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Les confessions d?un assassin financier

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PAR?

Les assassins financiers sont des professionnels grassement pay?s qui escroquent des milliards de dollars ? divers pays du globe. Ils dirigent l?argent de la Banque mondiale, de l?Agence am?ricaine du d?veloppement international (U.S. Agency for International Development ? USAID) et d?autres organisations ??humanitaires??, vers les coffres de grandes compagnies et vers les poches de quelques familles richissimes qui contr?lent les ressources naturelles de la plan?te. Leurs armes principales : les rapports financiers frauduleux, les ?lections truqu?es, les pot-de-vin, l?extorsion, le sexe et le meurtre. Ils jouent un jeux vieux comme le monde, mais qui atteint des proportions terrifiantes en cette ?poque de mondialisation.?
Je sais tr?s bien de quoi je parle? car j?ai ?t? moi-m?me un assassin financier.?????John Perkins

Apr?s plus de vingt ann?es d?h?sitation, entre menaces et dessous-de-tables influen?ant son silence, John Perkins s?est enfin repenti en 2004, dans son livre?Les confession d?un assassin financier, pour son r?le criminel dans?la manipulation des ?conomies du monde pour le compte des ?tats-Unis.

Naissance d?un assassin financier

? tout juste vingt-trois ans, et une modeste licence d?administration commerciale en poche, John Perkins fut profil? par la?NSA?(National Security Agency), gr?ce ? son influent ??oncle Frank?? alors cadre sup?rieur dans l?agence de renseignement. Il passa notamment une journ?e d??puisants interrogatoires sous d?tecteur de mensonge durant laquelle ses recruteurs explor?rent sa personnalit? profonde. Ils s?int?ress?rent particuli?rement ? sa r?bellion envers son ?ducation puritaine, et ses frustrations caus?es par le manque de femmes et d?argent. Mais surtout, ils s?attard?rent sur sa farouche capacit? ? mentir aux autorit?s, comme ce jour o?, encore ?tudiant, il couvrit un camarade s??tant rendu coupable d?une altercation ? l?arme blanche.
Facile ? s?duire, bon communiquant, et capable de mentir avec aplomb, voil? que Perkins avait brillamment pass? les examens d?entr?e de l?agence de renseignements la plus importante du pays.
Aussit?t une formation d?espion lui fut propos?e, mais cependant, Perkins pr?f?ra s?engager au sein des?Peace Corps?: une agence f?d?rale am?ricaine qui envoyait des volontaires aux quatre coins du monde lors de longues missions afin de???fraterniser???avec les populations indig?nes. ? sa grande surprise l?oncle Frank l?encouragea dans sa d?marche, lui confiant proph?tiquement 😕??Il se peut tr?s bien que tu finisses par travailler pour une compagnie priv?e plut?t que pour le gouvernement.??

Ainsi pendant plus de deux ans Perkins v?cut avec les tribus Shuars, et travailla dans les Andes avec les descendants des Incas. Puis un jour, un homme d?affaire atterrit sur la piste de leur communaut?, le vice pr?sident de?Chas. T. Main Inc?(MAIN) 😕Einar Greve. Cette firme de consultation internationale tr?s discr?te effectuait des ?tudes pour d?terminer si la?Banque mondiale?devait pr?ter des milliards de dollars ? l??quateur, ou d?autres pays voisins, pour y construire des barrages hydro?lectriques et d?autres infrastructures.

Perkins n?h?sita pas ? s?engager aupr?s d?Einar, et ce m?me apr?s avoir lutt? au quotidien avec les indig?nes contre les?pratiques destructrices des compagnies p?troli?res et autres agences gouvernementales.?Sa connaissance famili?re du terrain lui permit ainsi de fournir des rapports sur l??conomie et la politique du pays.

Sans vraiment le savoir, John Perkins balbutiait sa future carri?re d?assassin financier.
D?s son retour d?Am?rique du Sud, en janvier 1971, il se vit offrir un poste d??conomiste ??MAIN?

La corporatocratie

? la fin des ann?es soixante, en pleine?Guerre Froide?et alors que le?conflit vietnamien?s?enlisait sous des nu?es de napalm, les ?tats-Unis imagin?rent de nouvelles strat?gies, plus implicites mais tout aussi offensives, afin de r?aliser leur?r?ve imp?rial. Ils soumirent divers pays cl?s, en encourageant leurs dirigeants ? s?int?grer ? un vaste r?seau promouvant leurs propres int?r?ts commerciaux. Ce fut la seule fa?on de devancer le rivalcommuniste?sans impliquer?Washington?directement, condition sine qua none pour ne pas d?clencher un holocauste nucl?aire?

