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Les deux c?t?s de la ?reprise? ?conomique am?ricaine

poverty_USA

Par Kate Randall
3 avril 2013
Les nouvelles de la semaine derni?re ont mis en contraste deux indices ?conomiques aux ?tats-Unis?: un nombre record de personnes ayant recours aux coupons alimentaires et un nouveau sommet pour l’index boursier?Standard & Poor’s 500. Leur juxtaposition t?moigne de la r?alit? de la ?reprise? ?conomique, dont la caract?ristique principale est l’?cart social grandissant aux ?tats-Unis.

Un article paru dans le?Wall Street Journal?de mercredi a rapport? que l’utilisation de coupons alimentaires aux ?tats-Unis a augment? de 70 pour cent depuis 2008. Cet article a re?u tr?s peu d’attention. Mais les chiffres pr?sent?s par le quotidien sont choquants. En date de d?cembre 2012, il y avait un nombre record de personnes inscrites au programme d’aide alimentaire, ? savoir 47,8 millions.

Le plus grand facteur dans la hausse explosive de l’aide alimentaire est la pauvret?. Pr?s de 50 millions d’Am?ricains vivaient dans la pauvret? en 2011, selon l’index utilis? par le bureau de recensement am?ricain. Cet index tient compte des d?penses pour l’alimentation, les v?tements, le logement, les services, les soins de sant? et d’autres n?cessit?s.

En 2010, pr?s de 87 pour cent des utilisateurs de coupons alimentaires avaient un revenu ne d?passant pas le seuil de pauvret?, lequel est d?fini au niveau ridiculement bas d’environ 25.000 dollars pour une famille de trois. Seulement 3,5 pour cent d’entre eux avaient un revenu familial repr?sentant plus de 130 pour cent du seuil de pauvret?. La moiti? de ceux qui d?pendent de l’aide alimentaire sont des enfants, et la moiti? de ces enfants, quelque 10 millions d’entre eux, vivent dans la pauvret? extr?me, ce qui signifie que le revenu familial est moins de la moiti? du niveau de pauvret? officiel.

Un Am?ricain sur six re?oit des coupons alimentaires. L’allocation mensuelle moyenne l’an dernier ?tait un maigre 133 dollars par personne.

Pour les familles qui luttent pour mettre du pain sur la table, m?me avec l’aide des coupons alimentaires, la reprise ?conomique tant vant?e n’a rien ? voir avec leur r?alit?. Au cours des cinq derni?res ann?es, on a vu non seulement une ?norme augmentation du recours ? l’aide alimentaire, mais aussi une hausse dramatique dans les rangs des travailleurs pauvres. Trois m?nages sur quatre recevant des coupons alimentaires comprennent au moins une personne qui travaille.

De l’autre c?t? du foss? de classe, les analystes des march?s boursiers et les m?dias ont c?l?br? la mont?e continue dans le cours des actions. Le S&P 500 – l’indice boursier des 500 plus grandes compagnies am?ricaines – a couronn? une remont?e de quatre ans jeudi en recouvrant toutes ses pertes depuis la crise financi?re mondiale de 2008.

Le S&P 500, qui a augment? ? 1569,19, a ?t? propuls? de 10 pour cent dans les trois premiers mois de l’ann?e, devenant ainsi le dernier indice majeur du march? am?ricain ? atteindre un nouveau sommet. La moyenne du?Dow Jones?a d?j? ?clips? son sommet pr?c?dent datant de la fin de 2007. Le?Los Angeles Times?a offert le commentaire suivant sur la perc?e du S&P?: ?Ce jalon souligne l’enthousiasme des investisseurs par rapport ? une ?conomie de plus en plus dynamique?.

La vaste majorit? des Am?ricains ne b?n?ficient pas de cette ??conomie dynamique?. Au contraire, un nombre croissant de gens s’enfonce dans la pauvret? et la d?tresse sociale. Le ch?mage ? long terme a pris racine. Les familles ouvri?res sont accabl?es par les dettes grandissantes et luttent pour payer leur logement et d’autres n?cessit?s, sans parler de mettre de l’argent de c?t? pour leur retraite.

Le gouffre qui s’?largit entre les Am?ricains ordinaires et l’?lite qui c?l?bre ses succ?s records en bourse n’est pas seulement le r?sultat de processus ?conomiques impersonnels. La mont?e des in?galit?s sociales depuis le krach financier de 2008 est le r?sultat de politiques bien pr?cises mises de l’avant d’abord sous Bush, et maintenant sous l’administration Obama. L’?tablissement politique m?ne une politique bi-partisane de guerre de classe contre la classe ouvri?re tout en assurant la survie de Wall Street et en aidant continuellement l’?lite financi?re ? piller les ressources sociales.

La R?serve f?d?rale am?ricaine injecte 85 milliards de dollars par mois dans le syst?me financier, alimentant ainsi le boum des march?s boursiers. C’est plus d’argent par mois que les 76,6 milliards $ que le gouvernement f?d?ral a d?pens? durant toute l’ann?e derni?re en coupons alimentaires destin?s ? 47,8 millions d’Am?ricains appauvris.

Malgr? la croissance explosive des coupons alimentaires et le besoin criant de financement, la l?g?re am?lioration de ce programme qui avait ?t? amen?e par le plan de relance de l’administration Obama en 2009 dispara?tra le 31 octobre, ?liminant ainsi environ 8 $ par mois et par personne en prestations.

? Washington, on ne cesse de r?p?ter qu’?il n’y a pas d’argent? pour les ?coles, le logement, la sant? et d’autres services sociaux de base. Les politiciens de la grande entreprise – qui concentrent leurs efforts ? r?duire les budgets et ? d?clencher de nouvelles guerres – exigent une politique ?conomique encore plus s?v?re. Plus t?t la semaine derni?re, le pr?sident Obama a appos? sa signature ? un projet de loi qui rend permanentes les coupes budg?taires automatiques de 85 milliards de dollars ? l’exercice financier actuel. Plusieurs programmes d’aide aux pauvres seront ainsi amput?s de plusieurs milliards de dollars.

Les d?mocrates et les r?publicains proposent de radicales coupes budg?taires dans les programmes sociaux. Ces deux partis envisagent non seulement de s?v?res coupes dans l’aide sociale et le syst?me de sant??Medicare?et?Medicaid?- des programmes qui ont ?t? gagn?s par les luttes sociales de masse de la classe ouvri?re – mais en fin de compte leur destruction compl?te, notamment au moyen de la privatisation.

Ayant pr?cipit? le krach financier par sa sp?culation et sa fraude, l’oligarchie financi?re exige maintenant que ses pertes, et beaucoup plus, soient compens?es par l’appauvrissement des masses travailleuses.

La classe ouvri?re a besoin d’un programme et d’une perspective pour affronter cette contre-r?volution sociale. Le capitalisme doit ?tre renvers? et remplac? par le socialisme. La richesse de l’aristocratie financi?re doit ?tre expropri?e et utilis?e pour r?pondre aux besoins sociaux pressants de la population?: des emplois et des salaires d?cents, l’?ducation, le logement, la sant?, les pensions de retraite. Les grandes soci?t?s et les banques doivent ?tre nationalis?es et plac?es sous le contr?le d?mocratique de la classe ouvri?re.

Pour r?aliser ce programme, il faut la construction d’une nouvelle direction politique qui armera les luttes ? venir de la classe ouvri?re d’un programme socialiste et d’une strat?gie de prise du pouvoir par les travailleurs. Le Parti de l’?galit? socialiste lutte pour cette perspective r?volutionnaire.

wsws.org

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