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Les Fant?mas de l’?cologie?

Phoques a fourure
Photo: Flickr Mofaitsontdm

NATURE QU?BEC APPUIE LA CHASSE AUX PHOQUES? ET INTERVIENDRA AUPR?S DU PARLEMENT EUROP?EN (Qu?bec, le 10 mars 2009)

http://www.naturequebec.org/ressources/fichiers/Biodiversite/CO09-03-10_Phoque.pdf

Connaissez-vous les Fant?mas de l’?cologie? Ces individus myst?rieux qui commettent leurs crimes parfois sous le nom de ?Nature Qu?bec? ou du ?Fonds mondial pour la nature? (WWF) ou encore ?Greenpeace?. ?Le commissaire Juve et le journaliste Fandor enqu?tent (et votre humble serviteur aussi) chacun ? notre mani?re sur cette affaire. Nous ne croyons pas ? l’existence de tels malfaiteurs. Mais nous sommes confront?s ? des Fant?mas de l’?cologie, bien structur?s et bien financ?s, dont la m?thode consiste ? utiliser des masques pour commettre des m?faits envers la Nature et la Vie, trahir et saboter le mouvement dont ils se r?clament.

Il est des signes qui font craindre que des individus masqu?s se pr?valant du nom d????cologiste,?? cachent leur v?ritable identit? aux yeux des honn?tes gens. Au Canada, des centaines de milliers de phoques sont tu?s chaque ann?e par des chasseurs dans le Golfe du Saint-Laurent, ? Terre-Neuve, et aux ?les-de-la-Madeleine. Au Qu?bec notamment, les Fant?mas de l??cologie frappent sur toutes les tribunes, pour d?montrer la mani?re humaine avec laquelle les phoques sont abattus. Leurs articles dans les journaux et les blogs ne tarissent pas et le prouvent?: les phoques dont on ?clate la cervelle au gourdin, qu?on croch?te ensuite par la t?te et qu?on tra?ne enfin jusqu?? l?endroit o? ils seront d?pec?s parfois vivants, ne sont pas trait?s avec cruaut?. Avec la satisfaction du travail bien fait, le chasseur fatigu? peut rentrer chez lui et y appr?cier la chaleur d?un bon foyer.

Les politiciens, chasseurs de votes, ne sont pas en reste et ceux du Bloc Qu?b?cois, men?s au doigt et ? l?oeil par Gilles Duceppe, ont fait adopter ? l?unanimit? une motion au Comit? permanent des p?ches et des oc?ans pour soutenir la chasse aux phoques. Le but de cette motion est d?acc?l?rer les repr?sentations propagandistes de l?industrie de la chasse, aupr?s des pays europ?ens. L?Europe est seulement ? quelques semaines de passer une loi qui mettra en vigueur un embargo sur les produits d?riv?s du phoque. Ce serait le coup de gr?ce pour cette industrie. D?autres politiciens, telle la risible s?natrice C?line Hervieux-Payette, ne manquent pas de rappeler son insignifiante campagne contre la ?Humane Society of the United States?, il y a deux ans. ??J’en ai ras le bol de ce monde-l?, ils agissent par la menace, l’intimidation,? nous dit-elle. Madame Hervieux-Payette, qui veut, avec ses amis lib?raux, promouvoir des produits sant? et naturels, d?velopper la recherche et l??conomie d?riv?e du phoque, va devoir assister impuissante ? sa magistrale d?faite.

? l?adresse des sceptiques du monde entier, qui voudraient bannir la chasse, les ?cologistes nous invitent ? contempler la noyade ou l??touffement d?un phoque dans son propre sang, comme un acte anodin et naturel. Ce dernier caract?risant le rapport ancestral et noble, mais n?anmoins tragique, qui unit l?humain au reste du monde animal. Il faut pr?ciser que cette chasse au phoque repr?sente aux yeux des ?colos en question, la plus grande ??cueillette?? de mammif?res marins au monde. Selon nos indices, l?ampleur de ce ??pr?l?vement durable?? de quelques 275,000 phoques en 2008, a d?ailleurs encourag? certains activistes ? s?interposer physiquement aux chasseurs. Certains militants vont jusqu?? faire preuve d?une ?violence extr?me,? sans cesse d?nonc?e par la presse objective et impartiale du Qu?bec.

