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Centpapiers

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    • Auvergnat d'origine, savoyard d'adoption. Plusieurs métiers exercés en France, Algérie, Gabon, Québec... Grand lecteur de la presse papier payante. Occasionnellement rédacteur sur CentPapiers. Totale aversion pour l'anonymat sur le net.

    Les Jeux olympiques de Pékin à Athènes, un boycottage intelligent !

    21 mars 2008 | 3 commentaire(s) | vu 533 fois

    On ne peut pas rester indifférent devant les évènements du Tibet et faire comme s’il s’agissait d’un simple problème de police intérieure chinois. Les morts tibétains, les scènes de violence qui se multiplient, l’arrivée d’importants renforts de l’armée chinoise nous interpellent chaque jour un peu plus fort : faut-il boycotter les Jeux ? Telle est bien la question. Comment peut-on en effet envisager de défiler dans un stade sous les regards des dirigeants chinois, de ceux-là mêmes qui oppressent le Tibet ?

    Cette situation n’est pas nouvelle et le Tout-Puissant CIO (d’où tire-t-il sa légitimité ?) ne pouvait ignorer que la présence chinoise au Tibet pouvait poser problème lorsqu’il a attribué ces Jeux de 2008 à Pékin ; mais le Dalaï-Lama n’avait pas manifesté d’opposition et le calme apparent qui régnait dans la région laissait à penser que la Chine contrôlait la situation. Alors, pourquoi ne pas donner ces Jeux à la Chine, candidate si pressante ! l’Empire du Milieu voulait tant les Jeux… Le CIO faisait de la géopolitique – mieux que l’ONU -, c’était une situation enivrante ! Samaranch, le président du CIO, était au fait de sa gloire, l’égal des grands de ce monde !

    Mais la révolte des Tibétains, moines en tête comme en Birmanie il y a seulement quelques mois, nous ramène quelques années en arrière : fallait-il accorder les Jeux à la Chine du fait de l’occupation du Tibet ? En d’autres termes, faut-il aujourd’hui boycotter les Jeux ?

    Boycotter les Jeux de 2008, c’est priver les athlètes de compétition olympique, d’une part, et d’autre part mettre à mal toute une économie (droits médias, commanditaires, tourisme, etc.). La décision – mais ce n’est plus le CIO qui décide, ce sont les politiques – est donc repoussée, tout le monde espérant une sortie de crise diplomatique, comme d’ailleurs les membres du CIO qui sont tétanisés devant l’évènement. On en est là : wait and see…

    Mais la Chine ne semble pas vouloir jouer la carte diplomatique. L’hypothèse d’une action militaire d’envergure n’est donc pas à exclure. Le boycottage sera inévitable. Plutôt que de les boycotter, ne faudrait-il pas chercher à les sauver en les organisant ailleurs ? Pourquoi pas à Athènes, qui a accueilli les derniers Jeux il y a quatre ans et qui a donc pratiquement toutes les installations nécessaires (et on sait les Grecs capables de construire en huit jours ce qui se fait en huit mois ailleurs) ? Le CIO, dans son immense sagesse, devrait l’envisager.

    Priver Pékin de Jeux sans priver les athlètes de Jeux en les organisant à Athènes, voilà bien la seule bonne réponse à la situation tibétaine. Il est vrai que les Chinois « perdront la face », ultime satisfaction pour tous ceux qui se rangent aux côtés des Tibétains ; car « perdre la face », c’est pour la Chine autrement plus important que de perdre les Jeux !

    Le CIO est peut-être une organisation trop molle pour faire cela : profitons-en pour revoir l’organisation des Jeux, qui ne peut plus être laissée à la discrétion de quelques notables tant la politique est devenue primordiale – l’affaire tibétaine en témoigne -, mais pourrait être confiée à une commission de l’ONU – qui devrait prévoir des sites de repli en cas de force majeure (ce serait dans sa charte !).

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  • 3 commentaires

    • Pierre R.

