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Centpapiers

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    • Depuis 1998, survivante à un cancer du sein. Webmestre, passionnée d'informatique et de vérité, j'ai décidé de rassembler ces deux éléments afin de créer un espace public qui permette aux citoyens de s'informer et d'échanger au sujet de la santé. Alors que c'est dans l'intérêt de l'industrie pharmaceutique de nous garder dans l'ignorance (comme l'Église l'a fait en son temps), je propose une réflexion basée sur mon expérience et celle de nombreux autres lecteurs, aux prises avec un système qui veut «notre bien» et qui va l'avoir si on le laisse faire.

    Les inventeurs de maladies

    18 septembre 2010 | 0 commentaire(s) | vu 504 fois

    Jörg Blech – Actes Sud, 2005 – 282 pages

    À partir d’un grand nombre d’articles parus dans d’importantes revues scientifiques, Jörg Blech a mené sa propre enquête. Grâce à une multitude d’exemples et de révélations, il développe une synthèse passionnante des dangers menaçant les patients, malades ou prétendus tels.

    Traduit dans une douzaine de langues, Les Inventeurs de maladies est un livre à lire absolument avant de se rendre chez le médecin.

    Synopsis

    « Si on pouvait autrefois espérer trouver un jour un traitement pour chaque maladie, nous explique Jörg Blech, les marchands de la santé, aujourd’hui plus que jamais, semblent plutôt vouloir trouver une maladie pour chaque molécule fabriquée. En manipulant des membres influents de la communauté médicale, les lobbys industriels ont peu à peu modifié les « normes » de certaines valeurs biologiques – comme le taux de cholestérol et la tension artérielle – afin d’augmenter le nombre de patients « susceptibles d’être traités ». Pour eux, faire croire à des gens en bonne santé qu’ils doivent se soigner à vie est une véritable rente viagère. Et pour propager une pareille absurdité, ils nous suggèrent que si nous ne  » nous soignons pas » par anticipation, nous mourrons de cancer, nous serons diminués par des maladies cardiovasculaires ou nous perdrons la tête en raison d’une dégénérescence neurologique… Le principal argument de vente des marchands de la santé, c’est la peur. »
    (extrait de la postface de Martin Winckler)

    L'urine de jument, élixir miracle

    La ménopause a beau être une phase naturelle dans la vie d’une femme, l’establishment médical ne l’a jamais considérée comme utile. « La ménopause est la période la plus désagréable dans la vie des couples, déclarait en 1910 le médecin slovaque Arnold Lorand. Pas seulement pour la femme qui est directement affectée, mais aussi, dans une mesure presque égale, pour l’homme qui doit user de la plus grande patience. » Par chance, le même Dr Lorand pensait avoir découvert un remède contre les désagréments de la ménopause. Des extraits d’ovaires de truie auraient ainsi eu la capacité de « repousser le vieillissement de quelques années » ou du moins d’« adoucir ses effets, lorsque l’âge terrifiant s’est d’ores et déjà installé ».

    Peu après, dans les années 1940, les laboratoires pharmaceutiques se mirent à produire en grande quantité l’oestrogène si convoité, non plus à partir de porcins, mais à partir de l’urine de juments pleines (ce qui a donné son nom à un produit célèbre : le Premarin, dont l’origine est pregant mares urine). [...]

    Il fallut pourtant attendre la parution aux États-Unis, en 1966, du best-seller Feminine Forever pour voir l’hormone sexuelle se transformer en une drogue de masse. Le jeune Robert Wilson, gynécologue new-yorkais, décrit dans cet ouvrage l’urine de jument comme un remède miracle, prometteur d,une jeunesse éternelle. « Pour la première fois dans l’histoire, les femmes, égales biologiques des hommes, peuvent prendre part aux promesses de demain… Grâce à la thérapie hormonale, elles peuvent compter sur un bien-être accru et une jeunesse durable. »

    Robert Wilson accomplit également sa mission auprès du corps médical. « À 50 ans, il n’y a plus d’ovules, plus de follicules, plus de thèques, plus d’oestrogène – une véritable catastrophe galopante », assurait-il doctement dans une revue médicale en 1972. Heureusement, les oestrogènes viennent au secours de ces femmes. « Ni les seins, ni les organes génitaux ne se flétriront. Partager la vie de ces femmes sera particulièrement agréable, et elles ne deviendront ni bêtes ni vilaines. »

    Ce que personne ne savait encore à l’époque, c’est que le laboratoire pharmaceutique Wyeth-Ayerst avait financé les dépenses de Wilson liées à la rédaction de son livre. Par la suite, l’entreprise sponsorisa également sa Wilson Research Foundation, dont les bureaux étaient situés sur Park Avenue, à Manhattan. En outre, elle rémunérait le médecin pour les conférences sur son abécédaire hormonal qu’il tenait devant des associations de femmes.

    Ces relations ne furent rendues publiques qu’en 2002, par le fils de Robert Wilson, Ronald Wilson. Le laboratoire Wyeth-Ayerst, devenu depuis Wyeth, était alors le plus grand fabricant d’hormones au monde. Médecin à Zurich, Barbara Wanner commente : « Il est intéressant de remarquer que la définition de la ménopause comme maladie est apparue exactement au moment où étaient disponibles des hormones de synthèse susceptibles de traiter cette maladie nouvellement définie. »

    Des millions de femmes se sont laissé duper par cette propagande. Les oestrogènes furent décrits comme une substance indispensable à la vie – et le fait que beaucoup de femmes survivent pendant 40 ans sans cette substance ne fut même pas évoqué. En 1981, l’Organisation mondiale de la Santé se plia d’ailleurs à la nouvelle définition de la ménopause, la désignant comme maladie du déficit oestrogénique. Quant au fait que bien des femmes âgées sont en parfaite santé et qu’elles vivent en moyenne plus longtemps que les hommes, cela ne semblait pas être à l’ordre du jour.

    Ce texte est tiré du livre Les inventeurs de maladies de Jörg Blech, Actes Sud, France, 2005, pages 159-161.

    Références pour ce billet

    1. Référence n°1
      Aucun(e)
    2. L’Actualité.ca 7 mai 2009 – Marc Zaffran, alias Martin Winckler,
      http://www.lactualite.com/sante/article.jsp?content=20090506_152521_2104
    3. PasseportSanté.net
      http://www.passeportsante.net/fr/P/Bibliotheque/Fiche.aspx?doc=Biblio_6278
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