Paul Watson, un activiste canadien aux commandes de la Sea Shepherd Society, avait scandalis? bien des ?cologistes lorsqu?il eut pris l?arme des mains d?un chasseur pour la jeter ensuite dans l?oc?an. Cet acte, qu?on peut d?s ? pr?sent qualifier de terroriste, lui a valu l?expulsion de? Greenpeace, une organisation qu?il a cofond?e. D?apr?s des sources certaines, les Fant?mas de Greenpeace regardent, depuis leurs bureaux, ces sc?nes primitives de chasseurs courageux plongeant, avec l?exactitude chirurgicale, leur hakapik dans les t?tes de ces infortun?s animaux, et pour lesquels les dons des g?n?reux adh?rents de Greenpeace ne peuvent rien faire. Contrairement ? Greenpeace, Paul Watson est pour la confrontation directe avec les bourreaux, comme les baleiniers japonais qu?ils croisent dans les eaux de l?Antarctique. Dans les mers du Sud, les ?cologistes affrontent ? coups de bouteilles les baleiniers qui ripostent ? l’aide de canons ? eau. C?est une v?ritable guerre qui se joue, dans un quasi-silence m?diatique, alors que le bateau ?Steve Irwin? de Watson n?h?sitait pas, cette ann?e, ? emboutir les navires de la flotte japonaise. Il s?agit d?une violence trop insoutenable pour la voir ? la t?l?vision.

Paul Watson avait demand? ? Greenpeace d?aider son groupe ? localiser les bateaux japonais. Ses requ?tes ont ?t? refus?es ? chaque occasion par les Fantom?s? de Greenpeace qui esp?rent, mains sur le coeur et cheveux au vent, stopper la chasse ? la baleine de mani?re pacifique. D?aucuns pensent que l??thique unilat?rale, dogmatique et utopique, d?fendue par les ap?tres d?une ?cologie d?faillante et sotte, selon laquelle les actions directes sont moralement condamnables, et en pratique vou?es ? l??chec, ne pourra malheureusement rien contre les machines de guerre lanc?es contre l?environnement et ses communaut?s vivantes.

C?est faire abstraction de l?histoire violente des luttes des soci?t?s humaines pour la justice et le droit, et ne pas reconna?tre la nature humaine profond?ment pr?datrice et indiff?rente que de compter sur un appel univoque et na?f ? la compassion et ? la raison des barbares de notre si?cle. Steve Best, professeur de philosophie ? l?universit? du Texas, ? El Paso, a d?ailleurs oppos? ? ce fondamentalisme pacifique, simpliste et crisp? sur le seul recours myope ? la non-violence, un militantisme utilisant toutes les strat?gies possibles ? la disposition des activistes. La persistance des Fantomas de l??cologie ? condamner d?autres actions plus radicales que les leurs, et d?exclure d?autres organisations, rend un service inestimable ? un adversaire puissant, vicieux, sans conscience, utilisant la force financi?re, la persuasion m?diatique et la violence politique pour atteindre ses objectifs de destruction et de subordination.

Une enqu?te pr?c?dente de Jean-Baptiste Jeang?ne Vilmer, du D?partement de philosophie de l’Universit? de Montr?al, avait d?j? distingu? la ?pens?e ?cologiste? de la ?pens?e animaliste?. En r?sum?, alors que les animalistes s?int?ressent ? l?individu au sein d?une esp?ce et mettent au centre de leurs consid?rations, la souffrance, l??cologiste concentre son attention sur l?esp?ce et sa protection?; l?individu n?est important que s?il maintient la survie de son esp?ce. Avec cette information, nous commen?ons ? mieux comprendre les agissements des Fant?mas de l??cologie qui ne cessent de saboter le difficile travail, surhumain, qui consiste ? changer les comportements et les mentalit?s, en se basant sur une approche multilat?rale, mais surtout, r?aliste, contextuelle et pragmatique, tel que pr?conis? par Steve?Best.

