s’appelait le le Lutfallah II (ici à droite et là la description de son chargement, vu à  Selaata, contenant 3 containers d’armes légères, dont des Manpads.  L’opération aurait été orchestrée par la CIA et par le général Petraeus, jamais en reste question revente d’armes, selon ma propre enquête sur lui.  Le consulat de Benghazi servait en fait de tête de pont de la CIA en Libye.  « Leur mission était de «lutter contre le terrorisme» et de tenter de récupérer les armes lourdes du régime Kadhafi », précise le Wall Street Journal dans son compte-rendu.  Une formule bien classique aux USA ! pour se faire une idée de ces trafics, on peut relire :

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-general-petraeus-a-t-il-trahi-125257

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-general-petraeus-a-t-il-trahi-125572

Pour se faire aussi une idée des achats d’armes par le Pentagone, on peut très bien regarder le film War Dogs, l’histoire romancée du cas Diveroli.  Ça paraît loufoque, mais ce n’est pas si loin que ça de la réalité…

 

(1) un missile (russe !) Kornet anti-tank, démontre ici qu’il peut détruire un hélicoptère syrien (Mi-8), mais une fois posé seulement, sur sa base même d’Abu al-Duhur,…le 17 février 2015.  Il est spécifié pour « éventuellement atteindre des avions volant bas ». 

 

(2) La liste des soutiens francophones de Poutine est ici:

Liste des sites et pages Facebook Françaises pro-russes et soutenant « Novorossia »

On y remarquera Alexandre Douguine, mais aussi le fascisant Synthèse Nationale d’André Chanclu, ou le retour de Pierre Piccinin da Prata, redevenu pro-Assad ou Olivier Berruyer que l’ont trouve aussi sur le blog vineyardsaker.fr, aux côtés de Luc Michel, cet ancien membre du mouvement néo-nazi FANE du négationniste Reynouard ; que du beau linge… il n’y a pas (Allain Jules, ce nostalgique de Kadhafi, y figure aussi). Vous pouvez y ajouter Oscar Fortin, d’abord humaniste d’après son site, devenu admirateur de l’ancien communiste et admiré lui-même par les derniers staliniens.

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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