    Gérald

    Plusieurs moyens peuvent être envisagés pour faire savoir au gouvernement chinois et à la CIO notre mécontentement. Robert Badinter a proposé un badge porté par tous les athlètes. D’autres proposent que les chefs d’État s’abstiennent d’être présents à l’ouverture officielle des Jeux. Georges W. Bush a déjà annoncé qu’il fera fi à cette recommandation et se présentera aux côtés du gouvernement de ce pays qui a été rayé des pays violateurs des droits de l’homme par les États-Unis. D’autres proposent que les athlètes boycottent l’ouverture et la fermeture.

    Cette semaine, à Montréal, il fallait lire dans le quotidien La Presse la réaction des athlètes sur le possible boycottage des jeux. Sont-ils préoccupés par les vies humaines en Chine et au Tibet qui sont brimées, bafouées, privées de leur liberté ? NON. Seule compte leur carrière. Faudra-t-il s’attendre à un quelconque coup d’éclat de leur part ? J’en serais fort surpris.

    Les chefs d’État ? Allons. Les intérêts économiques feront l’impasse sur toute tentative de boycottage. Pour preuve. Le Monde publiait une opinion qui s’interrogeait ouvertement sur l’attitude de la France face au Tibet et face à la Chine. Voyez ici, sur le site de nouvelles chinoises, quels sont ces chefs d’État qui appuient la Chine dans sa démarche répressive contre le Tibet. Bernard Kouchner, a qualifié l’idée de boycottage de la cérémonie d’ouverture des JO d’ »appréciable », avant de souligner qu’elle était « irréaliste ». Plus tard, il a commenté qu’en dépit des événements à Lhassa, « les Chinois »"des progrès formidables » en matière de droits de l’homme. On se fout de la gueule de qui, ici ?

    La Chine ne fait aucun geste à l’égard du Dalaï lama. Pourquoi en ferions-nous un de complaisance à l’égard de ce gouvernement qui accepte volontiers de mettre à mal ses propres Jeux olympiques pour mener à terme son projet d’assimilation et de nettoyage du Tibet ? Allons.

    Que dire de ces commanditaires qui acceptent maintenant que leur nom soit associée à une entreprise aussi sanguinaire ?

    Je ne compte pas sur la Chine et sur le CIO pour mettre en pratique l’article 2 de la Charte Olympique : « L’olympisme se veut créateur d’un style de vie fondé sur la joie dans l’effort, la valeur éducative du bon exemple et le respect des principes éthiques fondamentaux universels ».

    Pierre R. Chantelois

    • Parpaillot

    @ Cursoux Gérald :

    @ Pierre R. Chantelois :

    J’ai lu vos articles respectifs …
    Merci à tous les deux de vous battre pour cette cause !

    Il va de soi que par son silence pesant et lâche, le CIO porte une lourde responsabilité. Après avoir attendu en vain une déclaration de son président, M. Jacques Rogge, force est de constater que le CIO ne fera rien pour fâcher Pékin.
    Après s’être vu attribuer les JO, le régime chinois s’en est emparé et l’utilise comme vitrine pour sa propagande. Les engagements pris par les organisateurs en faveur des droits humanitaires ne sont pas respectés, mais le CIO n’en a cure.

    Que pouvons-nous faire, bien assis devant nos écrans ?
    En parler, comme vous le faites par le biais de vos articles. Et puis il y a le boycott de la cérémonie d’ouverture et le port d’un badge qui serait porté par les athlètes, comme le suggère Robert Badinter, cité par Pierre dans son commentaire.
    Dans une dizaine de communes de l’agglomération genevoise où j’habite, le drapeau tibétain flotte désormais au mât des mairies, les maires ayant décidé de le hisser. Cette opération agace beaucoup l’ambassade de Chine qui est intervenu auprès du gouvernement helvétique mais sans succès, la liberté d’expression n’étant pas négociable en démocratie !