Partout o? les yeux s?orientent, nous assistons ? la destruction programm?e, organis?e et syst?matique des ?cosyst?mes mondiaux. Les mers et les oc?ans, sources originelles de la vie, sont en train de mourir d?acidification, congestionn?s par la pollution humaine et la surexploitation criminelle des ressources. La for?t primaire dispara?t chaque jour pour y laisser des monocultures d?huile de palme et de soja, pour nourrir un b?tail plus nombreux, source principale des gaz ? effet de serre, appauvrissant la biodiversit?, tuant les cultures autochtones et faisant croire aux populations locales en un avenir meilleur. Monsanto et la logique capitaliste actuelle vous font la promesse d?un d?sert culturel, moral, social et ?cologique contre lequel les mots et les discours ne suffiront pas. Nous vivons l?urgence de trouver des solutions ? une crise sans pr?c?dent dans l?histoire de l?humanit?. Cette d?testable conjoncture me fait penser ? cette citation de Jules Michelet: ? L’animal, sombre myst?re !… Monde immense de r?ves et de douleurs muettes?!… Mais des signes trop visibles expriment ces douleurs, au d?faut de langage. Toute la nature proteste contre la barbarie de l’homme qui m?conna?t, avilit, qui torture son fr?re inf?rieur.?

Dans cette logique ?cologique pernicieuse et molle, de d?veloppement ?durable?, il n?est pas ?tonnant, ni scandaleux, que le Fonds mondial pour la nature ait fait activement la promotion de tests sur les animaux, d?une envergure sans pr?c?dent dans l?histoire de la toxicologie. Il existe des milliers de substances pour lesquelles il n?existe pas de connaissance sur le risque toxicologique. REACH, le projet de l?gislation europ?enne sur les produits chimiques (Registration, Evaluation et Authorisation of chemicals -enregistrement, ?valuation et autorisation des produits chimiques) doit contribuer ? une r?duction des risques chimiques pour la vie sauvage et pour les humains. Ce projet vise ? l’identification et l’?limination progressive des produits les plus toxiques. Les Fant?mas du WWF, ont non seulement encourag? des tests peu fiables sur l?animal, mais ont fait peu d?efforts pour d?velopper des l?gislations permettant de r?duire l?exposition ? ces produits chimiques et potentiellement dangereux pour la sant?. Ce positionnement du Fonds mondial pour la nature en faveur de tests cruels et inefficaces qui, dans le cadre de REACH, causeraient la mort de millions d?animaux, ne pouvaient manquer d?irriter les organisations de d?fense des animaux, qui demandent du temps, de la coh?rence et les ressources pour mettre au point de v?ritables m?thodes scientifiques de substitution aux tests sur l?animal. PETA a r?pliqu? en qualifiant le WWF de ?Wicked Widlife Fund? (M?chant Fonds pour la nature) pour souligner l??trange soutien de cette organisation multimillionnaire pour l?abattage des ?l?phants et des phoques, pour la chasse ? la baleine par les peuples autochtones, et pour son refus de condamner l?utilisation des pi?ges ? m?choire.

?Qu?bec Nature? est-il un Fant?mas de l’?cologie? ? la lumi?re des faits ci-dessus, et au regard de l?appui r?cent de ?Nature Qu?bec? envers la chasse au phoque commerciale, nous sommes en mesure de conclure et qu?il s?agit bien d?un groupe de Fantom?s de l??cologie. En effet, ?Nature Qu?bec? veut se mettre ? genoux devant les d?put?s europ?ens et les supplier de ne pas bannir la tuerie printani?re, une caract?ristique du mode de vie des communaut?s maritimes qui fait sursauter de d?go?t le monde civilis?. Consid?rant qu?il faudrait apporter des preuves pour d?montrer le caract?re cruel de la chasse, que fracasser le cr?ne des phoques constitue une forme d?abattage acceptable, que le phoque n?est pas une esp?ce menac?e, et que cela rapporte de l?argent, ?Nature Qu?bec?, que notre ?quipe d?enqu?teurs rebaptise sur le champ ?Contre-Nature Qu?bec?, apporte sa litanie de fallacieux arguments, comme d?autres l?ont fait avant eux. La complainte d?sesp?r?e de ?Contre-Nature Qu?bec? ne trompera pas les d?put?s europ?ens, s?ils veulent bien r?sister au lobby europ?en de la chasse.

