Accueil / T Y P E S / Chroniques / Les groupes communautaires s’opposent ? la page citoyenne et au vote ?lectronique

Les groupes communautaires s’opposent ? la page citoyenne et au vote ?lectronique

En rendant public son rapport le 12 mars dernier, apr?s une consultation de deux ans aupr?s des groupes communautaires du Qu?bec, Communautique lance un pav? dans la mare du gouvernement en ligne et du vote ?lectronique. Les groupes communautaires disent non au projet gouvernemental de donner ? chacun sa page citoyenne et rejettent le vote ?lectronique.

Trois raisons sont ?voqu?es : les craintes relatives ? la protection des renseignements personnels, la pr?sence d’une importante fracture num?rique, les difficult?s identifi?es dans diverses exp?riences de vote ?lectronique.

Pour la centaine de groupes communautaires consult?s, le gouvernement en ligne n’est pas une mauvaise chose en soi, mais « les services ?lectroniques et les consultations en ligne [doivent ?tre] des moyens compl?mentaires aux services offerts en direct aux personnes et compl?mentaires ? d’autres formes de consultation de la population ». (Voir le rapport synth?se : Le point de vue des groupes communautaires concernant le gouvernement et la d?mocratie en ligne.)

D?j? en janvier 2006, nous faisions part de la grande m?fiance des milieux communautaires envers le gouvernement en ligne (Groupes communautaires et cyberd?mocratie). Dans son communiqu? de presse, Communautique craint que le gouvernement en ligne ne soit qu’un pr?texte pour diminuer les services ? la population.

Un autre s?rieux b?mol ?mit par les groupes communautaires, celui-ci envers les consultations en ligne, est l’int?r?t r?el du gouvernement pour l’opinion des citoyens. Ceux-ci ne croient pas que les consultations men?es par le gouvernement donneront plus de r?sultats.

Voil? qui est rassurant. Les groupes communautaires ont rapidement compris que la d?mocratie en ligne n’est pas une baguette qui changerait comme par magie les joutes de pouvoir menant aux d?cisions politiques.

Le communiqu? nous apprend aussi qu’il y a eu des ?changes avec les partis politiques et avec les fonctionnaires impliqu?s dans le projet de gouvernement et de d?mocratie en ligne. On se demande bien pourquoi les r?ponses de chacun des partis politiques ne viennent pas avec cette information.

Communautique confirme cependant nos appr?hensions (D?mocratie et NTI au Qu?bec : rien en vue du c?t? des partis politiques) : « nous retrouvons tr?s peu d’orientations claires dans les diff?rents programmes ?lectoraux nous permettant de cerner la direction que prendra ce projet suite aux ?lections et comment y seront int?gr?es les pr?occupations soulev?es par les groupes et les experts dans le cadre de nos consultations. »

Voil? bien le plus inqui?tant. Le gouvernement en ligne est un projet d’une tr?s grande envergure qui va impliquer des d?penses consid?rables. Pourtant, les partis politiques susceptibles de former le prochain gouvernement (lib?raux et p?quistes) n’ont rien dit sur le sujet depuis le d?but de la campagne ?lectorale. Visiblement, ils ne diront rien non plus d’ici le 26 mars prochain.

Du c?t? de la d?mocratie en ligne, le meilleur engagement que le futur gouvernement pourrait prendre est de sortir ce dossier du gouvernement. Pourquoi pas mettre sur pied un organisme totalement neutre charg? des consultations en ligne et de d?velopper diverses formes de d?mocratie en ligne, relevant directement de l’Assembl?e nationale ?

Si l’initiative ne vient pas de l’?tat, elle va bien finir par venir de la soci?t? civile, comme cela est d?j? le cas chez nos voisins du sud et ailleurs dans le monde.

J’aimerais bien qu’on s’y mette au Qu?bec.

Commentaires

commentaires

A propos de

avatar

Check Also

La lente évolution de l’espèce

Converser avec ses semblables , c’est prendre le risque de tourner en rond, d’aller d’une ...