Ainsi la?corporatocratie??mergea, et offrit des perspectives jusque l? in?gal?es.

Ce terme cher ? John Perkins synth?tise la?relation symbiotique?que d?velopp?rent alors gouvernements, compagnies multinationales et banques internationales.? Cette association favorisa ainsi la promotion d?entrepreneurs influents ? des postes gouvernementaux. ? l?image d?un?Robert McNamara, dont la carri?re le mena du poste de pr?sident de?Ford Motor Company?? celui de secr?taire ? la D?fense sous les pr?sidences deKennedy?et de?Johnson? pour enfin diriger la plus puissante institution financi?re de la plan?te 😕la Banque mondiale.

Mode d?emploi :

Tout d?abord, les?agences de renseignements?am?ricaines, comme la?NSA, d?nichaient de potentiels?assassins financiers, qu?engageaient par la suite des?compagnies internationales. De la sorte, ces hommes n??taient pas pay?s par le gouvernement, qui n?encourrait alors aucune responsabilit? si le sale boulot de ses assassins ?tait d?voil? au grand jour. La cupidit? entrepreneuriale endosserait le d?lit.
Ensuite, ces ???conomistes?? sp?culaient sur les effets qu?auraient l?investissement de milliards de dollars dans des?pays au fort?potentiel ?nerg?tique et g?opolitique?comme la?Colombie, l?Indon?sie, le?Panama, ou l??quateur. Ces??tudes gonfl?es?tendaient ? d?montrer que la construction d?un complexe hydro?lectrique, d?un r?seau ferroviaire nationale, ou d?un a?roport, aurait pour?cons?quence une croissance ?conomique b?n?fiquepour les d?cennies ? venir. L?objectif ?tant le suivant : inciter par l?app?t du gain et la promesse d?un soutien politique, les dirigeants des pays cibl?s ??accepter les pr?ts extravagants?que leur avaient soigneusement pr?par? la?Banque mondiale?et le?FMI. Mais ce n??tait pas sans condition 😕seules des compagnies d?ing?nieries et de construction am?ricaines, comme?MAIN,?Halliburton?ou?Bechtel, pouvaient ?tre engag?s pour r?aliser les projets. Ainsi, l?argent pr?t? retournait quasi imm?diatement nourrir l??conomie am?ricaine??ne restait plus aux pays r?cipiendaires qu?? rembourser la note : capital et int?r?ts !

Si un assassin financier avait bien fait son travail,?le d?biteur faillait immanquablement ? ses engagements. Men?s ? la banqueroute, les ?tats surendett?s ?taient maintenant?redevables ? jamais ? leurs cr?anciers, assurant ainsi?l?obtention de faveurs?comme : l?implantation de bases militaires, des votes favorables aux Nations-unies, ou un acc?s privil?gi? au p?trole et autres ressources naturelles?
Dans le cas contraire, si l?all?chante???aide?? internationale?sugg?r?e ne suffisait pas ??corrompre?certains gouvernants, une autre esp?ce encore plus sinistre entrait en sc?ne 😕les chacals?! Quand ils sortent de leur tani?re, des chefs d??tat sont renvers?s ou meurent dans des ??accidents?? violents. Ce fut le cas des?insoumis pr?sidents socialistes?du Panama et de l??quateur,?Omar Torrijos?et?Jaime Roldos, qui en 1981, dispara?tront ? deux mois d?intervalle dans de myst?rieux crashs d?avion et d?h?licopt?re?
Et si par hasard?les chacals??chouaient ? leur tour, comme en?Afghanistan?ou en?Irak, les vieux r?flexes h?g?moniques ressurgissaient : de jeunes Am?ricains ?taient envoy?s au combat, pour?tuer et envahir.

Rachat ?

John Perkins exer?a ses talents d?assassin financier pendant dix ans. Suite ? son ?clatante participation dans une sale affaire de???blanchiment d?argent Saoudien??, il fut promut?directeur de la planification ?conomique r?gionale. Apr?s quoi il dirigea d?importants projets en Afrique, Asie, Am?rique Latine, Am?rique du Nord et au Moyen-Orient.

? la gr?ce d?une rencontre avec une Colombienne, il prit conscience de son immense responsabilit? dans l?exploitation des d?sh?rit?s et du pillage de la plan?te. En proie ? une vive culpabilit? et ? une profonde d?pression, il finit par?d?missionner?en 1980?

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