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LES DERNI?RES TROUVAILLES DES R?PUBLICAINS EN POLITIQUE ?TRANG?RE

par Fedor Loukianov pour?RIA Novosti

Mitt Romney et Paul Ryan sont officiellement devenus les candidats du parti r?publicain ? l??lection pr?sidentielle et ? la vice-pr?sidence. Evidemment, la bataille principale de la campagne ?lectorale aura lieu dans le domaine ?conomique. Apr?s tout, la politique ?trang?re n?a jamais vraiment int?ress? les ?lecteurs am?ricains.

Aujourd?hui, les Etats-Unis influent plus que jamais sur l?ensemble de la plan?te, mais en m?me temps, c?est d?elle qu?ils d?pendent, et l?approche traditionnelle selon laquelle la majorit? des Am?ricains sont indiff?rents au monde qui les entoure ne correspond pas ? la r?alit?. Et les particularit?s de l??quipe r?publicaine actuelle refl?tent l?ambigu?t? de la situation.

Par tradition, un des deux membres du duo pr?sidentiel a une grande exp?rience en mati?re de politique ?trang?re ou s?int?resse au moins aux affaires internationales. Cependant, cette fois, ni Romney, ni Ryan ne peuvent le revendiquer.

Romney a entrepris plusieurs tentatives pour prouver que la politique ?trang?re et les questions strat?giques ne lui sont pas ?trang?res, et il a r?cemment notamment tenu un discours devant l?Association de v?t?rans des guerres ? l??tranger et a fait une tourn?e en Isra?l et en Europe.

Un positionnement international clair n?a pas ?t? d?cel? chez Mitt Romney. Il s?est plut?t av?r? qu?il se basait sur la notion r?publicaine moyenne de la fin du XXe et du d?but du XXIe si?cles, la moyenne arithm?tique de Ronald Reagan et de George W. Bush. Peu de choses concr?tes, principalement des incantations sur la n?cessit? de r?tablir la grandeur absolue des Etats-Unis et de cesser de g?mir au sujet de son d?clin, chose que fait Barack Obama, selon les r?publicains. Romney est convaincu qu?il n?y pas d?alternative au leadership des Etats-Unis. D?ailleurs, c?est l?axiome de tout homme politique am?ricain, mais la question est celle des moyens qu?ils sont pr?ts ? employer. Le candidat ?voque la rigidit? et l?intransigeance, car assez r?cemment, un peu moins d?un quart de si?cle en arri?re, cette approche a apport? un grand succ?s aux Etats-Unis.

C?est de cette ?image du pass?? que d?coule ?galement l?attitude particuli?re et surprenante pour notre ?poque de Mitt Romney envers Moscou. Il a d?j? qualifi? ? maintes reprises la Russie de ?principal ennemi g?opolitique? des Etats-Unis, rendant confus m?me ses partisans ? on peut avoir une attitude n?gative envers la Russie et son gouvernement autant qu?on veut, mais l??poque o? elle ?tait ?l?ennemi num?ro 1? est irr?m?diablement r?volue. Les Etats-Unis doivent faire face ? une autre kyrielle de d?fis et de menaces, et si Moscou pourrait en faire partie, il est loin d??tre sur la liste des priorit?s. Instinctivement, Romney voudrait revenir ? l?ancien mod?le bipolaire, lorsque tout ?tait clair et simple. Apr?s tout, la principale difficult? aujourd?hui est pr?cis?ment l?incertitude, la situation strat?gique floue, les lignes de fronts effac?es. On ignore qui fait partie des siens et qui sont les ennemis, ou plus pr?cis?ment ils changent rapidement de camp.

Le journaliste n?oconservateur Bob Kagan est consid?r? comme l?id?ologue de la politique ?trang?re de Mitt Romney. Il y a dix ans, il a mis une croix sur la fraternit? transatlantique, en d?voilant une divergence id?ologique et mentale entre les Etats-Unis et l?Europe (les Am?ricains viennent de Mars, les Europ?ens viennent de Venus), ce qui a servi ? l??poque d?argument pour des actions unilat?rales de Washington sur l?ar?ne mondiale. Quatre ans plus tard, ce m?me Kagan a appel?, au contraire, ? l?union du Vieux Continent et du Nouveau Monde face ? la croissance du ?capitalisme autoritaire?, incarn? par la Chine et la Russie. En fait, c??tait reconna?tre l?erreur de l?ancienne affirmation disant que les Etats-Unis n?ont besoin de personne.

