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Pourquoi exiger de la Gr?ce ce que d?autres pays ne feront jamais?? Imaginons, en rapportant les statistiques et donn?es ?conomiques aux proportions, que l?Etat f?d?ral am?ricain d?cide de tailler dans ses d?penses et d?augmenter les imp?ts avec pour objectif de r?duire son d?ficit budg?taire de 800 milliards de dollars. Supposons ?galement que cette aust?rit? sans [...]

Les grecs doivent changer la donne

Pourquoi exiger de la Gr?ce ce que d?autres pays ne feront jamais?? Imaginons, en rapportant les statistiques et donn?es ?conomiques aux proportions, que l?Etat f?d?ral am?ricain d?cide de tailler dans ses d?penses et d?augmenter les imp?ts avec pour objectif de r?duire son d?ficit budg?taire de 800 milliards de dollars. Supposons ?galement que cette aust?rit? sans pr?c?dent r?sulte ? logiquement ? en une d?t?rioration de la conjoncture et en une aggravation du ch?mage ? 16% de la population active qui n?cessiteraient ? 400 autres milliards de dollars d??conomies budg?taires?! Le m?contentement et r?actions des citoyens am?ricains seraient ? l??vidence aussi vifs que les sentiments de frustration et d?impuissance pr?valant actuellement parmi la population grecque qui est instamment pri?e d?encaisser une rigueur inhumaine sans broncher. La comparaison a certes ses limites tant il est vrai que le Gouvernement US n?imposera jamais de tels sacrifices ? ses citoyens. Il suffit, pour s?en convaincre, de constater l?accord trouv? in extremis en Avril dernier par des opposants aussi irr?ductibles que R?publicains et D?mocrates qui, n?anmoins soucieux de ne pas paralyser leurs services publics eu ?gard ? leurs citoyens, n?ont finalement r?duit les d?penses publiques que de 38 milliards de dollars? Comparaison qui a d?autant plus ses limites que ce n?est m?me pas le Gouvernement grec qui a l?initiative de cette aust?rit? qui est dict?e, comme on le sait, par les technocrates de Bruxelles et du F.M.I.

En r?alit?, et les ?v?nements de ces derniers jours tendent ? le d?montrer, les grecs disposent d?un certain levier leur permettant d?obtenir des assouplissements et quelques concessions de la part des autorit?s europ?ennes. Ainsi, oppos?s dans leur ?crasante majorit? ? ? 80% selon des sondages ? ? l?intensification de la rigueur, ils ont r?ussi ? faire pression sur leur Gouvernement qui n?a pas pu n?gocier avec le F.M.I. un accord relatif ? la tranche du financement suppos?e ?tre d?bloqu?e pour le 29 Juin prochain. En d?pit de cette volte face populaire grecque, le F.M.I. mettra tout de m?me ces fonds ? la disposition de la Gr?ce et ce pendant que les autorit?s europ?ennes s??garent en gesticulations sans fin dans le seul but de gagner quelques mois ? ou quelques semaines?? ? avant l?in?vitable restructuration de la dette grecque? L?Union Europ?enne, qui ne prendra aucun risque de faillite grecque ??? la Lehman?? pour une tranche de seulement 17 milliards de dollars, a donc pri? le F.M.I. d?en faire b?n?ficier la Gr?ce et ce m?me si cette nation ne respecte pas les conditions draconiennes prescrites.

Ces r?cents d?veloppements ont donc mis en ?vidence une certaine marge de man?uvre ? disposition d?un Gouvernement grec qui, recevant l?appui de sa population, pourrait quelque peu lui ?pargner les affres d?une rigueur totale en jouant de la menace du d?faut de paiement vis-?-vis des autorit?s tut?laires europ?ennes. En effet, pourquoi ne pas commencer par imposer un moratoire sur le paiement des int?r?ts de la dette grecque qui se montent ? plus de 6.5% du P.I.B. national?et que le F.M.I. esp?re m?me majorer ? 8.6% ? l?horizon 2014? Est-ce r?aliste ? pour ne pas dire humain ? de la part de cette institution internationale d?exiger une telle charge alors que les Etats-Unis, qui croulent comme on le sait sous les d?ficits, ne s?acquittent en guise d?int?r?ts que de 1.4% de leur P.I.B.?? Une interruption du paiement de ces int?r?ts d?gagerait pourtant suffisamment de liquidit?s pr?cieuses dans le cadre d?un plan de relance de l??conomie hell?nique m?me s?il y a fort ? parier que, soucieuse de sauver d?abord et seulement la mise de ses banques emp?tr?es jusqu?au cou dans les obligations grecques, l?Union Europ?enne ne s?oppose farouchement ? tout moratoire.

Qu?? cela ne tienne?: les responsables de l?Union se doivent aujourd?hui de voir cette crise autrement que du seul point de vue des cr?anciers et des gros ?tablissements financiers. C?est-?-dire ? prendre un peu plus le parti des citoyens grecs ayant suffisamment ?t? punis. Car, m?me dans son adversit?, la Gr?ce n’a pas les mains libres si ces cr?anciers se prot?gent (comme ils le font aujourd?hui) contre tout mouvement d?humeur en lui pr?tant des sommes dont une partie sert ? rembourser les ?ch?ances mais dont l’autre est conditionn?e par un plan d’aust?rit? ass?chant tout sur son passage.

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