    Le boycott des jeux proprement dit n’est pas imaginable, tant les intérêts financiers sont importants et comme on le disait jadis à Rome :  » Du pain et des jeux et le peuple sera content ! « 

    Résigné, je dirais pour conclure, comme un croupier au casino : « Messieurs faites vos jeux, rien ne va plus … »

    Bonnes fêtes de Pâques tout de même !

    • perlin

    Délicate question en vérité, que celle du boycot d’une manifestation de paix pour lutter contre une manifestation de guerre et qui porte donc une contradiction viscérale.

    Le boycottage des JO poserait beaucoup de problèmes et n’atteindrait pas sa cible, celle du Tibet, comme il n’a jamais atteint ses cibles précédentes.

    Il faut rappeler aussi que les sportifs qui y participent ne nous appartiennent pas et que nous n’avons aucun droit de les utiliser pour notre propagande politique, fût-elle aussi noble que la défense des opprimés, en leur interdisant leur participation pas plus qu’en leur faisant porter un badge.

    Il faudrait aussi que les offusqués d’aujourd’hui le soit tout autant par la situation générale qui prévaut en Chine et qui existe depuis longtemps, je parle des enfermements arbitraires, des exécutions quasi-sommaires ou encore du filtrage de la liberté d’expression via un Google customisé.

    Vis-à-vis de cette situation, ce qui se passe au Tibet n’est hélas qu’une péripétie de plus et non le fond d’un problème.

    Il est d’ailleurs très curieux, si je peux me permettre cette incongruité s’agissant d’évenements aussi dramatiques, de constater que l’absence de tout journaliste sur place, n’a en rien altéré l’émotion mondiale que l’on attribue généralement à la médiatisation. On se demande à quoi ils servent.

    Il reste néanmoins une possibilité citoyenne qui elle, ne présente aucun inconvénient et qui peut être plus efficace que toute autre : le boycot du spectacle !

    Prenons position contre les gouvernants et les annonceurs qui s’afficheront ostensiblement dans ces jeux, en retenant un bulletin de vote contre les premiers et en faisant baisser l’audimat pour les seconds.

    Si les citoyens de ce monde étaient capables d’exprimer leur indignation en zapant les jeux, les pressions sur les politiques baisseraient d’un cran et cela leur laisserait les mains plus libres pour agir et les annonceurs y réfléchirait à deux fois avant de prendre le risque de voir leur vente chuter (et non l’inverse) du fait de leur collaboration avec un système inique.

    Laissons les athlètes tranquilles et agissons sur les aspects outranciers de ces jeux. Les cérémonies officielles ne sont pas les jeux, les publicités affichées sur les dossards ou les fonds d’écran ne sont pas les jeux. Gardons les feux d’artifice, les majorettes et autres flons-flons pour d’autres réjouissances exemptes de barbarie et donc nécessairement plus locales. Cela ferait aussi moins de mal à la planète, car toute l’énergie déployée à l’occasion de cette manifestation mondiale majeure (la plus grande de toutes dit-on) n’est pas vraiment « sustainable ». Mais je m’égare.

    Mais voilà une utopie qu’elle est belle, car ce n’est malheureusement pas demain la veille que nous pourrons avoir un tel sursaut. Il serait pourtant le plus significatif et le plus efficace de cet appel à une prise de conscience mondiale.

    L’expression libre dont nous bénéficions dans nos rues démocratiques ou dans nos sites citoyens, n’est-elle pas au fond qu’un alibi destiné à soulager notre conscience ?

    Les internautes citoyens, les intellectuels, les sociologues et politologues de tout poil qui déclament des rappels lyriques aux valeurs des droits de l’homme resteront d’une totale impuissance s’ils ne sont pas suivis par les masses. Ils ne constituent que des drapeaux. C’est bien les drapeaux, mais ce n’est pas suffisant pour arrêter les balles ou les matraques.

    Pourquoi demander ce que nous ne pouvons pas faire et refuser de faire ce que nous pouvons ? C’est un mystère pour moi.

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