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Les femmes depuis la préhistoire

 

Lorsque nous imaginons une femme préhistorique, la plupart du temps on la voit tirée par les cheveux derrière un homme qui la traîne vers sa caverne. Peut-être n’est-ce pas là, la réalité de l’époque.

L’homme n’a pas toujours su que c’était lui qui fécondait la femme. À l’époque où les humains vivaient de chasse et de cueillette, il lui aurait fallu porter une attention « hors normes » pour découvrir ce fait. Par contre, la femme dû le constater et en prendre conscience assez rapidement. Ce n’est qu’à l’avènement de l’élevage que nous avons la preuve que l’homme connaissait la fécondation. Il est indiscutables que la femme, chez l’homme dit « primitif » possédait un statu « particulier; car c’est elle qui « produit » les enfants sans qu’il sache comment. Pour lui, mystérieusement, la femme est la « mère » des hommes. Ce qui signifie qu’elle est dépositaire de la filiation de la lignée familiale. C’est ce qui nous indique qu’à l’origine, l’humanité fut une société matriarcale. Le culte de la « Mère ancestrale » suivi de celui de la « déesse Mère » en est la preuve archéologique.

Plusieurs diront que cela n’a pas duré longtemps et qu’à l’avènement de la civilisation, on avait rapidement oublié le matriarcat. C’est une erreur grossière; car les premières civilisations conservaient toujours dans leur tradition cette donnée que la femme était dépositaire de la filiation. De sorte que la légitimité sociale se rattachait à la mère. Une indication assez étonnante nous est fournie par l’épopée de Gilgamesh. Celui-ci se dit beaucoup plus qu’un demi-dieu puisque c’est sa mère qui est une déesse et non son père, comme plusieurs autres demi-portions divines. Il est donc, dit-il, 2/3 divin et 1/3 humain. On discerne tout de suite, l’importance de la lignée maternelle à ses yeux, comparativement à la lignée paternelle.

 

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Vous me direz que c’est une simple anecdote qui ne généralise pas cette notion matriarcale du tout. Mais, encore une fois, vous auriez tort. Toutes les anciennes civilisations considéraient la lignée maternelle comme la seule valable pour déterminer la légitimité d’un chef, d’un roi ou d’un pharaon.

Chez les sumériens, la légitimité était assurée par la mère. Même le dieu Enlil, lorsqu’il demanda qu’on choisisse un roi aux humains, ne choisit pas lui-même; il donna la mission à Inanna, une déesse. C’est elle qui assurait la légitimité du choix royal. Plusieurs rois, par la suite, se dirent « choisit par Inanna » ou « aimé d’Inanna » pour affirmer leur légitimité au trône. Lors de la création des « humains » par Enki, ce fut Ninmah, épouse d’Enki, qui porta l’embryon humain et qui le mena à terme pour « créer » l’homme. Encore une fois, la notion de légitimité s’appuyait sur la femme. Ninmah était la « déesse Mère ».

La tradition chez les rois d’Égypte et par la suite chez les Pharaons, était exactement la même. Le Pharaon recevait sa légitimité de sa mère; mais même s’il était ainsi légitimisé, il devait l’assurer en prenant sa sœur issue de la même mère « portant la légitimité » comme première épouse. Lorsqu’un Pharaon n’était pas de la lignée matriarcale « légitime », il acquérait sa légitimité en épousant une fille de la lignée légitime, mère ou épouse du pharaon précédant. Cette tradition qui, en fait, était une règle incontournable, dura jusqu’à la fin de l’empire égyptien.

La même règle prime chez les Akkadiens d’avant l’empire formé par Sargon. Le chef Ur-Zababa que Sargon détrôna et dont il usurpa le trône était le petit fils de Kababa; une reine « légitime » qui fut divinisé ou qui fut la fille d’une lignée d’un « fils des dieux » ayant pris une humaine pour femme, dont parle la Bible. Et nous retrouvons là une explication de la divinité pharaonique. La mère légitime devait être de la lignée qui venait des dieux pour que le pharaon soit lui-même un dieu. Et comme la maternité est la seule dépositaire assurée d’une lignée, la paternité n’est finalement qu’une présomption (avant les tests d’ADN), c’était la mère qui garantissait cette légitimité.