Dans son livre r?cemment publi? intitul? The World America Made (Le Monde que l?Am?rique a fait), Kagan n?accorde plus beaucoup d?attention au ?capitalisme autoritaire? (depuis le temps, il s?est av?r? que c??tait une notion invent?e artificiellement), mais au d?veloppement de p?les alternatifs incarn?s par le BRIC (Br?sil, Russie, Inde, Chine) et la n?cessit? de contrer les atteintes au leadership am?ricain. Aujourd?hui, Kagan n?est plus aussi d?termin? qu?il y a dix ans, lorsqu?il affirmait que la ?puissance douce? (soft power) ?tait une autre appellation de la faiblesse, et que la force militaire ?tait une solution ? tout. La nouvelle approche ? c?est Bush light, est la reconnaissance que les Etats-Unis ne parviendront pas ? atteindre leurs objectifs seulement par la pression brutale, mais qu?un travail est n?cessaire pour conqu?rir les esprits.

Le livre de Kagan n?est pas le programme ?lectoral de Mitt Romney, mais ils s?accordent sur un point central. Il faut faire barrage par tous les moyens ? l?id?e du d?clin des Etats-Unis qui se r?pand dans le monde, ce qui implique l?intransigeance. C?est la divergence principale avec le point de vue de Barack Obama sur les affaires internationales, qui estime que les USA doivent faire preuve de souplesse et faire des compromis avec lesdits p?les alternatifs afin d?affirmer leur leadership. Quoi qu?il en soit, ni Romney, ni Kagan n?ont aucune id?e claire sur la fa?on dont les Etats-Unis doivent atteindre leurs objectifs dans le nouveau monde, et utilisent principalement des slogans.

Le choix du candidat ? la vice-pr?sidence est r?v?lateur. Les hommes politiques qui occupaient ce poste depuis les ann?es 80 avaient en g?n?ral un certain poids et une autorit? dans le domaine international ? George H. W. Bush, Al Gore, Dick Cheney, Joe Biden. Paul Ryan n?a rien ? voir avec cette sph?re d?activit?, et selon les critiques, il s?int?resse seulement aux chiffres et au budget. Ces qualit?s pourraient ?tre utiles dans la politique nationale, mais sur la sc?ne internationale, seules les questions financi?re avec le G7 l?int?resseraient. Bien que cela soit plut?t du ressort du pr?sident Romney (s?il ?tait ?lu), sachant que l??conomie est consid?r?e comme son point fort.

Ryan est un partisan convaincu et fervent de la r?duction des d?penses budg?taires, et compte tenu de la gravit? du probl?me de la dette publique des Etats-Unis, ce th?me sera s?rement une arme contre Obama. La question primordiale pour la politique ?trang?re est de savoir si les r?ductions budg?taires affecteront le secteur de la d?fense. En g?n?ral, les r?publicains sont pr?ts ? r?duire tous les postes de d?penses, sauf ceux allou?s ? la s?curit? nationale. Dans ce sens, par exemple, le bouclier antimissile est une vache sacr?e pour Romney, car c??tait la volont? de Reagan. Le candidat ? la vice-pr?sidence donne l?impression d?un homme qui prononcera ?videmment toutes les incantations n?cessaires concernant la s?curit? des Etats-Unis, mais il est ? la fois tr?s ?loign? de ce probl?me et il ne s?y int?resse pas. La ligne directrice de cette campagne est claire ? elle est d?termin?e par les points de vue de Kagan mentionn?s ci-dessus. Mais l?apparition d?un candidat ? la vice-pr?sidence indiff?rent ? la politique ?trang?re est symptomatique (l?ancienne ?lection et Sarah Palin ne sont pas une r?f?rence, car le candidat de l??poque, John McCain, ?tait un coryph?e reconnu des affaires internationales). Cela montre que m?me dans le milieu r?publicain, une compr?hension larv?e s?accro?t, du fait qu?au XXIe si?cle, l?enjeu d?une domination militaire des Etats-Unis dans les affaires mondiales pourrait ?tre au-dessus de ses moyens.

Fedor Loukianov

Source 😕RIA Novosti

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