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Les inégalités: la résultante d’une politique active et volontaire?

Il est de notoriété publique que la distribution des revenus n’a plus rien à voir avec le mérite! Avez-vous noté comme il est de bon ton de compter sur la «main invisible» pour soulager les inégalités et pour résorber le chômage tandis qu’au même moment les interventions, manipulations et pressions diverses qui tendent à gonfler les hauts revenus et à majorer les fortunes existantes ne sont jamais, pour leur part, remises en question.

Les économistes, politiques, analystes «mainstream» ont beau stigmatiser la régulation comme toutes les interventions de l’Etat visant à protéger les plus vulnérables. Ils sont muets dès lors que les banques sont secourues, et lorsqu’il s’agit de sauver les spéculateurs embourbés dans leurs multiples bulles. En fait, le concept est simpliste car, si la régulation est vouée aux gémonies dès qu’elle menace les profits, elle est encensée si et quand elle permet de renflouer des financiers-pirates sur le point de chavirer. Du reste, les marchés financiers –dont les sorties de route depuis 2001 ont tant coûté en croissance et en emplois à nos économies réelles- ont été les premiers bénéficiaires et récipiendaires de la générosité des fonds publics sans que leur fonctionnement, que leurs excès ou que leur capacité de nuisance n’aient jamais fondamentalement été remis en question. Acceptable dès qu’il autorise le maintien du statut quo et des pouvoirs économiques en place, l’interventionnisme devient intolérable dès qu’il envisage de soulager les plus fragiles.

 

De nos jours, les inégalités ne sont donc plus tant la résultante de la passivité, de l’incompétence ou de la malchance que d’une politique active et volontaire visant précisément à les attiser. Ces principes sacro-saints violemment opposés à toute régulation, à toute politique monétaire expansionniste, à toutes mesures visant à promouvoir la consommation, à toute intervention lissante des pouvoirs publics ne sont-ils pas en même temps les plus ardents défenseurs des mécanismes sauvages de marché qui ne favorisent évidemment que le plus puissants et les plus riches? Au risque de me montrer répétitif: toute politique cherchant à équilibrer le budget de l’Etat et à résorber intégralement les déficits a également pour objectif inhérent de maintenir un chômage élevé.

Cette main n’est donc pas si invisible qu’on le prétend car elle guide sûrement et fermement les intérêts des élites économico-financières et elle asservit les marchés à leur seul avantage. Que l’on arrête donc de nous asséner que les revenus sont le fruit de la productivité, car il se pourrait bien que le chômage soit un choix délibéré.

 

Michel Santi

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