L’histoire d’Abraham nous donne la même information de façon indirecte. Lorsque le patriarche se présente à la cour du Pharaon, il avertit son épouse de dire qu’elle est sa sœur et non sa femme. Il est difficile de s’expliquer pourquoi il lui donne cette recommandation; car sa femme Sarah, à cette époque, est âgée d’environ 60 ans. Et pourtant le Pharaon la trouve belle et veut l’épouser. Je ne dis pas qu’une femme de 60 ans ne peut pas être belle, j’en connais personnellement qui le sont beaucoup; mais cela n’a aucun sens pour un roi qui possède plusieurs femmes et qui peut en épouser de toutes jeunes. Voici l’explication tout à fait logique: le prénom « Sarah » signifie, en sumérien, « Princesse » et Abraham venait d’Ur, ville sumérienne importante. Son nom nous indique que la Princesse Sarah détenait la « légitimité royale » d’Ur. C’est également ce qui explique comment Abraham fut capable d’être reçu par le Pharaon et même de vivre dans son palais pendant quelques années. Ce qui s’explique assez mal s’il est un nomade du désert, éleveur de moutons.

Le statut de la femme de la préhistoire et de l’histoire, jusqu’en 2000 av J.C. est un statut équivalent et même, en certain point, supérieur socialement à celui de l’homme. Ce ne fut qu’à l’avènement du dieu Marduk, en Mésopotamie, que ce statut commença à décliner. Tout ce fit, cependant, avec « délicatesse » et sans brusqueries. De telle sorte qu’à l’époque d’Hammourabi, de 1792 à 1750 av J.C., la position sociale de la femme avait assez peu dégradé. On le remarque en étudiant son code de loi où, socialement, les femmes sont situées à l’égalité des hommes de même classe sociale. Ce n’est qu’après la manipulation de ces lois par des intérêts d’autorités « religieuses », que la femme perdit de son importance. Mais le mouvement était lancé car on remarque que dans l’épopée de Marduk « Enuma elish », écrite à cette époque, seuls les dieux font partie de la nomenclature finale; les déesses n’y sont pas nommée. Peut-être est-ce simplement parce que Marduk ne pouvait pas s’attribuer les « pouvoirs » des déesses; mais le fait reste que la suprématie de l’homme sur la femme pointait son nez. Elle cumula lorsque la religion rendit la femme responsable de la « déchéance » de l’humanité. Comme si l’homme n’y parvenait pas par lui-même depuis l’avènement du patriarcat et non pas, depuis le « péché originel ».

Un autre exemple qui est plus rapproché dans le temps, est celui des Amérindiens de l’Amérique du nord. Les femmes étaient les propriétaires de tout ce qui appartenait à la famille. L’homme ne possédait que ses armes et son canot ou cheval. Le nouveau marié allait habiter chez la mère de son épouse jusqu’à ce que celle-ci puisse « tenir wigwam ». Un « sénat » de vieilles femmes décidait de l’élection d’un chef et gardait une emprise de conseillères sur lui. Évidemment, les Amérindiens n’avaient pas subi l’influence de la civilisation du Moyen-Orient et certainement pas celle des religions « du Livre ».

Finalement, selon une équipe de scientifiques, les premiers groupes humains vivaient selon des principes d’égalité entre hommes et femmes. Pour arriver à cette conclusion, ils se basent sur le mode de vie des tribus contemporaines de chasseurs-cueilleurs. Dans ces populations, les hommes et les femmes ont généralement une influence similaire sur le reste du groupe avec lequel ils vivent.

Chez nous, au Québec, du fait de l’influence de la culture amérindienne sur les premiers Canadiens, nos ancêtres ne considéraient pas du tout leurs épouses comme étant des citoyennes de seconde classe, sans aucuns droits. Malgré la législature en force, qui elle ne reconnaissait que très peu la femme dans la société, la majorité des Canadiens français ne prenaient aucune décision sans l’avis de sa femme et souvent, c’était elle qui décidait. Ce qui n’était pas le cas chez les Britanniques, semble-t-il.

De toute façon, ni ma grand-mère, ni ma mère, ni ma femme, ne furent battues. Cela n’est pas dans notre culture familiale. Et même si cela l’avait été, leurs époux auraient pu se retrouver avec une poêle en fonte comme chapeau, après des abus de pouvoir à leur égard.

En ce sens, il est remarquable qu’au Québec, il est très facile d’obtenir le divorce; c’est à se demander si cette loi n’a pas été instituée pour la protection des hommes. Il est évident que dans une société « patriarcale » comme la nôtre, avoir la possibilité, pour une femme, de se divorcer aussi facilement fut acceptée par des hommes qui préféraient la séparation plutôt que les chapeaux en fonte.

Je vais continuer de creuser le sujet.

Amicalement.

André Lefebvre

Auteur de:

L’Histoire… de l’univers

Les Hommes d’avant le Déluge (Trilogie – Tome 1:  La Science Secrète)

Les Hommes d’avant le Déluge (Trilogie – Tome 2: Le Mystère Sumérien

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