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    Un problème majeur là-dedans est la communication.

    Pour une instance gouvernementale ou une entreprise sociale, la chasse aux phoques est une activité économique qui favorise la santé des régions.

    Dans cette optique, pour un gouvernement ou une entreprise sociale comme Nature Québec, la réaction est la suivante:

    « Qu’est-ce que vous voulez de plus? La douleur ressentie par le phoque lors de sa mort est maintenant minimisée, les régulations sont plus fortes, la population de phoques est saine et contribue à l’économie de plusieurs régions. De plus, l’être humain joue un rôle régulateur, car augmenter la population nuirait à la population de poissons, dont plusieurs dans la région Atlantique sont menacés (Greenpeace a d’ailleurs une campagne pour protéger ces poissons). »

    Si selon les gens s’opposant à la chasse aux phoques, ces mesures sont insuffisantes ou qu’il faut un contrôle plus accru de la surveillance, alors il est important que ces gens répondent à la question des groupes en faveur de la chasse au phoque telle que pratiquée actuellement, au lieu de demander un embargo sur les produits du phoque, ce qui aura pour effet d’interrompre la chasse et causera des dégâts sociaux. Expliquez ce que vous voulez, ce que vous jugez comme une chasse aux phoques « acceptable » aux organismes et à la population en général et regardez quelle sera leur réaction. Vous changerez les choses pour le mieux, et ce dans tous les domaines, en arrivant à communiquer.

    D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si plusieurs entreprises appuient maintenant la chasse aux phoques. Leur but était d’avoir une chasse éthique du phoque, et selon leurs critères, elle est atteinte. Si d’autres croient qu’il faut faire plus, continuez à pousser pour de nouvelles régulations et à favoriser un meilleur contrôle de la chasse.

  2. avatar

    Ouf, très radical tout ceci.

    Si je comprends bien, vous dénoncez la violence faite aux phoques mais faites la promotion de la violence envers les humains ne dénoncant pas cette violence.

    Rien dans votre texte le laisse croire mais j’espère qu’avec un tel point de vue, au nom de la constance, vous faites aussi la promotion du végérarisme.

    Ce que vous n’acceptez pas est le fait que le phoque soit tué pour être mangé car même si vous en faites un cas, que le phoque soit tué avec un gourdin mais que la vache le soit avec un pistolet à percussion ne change pas grand chose ni au sort, ni à la souffrance de ces animaux.

    Mais voila, le problème est que l’humain mange de la viande, que la majorité de ces humains l’acceptent et que manger de la viande implique de tuer un animal. Cet acte, vous le déconnectez de la nature en l’attribuant à l’humain mais ceci est loin de la vérité. La vérité est que la nature est cruelle envers les animaux. Il est surement plus doux pour un phoque de mourir instantanément avec un coup de gourdin que d’être mangé vivant par les crocs d’un ours polaire.

    Est-ce que cet ours a plus de droits sur la nature que nous ?

    Ce que vous reprochez à Nature-Quebec est de ne pas partager votre opinion radical. Mais ceux-ci n’ont jamais prétendus avoir une telle position.
    J’ai l’impression que vous attaquez Nature-Quebec sur le fait qu’elle ne soit pas contre le fait l’idée de manger de la viande.
    Si c’est le cas, vous avez beaucoup de chemin à faire car Nature-Quebec n’est qu’une goutte d’eau dans la mare de résistance que vous allez rencontrer avant de convaincre le reste de la planète.
    En espérant que vous en resterez au niveau de l’argumentation et ne ferez pas la promotion de la violence pour imposer vos idées.

    Francois
    (http://duvertaurouge.blogspot.com/)